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Les lignes de désir

Les lignes de désir
by

Pierre Ménard

on 14 December 2010

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Transcript of Les lignes de désir

Les lignes de désir « Le rythme, écrit Paul Valéry,
c’est quand le successif a
quelque chose du simultané. » Les lignes de désir sont ces passages coupant à travers parcs et espaces verts, visibles sous forme de pistes de terre mal dégrossies ou chemins de chèvres marqués dans le paysage à mesure d’un piétinement journalier. Tracées par chacun dans une volonté d’arriver plus vite à destination, ou simplement par curiosité, ces lignes matérialisent la force de transformation et de liberté que peut prendre chaque individu sur l’espace urbain. 1001 fragments
de 1001 signes Un livre devient un autre livre à chaque fois que nous le lisons. Une ville c’est pareille invention, voyage à travers le temps, chaque parcours la transforme. Marcher dans les rues comme entre les pages d’un livre.
En garder une trace. Avec cet étonnement de voir, au fil du temps, se dessiner un chemin qui n’existait pas au moment où on le parcourait. Transformer la narration en jeu, sauter de case en case avec la liberté primitive qu’avait, à ses débuts, l’art de raconter. Puis tisser l’histoire à partir de la juxtaposition ou de l’entrelacement de nos lignes de désir. C’est un lieu que je connais bien, tous les matins le même rituel pour aller prendre mon train, remonter la rue à l’ombre écrasante du bâtiment de la SNCF. Le mur nous soutient, nous guide, avec la ligne de soutènement qu’il trace à nos côtés. Je parviens finalement tout en haut de la rue. Là, tout s’ouvre, se dégage à ma vue. Attendre avant de traverser. Les voitures filent à vive allure, ligne droite, route large. Traverser le pont suspendu au-dessus des voies de la gare de l’Est avec ses croisées de béton armé. Respiration de perspective avant de s’engouffrer dans le souterrain, guère le temps de flâner, un train à prendre, pas de temps à perdre. Rendez-vous à ne pas manquer. Il faut accélérer la cadence, agrandir sa foulée, juste le temps de jeter à la dérobée un coup d’œil vers les voies en dessous, un train entre en gare, le bruit qu’il fait, fracas des essuies sur les rails, crissements des freins à peine masqués par le flot des voitures, dans les deux sens sur le pont Lafayette. Tous les jours le même trajet, même heure, même place et les voisins de compartiment identiques à la veille. On enlève son manteau, on s’assoit dans le sens de la marche. Et le train démarre. Le paysage défile, toujours le même et jamais tout à fait pareil. Le regard se laisse aller à rêver et glisser à la vitesse du train, des endroits que l’on connaît toujours sous le même angle. Il suffit qu’un jour, le train rencontre un problème technique, une avarie, un accident, et tout s’arrête, se transforme radicalement. La perspective ainsi modifiée nous déstabilise. On ne sait plus où l’on est, pourtant le train s’est juste arrêté dans une gare du parcours, il a fallu descendre, sortir du cocon chaleureux du compartiment pour rejoindre la gare, plus aucun train ne pouvant circuler suite à un accident matériel. On se retrouve devant la gare, sur le trottoir et l’on regarde la foule des voyageurs perdus, sortis d’eux-mêmes et de leur tranquille habitude, mis en dangers, littéralement ailleurs. projet d’édition protéiforme À la fois un texte dont la publication
ne retiendrait qu’une sélection aléatoire
dans l’ensemble des fragments écrits À chaque nouvelle impression
une nouvelle version

Versions de ce récit = collector Une version sous forme
de cartes à jouer

Tirage limité
livre d’artiste Un site :

Des promenades sonores
(ambiance ville + lecture de fragments du texte
et création musicale)

Des diaporamas de trajets à travers la ville Une application iPhone/iPad (permettant une écoute mobile de ces parcours poétiques) Un récit sous forme de livre Ce texte se compose d’une suite de monologues qui se font échos parfois dialoguent ou s’interrompent, écriture mosaïque, micros-fictions, ressassement de mots en mouvement dans le sens d’une marche en avant, dans le bruissement, la rumeur de la ville, son quotidien, non pas le spectaculaire de l’actualité mais ce qu’on ne voit pas puisqu’on y est immergé. Des performances Un projet de
Pierre Ménard Les lignes de désir est un projet de fiction, un entrelacs d’histoires, de promenades sonores et musicales, cartographie poétique de flâneries anciennes, déambulations quotidiennes ou voyages exploratoires, récits de dérives aux creux desquels se dessinent les lignes de désir. Une carte est toujours une forme d’abstraction. Et quand y demeure seul, le tracé des rues qui se croisent, bifurquent et s’éloignent, ce tracé révèle la délicate beauté du motif sous-jacent de toutes villes. Voir une ville telle qu’elle est quand on n’est pas là. Un tel désir ne peut être que contrarié, mais un désir contrarié, loin de s’éteindre, en est au contraire avivé. Il y aurait plusieurs rues, un panneau qui décrit le chemin qui mène à un autre. Devant le panneau, on est invité à imaginer, non seulement le lieu où il se trouve mais aussi la description du chemin qui mène au panneau devant lequel on se trouve. De là, ce labyrinthe de couloirs, de portes, d’escaliers, qui ne mènent à rien, de là, ces poteaux indicateurs qui n’indiquent rien, ces innombrables signes qui jalonnent les routes et ne signifient rien. C’est comme arrêter le temps au moment où la vérité devient hallucination. Tout lieu est une stratification, c’est-à-dire la somme des différents moments de son histoire. Un jour pas l’autre. Dans le hasard, dans le transport résiduel et dans la peau humide. Ensuite le corps réduit à la trace le nom de sa forme. La nuit est ravissante, inavouable. Là où la bouche, elle-même prononcée par l’autre bouche. Le langage dedans l’oreille dedans la fouille la morsure essentielle. La force dépend de l’exactitude. La distance seule est événement. Le recommencement est passage. Ce qui est à dire. Mais bouge le reste et c’est bien. On se bouscule pour le pain jeté ou bien la stupéfaction du baiser. Seule issue possible. La lenteur dans la marche. Nous comme un jeu. Partout l’obstacle. Comme la pensée la lumière. En sommeil le blanc du linge. Effacement progressif du geste. Demain si tout de suite heureux. On ne peut vivre sans vivre. Et chaque défaut dilaté. La sangle résiste. Comme on fait semblant d’avoir perdu son temps. Déroutant de lenteur. Dehors dedans. Marcher risque l’espace. Nulle composition, nulle invention. La distance qui sépare. Mon très lent paysage. La forme d'un livre change plus vite,
hélas ! que le cœur d'un mortel Il y aura toujours des livres,
mais nos modes de lecture changent,
notre écriture évolue
le web est passé par là Articuler livre et Internet de manière
complètement neuve et qui ne peut que
démultiplier ce qui restera spécifique
au livre, la part de l’imaginaire,
le travail rêve de la langue. Modifier les habitudes de lecture par une navigation incertaine. Inventer de nouvelles formes éditoriales pour faire reculer les frontières du livre. Permettre au lecteur de basculer librement du texte à une lecture audio ou
à un lecteur vidéo.
Le livre mis en scène
pour devenir un véritable produit multimédia. L'oeuvre n'est jamais la même
lorsqu'elle est inscrite
dans des formes distinctes.
À chaque fois, elle porte une signification autre.
essayer de nouvelles
manières d’écrire et
de raconter des histoires. Exploiter les outils et médias du web
pour développer de nouvelles formes
pour raconter des histoires. Les lignes de désir est un projet de fiction, un récit à lecture aléatoire, un entrelacs d’histoires, de promenades sonores et musicales, cartographie poétique de flâneries anciennes, déambulations quotidiennes ou voyages exploratoires, récits de dérives aux creux desquels se dessinent les lignes de désir. Ce texte se compose d’une suite de monologues qui se font échos parfois dialoguent ou s’interrompent, écriture mosaïque, micros-fictions, ressassement de mots en mouvement dans le sens d’une marche en avant, dans le bruissement, la rumeur de la ville, son quotidien, non pas le spectaculaire de l’actualité mais ce qu’on ne voit pas puisqu’on y est immergé. Une carte est toujours une forme d’abstraction. Et quand y demeure seul, le tracé des rues qui se croisent, bifurquent et s’éloignent, ce tracé révèle la délicate beauté du motif sous-jacent de toutes villes. Voir une ville telle qu’elle est quand on n’est pas là. Un tel désir ne peut être que contrarié, mais un désir contrarié, loin de s’éteindre, en est au contraire avivé. Il y aurait plusieurs rues, un panneau qui décrit le chemin qui mène à un autre. Devant le panneau, on est invité à imaginer, non seulement le lieu où il se trouve mais aussi la description du chemin qui mène au panneau devant lequel on se trouve. De là, ce labyrinthe de couloirs, de portes, d’escaliers, qui ne mènent à rien, de là, ces poteaux indicateurs qui n’indiquent rien, ces innombrables signes qui jalonnent les routes et ne signifient rien. C’est comme arrêter le temps au moment où la vérité devient hallucination. Tout lieu est une stratification, c’est-à-dire la somme des différents moments de son histoire. Les
lignes
de
désir
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