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TPE: Bloody Sunday à travers la photographie

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Rard Mélina

on 3 March 2016

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Transcript of TPE: Bloody Sunday à travers la photographie

Bloody Sunday à travers la photographie
“Bodies strewn across the dead end streets”, des corps qui jonchent une rue sans issue, chante le célèbre groupe U2 dans sa chanson « Sunday Bloody Sunday » en 1983. Ce titre est un emblème de ce dimanche sanglant dont personne n’est allé chercher plus loin que cette musique.
C’est parce que l’on ne parle pas assez de ce conflit, contrairement aux Guerres Mondiales, que nous avons en partie décidées de traiter ce sujet. Le support iconographique a toujours eu une place importante dans l’histoire et l’actualité. En effet il permet de garder des traces des évènements, mais permet également de relater différents aspects en fonction de ce que veut montrer le photographe. Sachant que bloody Sunday est un épisode qui marque son importance dans le conflit nord-irlandais nous avons décidées de travailler sur les photographies prisent en ce jour, et démontrer la violence utilisée, à travers elles.
Le dimanche 30 janvier 1972 à Derry en Irlande était donc organisé une marche pacifique par la NICRA. La Northen Ireland Civil Right Association, est une association en Irlande du nord qui se bat pour les droits civiques. Son objectif principal dans un premier temps est d’acquérir l’égalité des droits entre catholiques et protestants et dans un deuxième temps l’indépendance de l’Irlande du nord. Mais pour comprendre pourquoi la NICRA existe et se bat pour cela, il faut revenir sur le contexte historique de l’Irlande.
Rappelons que l’Irlande est sous domination de l’Angleterre dès 1171.
Avant cela les irlandais pratiquaient le catholicisme.
Mais une fois
les anglais arrivés, ceux-ci ont voulu imposer leur croyance, le protestantisme –bien que cette croyance fasse partie de la religion chrétienne ainsi que le catholicisme, il s’agit simplement de pratiques différentes.
1171
catholicisme
protestantisme imposé
En imposant leurs pratiques, les anglais ne laissent pas le choix aux Irlandais, et créent ainsi des tensions entre les deux populations qui se ressentent encore aujourd’hui. En 1972 les protestants et catholiques n’ont pas les mêmes droits et c’est là qu’intervient la NICRA qui veut au contraire, leur égalité.
1972
Revenons en arrière encore une fois pour expliquer l’annexion de l’Irlande à l’Angleterre ainsi que les conséquences que celle-là a causées. De 1919 à 1921, à lieu la guerre d’indépendance entre les deux pays. Il s’agissait de retrouver l’autonomie face au Royaume-Uni. Le 6 décembre 1921 est signé le traité de Londres qui déclare l’indépendance de l’Irlande à condition de laisser le Nord à l’Angleterre. Mais ce traité ne fait qu’empirer la situation et alimente les tensions entre les pro-traités, les habitants de l’Irlande du sud qui étaient donc favorables au traité, et les anti-traités, les habitants de l’Irlande du nord défavorables au traité. En 1922 démarre alors une guerre civile qui vise à libérer le nord. On met fin à cette guerre en 1924, mais l’Irlande du nord n’est toujours pas libre. Les tensions subsistent et des associations pacifiques comme la NICRA, s’organisent afin de la libérer.
guerre d'indépendance
1919
6 juin 1921
Traité de Londres
1922
1924
1967
Création de la NICRA
Guerre civile
Revenons au 30 janvier 1972, à Derry. Cette marche pacifique était jugée illégale selon les autorités anglaises qui se sont donc rassemblées autour de la ville afin de surveiller son déroulement. Environ 10 000 personnes s’étaient déplacées pour participer à ce rassemblement. Un circuit avait été planifié mais les autorités n’en avaient pas décidés ainsi, elles changent le parcours. C’est de là que s’enchaine une suite de confusions et de malentendus qui tournent au cauchemar. Lors de cette journée, appelée également massacre du Bogside, de nombreuses photographies et vidéos ont été prises et enregistrées, notamment par des journalistes, des photographes mais aussi simplement des participants de la marche, de simples amateurs.
Ainsi nous nous demanderons au cours de ce travail personnel encadré, comment les photographies prisent lors de cette journée d’horreur, traduisent-elles la violence utilisée par les autorités anglaises. Pour répondre à cette problématique nous scinderont notre développement en trois parties. Nous analyserons les clichés prient de la foule de manifestants ainsi que d’un autre côté les autorités anglaises surveillant la marche. Puis nous nous appuierons sur des photographies qui désignent les civils maitrisés par les anglais. Et pour finir nous essayerons de dresser un bilan de ce conflit meurtrier à travers les photographies toujours.
Pour commencer ce dossier, nous allons analyser des photographies qui ont été prisent lors du début du conflit, c'est à dire au moment où les mouvements de foules ont commencés. Nous examinerons tout premièrement les images qui reflètent le moment où les civils ont commencés à se disperser et par la suite nous changerons de point de vue en analysant les photographies des soldats et des autorités anglaises qui surveillaient simplement au départ.
Lors de cette marche du 30 janvier 1972, 15 à 20 000 manifestants pacifistes se sont réunis dans ce quartier du Bogside à Derry alors qu’il leurs était interdit de manifester par le gouvernement Britannique qui avait déclaré que les rassemblements publiques étaient illégaux. Au départ, cette marche était pacifiste et voulue par l’Association Nord-Irlandaise pour les droits civiques, la NICRA. Seulement, la manifestation ne se déroulera pas comme elle l’était prévu car elle était placée sous haute surveillance par les autorités Anglaises qui emploieront des moyens quelques peut excessifs pour les encadrer.
Commençons alors avec ces deux photographies qui semblent être identiques. Cependant nous pouvons remarquer que la prise de vue n’est pas la même et qu’elles ne sont pas toutes les deux porteuses du même message. Nous avons néanmoins la certitude qu'elles ont été prisent au même endroit car nous trouvons dans les deux cas des détails similaires tels que l’immeuble et sa fenêtre du deuxième étage qui est ouverte ainsi que les mouvements de foule devant celui-ci.
Nous pouvons aussi émettre l’hypothèse que la première photographie a été prise avant la seconde car au centre trois personnes sont rassemblés et sur la deuxième photographie, il ne reste que le soldat et l’un des civils qui se fait maîtriser.
En premier lieu, on remarque ce grand immeuble qui garni presque tout le décor par son imposante taille, le photographe devait être en face de celui-ci sans être en hauteur car nous n’avons aucune vue du ciel, il est sûrement sur l’une de ses extrémités. Il y a des éclats blancs sur le sol. On distingue deux groupes de civils qui courent devant l’immeuble en arrière-plan du cliché, un petit sur la droite et un plus important sur la gauche. Dans le premier cliché, nous avons un mouvement de foule moins important que dans la deuxième, ils sont certes en train de courir mais cela semble moins dramatique que la seconde. Les photographies nous montrent que l’affolement est bien présent chez les civils qui cherchent à s’enfuir.
Si les civils étaient si affolés et commençaient à se réfugier c'est que cette marche, pacifique au départ, a été victime d'une série de confusions et de mal entendus. Elle ne s'est donc pas déroulée comme prévu. En effet, elle débute au Central Drive de Creggann et elle devait traverser le quartier du Bogside et se terminer sur Guidhall Square. Seulement, des barricades de l’armée anglaise bloquent l’accès aux manifestants. C'est ainsi que, vers quatorze heures, les civils prennent connaissance et propagent des rumeurs sur le changement de trajectoire. A quatorze heure vingt l’accroissement du nombre de manifestants ne faisait qu’augmenter car beaucoup d’entre eux invitaient famille, amis et voisins à participer au mouvement. Le cortège arrive au quartier de Brandywell seulement vers quatorze heures quarante sous les applaudissements et la joie des participants. La foule avoisine les 10 000 participants lorsqu’elle arrive à la hauteur du quartier du Bogside. Vers quinze heures vingt-cinq la foule, encombrante, s’étend désormais à la jonction de Rossville Street mais la police et l’armée font barrages et mettent tout en œuvre pour ne pas les laisser passer. Du haut d’une plate-forme les leaders demandent à la foule de se réunir au Free Derry Corner, la foule passe alors par Rossville Street pour atteindre Bernadette Devlin, femme politique qui fonde le parti socialiste républicain Irlandais. Malheureusement la confusion prend place est une partie du cortège n'est pas au courant des nouvelles instructions. La panique se fait alors sentir dû au manque d'informations. Les civiles et manifestants commencent à se disperser et créer un mouvement de foule imposant.
Ce schéma est une vue d’ensemble du parcours des manifestants. Du côté gauche du fleuve Foyle, la vieille ville, entourée d'épais remparts ainsi que le quartier catholique du Bogside et de l’autre, le vaste quartier protestant. Cette seule et même ville possède deux noms ; Derry pour les catholiques et Londonderry pour les protestants. Elle possède également deux nationalités ; Irlandaise du côté du Bogside, lieu où s’est déroulé le Bloody Sunday et Britannique de l'autre côté de la Foyle. Toutes ces différences pour une seule ville prouvent que le conflit comporte de fortes tensions entre les deux communautés qui ne devraient pourtant faire qu’une.
Pour revenir à nos photographies, le journaliste Colman Doyle est l’auteur de la seconde image. On pourrait penser qu’il a photographié la première également mais nous n’en sommes pas certain car nous ne possédons pas cette information. Il représente ici un angle de vue plus précis que la précédente. Effectivement, nous avons une vue plus rapprochée de cet endroit et il se situe à un moment différent. Un soldat maîtrise un civil au milieu de la photographie c’est l’un des éléments les plus important de la photographie il est d’ailleurs mis en valeur car il n’y a rien autour qui vient camoufler cet acte de violence. Le civil est penché vers l’avant et il est tenu fermement par le soldat, ce qui amplifie la faiblesse du civil face aux autorités Britannique. Le mouvement de foule est présent en arrière-plan, les civils semblent craintifs, on le voit avec la rapidité de leurs pas, ils sont beaucoup plus nombreux que dans le premier cliché. D’autres civils s’enfuient sur la droite, on voit trois personnes à trois plans différents puis au fond on peut voir un regroupement de personnes qui tentent de fuir le danger. Le stade est plus avancé puisque le mouvement des civils est beaucoup plus précipité. Encore une fois cette photographie exprime la peur des civils face aux soldats et la violence dont ils commencent à faire preuve.
Par la suite, nous avons ici une photographie de Gilles Peress, photographe français dont on parlera un peu plus tard. Elle se situe en bas de la rue de William Street où la foule vient d’être pulvérisée par des canons à eau, juste avant que les troupes Britannique ouvrent le feu. La foule est très agitée. Cette photographie, contrairement à celles déjà traitées précédemment, ne cache pas le visage des personnes présentes dessus, en l’occurrence, ici, des civils. Elle est monochrome et nous pouvons remarquer un effet de clair-obscur avec différentes nuances de noir. On peut voir également que la lumière se situe surtout sur le haut de la photographie et que l’obscurité occupe les trois quarts de la photographie. Au sol on peut percevoir des flaques d’eau dûe aux lancées des canons à eau. Certain hommes porte d’ailleurs des capuches, pour se protéger probablement.
A gauche, un homme lève ses bras comme pour implorer les dieux, il est catholique. Cet homme, du second plan possède d’ailleurs autour de lui comme une lumière brumeuse, comme au théâtre lorsqu'un homme est mis en avant par des projecteurs, sauf qu’ici, il est mis en avant par un rayon du soleil.
A sa droite, un homme semble avoir remarqué le photographe et il doit d’ailleurs le regarder puisqu’il permet un contact visuel avec celui qui regarde la photographie. En effet, il attire notre regard. Si on analyse son geste de la main, on peut voir qu’il fait un « V » ce qu’on peut interpréter comme étant un signe de victoire ou de paix. En faisant ce geste il voudrait que ces tensions entre les protestants et les catholiques cessent.
Gilles Peress
Le mouvement de foule est bien présent sur ce cliché où le chaos règne. La couleur noire domine cette photographie mais, les hommes du premier plan se cachent sûrement parce que des gaz ont été jetés. Presque tous les hommes sont en mouvement ou debout sauf celui qui est assis par terre à gauche au premier plan. Il semble indifférent ou simplement impuissant face à cette foule qui commence à dégénérer.
Passons désormais de l’autre côté du décor et analysons les photographies qui présentent les soldats et les autorités anglaises en train de surveiller la marche, jugée illégale rappelons-le.
Nous avons là, pour commencer, deux photographies à première abord similaires. En effet, nous pouvons leurs distinguer des points communs, comme les soldats, sur les deux images, tournés vers la gauche, armés et prêt à intervenir et à tirer. Leur visage n’est également pas visible sur les deux clichés. Ils sont en train de surveiller la foule attentivement. On ne remarque qu'eux et personnes d’autres autours, ils sont au centre des photographies comme si les photographes les avaient placés là pour marquer l'attention des spectateurs seulement sur eux.
Cependant on peut également remarquer des différences. Les lignes qui forment la première photographie sont au nombre de trois, elles forment un « T » à l’envers.
Deux soldats sont représentés avec leurs uniformes foncés, ainsi ils sont mis en valeur par leur couleur obscure qu'on pourrait rapprocher au mal, à la violence qu’ils vont commettre par la suite. Ils semblent comme collés l’un contre l’autre et prêt à tirer. Ils sont dans une rue, figés au sol, sur un trottoir et caché par un angle de bâtiment pour surveiller la manifestation. Aucun visage n’est perceptible, il n’y a qu'eux, au centre, ainsi le spectateur à toute son attention sur eux et non sur le reste. Cela nous force à analyser en profondeur les militaires en eux même. Le soldat du premier plan a les jambes écartées et légèrement pliées, sûrement pour pouvoir tenir en équilibre avec son arme qu'il tient fermement. L'autre derrière lui, semble très concentré, prêt à tirer.
Le hors champs et très important dans cette photographie car il permet de donner libre cours à notre imagination. Qui a-t-il en face ? La foule de participant ? Ou simplement quelques civiles ? On ne sait pas si les soldats sont prêts à tirer ou s’ils surveillent le déroulement tout simplement. Ainsi cette photographie est très implicite car elle nous laisse le choix d'interprétation. Une solution possible et qu'elle nous explique le geste des soldats. On sait qu’ils vont tirer et qu’ils vont faire une victime. Dans ce cas-là, cette image remplie une fonction prédicatrice. Elle prévoit la suite de la marche,le tire des soldats et la violence qu’ils vont donc infliger aux civils.
Sur la seconde photographie, il y a plusieurs soldats, trois exactement ils sont plus éloignés les uns des autres que sur la première image. Ils se situent dans un coin de rue où seule la ruine d’un bâtiment reste, endommagé à cause des altercations du conflit nord irlandais. En effet de nombreux attentats ont eu lieux après les deux guerres pour témoigner le mécontentement de la population du Nord de l'Irlande. Les principaux avaient lieux à Belfast, capitale d'Irlande du nord, mais certain ont également eu lieu à Derry jusque dans les années 80. Cet aspect de la photographie intensifie alors la gravité des affrontements qui ont déjà eu lieu et qui pourrait se reproduire en ce jour. Le soldat au premier plan est en mouvement contrairement à ceux de la première photographie, il a son arme penchée vers le bas et se précipite sur l’avant, ceux de derrière semblent se cacher dans la ruine dont celui du dernier plan qui est prêt à tirer, l’arme levé. Beaucoup d’éléments dans cette photographie prouvent que ces trois soldats sont en pleine action et prêt à intervenir ou pire, à tirer sur des civils. Par cette photographie on peut commencer à comprendre que cette marche ne sera pas pacifique comme elle l'était prévue. On comprend par la position des soldats, qu'ils vont intervenir afin d'empêcher les manifestants de se rassembler ainsi et employer si nécessaire la manière forte.
Effectivement ces deux photographies nous montrent le début des hostilités. Un groupe d'adolescents quitte la marche afin d'essayer de franchir les barricades et accéder Guildhall, il s'agit des leader de cette marche. N'ayant pas conscience des conséquences, ils attaquent cette barricade avec des pierres. Les autorités anglaises décident alors de calmer leur jeu et de répondre avec des canons à eau, des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Mais d'autres civiles se joignent aux adolescents, la situation commence alors à s'échauffer. Ainsi ces deux photographies se situent à ce moment précis. On peut dire cela grâce à la fumée blanche, qui semble être les gaz. Les soldats sont nombreux, armés et repliés derrière les barricades où ils se tenaient pour surveiller la marche. On aperçoit dans le fond, en arrière-plan des deux images que les civiles prennent peur et s'enfuit mais d'autres, sûrement les plus jeunes, restent et continuent d'attaquer En envoyant des pierres. Celles-ci se remarquent immédiatement car elles se trouvent au premier plan sur les deux photographies.
La première photographie est une image connue car on peut la retrouver dans de nombreux documentaires de Bloody Sunday. Sur celle-ci, on voit au premier plan les soldats ainsi que leurs engins suivie d’une fumée blanche épaisse. Elle est utilisée pour effrayer les civils. Cela semble fonctionner car on peut les voir à l’arrière-plan se dirigeant dans une rue vers la gauche, on voit d’ailleurs un panneau d’obligation de tourner à gauche. Le photographe a peut être décidé de le mettre en évidence afin de témoigner l'ordre donné par les soldats aux civils de partir, de s'enfuir. Parmi ces civils on remarque que l’un d’entre eux regarde dans notre direction et donc les soldats il semble avoir ses mains derrière le dos pour les provoquer en leur lançant une nouvelle fois une pierre.
La seconde photographie présente la même scène déjà décrite dans la première. Cependant les soldats sont plus nombreux, immobile et de dos. La lumière de celle-ci et le contraste, sont également plus foncés que la précédente. La fumée est propagée sur l’ensemble de la rue, on a donc aucun accès visuel sur le fond de la rue. On imagine alors seulement quelques civils s'échappant. Nous pouvons remarquer, trois soldats plus foncés que les autres. Ce détail est frappant et on pourrait penser que c'est le photographe qui l'a modifié après la prise de vue. Un se trouve au premier plan sur la droite, l’autre plus derrière un peu plus à sa gauche et le troisième au milieu. Si on relit les trois soldats cela donne un triangle. Le triangle, dans la religion chrétienne, est le symbole de la stabilité et de la trinité Chrétienne (le Père, le Fils et le Saint-Esprit, tous les trois égaux et agissant ensemble d'une même essence). Bien évidemment que cet élément est le fruit du hasard, et pourtant il nous ramène à la religion, raison principal de cette marche et de ce massacre. Ce triangle imaginaire pourrait également pointer la foule de l’autre côté des barricades.
Ces deux photographies sont très représentatives de la violence que les autorités anglaises commençaient à mettre en place. Il ne s'agissait simplement que de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes pour effrayer les manifestants et les dissuader de continuer. Mais les soldats avaient déjà en tête de passer à l'offensive en utilisant de vraies balles. Ils avaient pour ordres d'abattre certaine personnes précises notamment les adolescents dont nous reparlerons plus tard.
Après une série de malentendus et des jeunes manifestants qui commencent à s’attaquer aux autorités anglaises, la situation dégénère. Les soldats contre-attaquent à l’aide de gaz lacrymogènes et de fausses balles en caoutchouc. Les civiles prennent alors peur et des ordres venant des leaders leur viennent de tous côtés. Ils commencent à se disperser et aux vu du nombre de manifestants, des mouvements de foule se crée et prennent de l’ampleur. Les photographies prisent à ce moment-là montrent alors déjà la violence qui commence à être employé et à travers elles ont peut déjà prédire la suite que vont prendre les évènements.
Le vendredi 4 mars
Problématique:
Comment la photographie traduit-elle la violence de Bloody Sunday ?
I. Une marche pacifique qui dégénère :
a) Mouvement de foule
b) Contre attaque des autorités anglaise

II. Des civils rapidement maîtrisés :
a) Face à face entre civil et soldat
b) Les civils maîtrisés

III. Un bilan affolant :
a) Les blessés du conflit
b) Les leader achevés
TPE
Ratel Léa et Mélina Rard
1ère L
Introduction
Une marche pacifique qui dégénère
Mouvements de foule
Contre attaque des autorités anglaises
Des civils rapidement maîtrisés
Dans cette seconde partie nos aborderons les photographies prisent au moment où la marche à dégénérée et où les autorités anglaises ont décidées de passer à la défensive. Les clichés que nous allons analyser montrent des civils qui se font maîtriser. Premièrement nous allons donc examiner des face à face entre soldats et civils puis dans une deuxième sous partie nous interpréterons des photographies où plusieurs civils se font maîtriser en même temps. Bien évidemment nous nous demanderons toujours comment ces images traduisent la violence utilisée lors de Bloody Sunday.
A la suite des pierres lancées par les adolescents, apparaît alors des insultes de la part des civils qui criaient auparavant des slogans de paix. Ne se laissant pas faire les soldats rétorquent avec des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes, comme nous l'avons précédemment évoqué. Mais cela ne suffit plus, les civils s'échauffent de plus en plus et ne faiblissent pas. Les autorités anglaises prennent alors la décision de passer aux choses plus sérieuses et utilisent désormais des canons anti-émeutes et des grenades CS tirées au hasard dans la foule. Les soldats sortent de leurs « cachettes » derrière les barricades et commence à arrêter les civiles un par un, jeunes pour la plus part.
Face à face entre civil et soldat
Nous avons, pour commencer, deux photographies représentant deux cas de civils maîtrisés. Ces deux photographies présentent des similitudes telles que l’importance des hommes qui sont au centre, la direction qu’ils prennent, vers la gauche et l'élévation plus ou moins important dûe au mouvement des hommes. Les quatre sont en mouvements et leurs visages sont visibles. Il s'agit également de deux adolescents à chaque fois maîtrisés.
Pour la première photographie, on peut voir que le paysage est flou mais que le soldat et le civil sont nets. Cela prouve un beau travail de la part du photographe, qui doit alors probablement être un professionnel, car prendre une scène en mouvement est extrêmement difficile. Cet aspect montre alors que les soldats et le civil sont probablement en train de courir. Ils ont leur tête baissée. Le civil à ses mains derrière la tête, sûrement par ordre du soldat. Celui-ci a son arme baissée et tient l’homme par le haut du dos. Il semble faire un sourire forcé, d’agacement probablement, alors que le civil ne laisse paraître aucune émotion sur son visage, il reste sans réaction visible. En effet il veut rester digne en ne montrant aucunes faiblesses ou signes d’infériorités. Ils semblent avancer en même temps, on voit cela grâce à leurs mouvements de jambes qui sont synchronisés comme si la photographie avait été mise en scène. On pense que ce cliché a été pris par un photographe car les mouvements sont recherchés et la qualité est très bonne comme nous l'avons fait remarquer précédemment.
Contrairement à la première photographie, l'arrière-plan de ce deuxième cliché est net, le soldat britannique tient son arme vers le haut et son regard n’est pas figé au sol, il regarde le civil avec un léger sourire, comme s’il le regardait avec bienveillance. Mais cela serait plutôt une bienveillance négative, c'est à dire que le soldat se moquerait de sa victime. En effet il est content de l'avoir arrêté et de pouvoir en faire ce qu'il veut. Le visage de l'adolescent est très blanc ce qui contraste avec ses habits, contraste qui a peut-être été modifié par le photographe à la suite. On remarque une forme d'élévation du civil qui semble en effet courir. On pourrait émettre l'hypothèse qu'il cherche un moyen de s'échapper du soldat. Il ne veut pas se soumettre à lui. On comprend cela grâce à son expression grave. Contrairement à la première photographie, l'adolescent laisse paraître son mécontentement. Il a le regard vide comme s'il était perdu à la recherche de quelqu'un ou quelque chose qui pourrait l'aider.
De part ces deux photographies on comprend que cette journée a pris un autre tournant. Censée être pacifique elle est maintenant devenue tout le contraire. Les autorités anglaises se déploient pour arrêter les leaders. Ces images nous montrent cet aspect par les visages très expressifs des soldats et de leur victime
Par la suite, ces deux photographies. Elles ont été prises au même endroit, effectivement on peut retrouver des éléments de repères dans les deux cas tels que le mur et ses tâches sinusoïdales sur le haut ainsi que le croisement des deux routes et les trottoirs ainsi que le poteau. Dans les deux cas, nous retrouvons deux soldats contre un seul civil et les soldats portent tous un masque à gaz. On pourrait alors penser que ces deux photographies représentent deux étapes différentes de la maîtrise de ce civil. Il s'agirait donc des mêmes groupes de personnes, plus un autre soldat appelé en renfort car on peut clairement voir que ce civil se débat.
Sur cette première photographie, première étape donc, les soldats mettent toutes leurs forcent pour retenir un homme qui semble être bloqué entre les deux. Il doit probablement se débattre car il ne veut pas se faire arrêter. On voit les armes sortir du côté gauche et du côté droit, et si l’on regarde la position des armes et de la main de la victime tombant du côté droit, on peut voir comme la formation d’une croix. Coïncidence sûrement, mais cette croix et cet entrelacs d'armes et de bras, donnent un effet étrange à cette photographie. Comme si elle présentait non pas des personnes distinctes mais simplement un entremêlement d'armes et de corps. On voit seulement les mains de la victime, l’une qui pend et l’autre qui tient le soldat du fond, ainsi que ses pieds en mouvement. Ainsi la violence saute aux yeux, on ne sait pas ce que les soldats sont en train et vont infliger au civil.
Sur la seconde photographie et deuxième étape, les soldats s'acharnent toujours sur le civil. Celui-ci est apeuré, la tête baissée avec une main dessus qui la cache, soit par réflexe pour évoquer sa peur, soit car il se rend enfin aux soldats. Le soldat du milieu semble tomber en arrière et que le soldat de droite, derrière le rattrape. On peut alors penser que le civil se débat à tel point qu'il défie les autorités et se « bat » avec eux. Un troisième homme arrive au fond sur la droite, il est armé et il court. Il a également un masque à gaz ce qui peut nous laisser penser qu'il s’agit de ces soldats qui ont lancés les gaz lacrymogènes. Ils portent encore se masque n'ayant pas eu le temps de l'enlever avant de devoir maîtriser ce civil. La violence est flagrante sur cette photographie également car les soldats ainsi que le civil sont en plein débat. Le civil ne se laisse pas faire et tente tout pour leur échapper. Mais on devine déjà qui va remporter le combat, les soldats bien sûr, en majorité numérique et armés
Pour continuer, nous avons ici deux photographies prises à des endroits différents mais possédants néanmoins des points communs. Nous pouvons tout d’abord voir la présence de civils ayant les mains sur leur tête et de soldats leur courant après et braquant un fusil sur eux.
C'est le photographe Fred Hoare qui a réalisé le premier cliché. Il nous représente une « course poursuite » entre un civil et un soldat, même si le civil est déjà plus ou moins maîtrisé. Ils sont au centre, et de profil, l’image est flou mais seul les deux personnes ne le sont pas, ainsi ils sont mis en avant. Nous savons que cette photographie a été prise par un photographe car elle est très bien réalisé et composé. En effet le soldat et le civil ont quasiment la même position lorsqu’ ils courent et ils font les mêmes mouvements de jambe au même moment. La violence est ici représentée par le fait que le civil se fasse courser par un soldat braquant son fusil sur lui.
La seconde photographie comporte plus de détails dans le paysage qui n'est pas flou cette fois ci. On voit par exemple quatre soldats dans le coin à gauche qui surveillent.
Le panneau d’obligation de tourner à droite implanté au centre de la photographie où dessous nous pouvons lire « One way » ce qui signifie « sens unique ». On pourrait rapprocher cette indication en parallèle avec l’événement qui une fois commencé, était impossible de revenir en arrière. Une certaine fatalité serait alors représentée dans cette photographie.
Venant vers le photographe, les deux hommes sont de face on peut voir leur visage et donc leur expression. Le civil semble énervé et le soldat ne semble pas aussi agressif que celui de la première photographie on le voit avec le regard. Ici c'est donc l'ensemble de la photographie qui traduit la violence. Bien sûr l'élément principal, le civil maîtrisé par le soldat, mais aussi les autres membres des autorités anglaises qui surveillent et cette histoire de fatalité également.
Poursuivons avec ces deux photographies. Nous avons dans les deux cas un soldat et un civil courant de la gauche vers la droite ils sont aussi placés au centre et de profil. Les civils des deux photographies sont maîtrisés, tenu et surtout ils semblent souffrir. On peut voir d’autres soldats en arrière-plan qui assistent à ce « spectacle ».
Sur la première photographie, la ligne de force serait en diagonale du bas gauche au haut droit, formé principalement par le trottoir, la personne ayant pris cette photographie devait incliner son appareil photo.
Le soldat tient son bâton vers le bassin du civil et il tient avec son autre main l’homme par la capuche ou le col de sa veste. Même si le soldat est de profil, on peut distinguer une grimace qui montre son mécontentement face au civil qui lui résiste. Celui-ci à ses deux mains sur la tête baissée, en signe de soumission, d'abandon. L’image est un peu floue mais au second plan on peut voir quatre soldats qui semblent regarder l’objectif de l’appareil photo mais en réalité ils doivent regarder l’homme et le soldat sans réagir. Ils laissent ce soldat s'en occuper et préfèrent regarder. Là est la violence de cette photographie qui montre des soldats admirant presque le sort du civil. On pourrait alors parler de méchanceté gratuite et d'un phénomène de groupe bien connu qui fait pression sur les soldats principaux pour achever ce civil.
Pour le deuxième cliché, les deux lignes de force sont formées par les personnages qui forment alors un triangle. Le soldat tient son arme vers le haut, il tire les cheveux du civil. On voit cela à son regard fixe sur le civil qui se tient avec une main la tête. On peut alors comprendre qu'il souffre. Il tend son autre bras en avant. On ne voit pas son visage entièrement mais on peut s’imaginer qu’il hurle par la position de sa tête et par la peur qu’il doit éprouver.
Au second plan on peut voir un soldat de face ayant son arme vers le bas, il regarde l’action qui se déroule devant lui, on dirait qu’il a un sourire sarcastique comme si ce qui se passait l’amusait.


Sur ces deux photos on peut voir la présence de la violence avec la maltraitance des civils par les autorités Britannique, on voit qu’ils n’ont aucune pitié car leur visage sont sombres, ils sont au contraire déterminés. Puis pour augmenter encore plus l'aspect de violence dans ces clichés, on voit la souffrance des civils avec leurs réactions ainsi que leur visage, plus ou moins caché qui nous fait imaginer le pire. Nous pouvons encore renforcer cette idée avec les soldats qui regardent ce qui se passe devant leurs yeux avec un léger sourire comme si cela les amusaient.
Clôturons cette sous partie avec cette dernière photographie. La qualité d’image est très bonne, effectivement le cliché n’est pas flou. Ce premier point peut nous faire penser qu'il s'agit d'un photographe qui a pris ce cliché. Tous les hommes présents sur cette photographie sont de dos ou cachés par leurs uniformes ou par le véhicule, les autorités anglaises sont sept à maîtriser un seul civil. Seuls les trois hommes du milieu sont en mouvement, les autres semblent immobiles, nous ne pouvons voir aucun de leur visage. Ici, un civil est maîtrisé par deux soldats, il est au centre du cliché et courbé vers l’avant, il semble marcher à grande enjambé. Entouré par les soldats, il n’a aucun moyen d’évasion. Son sort est irrévocable, il est emporté vers le blindé et donc arrêté. A travers cette photographie, on voit la violence avec le civil du milieu non seulement parce qu’il a l’air de souffrir avec sa position mais encore parce qu’on n’a aucune vu sur son visage on l’imagine donc. En effet nous ne distinguons aucun des visages. Cela pourrait donc être n'importe quels soldats et n'importe quel civil. Ainsi la violence est traduite par cet aspect-là. Cette photographie ne désigne pas un civil en particulier mais tous ceux qui se sont fait arrêté par des soldats et qui se sont fait maltraité par ceux-là.
Nous avons analysé dans cette première sous partie beaucoup de photographies, qui ne sont pas les seules évidemment. Cela prouve que beaucoup de civils se sont fait arrêtés et maîtrisés par les autorités anglaises. On ne connaît pas le nombre exact mais on sait seulement que de nombreux civils ont subi le même sort. Cet effet de masse prouve la violence qui a pu être utilisé ce 30 janvier 1972. Nous verrons cet aspect encore amplifié dans la deuxième sous partie où nous verrons plusieurs civils se faisant maîtriser en même temps.
Les civils maîtrisés
Dans cette seconde sous partie nous analyserons donc plusieurs civils se faisant maîtriser par les autorités anglaises comme nous l'avons déjà annoncé précédemment. La violence employée augmente encore d'un cran avec des soldats plus agressif encore qui soumette tout un groupe de personnes à eux. Les photographes, ne s'arrêtant jamais de relater les fait essaye toujours de traduire la violence qu’ils sont en train de vivre, dans leur photographies.
La scène photographiée comporte deux cas où des civiles sont maîtrisé par l’un des soldats. On peut effectivement voir les soldats de profil ainsi que des civils les mains sur un mur, ou un grillage pour la seconde photographie, les jambes écartés, en position de soumission. Dans cette posture on pourrait penser qu'ils vont se faire fusillé par les autorités et pourtant ils sont seulement maîtrisés et donc en position d’infériorité vis à vis des soldats qui ont un pouvoir total sur eux.
Cette première photographie a été prise de côté, nous sommes en face du mur. Elle est beaucoup plus sombre que la seconde. Nous nous situons dans une rue à proximité d’un mur sur lequel trois civils se tiennent. On ne voit pas le visage des civils on ne sait donc pas leur expression mais on voit que le soldat au premier plan semble pensif, il a la tête baissé tout comme son arme et se demande probablement ce qu'il va faire des civils en attendant les ordres de ces supérieurs. Il ne semble pas autant agressif que le soldat de la seconde photographie.
Sur ce cliché, les hommes arborent la même position que sur le premier. Cependant ils ne sont pas contre un mur cette fois ci mais contre un grillage. D’ailleurs, à travers celui-ci on peut voir une cour avec un mur ainsi n'étant pas soumis face à un mur, le photographe à peut-être quand même voulu passer cette idée. Les hommes sont aussi au nombre de trois. Le soldat britannique arrive de gauche, il est de profil et doit crier sur les civils car on peut distinguer sa bouche grande ouverte, il semble très agressif et sûrement violent. Les deux civils sur cette photo sont vraiment pris de face par le photographe. On voit qu’ils semblent désemparés, la tête baissée.
Ces deux photographies traduisent la violence de par les soldats qui soumettent complètement les civils à eux, face à un mur. Et encore une fois le manque d'informations sur l'identité des manifestants. En effet prient de dos on ne peut pas les identifier afin de savoir de qui il s'agit. Ainsi les photographes mettent en scène l'idée que n'importe quel civil pourrait se retrouver à leur place. Ainsi prouver que se sort était infligé à beaucoup d'autres personnes.
Les heures défilent, et les arrestations continuent. Les autorités anglaises ne s'embêtent plus à arrêter un ou deux civils mais tout un groupe à la fois, pour aller plus vite et faire régner une terreur dans la ville de Derry. Continuons donc avec cette photographie au cadrage plutôt spécial qui nous a tout de suite frappées. Le photographe se trouve dans une rue avec plusieurs bâtiments dont une ruine en arrière-plan laissé par les précédents conflits. On a ici un groupe de neuf personnes défilant les uns derrière les autres. Parmi eux l'on peut remarquer un enfant. Tous ces civils ont les mains sur la tête, soumis aux ordres des soldats qui les dirigent. Soldats qu'on ne voit pas sur la photographie mais qu’on les sait pas loin car les civils sont disciplinés et ne sont pas dispersés, quelqu’un doit donc faire pression sur eux. D'où l'importance du cadrage qui ne nous laisse pas voir les autorités mais simplement les civils, on les devine alors dans le hors champs. Cadrage particulier également, du fait que les civils traversent la photographie de la gauche jusqu’à la droite. Lorsque nous avons regardé cette photographie pour la première fois, un détail nous a interpellées et nous avons eu l’impression de l’avoir déjà vu quelque part. En effet, elle nous a fait penser au onzième album des Beatles « Abbey Road ». La référence à se célèbre album du groupe de rock nous semblait flagrante étant donné qu'il date de 1969, trois ans avant Bloody Sunday. En effet le groupe se déplace de droite à gauche, le mouvement des jambes et presque synchronisé, seul le passage piéton manque pour la comparaison soit parfaite. Nous ne connaissons pas le photographe et nous ne pouvons donc pas savoir ses intentions, mais en voyant passer ce groupe de civils il a dû penser à l'album et a essayé de prendre sa photographie du même point de vue que la célèbre image des Beatles.
Ainsi la violence se traduit ici par le cadrage spécial de la photographie. On ne perçoit pas les autorités et on les imagine donc simplement. On ne sait pas ce qu'ils sont en train de faire aux civils pour qu’ils soient si disciplinés et soumis. On ne sait pas non plus où ils se dirigent, on a aucunes informations dessus ce qui nous laisse imaginer le pire. Leurs mouvements, gestes et positions similaires prouvent encore une fois le nombre de civils arrêtés de la même façon.
Nous avons sur ces deux clichés la représentation des civils étant représenté impuissants et commandés par l’armée Britannique. Ils semblent petits et fragiles à côté de la hauteur et de la grandeur des murs.
Premièrement nous avons une habitation en bon état, Le photographe se trouve en bas et devant celle-ci dans la rue. Celui-ci doit être un professionnel car la photographie est de bonne qualité et les contraste sont nets. On a une vue de deux des façades de ce bâtiment. Sur la gauche, on peut apercevoir une fenêtre à l’étage et on peut se demander si la vitre n’a pas été brisée car on a l’impression qu’il y a eu un impact.
Le cliché a été pris en légère contre plongée ce qui donne un effet de grandeur au bâtiment et qui rend les civils encore plus impuissants qu’ils ne le sont déjà. Devant ce bâtiment nous pouvons voir qu’un grand nombre de civils entassés les uns contre les autres sont face à celui-ci et que l’un d’entre eux se trouvant sur la gauche a son regard tourné vers le photographe au lieu d’obéir aux ordres des soldats Britanniques , il permet un contact visuel avec la personne regardant la photographie.
On peut également remarquer la présence de trois soldats se trouvant sur la droite et maîtrisant tout le groupe, ils ne sont que trois mais arrivent néanmoins à gérer le groupe de manifestants qui se retrouve impuissant face à toute la violence qu'ils ont déjà pu voir. Les civils préfèrent alors obéir afin de ne pas subir les même horreurs.
Deuxièmement, nous sommes dans une rue, face à un mur délabré. Sur la droite de la photographie, on voit une rue où se trouvent deux passants ayant les mains dans les poches. Ils ne sont pas contre le mur les mains en l’air et plaqué contre celui-ci comme les autres, ils semblent préoccupé par quelque chose se passant dans la rue de derrière. On peut donc se demander pourquoi les autorités Britanniques n’ont pas forcés ces hommes à se mettre comme les autres. Ici, nous avons la présence de cinq soldats qui maîtrisent les civils. Sur ces cinq soldats, deux sont de dos, les armes levées, ils se situent à droites et deux sont face à face les armes baissés, le cinquième est à l’arrière, il est de dos. Sur cette photographie il y a presque autant de soldats que de civils ce qui prouve leurs pouvoirs. Ils semblent eux aussi préoccupés par quelque chose dans la rue de droite. Peut-être qu'un civil vient d'être abattu. Ceci n'est qu'une hypothèse mais on sait néanmoins qu'il est en train de se passer quelque chose.
La masse de civils maîtrisés augmente de plus en plus. Désormais nous n'arrivons plus du tout à les identifier et encore moins à savoir exactement combien à la fois sont arrêtés par les autorités anglaises. Là est la violence dans ces deux photographies. Nous allons voir avec les deux dernières que cela ne va pas en s'arrangeant.
Sur ce cliché, les hommes ne sont pas immobilisés contre le mur se situant en face mais contre un grillage. Les manifestants sont très nombreux et entassés, la première personne que l’on voit est une femme qui semble observer les faits et gestes du soldat derrière elle qui a son arme pointé sur l’homme à côté d’elle, son mari peut être. Toutes ces personnes entassés sont maîtrises par plusieurs soldats, on sait qu’il y en a quatre mais peut-être qu’il y en a d’autre se situant dans le hors champ de la photographie. L’un d’entre eux a enlevé son casque, c’est celui qui est vers la femme et qui a son arme tendue vers l’un des civiles. Les trois autres soldats sont proches les uns des autres mais ne regardent pas tous dans la même direction. Ici on remarque très bien la soumission des civils qui ont peur et ne savent pas ce que vont faire les soldats. Ceux-ci leur font peur mais n'irons pas plus loin car ils n’ont aucun intérêt de tuer tous ces civils. Ils veulent simplement cesser cette marche et les mouvements de foule qui en ont d’écoulés. Cependant les autorités n'hésitaient pas à employer la violence pour effrayer les civils. Ainsi sur cette photographie la femme que l'on voit de dos mais dont on imagine son expression traduit d'elle même cette peur et cette violence employé. Le fait que les civils soit arrêtés en masse traduit également cet aspect.
Pour la dernière photographie, nous avons toujours voulu montrer les civils qui sont, à ce stade de la journée, arrêtés en masse. Le photographe est placé ici derrière la foule de civils. Foule qu'on pourrait associer à la marche pacifique qui se déroulais plus tôt, mais ici c'est une foule soumise que l'on peut voir. Le contraste de couleur avec la femme au manteau blanc se situant au centre, nuance avec la couleur obscure qui l’entoure tout comme le mur clair à gauche. Rien ne figure au premier plan mis à part la moitié du corps d’un homme qui doit être un soldat car il possède un uniforme ainsi qu’une arme. Le photographe a donc pris du recul par rapport à ce qu'il voyait. La foule avance dans le même sens avec un rythme assez lent. Ils ont tous les mains sur leur tête. Sur la droite on voit un bâtiment anéantit qui ressemble fortement au bâtiment déjà rencontré dans une photographie mentionnée de la première partie. Le contraste très sombre de ce cliché ne nous laisse pas distingué correctement les civils et confirme encore une fois l'idée d'arrêstation de masse. De là est traduit la violence dans cette photographie.
Les civils ont désormais comprient qu’il ne s’agissait pas cette fois ci d’une simple répression policière mais bien d’une « chasse organisée ». Les leaders appellent au calme et ordonne de ne pas répondre à la provocation. Mais les mouvements de foule sont trop importants et les autorités anglaises commence alors à arrêter les civils pendant que d'autres cherchent les leaders. Ces derniers savaient ce qu'ils encouraient à se regrouper ainsi mais ne se sont pas laisser faire. Les soldats ouvrent alors le feu et tirent cette fois-ci avec de vraies balles. Le massacre commence alors. Les photographe, toujours prêts à tout pour prendre les meilleurs photographie suivent les soldats et les leaders de près jusqu'à leur issue finale afin de montrer toujours mieux la violence dont on fait preuve les autorités britannique le 30 janvier 1972.
Un bilan affolant

Pour finir ce dossier nous allons essayer de dresser le « bilan » de cette journée sanglante. Pour cela nous nous aiderons de photographies trouvées des blessés ainsi que des morts. Tout en cherchant encore une fois comment les photographes ont réussi à traduire la violence dans leurs clichés.

Les blessés du conflit
Les personnes qui composent cette photographie sont au nombre de six. Quatre hommes portent la victime et un autre les devance et agite un tissu blanc, taché de sang, en signe de paix. On peut en déduire qu’il est prêtre car une interview de cet homme a été enregistré par la suite. De nombreux prêtres étaient également présents à cette marche car il s’agissait, petit rappel, de rétablir l’égalité entre protestants et catholiques. Ainsi lorsque les évènements ont commencés à mal tourner les prêtres avaient pour rôles d’évacuer les blessés afin de les amener au plus vite dans les ambulances, se faire soigner. Les quatre hommes qui ont la mission de porter John cherchent de l’aide pour le soigner et le prêtre leur montre le chemin de l’ambulance le plus prêt. Les personnes se trouvent au centre de la photographie et celle-ci est prise en plan éloigné. Cela peut nous faire penser qu’elle a été prise sur le moment, qu’elle n’a pas été réfléchie. On peut dire cela car les hommes sont en action, ils courent sans se préoccuper d’autres choses. La scène filmée nous le prouve également, le photographe a simplement voulu montrer les faits, ce qu’il venait de se passer. C’est Fulvio Grimaldi qui a pris ce cliché, il était journaliste italien et travaillait pour la radio BBC de Londres. Ainsi cela nous prouve que la photo a été prise sur le moment car, en tant que journaliste et reporter il a simplement voulu relater les faits et non prendre une photographie artistique.
On peut remarquer que le deuxième homme en partant de la gauche semble sourire. Il a dû remarquer la présence de caméra et de l’appareil photographique. Lorsqu’on regarde l’image on est attiré en premier par cet homme qui regarde l’appareil photo et donc qui nous regarde. Il nous demande de regarder la scène et d’être témoin nous aussi de ce qu’il se passe. Il nous invite ainsi, en souriant tristement, à constater de l’horreur et de la violence de cet instant. Ainsi il créer sans le savoir, une certaine pitié, nous, simple spectateur, on aimerait les aider, faire quelque chose au lieu de rester impuissant à ce massacre. Les autres hommes ne regardent pas et sont concentrés sur ce qu’ils sont en train de faire. La tête baissée, ils refusent d’admettre la vérité, ils refusent d’admettre qu’un soldat peut tirer sur un civil non armé qui essayait simplement de s’éloigner le plus possible de cette atrocité.
Nous avons décidé de continuer avec cette seconde photographie afin de la mettre en lien avec la première. En effet il s’agit du même groupe de personnes qui porte John Duddy. C’est une sorte de suite à la première photographie, on peut déduire cela à la position du blessé qui semble glissé des mains des hommes qui le porte, de par son poids probablement. C’est Fred Hoare, photographe que l’on a déjà cité au cours de nos analyses, qui a également pris cette image. Il a dû suivre le groupe avec les journalistes qui ont déjà photographiés John Duddy.
C’est donc toujours le même groupe de personnes que la photographie précédente (les quatre hommes qui porte John Duddy et le prêtre). Ils sont entourés cette fois ci des autorités anglaises. Ce qui veut peut être signifier qu’ils cherchent de l’aide pour soigner le blessé ou autrement qu’ils veulent leur montrer les dégâts qu’ils commettent et la violence qu’ils infligent à de simples civils venus manifester pacifiquement. L’homme au centre prouve également cette idée, il semble regarder le soldat d’un air accusateur comme pour lui dire : « regardez ce que vous faites ! ». On peut remarquer que le blessé est désormais torse nu, probablement pour que les soldats puissent voir plus facilement sa blessure.
regardez ce que vous faites !
L’homme qui porte des lunettes, à droite, arbore une bouche grande ouverte comme s’il était affolé, qu’il criait. Probablement car l’état de John s’aggrave. Derrière cet homme se trouve aussi d’autres civils qui ont rejoint le groupe. Ils semblent être révoltés aussi et doivent vouloir défendre la victime auprès des autres, pour les aider et apporter leur soutien. La photographie sépare très clairement les soldats (à gauche) des civils (à droite). Fred Hoare a surement voulu les séparer en se servant du lampadaire, en premier plan, qui représente une réelle ligne de force. Seul le prêtre semble se détacher de cette composition, comme par contradiction à cet ordre, en signe de révolte. En effet il a l’air en pleine discussion avec un des soldats, l’on voit cela de par ces grands gestes. Il semble même débattre. C’est un élément fort de cette photographie qu’on se doit de ne pas négliger car ce prêtre représente la paix, il est la voix de dieux et donc pacifiste comme les autres civils qui étaient venu participer à cette marche. Il est donc, lui et les autres prêtres, les représentants des civiles victimes du bloody Sunday. Ils ont pour mission de plaider leur cause.
On peut comprendre la violence de cette journée de part cette photo, qui a très bien été composée et réfléchie par le photographe. Effectivement ont remarqué les civils affolés, qui essayent de plaider leur cause, d’arrêter ce massacre et bien évidemment toujours John Duddy, dont son état semble s’aggraver.
Nous avons également rajouté cette photographie dans cette partie sur les blessés. Nous n’avons trouvé que très peu d’informations sur cette image mais on sait qu’il est l’un des quatorze blessés du massacre du Bogside. Cependant nous connaissons l’auteur de cette photographie. Il s’agit de Larry Doherty, le chef photographe du Derry journal. De ce fait nous pouvons dès à présent dire que cette photographie a été prise avec un enjeu informatif. C'est-à-dire que le photographe n’a pas cherché à prendre une image artistique. Elle n’a donc pas de composition ou d’interprétations particulières. Il voulait simplement montrer les faits tels qu’ils ont étés réellement.
Néanmoins nous allons tout de même essayer de comprendre et de trouver un début d’interprétation à cette image. Nous allons essayer de trouver si le photographe avait un autre but qu’informer, en prenant cette photographie.
Nous pouvons donc apercevoir distinctement trois personnes, dont le blessé qui semble allongé sur un brancard (improvisé ou non ?). Elle a été prise en plongée afin que seul le blessé soit mis en valeur. La tête des deux autres personnes, qui aident le blessé sont coupées, ce qui renforce également cette idée. Il est alors évident que le photographe n’a pas fait attention aux autres personnes alentours (peut être y’en a-t-il encore dans le hors champs ?) et s’est focalisé sur la personne invalide. Cette dernière a la jambe maintenue par une atèle de fortune, ou peut être un bandage. Il n’est pas taché de sang ce qui peut nous laisser croire qu’il vient de lui être mis. On peut supposer qu’il s’agit de médecins, ou de personnes capables de soigner, qui s’occupent de lui. L’une lui tient le bras droit pendant que l’autre lui parle. Le blessé n’a pas l’air en pleine forme. Ce qui semble être normal étant donné la situation. Ce que nous voulons exprimer par là c’est qu’il parait avoir mal, il parait souffrir. Cela nous amène à penser que Larry Doherty, autre qu’instruire la population de Derry, a voulu en quelque sorte dénoncer quelque chose. Mais quoi ? Probablement la violence ou la terreur qu’ont infligées les autorités anglaises. Afin que ces images leur parviennent et leur montre le mal qu’ils ont commis. En effet, si l’on regarde de plus près, chose qu’on ne remarque pas au premier abord de cette photographie, le blessé semble avoir été amputé d’une jambe. Là où se trouve le bandage, effectivement la jambe semble être plus courte. Cela nous amène à faire le lien avec un fait de cette journée sanglante. Parmi les quatorze blessés, deux se sont fait écraser un de leur membre par des blindés. Accidentellement ou non, nous ne serons jamais mais l’acte est fait. Ces deux personnes ont réussi à s’en sortir malgré cette lourde blessure. Cependant on peut concevoir que le photographe ait été choqué en voyant cela sur le moment, il a donc jugé bon de prendre une photographie pour témoigner de cet « accident ».
Autre qu’un enjeu informatif, Larry Doherty à également voulu témoigner de la violence du conflit. De ce que les victimes du bloody Sunday ont pu endurer en seulement une journée.
Commençons par les blessés. On sait que quatorze personnes en tout ont été touchées mais ont survécu par la suite. Cette photographie est la première que nous analysons, et pour cause elle est l’une des plus connues de Bloody Sunday. En effet elle est devenue un symbole et une image récurrente dans les documentaires à ce sujet. Une vidéo a également été tournée suivant ce groupe de personnes. Beaucoup de témoignages ont étés recueillit sur cette homme, notamment celui du prêtre à l’avant de la photo. Il s’agit ici de John F. Duddy, blessé d’une balle à la poitrine par les autorités anglaises alors qu’il fuyait celles-ci. Il n’était pas armé, comme toutes les autres victimes. (Les participants n’en avaient pas besoins comme il s’agissait à l’origine d’une manifestation pacifiste.)
John F. Duddy
Ainsi certaine personnes ou photographes ont décidés de photographier les personnes qui ont été blessés au long de cette journée pour faire prendre conscience aux civiles mais surtout aux autorités anglaise leurs actes, la violence et le mal qu’ils ont commis à des personnes qui venaient faire cette marche pacifiquement sans craintes de soulèvements ou des telles horreurs qui se sont déroulés à la suite. Nous allons voir par la suite que les photographes ne se sont pas arrêtés aux personnes infirmes et blessés mais qu’ils ont aussi osés photographier les victimes mortes pour témoigner et prouver que le Bloody Sunday a aussi fait des morts.
Les leaders achevés
Dans cette deuxième sous-partie, nous allons présenter les victimes, cette fois ci, qui ont succombés aux autorités anglaises. Treize personnes ont trouvées la mort sur le coup, sous les balles tirées par les autorités anglaises. On a su par la suite que ces derniers ont tirés plus de cent cartouches en une seule journée. Parmi ces victimes, sont morts sept adolescents âgés entre 17 et 19 ans, venus en majorité pour cette marche pacifiste organisée par la NICRA. On sait que ces adolescents tués étaient pour la plupart les leaders de cette marche et les soldats avaient pour ordre de les arrêter eux en priorité. Mais la marche ayant dégénérée, les autorités de se sont pas contentées de les arrêter et les ont tués. Une personne, plus âgée, décèdera quelques jours plus tard. Sont alors décédées, au total, quatorze personnes durant le massacre de Bogside, en seulement une journée.
Commençons donc avec cette photographie on ne peut plus artistique prise par Gilles Peress, photographe français. Celui-ci travaille aux côtés de Robert Capa et Henri Cartier Bresson. Les uns de ses premiers et plus célèbres clichés se trouvent dans un livre s’intitulant « power in the blood », qui rassemble tout le travail qu’il a effectué autour du conflit nord irlandais.
Parmi elles, cette photographie, l’une des plus célèbre de ce photographe sur Bloody Sunday. Il s’agit de Barney Mc Guigan venant tout juste d’être touché par une balle à l’arrière de la tête alors qu’il allait secourir Patrick joseph Doherty en agitant un mouchoir blanc en signe de paix. Gilles Peress a pu prendre cette photo car il suivait Doherty et a effectué une série de photographie avant et après sa mort.
Il a photographié cet homme sous plusieurs points de vue au même moment mais nous avons choisis celle-ci car pour nous elle est la plus choquante et la plus violente.
Elle a été prise en plongée, technique qui donne ici une notion de déséquilibre, comme si la rue était penchée. L’homme qui se tient la tête en face semble alors tout petit, comme impuissant face à cet horrible spectacle. Les autres hommes juste à côté, ne regarde pas la victime, ou plutôt pas celle-ci. En effet ils regardent Patrick Joseph Doherty abattu à quelques mètres seulement de Mc Guigan. Cet élément est très important car même si l’on ne voit pas l’autre victime on sait qu’il est présent dans le hors champ et cela donne déjà un aspect dramatique à la photographie. Aspect que Gilles Peress a fortement développé sur cette image résolument réfléchie. En effet l’homme en face, dont on a déjà parlé, qui se tient la tête est presque aussi important que la victime elle-même. Il se cache presque les yeux pour ne plus voir ce massacre qui s’est déjà reproduit deux fois en quelques minutes. Alors il a aussi peur pour lui et n’ose pas bouger pour ne pas recevoir le même sort. Il reste paralysé, impuissant. Ce geste est donc le seul signe qu’il lui reste afin de témoigner son désarroi.
Venons-en maintenant à la victime, sujet principal de cette photographie. Il faut tout d’abord savoir que Mc Guigan a été abattu par les autorités anglaises alors qu’il venait en aide à Doherty comme nous l’avons dit précédemment. Cette simple condition dans laquelle il est mort, témoigne de la violence utilisée par les anglais. En effet il agitait un mouchoir blanc en signe de paix, mais les autorités n’en ont pas pris en compte, ils l’on tué sans réfléchir, sans pitié, avec haine. La victime est étendu, inerte, comme si elle venait à l’instant d’être abattu. Son sang noir, qui a éclaboussé au sol, ne parait pas vrai mais fictif. Effectivement le photographe à probablement retouché son image après coup afin de rehausser la luminosité et créer un effet de clair-obscur étonnant. Le sang ressort alors plus noir que jamais. On pourrait alors penser qu’il a été rajouté. Comme si cette photographie n’était en réalité qu’une mise en scène. Pourtant il s’agit bien du fait réel pris sur le moment et c’est là qu’on comprend que Gilles Peress est un photographe hors pair. De ce fait il arrive à nous tromper, et donc à exprimer la violence dans une image. Notre cerveau refuse de croire à une vraie scène et pourtant elle l’est, là se trouve toute l’horreur de cette photographie mais aussi de cette journée. Car Peress met également en évidence les autres victimes dans ces photographies. Notamment dans celle-ci, lorsque les autres personnes regardent le hors champs là où se trouve un autre mort, comme ce que l’on a expliqué plus haut. L’on peut imaginer non pas qu’ils regardent simplement Doherty mais les quatorze autres hommes décédés dans la même journée. Ceux qu’on ne voit pas sur cette photographie mais qui ont, eux aussi, été victime du massacre de Bogside.
Patrick Doherty
Mc Guigan
Nous avons placé cette photographie à la suite car, comme la première, on peut apercevoir la victime touché par l’armée anglaise ainsi que des civils l’aidant et l’entourant. Nous n’avons pas pu identifier la victime ni son photographe, malheureusement, car nous n’avons pas assez d’informations sur cette image. Néanmoins nous pouvons tout de même essayé de l’analyser et de l’interpréter.
La victime est à terre, on voit seulement sa tête car le reste de son corps est caché par les deux personnes à droite et à gauche qui essaye probablement de le sauver. Peut-être est-ce un choix du photographe afin de ne pas nous laisser voir la blessure. A nous donc de l’imaginer, et en connaissance de l’évènement l’on devine qu’il ne s’agit pas simplement d’une petite égratignure. Un certain mystère qui cache une certaine violence .Ainsi la personne qui a photographié cette image savait peut être ce qu’elle faisait en lui donnant ce point de vue. Les deux personnes penchées au-dessus du corps doivent être en train de constater la blessure et cela ne doit pas faire longtemps que la victime a été abattue car deux autres personnes sont à terre (une à droite de la photo et une autre à gauche, où l’on ne voit que ses jambes). Elles ont dû plonger à terre pour éviter les balles et sont encore apeurés. Les autres personnes debout regardent toutes dans une direction différentes, comme si elles étaient à l’affut de quelque chose. Ces hommes n’ont pas l’air confiant, et l’expression de leur visage laisse présager qu’ils sont inquiets, qu’ils ont peurs de ce qu’il pourrait leur arriver. De plus on peut remarquer des barricades en arrière-plan. Barricades qui entouraient toute la ville de Derry derrière lesquelles se trouvaient les autorités anglaises. Ainsi cette photographie montre la violence de ce dimanche sanglant plutôt implicitement. C’est-à-dire qu’elle ne laisse paraitre aucun élément, comme le sang sur la photographie précédente, qui marque directement l’attention mais si l’on prend le temps de l’analyser on se rend compte qu’elle aussi démontre la violence infligé par l’armée anglaise.
Bouclons cette ultime partie avec cette dernière photographie. L’homme mort au centre de cette image, nous l’avons déjà croisé au fil de ce travail. Il s’agit en effet de John F. Duddy que nous avons vu blessé sur les deux premières photographies de la troisième partie. Blessé d’une balle à la poitrine, rappelons-le, il n’a pas résisté et est décédé quelque rue plus loin lorsque les personnes le portant, l’a étendu par terre. Ainsi nous voulions finir ce travail par cette photographie très marquante d’un des leaders mort que nous avons suivis au cours de notre dossier.
Un témoignage d’un homme, Wiliam Mac Christal, qui l’a porté a été recueilli à la suite de cette journée. Il dit :
Je me trouvais sur Chamberlain street derrière une bande de jeunes qui jetaient des pierres. […] j’ai entendu des tirs venant de William Street, une balle siffla au-dessus de ma tête et se logea dans le mur d’en face. Quelqu’un venait d’être touché. J’ai vu le père Daly penché sur le corps d’un jeune. Il y avait un autre homme qui l’assistait. J’ai couru leur proposer mon aide, je me suis agenouillé, l’armée nous tirait dessus au-dessus de la tête. Les balles venaient de notre dos et allaient percuter le mur d’en face. Arrivé sur place je n’ai vu près du corps ni arme, ni pistolet, ni bombe à clous ou pierre. Nous avons transporté le corps à travers High Street vers Waterloo Street. Nous l’avons étendu sans son manteau et Monsieur MacCloskey l’a recouvert d’un édredon. A ce moment il était mort. Il s’appelait John Duddy.
Revenons à la photographie. On distingue trois hommes, la victime allongée à terre, un ami probablement qui semble lui parler à l’oreille ou pleurer, on ne voit pas vraiment. Et le prêtre qui bénit le corps (geste qu’un prêtre catholique se doit de faire lorsqu’il voit une personne morte). Cette photographie est très troublante car on ne voit pas la blessure de Duddy. Elle n’est donc pas choquante car l’on ne voit rien. Seulement son corps étendu, les yeux fermés. Son visage semble paisible comme s’il avait accompli ce qu’il voulait avant de mourir. Le photographe à surement pris cette photographie à ce moment précis pour mettre en valeur le prêtre. En effet symbole de paix comme nous l’avons dit précédemment il est comme le représentant de ces civils venus marché pacifiquement. De plus il s’est battu pour cet homme comme nous avons pu le voir sur les clichés précédents. Et pourtant il a fait cela en vain car John Duddy est malheureusement mort.
Cette photographie présente alors deux aspects différents. D’un côté elle est troublante, en voyant cet ami effondré on voudrait apporter notre aide et venir le réconforter. La tristesse se lit également sur le visage du prêtre. D’un autre côté on peut retrouver la violence. En effet la mort n’est pas un fait sans importance de plus quand l’on sait que treize autres personnes l’ont trouvé aussi. Cette photographie témoigne de toute l’horreur de cette journée sanglante, de la violence infligée par les soldats, et à quel point ils ont pu faire preuve d’inhumanité pour pouvoir tuer des adolescents qui étaient venus manifester pacifiquement sans armes.
Nous nous trouvons désormais à la fin de cette journée d’horreur, à faire le bilan de ce qu’il vient de se passer en quelques heures. Les soldats en sont venus à tirer avec de vraies balles sur des adolescents non armés. Les photographes et journalistes outrés de ce qu’ils voyaient ont voulus garder une trace en prenant leurs « armes » à eux, leur appareils-photographique. Avide de témoigner la violence telle qu’elle ils ont photographié les blessés mais également les morts. Ainsi ils laissent une trace de cette horreur et montrent aux monde entier ce qu’il s’est réellement passé le 30 janvier 1972, lors de ce massacre, lors du Bloody Sunday.


Conclusion
Pour conclure sur ce dossier, nous avons tout d’abord vu à travers les divers clichés que la marche de ce 30 janvier 1972 connue sous le nom de Bloody Sunday a très vite dégénérée à cause de l'intervention de l’armée Britannique et de la pression qu'elle a exercé sur la foule de manifestants qui ne faisait que s’accroître. La marche ne s’est donc pas déroulée dans le calme mais dans la crainte et la violence. Puis nous avons ensuite, toujours à travers des supports iconographiques, remarqué que les civils ont très rapidement été maitrisés par les soldats qui au début jouaient avec la peur qu’ils exerçaient sur eux et ont au fur et à mesure commencé à déployer une cruauté pouvant atteindre l'excès avec leurs armes et provoquer la mort de 14 pacifistes dont des jeunes de 17 ans ainsi que de nombreux blessés. Enfin, nous avons dressé un bilan avec des photographies quelques peu poignantes montrant que les soldats ont abusés de leur pouvoir et qu’ils ont utilisé une violence abusive. Le bilan reste donc affolant pour une marche qui, rappelons-le encore une dernière fois, devait être pacifiste et qui au final finira dans un bain de sang et d'affolement ! La violence reste donc omniprésente dans ce conflit comme nous avons pu le voir à travers la photographie et elle peut être représentée à travers divers éléments tels que les armes, les soldats, les réactions des civils et encore les différents endroits, détruits la plus part du temps par les conflits antérieures de l'Irlande, où ont été prisent les photographies.
C’est toute une génération de l'Irlande du Nord qui sera touchée, par cet événement. En effet, suite à cette journée sanglante. De nombreux hommes, jeunes le plus souvent, vont rejoindre l’IRA, c'est à dire l'armée républicaine Irlandaise. L'engagement de ces jeunes soldats, créera néanmoins de nombreux attentats à la bombe dans des lieux publics, qui commettra beaucoup de victimes civils également. C'est seulement le 15 juin 2010, que le nouveau premier ministre Britannique David Cameron présentera au nom du Royaume Unis des excuses officielles aux victimes du Bloody Sunday. Il avouera que l’armée Britannique n’a pas juste utilisé la légitime défense et il jugera que :
Son discours sera diffusé à Londonderry.
Aujourd'hui encore des tensions se ressentent en Irlande du nord, qui appartient toujours au Royaume Unie. Le 5 janvier 2013 par exemple, à Belfast cette fois-ci, capitale du pays. Il s'agit ce jour-ci, des pro-britanniques mécontents que l'Union Jack -le drapeau britannique- ne soit plus hissé que 17 jours par ans lors des grandes occasions royales. Ainsi des émeutes s'élèvent du côté des quartiers unionistes (partisans au maintien de l'Union Jack en Irlande du Nord), où les cocktails Molotov côtois les briques. Les forces de l'ordre répliquent alors à l'aide de canons à eau et balles en caoutchouc, comme au début de Bloody Sunday. Ces soulèvements ravivent les éternelles tensions entre les communautés protestantes et chrétiennes. En effet les protestants se sentent menacés, car leur nombre en Irlande du Nord diminue largement et est désormais inférieures au nombre de catholiques, à Belfast ils ne sont que 42% contre 49% de catholiques. Ces deux communautés restent également très séparées. Effectivement, dans la capital les quartiers sont séparés par des "murs de paix" érigés à la faveur des habitants qui veulent se protéger des projectiles et des attaques de l'autre camp. Les rencontres entre protestants et catholiques sont alors très rares. Ainsi en 2013, en Irlande du nord, « on nait et on reste républicains catholique ou unioniste protestant. »
On peut alors voir par ces conflits encore existent aujourd'hui que les tensions entre les deux camps ne sont toujours pas étoffés. Les photographes et journalistes prennent encore et toujours plus de photographies pour relater la violence encore présente en Irlande du nord. Le support iconographique a donc encore aujourd'hui, et même plus, d'importance pour traduire et dénoncer la violence du conflit nord-Irlandais.
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