Loading presentation...

Present Remotely

Send the link below via email or IM

Copy

Present to your audience

Start remote presentation

  • Invited audience members will follow you as you navigate and present
  • People invited to a presentation do not need a Prezi account
  • This link expires 10 minutes after you close the presentation
  • A maximum of 30 users can follow your presentation
  • Learn more about this feature in our knowledge base article

Do you really want to delete this prezi?

Neither you, nor the coeditors you shared it with will be able to recover it again.

DeleteCancel

Make your likes visible on Facebook?

Connect your Facebook account to Prezi and let your likes appear on your timeline.
You can change this under Settings & Account at any time.

No, thanks

L'Argumentation comme projet littéraire

Argumentation indirecte libre, directe ou indirecte : clef pour une analyse du texte argumentatif (Capsule)
by

Misandeau Philippe

on 12 January 2014

Comments (0)

Please log in to add your comment.

Report abuse

Transcript of L'Argumentation comme projet littéraire

(Argumentatif, descriptif, explicatif, informatif, injonctif, narratif, symbolique)
L'Argumentation
Directe
ou
http://prezi.com/yraxqft8qpu7/largumentation/
Liens Prézi, pour des activités de classe :
http://prezi.com/cm9c4_4_mmjt/largumentation/
Définir le registre argumentatif :
http://prezi.com/antbcftfnxps/les-genres-de-largumentation-indirecte/
http://prezi.com/bldman5hhi8t/les-topies-antiutopie-dystopie-idiotopie-eutopie-utopie/
Aspect philosophique :

http://prezi.com/-cc7bgmmna9i/argumentation/
Entre un genre littéraire (l'
Essai
) et un registre (le
texte argumentatif
) :
une des six formes de discours

Une forme :
les marques de la subjectivité
un lexique appréciatif / dépréciatif
le temps de l'énonciation
un circuit argumentatif
...
« Indirecte libre »
« Indirecte libre »
Directe
Ce qui est
libre
ici...
c'est la
parole
et
le genre de l'œuvre
auquel appartient l'extrait argumentatif : le texte (
extrait isolé d'une œuvre
) n'est
ni l'extrait d'un Essai ou d'une préface
ni l'extrait d'un Apologue reconnu
Genre :
Le texte à analyser est extrait d'un roman, d'une pièce de théâtre, d'un recueil poétique...
L'argumentation est directe mais ni l'intention, ni la voix du locuteur ne sont identifiées de façon explicite :
c'est un personnage (un
«
pseudo
»
?) qui assume une thèse défendue dans un contexte ambigu
Thème
et thèse :
http://www.lemonde.fr/revision-du-bac/annales-bac/francais-premiere/les-formes-de-l-argumentation_1-fra-09.html
un avis, un jugement porté par le locuteur
sur un thème énoncé et débattu avec conviction
ou persuasion
Registres :
didactique, épique, ironique, pathétique, polémique, satirique...
Type :
article, billet, discours, éloge, lettre (ouverte), manifeste, pamphlet, plaidoyer, préface, sermon, texte polémique, traité...
ou « formes obliques »
Genres multiples :
poétique, narratif, théâtral sous la forme d'un
Apologue
Indirecte
Marqueurs :
Thème
et thèse :
une fiction ("Je" identifié à un personnage) pour séduire
récit au service d'une thèse défendue (explicite ou implicite)
les personnages opposants soutiennent la thèse adverse
des arguments sont avancés
le récit est soutenu par une structure logique (déterministe)
une morale (explicite ou non) pour convaincre
un avis, un jugement est porté par les actants
*
sur des thèmes énoncés et débattus avec persuasion
(exemplarité, intemporalité, émotivité)
pour dépasser le cadre du seul récit qui est vu comme prétexte
Registres :
argumentatif, fantastique, ironique, polémique, satirique...
Type :
apologue, conte, conte philosophique, dialogue, fables, mythe, parabole, théâtre, utopie / dystopie...
personnages ou objets
avec une fonction narrative
(Récit bref, en prose ou en vers, avec un projet didactique : leçon, enseignement...)
dans les textes littéraires
Philippe Misandeau
Enseignant formateur Lettres et TICE
Acteur WebLettres
Autres Capsules prezi
(Même auteur)
http://prezi.com/user/Misandeau/prezis/
Indirecte
Osons...
argumentation
argumentation
argumentation
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et, quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Défense et illustration du courant romantique :
Hugo père sincère ou se revendiquant chef de file ?
-----
Voir l'analyse sur WikiPédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Demain_d%C3%A8s_l%27aube%E2%80%A6
Exemple
SILVIA
. Le non n’est pas naturel ; quelle sotte naïveté ! Le mariage aurait donc de grands charmes pour vous ?
LISETTE
. Eh bien, c’est encore oui, par exemple.
SILVIA
. Taisez-vous, allez répondre vos impertinences ailleurs, et sachez que ce n’est pas à vous à juger de mon cœur par le vôtre.
LISETTE
. Mon cœur est fait comme celui de tout le monde ; de quoi le vôtre s’avise-t-il de n’être fait comme celui de personne ?
SILVIA
. Je vous dis que si elle osait, elle m’appellerait une originale.
LISETTE
. Si j’étais votre égale, nous verrions.
SILVIA
. Vous travaillez à me fâcher, Lisette.
LISETTE
. Ce n’est pas mon dessein ; mais dans le fond voyons, quel mal ai-je fait de dire à Monsieur Orgon, que vous étiez bien aise d’être mariée ?
SILVIA
. Premièrement, c’est que tu n’as pas dit vrai, je ne m’ennuie pas d’être fille.
LISETTE
. Cela est encore tout neuf.
SILVIA
. C’est qu’il n’est pas nécessaire que mon père croie me faire tant de plaisir en me mariant, parce que cela le fait agir avec une confiance qui ne servira peut-être de rien.
LISETTE
. Quoi, vous n’épouserez pas celui qu’il vous destine ?
SILVIA
. Que sais-je ? Peut-être ne me conviendra-t-il point, et cela m’inquiète.
LISETTE
. On dit que votre futur est un des plus honnêtes du monde, qu’il est bien fait, aimable, de bonne mine, qu’on ne peut pas avoir plus d’esprit, qu’on ne saurait être d’un meilleur caractère ; que voulez-vous de plus ? Peut-on se figurer de mariage plus doux ? D’union plus délicieuse ?
SILVIA
. Délicieuse ! Que tu es folle avec tes expressions !

Marivaux (1730)
Le Jeu de l'amour et du hasard
Acte I ; Scène première (extrait)
Exemple
Points de vue sur le mariage : Marivaux et le "mariage arrangé" ?
DON JUAN
. Quoy ? tu veux qu’on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu’on renonce au monde pour luy, et qu’on n’ait plus d’yeux pour personne ? La belle chose de vouloir se picquer d’un faux honneur d’estre fidelle, de s’ensevelir pour toûjours dans une passion, et d’estre mort dés sa jeunesse, à toutes les autres beautez qui nous peuvent frapper les yeux : non, non, la constance n’est bonne que pour des ridicules, toutes les Belles ont droit de nous charmer, et l’avantage d’estre rencontrée la première, ne doit point dérober aux autres les justes pretentions qu’elles ont toutes sur nos cœurs. Pour moy, la beauté me ravit par tout où je la trouve ; et je cede facilement à cette douce violence, dont elle nous entraisne ; j’ay beau estre engagé, l’amour que j’ay pour une belle, n’engage point mon ame à faire injustice aux autres ; je conserve des yeux pour voir le merite de toutes, et rends à chacune les hommages, et les tributs où la nature nous oblige. Quoy qu’il en soit, je ne puis refuser mon cœur à tout ce que je voy d’aimable, et dés qu’un beau visage me le demande, si j’en avois dix mille, je les donnerois tous. Les inclinations naissantes aprés tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l’amour est dans le changement. On goûte une douceur extrême à reduire par cent hommages le cœur d’une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrés qu’on y fait ; à combatre par des transports, par des larmes, et des soûpirs, l’innocente pudeur d’une ame, qui a peine à rendre les armes ; à forcer pied à pied toutes les petites resistances qu’elle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur, et la mener doucement, où nous avons envie de la faire venir. Mais lors qu’on en est maistre une fois, il n’y a plus rien à dire, ny rien à souhaiter, tout le beau de la passion est finy, et nous nous endormons dans la tranquillité d’un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos desirs, et présenter à nostre cœur les charmes attrayants d’une conqueste à faire. Enfin, il n’est rien de si doux, que de triompher de la resistance d’une belle personne ; et j’ay sur ce sujet l’ambition des Conquerants, qui volent perpetuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se resoudre à borner leurs souhaits. Il n’est rien qui puisse arrester l’impetuosité de mes desirs, je me sens un cœur à aimer toute la terre ; et comme Alexandre, je souhaiterois qu’il y eust d’autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquestes amoureuses.
Exemple
Éloge de l'inconstance : qu'en pense Molière ?
Molière
(1665)
Dom Juan
Acte I ; Sc. 2 (extrait)
La problématique posée
donne à l'extrait
une portée argumentative
Exemple
Hergé
(1942)
Tintin au Congo
Page 71
Dans quelle mesure cette page est-elle polémique ?
Source et analyse :
http://premierehg.over-blog.com/article-12870865.html
Exemple
Exemple
Exemple
Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : « Ceci est à moi », et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : « Gardez-vous d’écouter cet imposteur : vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne ! ». Mais il y a grande apparence qu’alors les choses en étaient déjà venues au point de ne pouvoir durer comme elles étaient : car cette idée de propriété, dépendant de beaucoup d’autres idées antérieures qui n’ont pu naître que successivement, ne se forma pas tout d’un coup dans l’esprit humain.
ROUSSEAU (1755)
Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes

Thème
: la socialisation
Thèse
: la propriété est une imposture
Argument type
: assertion
Raisonnement
: inductif
Mode
: persuader
L’autre mal, presque incurable, est le luxe.
Comme la trop grande autorité empoisonne les rois, le luxe empoisonne toute une nation. On dit que le luxe sert à nourrir les pauvres aux dépens des riches ; comme si les pauvres ne pouvaient pas gagner leur vie plus utilement, en multipliant les fruits de la terre, sans amollir les riches par des raffinements de voluptés. Toute une nation s’accoutume à regarder comme les nécessités de la vie les choses les plus superflues : ce sont tous les jours de nouvelles nécessités qu’on invente, et on ne peut plus se passer des choses qu’on ne connaissait point trente ans auparavant. Ce luxe s’appelle « bon goût », « perfection des arts », et « politesse de la nation ». Ce vice, qui en attire une infinité d’autres, est loué comme une vertu ; il répand sa contagion depuis le roi jusqu’aux derniers de la lie du peuple. Les proches parents du roi veulent imiter sa magnificence ; les grands, celle des parents du roi ; les gens médiocres veulent imiter les grands ; car qui est-ce qui se fait justice ? les petits veulent passer pour médiocres : tout le monde fait plus qu’il ne peut ; les uns par faste, et pour se prévaloir de leur richesse ; les autres par mauvaise honte et pour cacher leur pauvreté. Ceux mêmes qui sont assez sages pour condamner un si grand désordre ne le sont pas assez pour oser lever la tête les premiers et pour donner des exemples contraires. Toute une nation se ruine, toutes les conditions se confondent. La passion d’acquérir du bien pour soutenir une vaine dépense corrompt les âmes les plus pures : il n’est plus question que d’être riche ; la pauvreté est une infamie. Soyez savant, habile, vertueux ; instruisez les hommes ; gagnez des batailles ; sauvez la patrie ; sacrifiez tous vos intérêts, vous êtes méprisé, si vos talents ne sont relevés par le faste. Ceux mêmes qui n’ont pas de bien veulent paraître en avoir ; ils en dépensent, comme s’ils en avaient : on emprunte, on trompe, on use de mille artifices indignes pour y parvenir. Mais qui remédiera à ces maux ? Il faut changer le goût et les habitudes de toute une nation : il faut lui donner de nouvelles lois. Qui le pourra entreprendre, si ce n’est un roi philosophe qui sache, par l’exemple de sa propre modération, faire honte à tous ceux qui aiment une dépense fastueuse, et encourager les sages, qui seront bien aise d’être autorisés dans une honnête frugalité.
FÉNELON (1699)
Les Aventures de Télémaque
Thème
: l'argent
Thèse
: l'argent corrompt la société
Argument type
: témoignage
Raisonnement
: par analogie
Mode
: convaincre
[…]
O vous mes frères dans les prisons vous êtes libres
Libres les yeux brûlés les membres enchaînés
Le visage troué les lèvres mutilées
Vous êtes ces arbres violents et torturés
Qui croissent plus puissants parce qu’on les émonde
Et sur tout le pays d’humaine destinée
Votre regard d’hommes vrais est sans limites
Votre silence est la paix terrible de l’éther.
Par-dessus les tyrans enroués de mutisme
Il y a la nef silencieuse de vos mains
Par-dessus l’ordre dérisoire des tyrans
Il y a l’ordre des nuées et des cieux vastes
Il y a la respiration des monts très bleus
Il y a les libres lointains de la prière
Il y a les larges fronts qui ne se courbent pas
Il y a les astres dans la liberté de leur essence
Il y a les immenses moissons du devenir
Il y a dans les tyrans une angoisse fatale
Qui est la liberté effroyable de Dieu
Pierre EMMANUEL (1942)
Jour de colère
Thèse
: la liberté de pensée
est la force de l'Homme
Thème
: la Résistance
Argument type
: appel à des
valeurs communes
Raisonnement
: par analogie
Mode
: persuader
Registre
: lyrisme
L'auteur a pour projet
de dénoncer ou défendre une opinion
(délibérer, convaincre ou persuader)
Question sur un corpus, Sujet d'invention
ou d'entretien possibles autour de l'argumentation....
Quelle est la forme argumentative (directe, indirecte...) la plus efficace ?
Quel est le genre littéraire le plus à même de convaincre ?
Dans quelle mesure la fable (sermon, parabole...) est-elle un outil argumentatif encore efficace ?
L'adaptation cinématographique est-elle plus pertinente ?
...
Marqueurs :
Marqueurs :
"Je" est identifié à un auteur pour faire admettre une opinion
la subjectivité sert une thèse défendue explicite
la thèse adverse (rejetée) est explicite ou implicite
des arguments sont avancés, des exemples donnés
une structure logique (circuit argumentatif) est repérable
arguments et contre-arguments sont là pour convaincre
l'exemple a pour fonction de démontrer la validité de la thèse
...
Le locuteur cherche à convaincre son auditeur,
à modifier son point de vue sur un sujet déterminé
Type :
les mêmes que ceux de l'argumentation directe ou indirecte,
mais ils peuvent être empreints de mauvaise foi, s'avérer n'être
défendables que dans un contexte fictionnel
Registres :
délibératif, fantastique, humoristique, ironique, polémique, satirique, utopique...
extraits choisis dans une œuvre littéraire (récit, fiction).
Comme pour le
discours indirect libre
,
l'
argumentation indirecte libre
se
fond dans le récit
et
porte la marque de l'ambiguïté :
si le "porte-parole" (fictif) est
identifiable
, l'authenticité de l'argumentation est indiscernable à cause, là encore, de la "
superposition des voix
" (personnage / auteur / contexte)...
toutes les marques de l'argumentation directe ou indirecte,
auteur, narrateur, personnage, fiction prêtent leur voix à une argumentation fictive
qui engage qui par son discours ? De qui le locuteur est-il le porte parole ?
qui cherche à convaincre qui ? Qui parle pour qui ? Un personnage veut-il convaincre un autre personnage ou un lecteur sous l'influence de la fiction ?
l'argumentation n'est-elle pas là juste pour caractériser le personnage ?
argumentation ou "prouesse rhétorique" au service du récit ?
...
Thème
et thèse :
Victor Hugo (1856)
Les Contemplations
Intentions d'illustrateurs
La Fontaine (1668)
Les Fables
« Le Loup et l'agneau »
Exemple
L'auteur a pour projet
d'écrire un apologue :
un récit à portée didactique
Jésus prit place sur une barque, d’où il s’adressa à la foule demeurée sur le rivage. Il leur parla de plusieurs choses, et de façon imagée...
"Un homme sortit pour faire les semailles. Il allait, semant.
Un certain nombre de graines tombèrent en bordure de la route.
Les oiseaux accoururent et les dévorèrent.
D'autres graines tombèrent sur un sol pierreux. La couche de terre meuble étant peu profonde, de jeunes pousses ne tardèrent pas à se montrer. Le soleil brilla. Dépourvues de racines, les jeunes pousses furent aussitôt brûlées. Elles jaunirent et moururent.
D'autres graines encore tombèrent sur des buissons d'épines. Les buissons montèrent jusqu'à les étouffer.
Enfin, d'autres graines tombèrent dans une terre riche et généreuse. Et l'on vit une graine en donner cent, et là soixante, et ici trente.
Que celui qui a des oreilles entende."
Ses disciples s'avancèrent. Pourquoi leur parles-tu de façon imagée ?
Jésus répondit : vous, vous avez été mis dans le secret du règne des Cieux. Les autres, non. Car celui qui possède recevra en abondance ; mais au démuni, le peu qu'il a sera enlevé. Si je leur parle de façon imagée, c'est que ceux qui voient ne voient rien, ceux qui entendent n'entendent ni ne comprennent rien.
Bible
,
Évangile selon Saint Matthieu
Fonctions de l'apologue : la parabole, parler par image
Exemple
Joëlle Wintrebert (2002)
Pollen

Incipit
Conte philosophique
Exemple
«Tu ne tueras pas.
«Tu ne porteras pas la main sur autrui dans l'intention de le blesser.
«Tu ne verseras pas le sang.»
C'était la loi de Pollen.
Sandre regardait le stylet. Une arme affilée, coupante. Il l'avait affûtée avec soin.
Tu ne tueras pas.
Il scruta la Citadelle. La porte qui donnait sur les jardins s'ouvrit enfin. Un guerrier en sortit et se mit à courir. Ses pas lourds creusaient le sable des allées. Il ne s'arrêterait qu'à bout de souffle. Sandre frapperait à cet instant.
Le guerrier pénétra dans le jardin Rouge. Sandre le guettait depuis deux jours. Le cycle de ses foulées était immuable. Bientôt il atteindrait le Jardin Bleu, il s'arrêterait devant la fontaine, épuisé.
Caché derrière la statue des Mères, Sandre attendait, ses doigts moites sur le stylet. Un tic agitait sa paupière. Tu ne tueras pas. La peur lui serrait la gorge mais sa résolution n'avait pas faibli. Et si mon corps me trahit ? Et si mon bras manque de puissance ? C'est un guerrier que je vais attaquer. Un être d'exception, entraîné au combat.
Sandre suffoqua. L'odeur des violanthes était insupportable, ce soir. L'antidote de Moray le protégeait-il encore contre les effluves empoisonnés des fleurs-gardiennes ? Sa salive lui semblait un bloc étrange arrêté dans sa gorge. Ses mains fourmillaient. Et s'il tombait, comme tous ceux qui s'approchaient trop près de la Citadelle ?
Les pas du guerrier sonnèrent sur les dalles mélodiques de l'atrium, enrayés de fatigue. Sandre respirait à petits coups. Ce n'était pas le moment de flancher. Précédée par son lumen qui l'éclairait à pleine puissance, sa proie approchait.
Tapi dans l'ombre des Mères, Sandre vit le guerrier s'arrêter à l'endroit prévu, prendre appui sur ses genoux pliés, haleter comme s'il était pris de malaise.
Le premier soir de sa traque, Sandre avait pensé que le guerrier lui échappait, tué par les fleurs censées le protéger. Les guerriers sont immunisés contre les violanthes. En voyant l'athlète s'éloigner d'un pas égal, Sandre avait compris son erreur.
À l'instant où le guerrier s'arrêta, Sandre se jeta sur lui, perçant tel un guêpion, à l'endroit du coeur. Le guerrier s'effondra. Il râlait.
Sandre sauta en arrière pour éviter la chute de sa victime. En même temps, il arracha le lumen. Privé de son symbiote, l'animal devint obscur. D'un coup de pied, Sandre l'écarta. Le lumen s'éteignit tout à fait.
Le guerrier gisait devant la fontaine. Un soupir étrange quitta sa bouche, puis son corps se figea. Sur sa tunique s'élargit une tache, distincte à la faible clarté des étoiles. Sandre se mit à trembler. Figé, l'esprit gourd, la mémoire obscurcie, il essayait de se rappeler les consignes.
« Assure-toi qu'il est mort, avait dit Moray. Surtout, n'oublie pas le stylet. »
Sandre gémit. Le stylet! Il s'en était aussitôt débarrassé. Un geste irrépressible. Comment retrouver l'arme, la signature de son crime ?
Fébriles, ses mains exploraient la terre entre les fleurs. Son coeur battait entre ses lèvres, il allait étouffer.
« Panique, avait dit Moray, et ce sera comme si tu avais retourné le stylet contre toi. On t'a dressé à ne pas tuer. Après, chacun de nous a voulu se punir. Résiste. Prends le temps de respirer.»
Sandre s'assit sur ses talons, inspira, expira, et s'aperçut aussitôt que ce n'était pas une bonne idée : l'odeur des violanthes l'accablait, écoeurante, musquée. Il se sentit devenir moite et froid, il s'éloignait de lui-même, au-dessus de lui les étoiles s'éteignirent.
Il vomit en reprenant conscience, trois longs jets brûlants. Les yeux mouillés de larmes, il s'aperçut qu'il avait déjà commencé à se rendre. On avait inscrit en lui l'horreur de la violence. Il ne parvenait pas à la dominer. Il se souvint des exhortations de Moray.
« Tu as été conditionné, Sandy. Frappe, et tu seras délivré. Ne laisse pas le doute t'empoisonner. Les scrupules sont stériles. Les guerriers nous volent nos soeurs et nos amies. Nous devons les combattre.»
Un projet :
le locuteur en présentant son opinion cherche :
à
défendre une thèse
(explicite ou implicite) et
à
obtenir l'adhésion
de son (ses) interlocuteur(s)
dans un contexte plus ou moins déterminant
La "
superposition des voix
" laisse place à de l'
ambiguïté
quant à la sincérité des propos tenus...
Hergé est-il ironique, consensuel, polémiste, naïf, humoriste dans cette page de
Tintin au Congo
?
Dans quelle mesure «
Demain dès l’aube
» porte la voix d'un
père
sincère, ou la voix de Hugo se posant habilement comme le
chef de file
du courant romantisque ?
Il nous manque le "point d'ironie" ou le "smiley" de la main de l'auteur !
Marqueurs :
subjectivité ("Je" identifié à l'auteur)
modalisateurs
"nous", "on" inclusif (thèse défendue)
"tu", "vous", "eux", "on" exclusif, "ils" (thèse adverse)
arguments
structure logique
mode indicatif
...

Genre :
l'Essai, le Traité
locuteur et parole
ambigus
argumentation
argumentation
argumentation
*
Personnages ou objets, abstractions
avec une fonction narrative
l'Utopie, genre argumentatif indirect :
http://prezi.com/6gmmmx1mneli/analyse-de-balance-w-et-c-lauenstein-1989/
Travaux pratiques
Liens
Copyright
On peut y ajouter les contraintes d'écriture d'une
micronouvelle
qui serait argumentative :
http://prezi.com/ypjxdpnvh4hf/micro-nouvelle-histoires-tres-courtes/
Full transcript