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Quelque part entre biomascarade et carboneutralité

N'hésitez pas à commenter cette présentation; elle se veut dynamique et contient presque autant de questions que d'information!
by

Helene Higgins

on 7 January 2016

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Transcript of Quelque part entre biomascarade et carboneutralité

la quantité de biomasse qui peut être retirée d'un site dépend directement de l'échelle du site (par ex. UAF, COS, lot, ...)
l'échelle de l'unité de production d'énergie aura un impact sur la quantité de biomasse nécessaire en approvisionnement
--> où s'approvisionnera-t-on si on vient à manquer de résidus acceptables mais qu'on doit continuer de faire fonctionner la chaudière ou l'usine ?

l'échelle des opérations de récolte a un impact sur la dette de carbone
Quelque part entre biomascarade et carboneutralité
Arbres entiers
Enjeu: est-il acceptable de récolter des arbres entiers sains pour des fins énergétiques?
Carboneutralité
Au Service canadien des Forêts (SCF), on corrige:
« C’est une erreur de dire que la biomasse est carboneutre.
La combustion de la biomasse crée plus de carbone (initialement) dans l’atmosphère que les carburants fossiles, car elle est moins dense en énergie. La biomasse émet donc plus de CO2 que le mazout, par exemple, ce qui crée une dette de carbone lors de son utilisation.Mais cette dette de carbone se rembourse au fur et à mesure où la forêt repousse. » (Roy 2012)

Fertilité du sol
- Afin de protéger les sols, la coupe par arbre entier est depuis plusieurs années de moins en moins privilégiée; on souhaite laisser de la biomasse sur place (branches, houppes). Encourager ce type de coupe serait potentiellement un retour en arrière, déjà que, dans les forêts publiques de l'Abitibi-Témiscamingue, il semble
que les procédés de coupe par arbre entier sont encore,
en 2014, utilisés pour plus de la moitié des volumes récoltés.
Sources et références utiles
Utilisation à privilégier
Il s'agit de « l’ensemble de la matière ligneuse récupérée en forêt qui ne trouve pas preneur pour la transformation en produits forestiers traditionnels: résidus de coupe, tels que les branches et les houppiers d’arbres, et des tiges de taille non marchande de faible qualité ou d’essences non commerciales coupées à l’occasion d’activités sylvicoles.
Les travaux sylvicoles (ex. dégagement, nettoiement, éclaircie pré-commerciale…) réalisés dans les peuplements en régénération (et donc non matures) peuvent servir à l’approvisionnement en biomasse à des fins énergétiques.
Biodiversité
L'utilisation de la biomasse pour des fins énergétiques a un rôle à jouer réduction de la dépendance aux énergies fossiles.

Au Québec, le Plan d'action pour la valorisation de la biomasse a été lancé en juin 2008 avec les objectifs suivants:
• Créer et soutenir de nouvelles possibilités de développement économique;
• Réduire la dépendance du Québec envers les matières fossiles;
• Faciliter la réalisation des stratégies d'aménagement forestier;
• Favoriser la réhabilitation des forêts feuillues.

Des opportunités sont présentes en Abitibi-Témiscamingue. Toutefois, il faut rester vigilants et s'assurer que les balises environnementales sont adéquates (et appliquées!) pour encadrer la filière, non seulement au niveau des émissions de GES et des impacts sur la productivité de la forêt mais également de la conservation de la biodiversité.

Et ce, tant pour les terres publiques que privées.

+ pour plusieurs acteurs, l'impact d'une coupe sur la forêt est le même peu importe l'usage final du bois, pour un même type (technique) de coupe. Donc, l'utilisation du bois pour fins énergétiques n'aurait pas <<plus d'impacts>>.

--> Toutefois, comment s’assurer qu’un type de traitement peut-être plus dommageable ne soit pas utilisé spécifiquement afin de permettre la récolte de biomasse à des fins énergétique?
Solutions en développement
Les point négatifs
- L'industrie doit rester prudente afin de ne pas ternir l'image de cette ressource renouvelable en ne prenant pas en compte ses impacts environnementaux lors du développement de projets.
+ La prudence s’impose! C'est pourquoi le Québec s’est doté d’outils pour s’assurer que les sites vulnérables soient exclus, comme des cartes de sensibilité des sols.
--> Comment s'assurer de leur application systématique en terre publique comme en terre privée?

+ D'autres études ont eu lieu ou sont en cours au Service Canadien des Forêts et en partenariat avec d'autres experts:
-> développement d’indicateurs de la sensibilité des sites à la récolte de biomasse (D.Paré)
-> Guide rédigé: Mise en place d’un dispositif de suivi environnemental des effets de la récolte des résidus de coupe (E.Thiffault)
-> Guide à venir sur les meilleures pratiques en lien avec les projets de biomasse (A. St-Laurent Samuel)

+ Certains sites ont une carence en bois mort. Piste de solution: « Limitation de la récolte de biomasse aux rejets de coupes et sur des sites qui ne sont pas potentiellement sensibles a l’appauvrissement nutritionnel » (Lecomte et al 2010)
-> D’autres sites ont-ils trop de bois mort ?
Le plan d’action du Qc pour la valorisation de la biomasse de 2008 définit comme biomasse des arbres ou parties d’arbre comptabilisés dans la possibilité forestière qui ne font pas l’objet d’une attribution ou d’une réservation
ainsi que les arbres, arbustes, cimes, branches et feuillages ne faisant pas partie de la possibilité forestière


« Parce qu’il est plus rentable, plus facile et plus commode de couper un arbre entier, de l’ébrancher sur le bord de la route, d’utiliser le tronc pour le bois et le reste (cime et branches) pour l’énergie, l’essor de la biomasse encourage cette technique destructrice.
En conséquence, les techniques moins dommageables de récolte de débris sur le parterre de coupe sont fortement désavantagées »
(Greenpeace 2011)

-> danger de revenir en arrière vers ce mode de coupe et de ne pas protéger les sols, si on ne tient pas compte des outils mis à notre disposition pour évaluer la sensibilité des sols.
Enjeu: laisser suffisamment de bois sur le sol, autant pour les nutriments que pour les écosystèmes.

Difficulté: L’impact réel qu’entraîne le prélèvement de biomasse sur la fertilité du sol et sa productivité comporte encore plusieurs inconnues (Thiffault, Hannam et al 2011).
Arguments contre
Dette de carbone
Enjeu: en combien de temps se rembourse
cette dette de carbone? Quelle période de temps est acceptable afin de justifier l'utilisation de biomasse?
Enjeu: plusieurs continuent d'affirmer que la biomasse est carboneutre.
La réponse: ça dépend, mais l'objectif est d'atteindre une période de remboursement la plus courte possible. Pour y parvenir, il y a plusieurs éléments à considérer qui permettent de s'orienter vers les conditions gagnantes (Bernier et al 2012):
1) mode de conversion de la biomasse en énergie (efficacité à
produire de l’énergie)
2) le type d'énergie remplacée par la biomasse
3) la source de biomasse forestière


Type de biomasse à privilégier
Dans l'ordre
du plus écologique au plus douteux
, les sources de biomasse sont (Roy 2012) :
les résidus d'usine
les résidus de coupe (dans les peuplements appropriés)
les arbres entiers malades, brulés ou morts
les arbres non commerciaux
les arbres entiers commerciaux.
Enjeu: quelle quantité de biomasse peut-on
soustraire d'un peuplement forestier donné ou
d'une forêt sans affecter sa productivité et sa biodiversité ?
--» ça dépend (Greenpeace 2011):
« du site, de la fertilité du sol et de sa fragilité, de la biodiversité, de l’état de la forêt, de la pente, des perturbations passées, des techniques de récolte, de l'échelle, etc.»
Entre 0% et 50%? Les seuils devraient être spécifiques pour chaque site considéré. Des lignes directrices
semblent être en préparation à cet effet par des
spécialistes (FQCF, Vision Biomasse Québec, SCF)
En attendant:
L’extraction de la biomasse, additionnée à la coupe traditionnelle, a des effets directs et cumulatifs sur:
les habitats
la richesse des espèces
la résilience de l’écosystème
par la fragmentation et le changement de structure et de composition de la forêt (Greenpeace 2011).

Les opérations de coupe montent rapidement vers le nord et les dernières forêts intactes, où habitent plusieurs espèces à valeur particulière, disparaissent à vue d’oeil. Le boom de la bioénergie augmentera la pression sur ces forêts. (Greenpeace 2011)

Stabilité de l'approvisionnement?
-> Qu’est-ce qui garantit que l’approvisionnement ne se déplace pas éventuellement vers des arbres entiers si les résidus viennent à manquer ?
-> Peut-on espérer un jour voir l'utilisation des matériaux de déconstruction, malgré les défis associés à leur contamination (peintures, traitements chimiques, clous, etc.) ?
-
- les forêts ayant subi une perturbation majeure comme un incendie, une maladie ou l'attaque d'insectes sont fragiles ont besoin de temps pour récupérer de ces perturbations naturelles ;
- qu’ils soient de valeur commerciale ou non, incendiés ou malades, les arbres debout fournissent de bien meilleures options d’entreposage ou de séquestration du carbone lorsqu’ils sont laissés sur place (Greenpeace 2011) ;
+
+ dans certaines régions, de grandes superficies de forêt sont affectées, par exemple par la tordeuse de l'épinette
-» en Côte-Nord, une réflexion a lieu quant à la pertinence de récupérer le bois affecté par la tordeuse de l’épinette.
+ il existe déjà des lignes directrices pour la récupération de
bois dans les forêts brûlées qui visent à conserver les
habitats et la qualité des sols (MRNF 2011)
- Valeurs. Pour certains, ce n'est pas une utilisation noble: « Prendre des arbres entiers sains pour faire de la biomasse c'est comme de transformer un filet mignon en steak haché ! » (Jérôme Simard, directeur général de la Coopérative forestière de Girardville)
« On ne veut pas que des arbres qui ont une valeur économique, paysagère ou écologique soient brûlés» (CRE Bas-St-Laurent)
Selon Biomasse Québec, « En se concentrant sur les projets qui visent la production de chaleur à petite échelle, le Québec est sur la bonne voie pour utiliser la ressource de manière optimale. »

Arbres entiers malades, brûlés ou morts
$
Résidus d'usine
SEUILS D’EXTRACTION DE LA BIOMASSE
Résidus issus des activités d’aménagement forestier
-» Le concept «d'arbre entier debout» est très vague. Qu'est-ce qu'il inclut? Diamètre minimum? Broussaille? Il y a une définition plus claire qui est en cours de rédaction par le Comité Vision Biomasse Québec.

-» Quel sera l'impact du nouveau régime forestier sur les possibilités d'aller en forêt chercher de la biomasse résiduelle pour des fins énergétiques?

-» y a-t-il une nuance à faire entre « aller spécifiquement dans le bois pour couper des arbres qui seront uniquement utilisés à des fins énergétiques» et « tant qu'à être dans le bois pour y couper des arbres sur pied, aussi bien en prendre aussi pour les usages énergétiques» ?

Quelques questionnements...
Compaction du sol
Certains acteurs sont inquiets de l'impact de la récolte de résidus forestiers sur la compaction du sol et l'orniérage dû au passage répété de la machinerie.
Il est heureusement peu probable que ces impacts soient majeurs, car, à l'heure actuelle, retourner en forêt pour chercher des résidus laissés sur place antérieurement est illogique au niveau économique.

+ l'utilisation d'arbres entiers pour des fins énergétiques pourrait permettre de combler les garanties d'approvisionnement lorsque le bois ne trouve pas preneur pour d'autres usages
--> Toutefois, comment s'assurer qu'il n'y aura pas de dérive et que cette pratique ne deviendra pas la norme?

+ certains arbres doivent être coupés (en lien avec les pratiques d'aménagements) et ne trouvent pas preneurs: quoi en faire?
Clairement, la réponse est NON.
On parle souvent de la notion de « la bonne énergie à la bonne place », qui doit être respectée dans le contexte de la biomasse également.
Le choix énergétique doit favoriser la substitution d’énergies fossiles et polluantes par des sources d’énergie locales, propres et renouvelables (RNCREQ 2013b) dans une optique de réduction des émissions de GES.
Plusieurs facteurs doivent être analysés: émissions de GES, pollution, épuisement des ressources, proximité, intensité énergétique, énergie nette produite, usage, disponibilité, maturité de la technologie et de la filière, prix. (RNCREQ 2013a et b)
Au sujet du prix et de la rentabilité FPJoules est un outil
utile pour l'évaluer pour un projet
Échelle
Pourquoi cette présentation?
La filière de la biomasse pour fins énergétiques est en croissance partout au Québec, incluant en Abitibi-Témiscamingue.
-->Plusieurs acteurs en font une promotion très active.
-->D'un autre côté, certains utilisateurs de la forêt (naturelle ou plantée, c'est pourquoi parfois le terme peuplement sera préféré) s'inquiètent des répercussions de la filière si elle s'amplifie.

En effet, depuis plusieurs années, des débats ont lieu entre différents acteurs et groupes environnementaux à savoir si l'utilisation de la biomasse est réellement « verte» ou s'il s'agit d'une grande «biomascarade», comme l'a prétendu Greenpeace.

La réponse se trouve quelque part entre les deux. Ce document vise à présenter visuellement les liens entre différents enjeux et à aider à la poursuite de la réflexion, même par des acteurs ne maîtrisant pas l'ensemble du domaine forestier.
Enjeu : À quelle fin énergétique précise la biomasse devrait-elle être utilisée ?
Enjeu: à quelle échelle est-il acceptable d’envisager l’utilisation de la biomasse?
Ainsi, plusieurs personnes et groupes se questionnent toujours à savoir si l’exportation de biomasse à grande échelle est acceptable (par exemple l'exportation de granules de l'Ontario et du Québec vers la Grande-Bretagne).
--> des ACV complètes sont nécessaires pour bien évaluer chaque projet!
Remerciements
Un merci particulier à tous les
experts qui ont contribué, en donnant leur avis lors de discussion ou en relisant cette présentation.
Enjeu : Globalement, est-ce toujours préférable d’utiliser de la biomasse plutôt que d’autres sources d’énergies?
Il reste des inconnus; globalement il y a encore peu d'études de cause à effet entre la biomasse résiduelle forestière et l'impact sur les sols, mais des chercheurs, par ex. au SCF, y travaillent, tel qu'expliqué dans ce vidéo.
<< En somme, rien en matière de biomasse énergétique n’est vraiment ni blanc ni noir. Ce serait une erreur de baisser sa garde et de ne pas faire preuve de vigilance à l’égard des projets en cours et à venir >> -OIFQ

« Les décisions qui se prennent aujourd’hui dans le dossier de la biomasse auront des répercussions sur l’héritage que nous laisserons à nos enfants et aux générations futures » - OIFQ
Quelques éléments de conclusion
source: présentation de M. Bouafif du CTRI lors de la 7e journée Biomasse du comité filière biomasse d’Abitibi-Ouest, avril 2014.
«... le fait de ne pas considérer les projets de biomasse comme carboneutres ne constitue pas une condamnation de l’utilisation de la biomasse forestière »
(Bernier P. et al, 2012)
Selon Bernier et al (2012), il faudrait que « chaque projet de biomasse forestière soit évalué par une analyse du cycle de vie complet qui tiendrait compte de la répartition dans le temps des émissions des GES, y compris celles provenant de l’écosystème forestier d’où est prélevée la biomasse.»
--» cela signifie de ne pas seulement prendre en compte la combustion et de s'assurer d'inclure le cycle du carbone en forêt

Quelques exemples d'éléments à prendre en compte:
- milieu forestier où repoussent les arbres (productivité, vitesse de croissance, etc)
- pertes de capacité de stockage de carbone des forêts coupées (i.e. le carbone s'accumule dans la biomasse et les sols pendant la vie d'un peuplement
- longueur des cycles de récoltes
- émissions de carbone par la machinerie lors de la récolte et du transport (donc distance entre le site de récolte et l'utilisateur final)
- etc.
« Comme toutes les autres formes d’énergie, la combustion de la biomasse implique des impacts environnementaux négatifs. En conséquence, les technologies et procédés de transformation devront réduire au minimum les émissions de polluants et de GES, alors que les pratiques de prélèvement de la matière ligneuse doivent assurer le maintien de la biodiversité et la productivité des forêts. » -RNCREQ
...et les cultures énergétiques?
Selon un rapport de 2008 du CRAAQ, La culture des plantes énergétiques (plantes ligneuses et herbacées) permet de protéger le sol et les bandes riveraines contre l’érosion, en plus de réduire les risques de ruissellement de lessivage des éléments nutritifs puisqu'elles nécessitent peu de fertilisants.
Elles seraient donc "un excellent moyen pour nettoyer et réhabiliter les terres endommagées", en autant qu'elles soient réalisées sur des terres marginales, afin de ne pas faire compétition aux cultures destinées à la production de denrées alimentaires.
--> On sort du cadre de la forêt, ces cultures sont de la biomasse agricole
Analyses de cycle de vie
(note: le SCF et d'autres acteurs travaillent au développement des paramètres à prendre en compte. voir par ex. Laflamme (s.d.).
En introduction: quelques avis d'experts
Steven Guilbault donne son avis sur la place de la biomasse forestière en tant qu’énergie renouvelable au Qc, le rapport de Greenpeace et les relations entre l’industrie forestière et les groupes environnementaux qui évoluent (2011).
Évelyne Thiffault donne un aperçu des enjeux environnementaux possibles ainsi que de l'avancement de la science et des travaux du Service Canadien des Forêts (2011).
Pour rappel - 1
(Tiré de: http://www.canadianbiomassmagazine.ca/news/paying-off-carbon-debt-4246)
Cette figure illustre quelques « règles du pouce » pour évaluer si un projet de biomasse en particulier est souhaitable. Afin de faire une évaluation complète, il faut se tourner vers une analyse de cycle de vie (ACV).

On voit que l'énergie remplacée est un critère important. Au Québec, par exemple, il n'est pas souhaitable de remplacer de l'hydroélectricité, déjà plutôt propre, surtout dans un contexte de surplus de production.
Selon Bernier et al (2012), « La grande majorité de la biomasse résiduelle des processus de transformation est déjà vouée à la fabrication de produits du bois, tels les panneaux de particules et la pâte, de même qu’à la production d’énergie (chaleur et, ou, électricité) (Paré et autres, 2011). »
Actuellement le MFFP (2014) considère que les résidus de transformation de l'Abitibi-Témiscamingue ne sont plus disponibles pour de nouvelles initiatives, les volumes produits étant en équilibre avec leur utilisation.

-> Il peut être plus rentable pour les usines de vendre leurs résidus à d'autres fins qu'énergétiques; ou encore, des contrats ont peut-être déjà été signés avec des acheteurs, ce qui limite leur capacité à vendre leurs résidus à de nouveaux clients voulant produire de l'énergie.
«L’utilisation de la biomasse à des fins de chauffage doit toutefois demeurer la dernière option, après que toutes les opportunités de création de richesse à partir de la matière ligneuse ont été épuisées.» (Del Degan, Massé Experts-conseils 2013)
--> Il est généralement accepté que les projets de plus petite échelle ont moins d'impact sur l'environnement
Un cas apparent de dérive, en Nouvelle-Écosse, où il semble qu'une usine de cogénération qui devait être approvisionnée en résidus de sciage se voit maintenant obligée de couper près de 2 800 hectares de forêt par an.

(plus de 5 000 terrains de football...)
voir l'article du 9 janvier 2015 http://thechronicleherald.ca/novascotia/1261832-nova-scotia-power-biomass-project-in-cape-breton-raising-green-concerns
<< Quant aux résidus d’exploitation forestière, le MFFP a mis en place, en 2008, un programme permettant désormais de convenir d’une entente d’attribution avec toutes entreprises intéressées à leur transformation.
Jusqu’à aujourd’hui (2013), trois ententes d’attribution ont été signées entre le Ministère et des entreprises, lesquelles visaient principalement la production d’énergie.
Toutefois, très peu de cette biomasse a été récoltée dans le cadre de ce programme et on observe que les initiatives de ce genre partout au Québec tardent à se concrétiser en raison du contexte économique actuel et du faible coût relatif des sources d’énergie traditionnelles.>> (MFFP 2014)
Utilisation des résidus forestiers en AT
<< L’exportation du feuillage et des petits débris ligneux que constituent les branches et les houppiers entraîne la perte des nutriments qui auraient été libérés lors de leur décomposition (notamment, les cations basiques), un plus grand stress nutritionnel pour le peuplement à venir
et,
potentiellement
, une diminution de la productivité. >> (Angers 2009)
--> outils et recherches en développement pour éviter ces impacts
Spécifiquement pour l'Abitibi-Témiscamingue, une étude a été faite et des cartes ont été construites pour la sensibilité des
sols
(Thiffault et Morissette 2009). Le MFFP devrait être en mesure de les fournir aux propriétaires ou locataires de terres qui souhaitent s'assurer que l'impact de leur récolte de biomasse est acceptable au niveau de la productivité future du site. Les recommandations générales selon la classification des sites sont rapportés dans le tableau ci-contre.
De plus, les entreprises font beaucoup d'effort afin d'améliorer leurs pratiques pour réduisant l'orniérage et la compaction; elles n'ont aucun intérêt à voir ces efforts anéantis.
Des études en Abitibi-Témiscamingue
Au niveau de la résilience et de la productivité des écosystèmes forestiers, la Prof. Suzanne Brais de l'UQAT mène plusieurs travaux pertinents.
(http://www.cef.ulaval.ca/index.php?n=Membres.SuzanneBrais)

En avril 2014, un Midi de la foresterie a également abordé le thème « Bois mort, décomposition et champignons saproxyliques en forêt boréale »
(pour consulter le résumé http://chaireafd.uqat.ca/communique/pdf/Actualite20141201.pdf
et la présentation http://chaireafd.uqat.ca/midiForesterie/pdf/20141125PresentationSuzanneBrais.pdf )
-- La prise en compte des impacts cumulatifs est particulièrement importante pour les espèces ayant déjà un statu particulier (ex. caribou forestier)

-- Il peut y avoir d'autres impacts spécifiques sur la faune et la flore du sol, ainsi que sur les espèces xylophages (qui se nourrissent de bois), qui jouent un rôle majeur dans le cycle des nutriments pour leur retour au sol et l'amélioration de la fertilité.

-- plusieurs arbres debout malades, brûlés ou morts sont importants pour certaines espèces cavernicoles (chauves-souris, oiseaux), insectivores et toutes celles nécessitant des habitats associés à ce type de milieu (MRNF 2011).
--» Les projets qui s’approvisionnent à partir de forêts intactes ou naturelles d’un haut niveau de biodiversité ne devraient pas avoir lieu!!

-->> De plus, il y a peut-être une surveillance à faire ou une réflexion à avoir sur l’intégrité écologique des aires protégées s'il y a abus de récolte pour le bois de chauffage. (ex. dans les réserves aquatiques,
cf.MDDEFP_Tableau_comparaison_activités_pratiquées_PN_réserves_aquatiques.pdf)

--> Y a-t-il des risques d'abus « d'activités d'aménagement forestier », effectuées dans le but véritable d'obtenir de la biomasse pour des projets énergétiques?
--> Si un usage plus rentable est trouvé éventuellement, par ex. pour les feuillus, y a-t-il un risque pour que des projets énergétiques perdent leur source d'approvisionnement?
<< Distinguer les différents enjeux de productivité permet de mettre de l'avant différentes strstégies d'aménagement forestier pour leur faire face, sans interdire systématique l récolte de biomasse >> - (Thiffault et Morissette 2009)
En lien avec la collecte des résidus de coupe forestière, on parle principalement d'enjeux liés à:
- la biodiversité et les habitats
- l'échelle
- la productivité future du site;
fertilité du sol (éléments nutritifs, acidification, matière organique, érosion)
compaction et orniérage

D'autres sections abordent ces thèmes plus en détail
Arguments pour
- Couper des arbres entiers est un des facteurs qui rallonge le temps nécessaire pour compenser le CO2 émis (dette de carbone), rendant les projets moins intéressants en termes de réduction des gaz à effet de serre (GES). Pour rappel, les délais approximatifs de remboursement de la dette de carbone selon la source de biomasse (travaux de Vision Biomasse Québec):
- Les arbres non coupés ont aussi une valeur, seulement moins tangible pour la majorité des gens. Cette valeur est même reconnue par le Forestier en Chef (voir figure).
Selon Bernier et al (2012), les modes de conversion devraient être sélectionnés dans l’ordre suivant de priorité :
1. Chaleur et cogénération
2. Électricité
3. Biocarburant
http://fpjoule.fpinnovations.ca/Views/Welcome.aspx
http://forestierenchef.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/2012/12/G-Szaraz-Congr%C3%A8s-AFVSM-28nov13-FINALFINAL.pdf
<< Selon les recherches d’Evelyne Thiffault, chercheuse au Service canadien des Forêts (SCF), « des peuplements aux sols pauvres, comme les peuplements de pins gris, sont fragiles et tolèrent mal la récolte de biomasse alors que les peuplements d’épinette noire sont plus résilients et tolèrent des taux de récolte de biomasse atteignant 50 %. Pour l’instant, la quantité maximale de résidus forestiers récupérés sur un parterre de coupe est de 50 % au Canada, car on ne peut quand même pas passer l’aspirateur pour récolter tous les débris. »
De son côté, Nicolas Mainville, biologiste chez Greenpeace estime que la limite de récolte devrait être fixée à 25 % dans les zones résilientes seulement. >> (Extrait de Accros de la forêt, 6 décembre 2011)

Accros de la forêt, le 6 décembre 2011. Biomasse forestière pour les nuls – 2e partie: Écologique, la biomasse forestière? http://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/2011/12/06/ecologique-biomasse-forestiere

Angers, V.-A. (2009). L’enjeu écologique du bois mort – Complément au Guide pour la description des principaux enjeux écologiques dans les plans régionaux de développement intégré des ressources et du territoire. Pour le ministère des Ressources naturelles et de la Faune Direction de l'environnement et de la protection des forêts, Québec, 45 p. https://www.mffp.gouv.qc.ca/publications/forets/amenagement/enjeu-bois-mort.pdf

BERNIER, P., et autres (2012). Avis scientifique — L’utilisation de la biomasse forestière
pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du Québec, Québec, gouvernement du
Québec, ministère des Ressources naturelles, 19 p.

Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (2008). La production de biocombustibles solides à partir de biomasse résiduelle ou de cultures énergétiques. Publication n° EVC 032, 16 p.

CIRAIG. (2014). Évaluation de l’empreinte carbone de différents scénarios d’approvisionnement de centrales thermiques en granules de bois. Rapport interne préliminaire préparé pour QWEB.

Comité Vision biomasse Québec. [s.d.]. Le chauffage à la biomasse : une vision pour le Québec. [Brochure] 4 p.

Del Degan, Massé Experts-conseils. (2013). Analyse de la chaîne de valeur pour accompagner la transformation du tissu industriel forestier de l’Abitibi-Témiscamingue. Rapport final pour la Conférence régionale des élus de l’Abitibi-Témiscamingue, 93 pages et annexes.

Fédération québécoise des coopératives forestières. (2013). Filière de la biomasse forestière destinée à la production de chaleur : Plan directeur de la Fédération québécoise des coopératives forestières. Rapport final, Québec, 69 p.

Greenpeace. (2011). De biomasse à... biomascarade : pourquoi brûler des arbres à des fins énergétiques menace le climat, les forêts et la population. Montréal, 39 p.

Laflamme, N. [s.d]. La valorisation thermique de la biomasse forestière : paramètres-clés au développement harmonieux de cette filière au Québec. [diaporama électronique]. Agence de l’efficacité énergétique du Québec, Québec, 43 p.

Lanoue, R. et Mousseau, N. (2014). Maîtriser notre avenir énergétique - Pour le bénéfice économique, environnemental et social de tous. Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, Ministère des Ressources naturelles, 308 p.

Lecomte, N., Crocker, P., Cyr, D., Fréchette, E., Laib, B., Valeria, O. et Angers V.-A., (2010). Détermination des enjeux écologiques reliés à la mise en place d’un aménagement écosystémique et propres aux forêts de l’Abitibi-Témiscamingue. Rapport interne de la Conférence régionale des élus de l’Abitibi-Témiscamingue, 158 pp. Disponible au http://www.conferenceregionale.ca/documents/files/rapport_enjeux_ecologique_resume_executif_novembre2010.pdf

MAMROT. (2010). Analyse sur l’accès aux ressources forestières pour la production d’énergie par les communautés rurales. Groupe de travail sur le milieu rural comme producteur d’énergie, Québec, 45 p.
Manomet Center for Conservation Sciences. 2010. Massachusetts Biomass Sustainability and Carbon Policy Study: Report to the Commonwealth of Massachusetts Department of Energy Resources. Walker, T. (Ed.). Contributors: Cardellichio, P., Colnes, A., Gunn, J., Kittler, B., Perschel, R., Recchia, C., Saah, D., and Walker, T. Natural Capital Initiative Report NCI-2010-03. Brunswick, Maine. http://www.mass.gov/eea/docs/doer/renewables/biomass/manomet-biomass-report-full-hirez.pdf

MAPAQ. (2008). Évaluation du potentiel de la filière des granules combustibles fabriqués à partir des cultures pérennes. Gouvernement du Québec, Numéro de publication : 08-0174, ISBN 978-2-550-54738-9, Québec, 54 p.
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Ministère des Ressources naturelles et de la Faune. (2011). La récolte dans les forêts brûlées - Enjeux et orientations pour un aménagement écosystémique. Direction de l’environnement et de la protection des forêts, Québec, 51p. Disponible au https://www.mffp.gouv.qc.ca/publications/forets/amenagement/forets-brulees-enjeux.pdf
Ministère des Ressources naturelles et de la Faune. (2009). Vers la valorisation de la biomasse forestière - un plan d’action. Direction du développement de l’industrie des produits forestiers, Québec, 23 p. disponible au www.mrnf.gouv.qc.ca/forets/entreprises/entreprises-transformation-strategie-energie.jsp

Office québécois de la langue française. (2011). Vocabulaire du développement durable. Avec la collaboration du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs et du Bureau de normalisation du Québec. Disponible au : https://www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/bibliotheque/dictionnaires/terminologie_deve_durable/20110721_dev_durable.pdf

Ordre des ingénieurs forestiers du Québec. (2012). «De biomasse... à biomascarade: L’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec analyse le document et poses ses constats », communiqué de presse. Québec, le 15 mars 2012.

Ouimet, R. et Duchesne, L. (2010). La charge critique, outil essentiel à l’aménagement durable des forêts. Direction de la recherche forestière , Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Avis de recherche forestière, no 20, 2 p.

Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement (Montréal, 14 mars 2012). « La biomasse, une énergie renouvelable d’ici qui peut stimuler le développement des régions et réduire la dépendance au pétrole», Communiqué de presse.

Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement. (2013a). Analyse des aspects sociaux et environnementaux de la biomasse forestière pour la production de chaleur. Rapport, Montréal, 7 p.

Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement. (2013b). Plate-forme énergie : Filière de la biomasse forestière. Rapport, Montréal, 9 p.

Roy, G. (1 mars 2012) Biomasse forestière : biomascarade ou carboneutre. Le Maître Papetier, récupéré de http://www.lemaitrepapetier.ca/index.php/energies-forestieres/biomasse/385-biomasse-forestiere-biomascarade-ou-carboneutre.html

St-Laurent Samuel, A. (2013). Paying off Carbon Debt. Canadian Biomass, récupéré de http://www.canadianbiomassmagazine.ca/news/paying-off-carbon-debt-4246

Thiffault, E., Paré, D., Dagnault, S. et Morissette, J. (2011). Guide : Mise en place d’un dispositif de suivi environnemental des effets de la récolte des résidus de coupe. Ressources naturelles Canada, Service canadien des forêts, Centre de foresterie des Laurentides, Québec, 53 pages et annexes.

Thiffault, E. et Morissette, J. (2009). Analyse de la sensibilité des sites pour le territoire de l’Abitibi-Témiscamingue et de l’unité d’aménagement forestier de Tembec. Rapport technique, 97p.

UNEP. (2012) Biocarburants et diversité biologique: Rapport sur les travaux effectués en application de la décision X/37. Note du Secrétaire exécutif, Organe subsidiaire chargé de fournir des avis scientifiques, techniques et technologiques, Convention sur la diversité biologique, Montréal, 20 p.

Vuillier, G. (2009). La filière biomasse: État des lieux et valorisation énergétique. Laboratoire de Recherche en Énergie Éolienne, Rapport LREE-06, 30 p.

source de l'image: présentation de Mme. Amélie St-Laurent Samuel aux Conseils régionaux de l'environnement, hiver 2015.
Pour rappel - 2
Détails sur la dette de carbone:
L'article du MANOMET (2010) présente une explication
technique et détaillée du concept avec plusieurs graphiques.
Avec des exemples, on y explique que la dette de carbone, c’est la quantité de carbone supplémentaire qui serait émise dans l’immédiat si on produisait une quantité d’énergie donnée en utilisant la biomasse plutôt que des combustibles fossiles.
Cette quantité supplémentaire est compensée (remboursée) dans le temps:
Si, par exemple au bout de 60 ans, la croissance forestière fait en sorte que la quantité de carbone nette dans l’atmosphère (c.-à-d. celle émise par la combustion initiale, moins celle séquestrée par les arbres dans le temps) est la même que si on avait plutôt brûlé des combustibles fossiles, ont dit que la dette est « remboursée » en 60 ans.

Mais attention! Il s’agit du remboursement de la dette pour une unité d’énergie brûlée. Puisqu’on brûle en continu, on crée de nouvelles dettes en continu qui doivent à leur tour être remboursées. Donc, en gros, brûler de la biomasse sans s’assurer que ce qui a été brûlé repousse peut être pire pour le climat que brûler des énergies fossiles!! Cela renforce la nécessité d’une gestion adéquate des forêts et de leur croissance sur le long terme.

-> BREF, il est difficile de faire des généralisations! Par exemple, certaines analyses de cycle de vie montrent un délai pour rembourser la dette d'entre 1 et 38 ans pour des granules (McKechnie et al 2010; CIRAIG 2014)
--» Heureusement, le SCF fait présentement des études
sur le sujet et un comité d'experts a établi des orientations
générales:
Nouveau rapport 2015 de Global Forest Coalition
le rapport: globalforestcoalition.org/biomyths
Dans le cadre de la COP21 et de la promotion grandissante de la biomasse comme énergierenouvelable, la Coalition soutien que la lutte contre les changements climatiques doit << ...garder les carburants fossiles dans le sol, remédier aux facteurs de déforestation en enrayant la consommation, en encourageant l'agroécologie et l'agroforesterie comme des moyens gagnant-gagnant d'atténuer les CC et de renforcer la résilience face à ceux-ci, tout en renforçant la souveraineté alimentaire et en protégeant la biodiversité. Cette démarche passe également par la fin des accords de libéralisation des investissements et du commerce qui contribuent à la déforestation, le rejetdes plantations de monoculture d'arbres et la reconnaissance des droits fonciers.>>
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