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La Guerre froide

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hugues scheurer

on 23 September 2018

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Transcript of La Guerre froide

La Guerre froide
I. Définition
II. Rappel des principaux faits
- Le 8 mai 1945, l'Allemagne capitule.
- En juillet 1945, les rapports entre les puissances alliées sont beaucoup plus tendus qu'à Yalta en février 1945. Ces tensions sont liées aux questions allemandes et polonaise (Présence de membres du gvt polonais de Londres dans celui établi par Staline à Varsovie (Comité de Lublin) et élections libres réclamées par les Occidentaux mais sans cesse différées par Staline).
- Le 5 mars 1946, Churchill évoque le rideau de fer qui partage l'Europe en deux, de Stettin à Trieste. Sa position n'est pas encore suivie par le gouvernement américain.
- Le 12 mars 1947. Truman déclare devant le Congrès la nécessité de contenir le communisme et l'influence soviétique. C'est la doctrine Truman de l'"endiguement". Elle peut se résumer ainsi:
1. Les E-U doivent aider les pays qui résistent à des tentatives d'asservissement, qu'elles soient le fait de minorités armées ou de pressions étrangères (Ex: aide des E-U à la Grèce, la Turquie...)
2. Les E-U doivent lutter contre la misère, terreau des régimes totalitaires (Ex: plan Marshall)
- En septembre 1947, la doctrine Jdanov est énoncée à l'occasion de la création du Kominform. Elle peut se résumer ainsi:
1. Le monde est divisé en deux camps;
2. Le camp impérialiste des E-U qui cherche à étendre son hégémonie sur le monde et prépare une nouvelle guerre;
3. Le camp de la "démocratie" et de la "paix" dont le chef de file est l'URSS
4. Partout où ils le peuvent, les communistes doivent prendre le pouvoir.

III. Quatre raisons à la guerre froide
1. La nature opposée des régimes

L'alliance contre l'Allemagne nazie est une alliance de circonstances. Une fois l'ennemi commun anéanti, on retrouve ses habitudes passées. Par ailleurs, durant toute la guerre, le gouvernement soviétique avait été persuadé que si le débarquement tardait tant, ce n'était pas pour des raisons techniques mais dans le but d'épuiser l'URSS.
Il faut toutefois nuancer l'idée que la guerre finie, les relations entre les camps libéral et socialiste devaient nécessairement être tendues. Roosevelt était convaincu que de bons rapports entre les Etats-Unis et l'URSS pouvaient et même devaient être maintenus. Par ailleurs, une forte partie de la population américaine et européenne avait une grande admiration pour les soviétiques.
2. Un monde bipolaire

Avant la guerre, il existait plusieurs grandes puissances. Outre les Etats-Unis et l'URSS, il y avait la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la France ou encore le Japon. Mais en 1945, la situation a changé. Le Japon et l'Allemagne sont occupés; La Grande-Bretagne est épuisée par son effort de guerre et la France a cessé d'être dans le groupe des grandes puissances. Ces deux derniers pays assistent de plus à la perte progressive de leurs colonies.Il ne reste plus que les Etats-Unis et l'URSS avec des ambitions divergentes et un immense vide en Europe.
3. Craintes et ambitions

La troisième raison réside dans les craintes et ambitions réciproques. Staline avait l'intention de conserver le contrôle des régions occupées par l'armée soviétique. Outre que cette mainmise n'était pas acceptable pour les E-U, ces derniers pensaient légitimement (et le blocus de Berlin dès juin 1948 en donne une preuve) que Staline chercherait à élargir sa zone d'influence en Europe. La non-démobilisation des armées soviétiques inquiétait les Occidentaux. Enfin, la philosophie des dirigeants soviétiques les conduisaient à considérer que l'extension du communisme au monde était dans l'ordre des choses.

De leur côté, les Russes partageaient les mêmes craintes à l'égard des Occidentaux. Si l'armée américaine avait rapidement démobilisé, elle détenait en revanche le monopole de l'arme nucléaire. Par ailleurs, les Etas-Unis prennent plusieurs mesures qui sont perçues par l'URSS comme des actes agressifs:
- La suppression par Truman de l'aide accordées à l'URSS au titre du prêt-bail dès la victoire contre l'Allemagne irrite Staline.
- L'arrêt du démantèlement des usines allemandes par les Américains est interprété par Staline comme la volonté américaine de reconstruire une Allemagne forte capable de lutter contre l'URSS.

En conclusion, quelles qu'aient été leurs intentions, la méfiance fut portée si rapidement à un niveau si élevé que la guerre froide en fut la conséquence inévitable.
4. Prolongement de la réflexion

La question essentielle n'est pas tant de savoir qui est coupable du déclenchement de la guerre froide mais quels facteurs, quelles circonstances conduisirent à cet éloignement croissant des anciens alliés de la IIGM. Se posent alors plusieurs questions comme les interactions entre politique intérieure et extérieure; la perception de l'autre monde par les acteurs politiques; l'influence des différentes institutions gouvernementales et publiques sur le comportement d'un pays; la personnalité des dirigeants...
La dissuasion nucléaire empêcha tout conflit frontal, mais à certains moments cruciaux - guerre de Corée, crise de Suez, crise des missiles cubains- on put craindre une Troisième Guerre mondiale. La Guerre froide, avec sa courbe sinusoïdale de tensions et de détentes, dura plus de quarante ans et ne prit fin, sous sa forme classique, qu'à la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989.
L'expression Guerre froide date de 1947, utilisée pour la première fois par le financier américain Bernard Baruch, conseiller du président Truman.
IV. Le Long Télégramme
George Kennan, spécialiste de l'URSS adresse un télégramme le 22 février 1946 au gouvernement américain sur les caractéristiques et les perspectives soviétiques d'après-guerre et sur la politique que les Etats-Unis devraient adopter face à l'URSS.

Traits caractéristiques des perspectives soviétiques d'après-guerre
L'URSS craint toujours l'encerclement capitaliste; système avec lequel aucune paix durable n'est possible. Staline voit la planète partagée en deux centres, l'un socialiste, l'autre capitaliste; chacun tirant vers lui les pays qu'il contrôle. La lutte entre ces deux centres décidera du sort du capitalisme et du communisme dans le monde entier.
Le monde capitaliste est assailli de conflits internes inhérents à la nature de la société capitaliste.
Une intervention contre l'URSS, quoique désastreuse pour celui qui l'entreprendrait, serait cause d'un nouveau retard dans les progrès de l'URSS et doit donc être prévenue à tout prix.
Les conflits entre Etats capitalistes, quoique impliquant des dangers pour l'URSS, offrent néanmoins des grandes possibilités pour faire avancer la cause socialiste en particulier si l'URSS reste militairement puissante, idéologiquement unie et fidèle à son actuelle brillante domination.
Il doit être admis que le monde capitaliste n'est pas entièrement mauvais. En plus des réactionnaires et bourgeois dont on ne peut rien espérer, il inclut des personnes (tout à fait éclairées et unies dans des partis communistes et certaines autres personnes appelées progressives et démocratiques) favorables aux intérêts de l'URSS. Ces dernières doivent servir aux intérêts de l'URSS.

Parmi les éléments négatifs de la société bourgeoise, les plus dangereux de tous sont ceux que Lénine appelait les faux amis du peuple, c'est-à-dire les socialistes modérés ou le socio-démocrates. Ils trompent le peuple en employant des slogans socialistes mais en servant les intérêts des capitalistes réactionnaires.
Tels sont les prémices. A quelles déductions mènent-elles?

a. Tout doit être fait pour renforcer l'URSS comme acteur de la société internationale. Et par conséquent, aucune opportunité doit être ratée pour réduire la force et l'influence, collectivement ou individuellement, des puissances capitalistes.
b. Les efforts russes et ceux de ses alliés doivent servir à élargir et à exploiter les différents et les conflits entre les puissances capitalistes. Si ces conflits tournent en une guerre impérialiste, cette guerre doit se transformer en un bouleversement révolutionnaire à l'intérieur des différents pays capitalistes.
c. Les éléments démocratiques progressistes étrangers doivent être utilisés au maximum de manière à exercer une pression sur les gouvernements capitalistes de manière à être favorable aux intérêts soviétiques.
d. Une bataille impitoyable doit être menée contre les leaders socialistes et socio-démocrates.
Ses conséquences sur la pratique politique officielle

La politique soviétique est menée à deux niveaux: l'officiel représentée par des actions entreprises par le gouvernement russe et des actions souterraines entreprises par des organisations pour lesquelles le gouvernement russe n'admet pas de responsabilité.
Les actions entreprises aux différents niveaux diffèrent considérablement mais se rejoindront dans les buts, le temps et les effets.
Sur le plan officiel, les points suivants doivent être considérés:
a. Politique interne visant à augmenter la force et le prestige de l'URSS par tous les moyens: une industrialisation militaire intensive, un développement maximum des forces armées, des défilés grandioses pour impressionner les étrangers.
On continuera à garder le secret sur les affaires intérieures dans le but de cacher les faiblesses et pour maintenir l'ennemi dans l'ignorance.
b. A chaque opportunité, les frontières russes seront avancées. Pour l'instant, ces efforts sont limités à quelques voisinages considérés comme essentiel d'un point de vue stratégique immédiat: Iran, Turquie, îles de la Baltique.
D'autres points pourraient entrer en considération à n'importe quel moment si la puissance russe est étendue à de nouvelles régions. Ainsi, l'URSS pourrait demander un gouvernement perse allié d'accorder un port sur le golfe persique à l'URSS. Si l'Espagne tombait sous contrôle russe, la question d'une base russe à Gibraltar pourrait être envisagée. De telles demandes n'apparaîtront au niveau officiel que lorsque la préparation inofficielle aura abouti.
c. Les Russes participeront officiellement à des organisations internationales dans le cas où ils trouvent une opportunité pour étendre la puissance russe ou entraver la puissance des autres. Pour Moscou, l'ONU n'est pas le moyen pour un monde pacifique fondé sur l'intérêt mutuel de toutes les nations mais un lieu où les buts susmentionnés pourront être poursuivis favorablement. Aussi longtemps que l'ONU servira ce but, l'URSS y restera. Dans le cas contraire, ils en sortiraient.
d. Le ut de la politique soviétique est d'affaiblir l'influence, la puissance et les contacts des nations occidentales développées dans les régions colonisées ou défavorisées pour les remplacer par leur présence.
Dans les zones sous mandat, les Russes font pression pour participer dans le but d'empêcher l'influence occidentale et de compliquer la tâche plutôt que d'exercer immédiatement le pouvoir (faire pourrir la situation pour affaiblir la position de l'Occident).
e. Les Russes vont s'efforcer de développer la représentation politique dans les pays dans lesquels ils ressentent la possibilité d'une opposition très forte contre l'Occident: l'Allemagne, l'Argentine, le Moyen-Orient.
f. Sur le plan des affaires économiques internationales, la politique russe sera dominée par la poursuite d'une autarcie pour l'URSS et les régions sous son contrôle. (…)
Ses conséquences sur le plan inofficiel

Les organes utilisés pour la politique "cachée" sont les suivants:
1. Le noyau central intérieur des PC d'autres pays. Alors que beaucoup de ces personnes qui composent ce noyau peuvent agir dans des fonctions publiques qui n'ont aucun lien avec ce noyau central, ces personnes collaborent étroitement en tant que membre d'un comité clandestin du communisme international dirigé par Moscou. Ces personnes agissent donc clandestinement malgré le caractère légal du parti auquel elle adhère.
2. Une distinction doit être faite entre les partis communistes et les personnes définies ci-dessus. Cette distinction s'est accentuée ces dernières années. Alors que des PC étrangers anciens représentaient un mélange curieux (et du point de vue de Moscou dérangeant) de conspirations et d'activités légitimes; de nos jours, l'élément conspirateur a été concentré clairement dans le noyau central et Moscou a donné l'ordre que ce noyau soit clandestin. La base, les non dirigeants, ne sont même plus informés sur la réalité des mouvements clandestins du noyau central… Les PC légaux servent d'écran politiquement correct de manière à cacher l'action menée par les noyaux centraux. Seulement dans certains pays, où les communistes sont nombreux, ils apparaissent régulièrement sous leur vrai jour et agissent ouvertement. Généralement, ils sont utilisés afin de pénétrer, d'influencer ou de dominer, selon les cas, d'autres organisations dont on soupçonnera moins facilement qu'elles agissent pour l'URSS.
3. Une large variété d'organisations nationales peuvent être contrôlées par de telles infiltrations: les syndicats, les associations de jeunes, les organisations féminines, les sociétés raciales, les organisations religieuses, sociales, culturelles.
4. Les organisations internationales peuvent également être infilitrées….
5. L'Eglise orthodoxe russe avec ses mouvements étrangers et donc à travers elle l'Eglise orientale en général.
6. Le mouvement panslaviste et d'autres mouvements basés sur des groupes raciaux à l'intérieur de l'URSS: Azerbadjan, Arménien, Turc…
7. Des gouvernements prêts à s'investir pour l'URSS d'une façon ou d'une autre tel que les gouvernements bulgare et yougoslave, le régime du nord de l'Iran, les communistes chinois…

On peut s'attendre à ce que des parties constituantes des mouvements qui précèdent seront utilisés selon leur spécificité individuelle, comme suit:
a. Afin de saper le potentiel politique et stratégique général des principales puissances occidentales, des efforts seront entrepris pour perturber la confiance nationale, empêcher la défense nationale, encourager les conflits sociaux et de travail, stimuler toutes les formes de désunion. Toute personne avec des griefs que se soit économique ou social sera encouragée à chercher à obtenir gain de cause non pas à travers la médiation et le compromis mais à travers la lutte violente et par la destruction d'autres éléments de la société. On dirigera les pauvres contre les riches, les noirs contre les blancs, les jeunes contre les vieux…
b. Sur le plan inofficiel, l'URSS va entreprendre des démarches importantes pour affaiblir la puissance et l'influence occidentale dans les colonies ou dans les pays sous-développés. Dans ce contexte, les Russes vont tout tenter. Les erreurs et les faiblesses de l'administration coloniale des Occidentaux seront démasquées sans pitié et exploitées. L'opinion libérale dans les pays occidentaux sera mobilisée pour affaiblir les politiques coloniales. L'URSS va encourager les peuples dépendants à se révolter. Et, pendant que ces gens seraient encouragés à se rebeller contre l'Occident, des groupes contrôlés par les Russes se prépareraient à prendre le pouvoir dans chaque colonie dès l'indépendance obtenue.
c. Dans le cas où les gouvernements résistent aux projets russes, ils sont poussés à démissionner. Cela peut arriver dans le cas où les gouvernements s'opposent directement aux buts de la politique étrangère russe (Turquie, Iran), dans le cas où les gouvernements peuvent fermer leurs territoires à la pénétration communiste (Suisse, Portugal) ou dans les cas où les gouvernements sont trop forts dans certains domaines idéologiques qui sont importants aux communistes à dominer. Exemple: le parti travailliste anglais est trop fort dans l'aide aux travailleurs pour redouter la concurrence communiste.
d. Dans les pays étrangers (hors USA), les communistes travailleront normalement à détruire toute forme d'indépendance personnelle, économique, politique ou morale. Leur système peut seulement tenir sur des individus qui sont complètement dépendant d'un pouvoir élevé. (…)

e. Les Russes feront tout ce qui est possible pour que les puissances occidentales s'affrontent les unes contre les autres. Les propos anglophobes seront encouragés parmi les Américains et vice-versa. Les Européens, Allemands inclus, seront encouragés à détester les deux puissances anglo-saxonnes. Où les suspicions existent déjà, elles seront favorisées; où elles n'existent pas, elles seront créées…
Toutes les formes d'organisations internationales non perméables à la pénétration et au contrôle communistes , soit les catholiques, les multinationales … doivent s'attendre à être attaquées fréquemment et de multiples manières.
f. En général, tous les efforts russes inofficiels seront de nature négative et destructive, conçus pour arracher tous les moyens ne pouvant être atteint par le contrôle russe. Ceci est en accord avec l'instinct soviétique qu'il ne peut y avoir de compromis avec la puissance rivale et que le travail constructif peut commencer seulement quand le pouvoir communiste domine. Mais derrière tout cela, s'appliquera la pression continue pour pénétrer et commander les positions clefs dans l'administration et en particulier l'appareil policier des Etats étrangers. Le régime russe est un régime policier par excellence, élevé dans le lugubre monde des intrigues de la police tsariste, accoutumé à penser d'abord en terme de pouvoir policier. Cela ne doit jamais être perdu de vue dans l'évaluation des motifs soviétiques.
Déductions pratiques du point de vue américain
En résumé, nous avons ici une force politique engagée fanatiquement dans la croyance qu'aucun modus vivendi est possible avec les USA, qu'il est souhaitable et nécessaire que l'harmonie interne de notre société soit perturbé, notre mode de vie traditionnel détruit, l'autorité internationale de notre Etat éliminée. Cette force politique a le pouvoir complet de disposer des énergies d'un des plus grand peuple du monde et les ressources d'un des territoires les plus riches; et cette force est soutenue par les profonds et puissants courants du nationalisme russe. En plus, cette force possède un appareil très élaboré et très étendu pour exercer son influence à l'étranger, un appareil d'une flexibilité incroyable dont l'habileté et l'expérience dans les méthodes secrètes sont probablement sans pareil dans l'histoire. (…)
Le problème de savoir que faire avec cette puissance est sans doute la plus grande tâche que notre diplomatie n'a jamais rencontré et probablement la plus grande qu'elle rencontrera. Cela doit être le point de départ à partir duquel le travail de notre équipe politique doit agir.
Il doit être approché avec la même conscience et soin que l'on met à résoudre un problème majeur de stratégie militaire en guerre et si nécessaire avec non moins de moyens financiers dans cet effort.

Je ne peux pas tenter de suggérer toutes les réponses ici. Mais je voudrais déclarer ma conviction qu'il est de notre pouvoir de résoudre ce problème sans avoir besoin d'avoir recours à un conflit militaire. Pour soutenir cette conviction, j'aimerais faire quelques observations de nature plus encourageante:
1. le pouvoir russe, contrairement à celui d'Hitler, n'est ni schématique ni aventureux. Il ne travaille pas sur la base de plan déterminé; il ne prend pas de risque inutile. Indifférent à la logique de la raison et très sensible à la logique de la force, il peut pour cette raison très facilement battre en retraite. Donc, si l'adversaire est assez fort et montre clairement son intention de l'utiliser, c'est rare qu'il doive le faire.
2. En comparaison du monde libre dans sa totalité, les Russes sont encore une force bien plus faible. Donc, leur succès dépendra du degré de cohésion, la fermeté et la vigueur que l'Ouest peut rassembler. Nous pouvons influencer ce facteur.
3. On a pas les preuves du succès du système soviétique comme forme de pouvoir interne. On a pas encore démontré qu'il puisse survivre au test suprême du transfert du pouvoir d'un individu, ou groupe d'individus, à un autre. La mort de Lénine a été le premier de ces transferts et ses conséquences ont troublé l'URSS durant environ quinze ans. Après la mort de Staline, ou sa retraite, on assistera au deuxième transfert. Mais ce ne sera pas le seul test. Le système interne russe sera maintenant exposé, en raison de l'expansion territoriale. A une série de pression qui furent une lourde charge autrefois sur l'empire des tsars.
Nous sommes ici convaincus que jamais depuis la fin de la guerre civile, le peuple russe n'a jamais été plus éloigné sentimentalement des doctrines communistes qu'aujourd'hui. En Russie, le parti est devenu un appareil administratif dictatorial fonctionnant bien pour le moment mais il a cessé d'être une source d'inspiration. Donc, la solidité interne et la permanence de ce mouvement ne doit pas être regardé comme assuré.
4. Toute la propagande russe au-delà de la sphère d'influence est essentiellement négative et destructive. Il doit donc être facile à la combattre par n'importe quel programme intelligent et réellement constructif.
Pour ces raisons, je pense qu'une approche calme et confiante de ce problème est souhaitable. A la question de savoir comment on doit commencer, je désire donner les idées suivantes:

1. Notre premier pas est de devoir appréhender, et de reconnaître pour ce qu'il est, la nature du mouvement avec lequel on a à traiter. Nous devons l'étudier avec courage, détachement, objectivité et avec la même détermination de manière à garder son sang froid et ne pas être désarçonné par cela, comme un médecin étudie un individu déraisonnable et rebelle.

2. Le gouvernement américain doit enseigner la réalité sur l'URSS. La presse ne peut pas le faire seul. Je suis convaincu qu'il y aurait beaucoup moins de réactions hystériques antisoviétiques dans notre pays si les réalités de la situation russe étaient mieux comprises dans notre peuple. Il n'y a rien de plus dangereux que l'ignorance. On peut argumenter que la révélation d'informations sur nos difficultés avec les Russes auront des répercussions négatives dans nos relations avec la Russie. Mais c'est un risque que nous devons avoir le courage de prendre et le plus tôt sera le mieux. De plus, ce risque est faible: nos investissements en Russie sont très modestes. Nous n'avons aucun commerce à perdre, presque pas de citoyens à protéger, peu de contacts culturels à préserver…
3. Nos espoirs reposent sur la santé et la vigueur de notre société. Le communisme mondial est comme un parasite malin qui se nourrit seulement de tissus malades, Sur ce point, notre politique intérieure et extérieure doivent se rencontrer. Toutes les mesures courageuses à résoudre les problèmes internes de notre société, à améliorer la confiance, la discipline, le moral, l'esprit communautaire de notre peuple sont une victoire diplomatique contre Moscou qui vaut notes diplomatiques. Si nous ne pouvons pas abandonner le fatalisme et l'indifférence en face des déficiences de notre propre société, Moscou en profitera.
4. Nous devons formuler et mettre en avant pour les autres nations une image plus positive du monde que nous voulons voir que celle que nous avons donnée dans le passé. Ce n'est pas assez d'encourager les peuples de développer les processus politiques semblables au nôtre.
Plusieurs peuples étrangers en Europe sont fatigués et ont peur de leurs expériences passées et s'intéressent moins aux libertés abstraites qu'à la sécurité. Ils cherchent un guide plutôt que des responsabilités. Nous devons être plus capables que les Russes d'être le guide. Si nous ne le faisons pas, les Russes le feront.
5. Nous devons avoir le courage et la confiance de croire en nos propres méthodes et conceptions de la société humaine. Après tout, le plus grand danger qui peut arriver dans la manière de faire face au problème russe est que nous nous permettions de devenir nous-mêmes identiques à ceux contre qui nous luttons.
V. Mainmise soviétique sur l'Europe de l'Est
Pour prendre le pouvoir en Europe de l'Est, les communistes n'hésitèrent pas à utiliser arrestations et exécutions sommaires dans le but d'évincer les partis rivaux - libéraux, confessionnels et agraires- qui s'étaient développés dans la plupart de ces pays après la guerre. Les fusions systématiques entre communistes et socialistes, dans le but de créer une union des forces de gauche, permettait aux premiers d'absorber les seconds; ainsi que leur électorat; la majorité passagère ainsi obtenue justifiait alors une prise de pouvoir définitive. Le cas de la Tchécoslovaquie, entre 1946 et 1948, et particulièrement le coup de Prague du 25 février 1948, illustre ce qui précède: de tous les pays de l'Europe orientale occupés par l'Union soviétique, la Tchécoslovaquie fut celui où le parti communiste s'était affirmé avec le plus de force et le plus rapidement: aux élections libres de mai 1946, il arriva en tête avec 36%des voix.
Le communiste Gottwald prit la tête d'un gouvernement de coalition, mais, en mai 1947, lorsque la Tchécoslovaquie, sous la pression de l'URSS, refusa de bénéficier de l'aide économique que les Etats-Unis offraient à l'Europe (plan Marshall), le mécontentement commença à grandir, et les communistes purent craindre de perdre leur position dominante aux élections prévues pour juin 1948. Croyant provoquer des élections anticipées, onze ministres non-communistes donnèrent leur démission (20 février), mais Gottwald qui pouvait compter sur une police soigneusement noyautée, mit Prague en état de siège, mobilisa les comités d'action du parti et les syndicats contrôlés par lui, et brisa toutes les manifestations hostiles. Le président de la République Benès dut consentir à la formation d'un nouveau gouvernement, où les communistes avaient la majorité absolue.
Le 10 mars 1948, le ministre des affaires étrangères Jan Masarik, seul ministre non-communiste du gouvernement fut trouvé mort après être tombé (ou après avoir été précipité) d'une fenêtre du palais Cernin, à Prague.
Les élections de mai 1948 se déroulèrent sur la base d'une liste unique de candidats.
VI. La doctrine Truman et le plan Marshall
Le 12 mars 1947, Harry Truman, président des Etats-Unis (1945-53) prononçait devant le Congrès américain un discours qui exprimait les raisons que les Etats-Unis avaient de s'inquiéter de la politique russe; il résumait ce que l'on appela dès lors la doctrine Truman: l'URSS y était montrée du doigt quant à sa politique vis-à-vis de la Grèce, de l'Iran et de la Turquie. Moscou semblait soutenir des combattants en Grèce et en Iran. En Turquie, Moscou exigeait des territoires dans le nord-est de l'Anatolie et le contrôle des détroits en tant que puissance donnant sur la Mer Noire. Aussi Truman demandait-il au Congrès de voter une aide de 400'000'000 dollars à la Grèce et à la Turquie, afin d'éviter qu'elles sombrent dans le totalitarisme.
A l'égard de l'Allemagne, les Etats-Unis organisèrent dès 1945 pour des raisons humanitaires et politiques (crainte de l'extension du communisme) un système de fourniture gratuite de matières premières et de denrées alimentaires. Le coût élevé de cette aide (468 millions de dollars en 1946) conduisit les Américains, suivis des Britanniques, à souhaiter le redémarrage de l'économie allemande alors que les accords de Potsdam prévoyaient le démantèlement de ses usines à titre de réparations. La fusion économique des zones d'occupation anglaise et américaine le 1er janvier 1947 concrétise une nouvelle attitude.
Avec le vote par le Congrès de crédits destinés à la Grèce et à la Turquie en proie à la subversion communiste, les raisons politiques de l'aide américaine en Europe passent au premier plan.
"Les semences des régimes totalitaires sont nourries par la misère et le dénuement.

Elles croissent et se multiplient dans le sol aride de la pauvreté et du désordre. Elles atteignent leur développement maximal losrque l'espoir d'un peuple en une vie meilleure est mort. Cet espoir, il faut que nous le maintenions en vie."
(Truman, 12 mars 1947).
C'est dans ce contexte qu'est lancé le plan Marshall. Ruiné par la guerre, les pays européens sont incapables de faire face au déficit de leurs balances commerciales. Ils recherchent désespérément des dollars, qui seuls permettent de s'approvisionner sur un marché abondant. C'est le dollar gap.
En réponse aux demandes qui lui sont adressées, le gouvernement américain consent, dans un premier temps, des aides bilatérales et conditionnelles. Ainsi, en 1946, des crédits sont accordés à la France moyennant une plus large ouverture aux films américains. Quoique importantes, ces aides ne déclenchent pas une véritable reprise des économies européennes, car elles sont utilisées à l'achat de produits de première nécessité, et non pour le financement d'investissements productifs.
Les mauvaises récoltes de 1945, la dureté de l'hiver 1946-47 infligent aux populations d'Europe de sévères souffrances. La conviction que cette souffrance est un tremplin pour le communisme, les désir des entreprises américaines de trouver plus tard des partenaires solvables pour leurs exportations (même si celles-ci ne représentent que 5% de la production) et le sens des responsabilités et de la solidarité pousse l'administration Truman à redresser l'Europe. De là le plan Marshall. Présenté le 5 juin 1947 à l'université d'Harvard, il propose à tous les pays européens une aide collective sur 4 ans de 13 milliards de dollars.
Les fonds Marshall ont permis la reconstruction accélérée des pays d'Europe occidentale.
La reconstruction est un succès puisque à la fin de 1951, la production des principaux bénéficiaires (GB, F, D, I) est supérieure de 40% à celle d'avant-guerre.
Enfin, le plan Marshall est la cause du véritable premier rapprochement européen d'après-guerre, l'organisation européenne de coopération économique (OECE) à laquelle sont associés les Etats-Unis et le Canada. Destinée à répartir l'aide américaine, l'OECE cherche aussi à faciliter les échanges entre pays européens. Cette organisation perdit de son importance après la création d'autres organisations européennes. Mais, comme le besoin se faisait sentir d'un organisme consultatif aux pays capitalistes non-européens, l'OECE faisait place en 1961 à l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique).
pour répondre à l'OECE, l'URSS et ses pays satellites créèrent en 1949 le COMECON (Conseil d'Aide économique mutuel).
Outre le plan Marshall, il faut mentionner le traité de l'Atlantique Nord (1949) signé par douze pays (USA, Canada et 10 pays européens), que rejoindront la Grèce et la Turquie (1952) et, en 1955, la RFA. Ce traité exprime l'idéal commun dont se réclame ces pays (règne du droit, de la justice et du bien-être des populations) et leur intention d'assurer collectivement leur sécurité. Ce traité institue l'Organisation du Traité Atlantique Nord (OTAN).
VII. Le blocus de Berlin (juin 1948- mai 1949)
Le point culminant de la Guerre Froide fut atteint entre 1948 et 1953, du blocus de Berlin par l'URSS jusqu'à la mort de Staline. Les divergences entre occidentaux et Russes sur l'avenir de l'Allemagne étaient responsables de l'aggravation de la crise.
La réponse occidentale au Coup de Prague fut la signature du Traité de Bruxelles, le 11 mars 1948, qui prévoyait une alliance défensive pour cinquante ans entre la France, la Grande-Bretagne et les pays du Benelux. L'Union de l'Europe occidentale naissait. Les Anglo-Américains étaient d'avis qu'il convenait de reconstruire l'Allemagne avec des institutions démocratiques et une économie viable. Aussi, les puissances occidentales décidèrent-elles d'unir leurs zones d'occupation; au sein de cet espace une monnaie allemande aurait cours, prélude à la création de la future République fédérale d'Allemagne (RFA).
Les Soviétiques répliquèrent, le 24 juin 1948, par le blocus de Berlin et déclarèrent que ses anciens alliés n'auraient plus aucun droit sur cette ville.
Les Américains organisèrent alors un pont aérien pour ravitailler les zones occidentales de Berlin. Ce pont permit la survie de Berlin Ouest pendant 11 mois (277'264 convois pour 2'323'738 tonnes de nourritures, équipement, carburant...). Le blocus prit fin le 11 mai 1949. La RFA vit le jour le 23 mai 1949 alors que le 7 octobre de la même année, la zone d'occupation soviétique devenait la République Démocratique allemande (RDA). Le premier chancelier de la RFA fut Konrad Adenauer (1876-1967). Un des principaux artisans du relèvement allemand et du rapprochement franco-allemand, il exerça ses fonctions jusqu'en 1963.
Le premier dirigeant de la RDA fut Walter Ulbricht (1893-1973); il avait commencé sa carrière politique au SPD et était entré après la Première Guerre mondiale au KPD et avait siégé au Reichstag en 1928. En exil sous le règne nazi, il avait été agent du Komintern à Paris, à Moscou et à Madrid.
Aéroport de Tempelhof à Berlin
La guerre froide est une
longue période de conflit larvé, ponctué de quelques crises violentes.
Les historiens proposent plusieurs chronologies allant de 1917 à 1989. L'expression date toutefois de 1947.
La guerre froide peut être définie comme l'impossibilité par les acteurs concernés d'essayer de régler les différends par la diplomatie et comme la nécessité d'employer tous les moyens de pression sur l'adversaire (intimidation, propagande, conquête du champ idéologique et culturel, subversion, guerres locales menées par clients interposés), la guerre directe mise à part.

Vue diachronique de la Guerre Froide
VIII. "Un rideau de fer"
Dans un célèbre discours prononcé dans le collège de Fulton dans le Missouri, W. Churchill déclarait:" Nous comprenons que la Russie veuille se sentir protégée sur ses frontières de l'Ouest, contre une nouvelle agression allemande et nous lui donnons volontiers la place qui lui revient parmi les grandes puissances du monde. Cependant je dois vous mettre en face de certains faits. Depuis Stettin jusqu'à Trieste un rideau de fer est tombé sur le continent: Varsovie, Berlin, Prague, Vienne, Budapest, Belgrade, Bucarest et Sofia- toutes ces villes fameuses et les peuples qui vivent aux alentours font partie de la sphère soviétique et sont soumis d'une manière ou d'une
autre, non seulement à l'influence soviétique, mais à des mesures de contrôle très sévères et toujours plus fortes édictées par Moscou...
Dans un certain nombre de pays éloignés de la Russie, la cinquième colonne communiste s'est établie et travaille en complète union avec le centre communiste, dont elle suit les directives avec une absolue soumission. Ces faits sont graves, et nous serions mal avisés de ne pas les considérer en face pendant qu'il est encore temps... Ce que j'ai pu connaître de nos amis russes pendant la guerre, m'a convaincu qu'ils n'admiraient rien tant que la force et qu'ils ne méprisaient rien tant que la faiblesse militaires."

IX. L'OTAN et le Pacte de Varsovie
Convaincue de la justesse du jugement de Churchill à propos des Soviétiques qui
ne méprisait rien tant que la faiblesse militaire
, l'Europe occidentale, les Etats-Unis et le Canada signèrent à Washington, le 4 avril 1949, un traité d'assistance militaire, voulu comme le contrepoids de la présence militaire soviétique en Europe de l'Est. Ce traité donna naissance à l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN). La France s'en retira sous de Gaulle en 1966. De Gaulle était soucieux de développer son propre système de défense pour garantir à son pays toute son indépendance. Par contre, d'autres pays signèrent ce traité plus tard.
Lorsque la RFA intégra l'OTAN, les Russes répondirent en créant une alliance similaire, connue sous le nom de
Pacte de Varsovie
, signé le 14 mai 1955, entre l'URSS, l'Albanie, la Bulgarie, La tchécoslovaquie, la Pologne, la Hongrie, la Roumanie et la RDA.
Après la chute du mur, plusieurs de ces pays ont intégré l'OTAN.
X. La guerre de Corée, 1950-1953
A propos de la guerre de Corée, regardez la série américaine M.A.S.H (11 saisons 36 DVD), tirée du film de Robert Altman.
Evolution des gains / pertes territoriaux
Affiche de propagande
Le premier affrontement armé de la Guerre froide eut lieu en Corée en juin 1950. En voici la genèse: à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Alliés avaient convenu que les forces soviétiques recevraient la capitulation de l'armée japonaise, au nord du 38ème parallèle, tandis que les Américains s'acquitteraient de la même tâche au sud de la dite ligne. Dès lors, deux régimes différents s'étaient développés de part et d'autre du 38ème parallèle: au nord, la République démocratique populaire de Corée, sous l'égide de l'Union soviétique et de la Chine, et au sud la République de Corée, soutenue par les puissances occidentales. Moscou avait refusé que des élections soient organisées sur l'ensemble du territoire coréen. La partition des deux Corées était officielle depuis 1947 et il appartenait à l'ONU de faire évoluer la situation en vue d'une éventuelle unification. En 1949, les troupes américaines et soviétiques avaient quitté le territoire coréen.
Le 25 juin 1950, les Coréens du nord, avec l'appui tacite de Staline, franchirent le 38ème parallèle. Le Conseil de Sécurité de l'ONU, en l'absence du délégué soviétique, qui par sa chaise vide marquait l'opposition de l'URSS de voir la Chine populaire écartée de l'ONU au profit de la Chine nationaliste (Formose), vota une résolution sollicitant l'aide de tous les pays membres des Nations-Unies pour mettre fin à l'invasion de la Corée du Sud. Le 27 juin, le président Truman, sans en référer au Congrès, donna l'ordre aux forces américaines d'intervenir sur place, opération décrite comme étant
a police action of the UN
sous le commandement du général Mac Arthur (1880-1964). Les initiatives de paix qui furent suggérées, notamment à l'initative de l'Inde et de l'Angleterre, proposaient des élections libres dans les deux Corées, sous les auspices des Nations-Unies (refusées par l'URSS) et l'admission de la République populaire de Chine à l'ONU (refusée par les quatre grands qui ne reconnaissaient que la Chine nationaliste de Formose). Le 7 octobre, les forces de Mac Arthur franchirent le 38ème parallèle, amenant la déroute des troupes nord-coréennes.
Le 16 octobre, des troupes chinoises (environ 300'000 hommes) franchirent le Yalou, qui marque la frontière entre la Mandchourie et la Corée, pour venir en aide aux Nord-Coréens défaits. Les forces des Nations-Unies durent se replier à 100km au sud du 38ème parallèle. Mac Arthur préconisait ouvertement l'attaque de la Chine et, au besoin, l'utilisation de l'arme atomique. Sa stratégie fut jugée imprudente, aussi le président Truman prit-il la décision de le limoger, le 10 avril 1951, le remplaçant par le général Ridgway. Après l'éhec de plusieurs offensives chinoises, il devint clair que l'on aboutissait à une impasse et que seule une négociation permettrait de mettre fin à la guerre. Il fallut deux ans de négociations, sur fonds de combats sanglants pour qu'un armistice puisse être signé le 27 juillet 1953. Le statu quo ante bellum était restauré mais la tension entre Washington et Pékin restait vive: une des pierres d'achoppement restait l'alliance entre les Etats-Unis et la Chine de Formose, seule admise à représenter l'ensemble de la Chine au Conseil de Sécurité de l'ONU. La République populaire de Chine devra attendre 1971 pour entrer au dit Conseil au détriment de Formose (Taïwan).

Membre du PC depuis 1931, Kim Il Sung organisa la résistance contre l'occupant nippon depuis l'URSS. Rentré en Corée, il y fonda le parti des travailleurs en 1945. Chef de l'Etat en 1948 il déclencha la guerre de Corée en 1950 (5 mio de victimes). Après l'armistice de 1953, il ferma son pays aux relations avec l'étranger. A sa mort en 1994, le pouvoir absolu qu'il détenait fut transmis à son fils Kim Yong Il. On estimait en 1994 à 500.000 le nombre des victimes de ses 46 ans d'autocratie et à 200.000 le nombre de prisonniers politiques.
Ce régime communiste, de type stalinien, fonctionne selon une logique totalitaire; il mobilise un culte de la personnalité autour de Kim Il-sung et a l'un des plus bas niveaux de droits de l'homme au monde. Le régime est également dynastique: après la mort de Kim Jong-il en 2011, son fils cadet Kim Jong-un lui succède.
La Corée du Nord est le pays le plus militarisé au monde En 1995, la Corée du Nord continue à dépenser 25% de son PNB à l'armée (CH: 1,4%; USA: 4,1%; Israël: 9,6%). Le pays développe un programme nucléaire, ainsi qu'un programme spatial.
Une commission d'enquête de l'ONU en 2014 estime que des centaines de milliers d'opposants politiques ont péri dans des camps pendant ces 50 dernières années, ce que la commission qualifie de crime contre l'humanité, et que de 80 000 à 120 000 prisonniers politiques sont détenus dans les camps à ce jour.


A propos de la Corée du Sud
A propos de la Corée du Nord
Le premier président, Syngman Rhee, dirigea le pays de manière autoritaire en s'appuyant sur l'armée. Il dut démissionner en 1960 suite à des émeutes d'étudiants contestant à juste titre la régularité de sa réélection. Son successeur fut renversé par un coup d'Etat en 1961. Le pays fut alors dirigé par le général Park Chung Hee. Il se donna des pouvoirs dictatoriaux. En 1979, il est assassiné par le chef des services secrets. D'autres coups de force eurent encore lieu avant l'adoption d'une constitution démocratique en 1988. Malgré les troubles politiques et la corruption, le pays connut une incroyable progression économique avec un taux de croissance annuel de 10% entre 1960 et 1990.
Lee Myung-bak (grand parti national, GPN) a été élu président de la République de Corée en décembre 2007, lors de la seizième élection présidentielle avec 48,7 % des voix face à Chung Dong-young (26,1 %) du nouveau parti démocratique uni (NPDU). Il a pris ses fonctions le 25 février 2008. En décembre 2012, Park Geun-hye du GPN est élue présidente avec 51,6 % des voix.
Bilan de la guerre
385'000 soldats onusiens tués
70'000 soldats sud coréens tués
2 millions de soldats nord coréens et "volontaires" chinois tués
3 millions de civils tués par les bombardements, épidémies...) sur une population de 30 millions
XI. La déstalinisation (1956)
Le 15 février 1956, trois ans après la mort de Staline, le nouvel homme fort de l'URSS, Nikita Khrouchtchev (premier secrétaire du parti de 1953 à 1964) dénonce lors du XXème Congrès du parti communiste, les crimes de Staline, conséquence du culte de la personnalité par lequel il avait exalté son pouvoir à partir de 1934 et qui avait fait plusieurs dizaines de millions de victimes:
quiconque
, révélait Khrouchtchev,
s'opposait à sa conception ou essayait d'expliquer son point de vue et l'exactitude de sa position était
destiné à être retranché de la collectivité dirigeante et voué ar la suite à l'annihilation morale et physique...
Par exemple, sur 137 membres du Comité central du parti, élus en 1934, 88 avaient été depuis lors arrêtés ou fusillés, soit le 70%. Dans l'armée, 25% des officiers, 80% des colonels, 90% des généraux avaient été éliminés.
Dans deux pays socialistes
, écrit Mme Carrère d'Encausse,
on pousse l'analyse du XXème Congrès à sa conséquence logique. La société hongroise se soulève contre l'autorité du Parti qu'elle prétend rejeter. Les dirigeants chinois, tout au contraire, concluront
qu'un parti se trompe lorsqu'il admet son droit à l'erreur et, au nom de l'infaillibilité du parti, soutiendront Staline contre ses successeurs
.
XII. La Révolte hongroise (1956)
En Hongrie, la mort de Staline (5 mars 1953), avait provoqué un changement de personne au sommet de la hiérarchie communiste hongroise: le stalinien Matyas
Rakosi
, Secrétaire du Parti avait dû abandonner le rôle de Premier Ministre au profit d'un réformiste, Imre
Nagy
(juillet), qui promettait moins d'industrie lourde, plus de biens de consommation, l'interruption du processus de collectivisation des terres, la libération des prisonniers politiques et la fermeture des camps d'internement.
Son programme, qui avait connu un début de réalisation, ne fut pas soutenu par Moscou, qui exigea le renvoi de
Nagy
(1955) et la fin des réformes. Le rapport de
Khrouchtchev
au XXème Congrès et la dénonciation des procédés
staliniens remit le réformisme à l'ordre du jour: le 23 octobre 1956, une manifestation d'étudiants à Budapest fit entendre les doléances de la nation. La répression de la police transforma la manifestation en révolution. Imre Nagy fut rappelé au pouvoir par la pression populaire. Le système communiste fut renversé. Les partis politiques classiques réapparurent et l'Eglise hongroise, par l'intermédiaire du
cardinal
Mindszenty (que le régime gardait en prison depuis huit ans) soutint les insurgés. Le 1er novembre, Imre Nagy annonça le retrait de la Hongrie du Pacte de Varsovie, la fin du système à parti unique, ainsi que de grandes libertés issues des droits de l'Homme. Une demande était adressée à l'ONU de reconnaître la neutralité de ce nouvel Etat.
Le 3 novembre, les chars soviétiques entraient dans Budapest afin de réprimer ce que les soviétiques appelaient la contre-révolution. Nagy, exécuté en 1958, sera réhabilité par la Cour suprême de Hongrie en 1989. Le cardinal Mindszenty, réfugié à l'ambassade des Etats-Unis, y demeura jusqu'en 1971, date à laquelle le gouvernement hongrois accepta qu'il se rende au Vatican. 200'000 Hongrois s'exilèrent à la suite de ces événements; ils confirmèrent dans leurs pays d'accueil des sentiments antisoviétiques qui envenimèrent la Guerre froide et justifièrent une course aux armements aux yeux des gouvernements occidentaux.
Alors que le monde suivait avec attention les événements de Budapest, l'Est et l'Ouest s'affrontaient en Egypte.
Le canal de Suez
Le président égyptien
Nasser
avait décidé de nationaliser le canal de Suez, le 26 juillet 1956. Israël, qui craignait que l'Egypte, seule maîtresse du canal , lui en interdise l'accès, avait envahi le
Sinaï
, dans la nuit du 29 au 30 octobre. Londres et Paris, de mèche avec Israël, devait intervenir officiellement pour séparer les belligérants mais surtout pour prendre le contrôle du canal et si possible renverser Nasser. Moscou adressa un ultimatum aux trois protagonistes. La France et la Grande-Bretagne, désavouées par les Etats-Unis et l'ONU durent retirer leurs troupes en décembre. Le canal demeura nationalisé, les usagers durent payer à l'Egypte des droits de passage. La diplomatie soviétique triomphait en Egypte.
XIII. le mur de Berlin (1961)
En 1961, un autre événement aggrava la tension entre les deux camps: de 1949 à 1961, environ 2,5 millions d'Allemands de l'Est avaient fui en RFA, dont un grand nombre de savants, d'ingénieurs, d'étudiants, d'ouvriers spécalisés; désireux de mettre fin a un exode des cerveaux qui compromettait l'avenir économique est-allemand, les autorités de la RDA décrétèrent la construction d'un mur, destiné à séparer Berlin-Est de Berlin-Ouest et à isoler Berlin-Ouest de l'ensemble du territoire Est-Allemand. La construction de ce mur commença la nuit du 12 au 13 août 1961 et atteint une longueur de près de 165 km. Le Mur de Berlin, avec ses miradors, ses barbelés et ses champs de mines, en vint à représenter la séparation du monde en deux camps, symbole visible de la Guerre froide. On estime à 5'000 le nombre de ceux qui parvinrent à le traverser d'une manière ou
d'une autre; un nombre équivalent fut arrêté par la police est-allemande et 191 personnes furent tuées en tentant de le franchir. Le 9 novembre 1989, les autorités est-allemandes, victimes de la vague de démocratisation qui balayait l'Europe de l'Est ouvrirent les frontières entre les deux Allemagnes et ce fut la chute du Mur, prélude à la réunification des deux Allemagnes et à l'effondrement des régimes communistes en Europe.
XIV. La crise des missiles cubains (1962)
La menace la plus grave contre la paix durant cette longue période de guerre froide fut la crise des missiles cubains en 1962: au pouvoir depuis 1959, Fidel Castro avait transformé Cuba en république populaire. Allié de l'URSS, de la Chine et de leurs satellites, Cuba représentait, en plein hémisphère américain une zone stratégique dont les Russes pouvaient faire usage en cas de radicalisation de la Guerre froide. Les Etats-Unis, du reste, avaient armé des milliers de Cubains exilés en Floride, dans le but d'un débarquement, qui eut lieu en avril 1961 et qui échoua à la confusion de Washington (débarquement de la Baie des Cochons).
En octobre 1962, des avions américains espions révélèrent l'existence de sites militaires équipés de missiles soviétiques installés par des experts russes. John Kennedy (35ème président des USA de 1961 à 1963) décréta un blocus maritime de l'île et avertit que
the US forces would seize offensive weapons and associated materiel that
Soviet vessels might attempt to deliver to Cuba.
Si les bateaux soviétiques forçaient le blocus, on pouvait craindre un affrontement nucléaire entre les deux puissances. Kennedy et Krouchtchev eurent plusieurs contacts personnels au plus fort de la crise. La paix fut sauvée car Moscou promit de rapatrier en URSS les missiles incriminés, en échange de quoi Washington promettait de ne plus tenter d'envahir Cuba et de retirer des missiles américains installés en Turquie. Les promesses furent tenues mais du côté soviétiques, la souplesse du Premier Secrétaire Krouchtchev fut considérée comme une faiblesse et une humiliation. Il est probable que ce fut l'une des causes de son limogeage, le 14 octobre 1964.
Voir film
Point Limite
(Fail Safe)
1964
XV. La guerre du Vietnam (1955-1975)
Voir films:

- Voyage au bout de l'enfer (1978)

- Apocalypse now (1979)

- Platoon (1986)

- Full Metal Jacket (1987)

- Good Morning Vietnam (1987)
la guerre du Vietnam dura vingt ans, de 1955 à 1975. Dans la seconde moitié du XIXème siècle, le Vietnam avait été conquis par les Français, qui en avaient fait une colonie à partir de 1883.
Ho Chi Minh
, fondateur du parti communiste vietnamien (1941), qui présidera la République populaire du Vietnam de 1945 à 1969 et qui mènera deux guerres successives contre la France et les Etats-Unis, fut le premier à remettre en question le régime colonial français. Se trouvant à Paris, en 1919, lui et ses compagnons avaient adressé à la Conférence de la Paix réunie à Versailles une pétition qui demandait l'égalité des droits en Indochine entre colonisateurs et
colonisés. L'insuccès de sa démarche le jettera dans les rangs de la Révolution: il deviendra membre du PCF dès 1920. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Japonais occuperont l'Indochine. Ho Chi Minh, réfugié en Chine fondera le Viet Minh en 1941, une organisation communiste, ouverte aux ennemis de l'impérialisme nippon, qui combattra l'envahisseur sur sol vietnamien en utilisant des techniques de guérilla. Lorsque le Japon capitule, le
Viet Minh
proclame la République démocratique du Vietnam (1945). Le refus de la France de reconnaître l'indépendance provoquera une première guerre qui durera jusqu'en 1954. Les Français, défaits à
Dien Bien Phu
par les armées viet minh du général Giap capitulent et négocient à Genève
avec leur adversaire, sous l'égide de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis, de la Chine et de l'URSS. Il fut décidé que le
Viet Minh
se retirerait au nord du 17ème parallèle, tandis que les forces vietnamiennes qui avaient combattu avec les Français se concentreraient au sud du dit parallèle. Cette décision est à l'origine de la partition du Vietnam en deux parties: le Vietnam du nord, communiste (capitale: Hanoï) et le Vietnam du Sud non communiste (capitale: Saïgon). Les
Accords de Genève
de 1954 prévoyaient que des élections libres se feraient conjointement dans le nord et dans le sud du pays, prélude à une réunification du Vietnam. Ces élections n'eurent jamais lieu et un antagonisme se développa entre les deux entités.
Le Vietnam du Nord décida d'utiliser la force pour réaliser l'unification à laquelle se refusait le régime de Ngo Dinh
Diem
. Une armée de communistes, entraînée à la guérilla, connue sous le nom de
Viet Cong
, équipée par Hanoï, fit des incursions au sud du 17ème parallèle, utilisant le terrorisme et le sabotage pour déstabiliser l'oligarchie catholique de Diem. Ce dernier en appela aux Etats-Unis pour protéger l'indépendance de son pays contre l'ingérence communiste. Le président
Kennedy
et son successeur, le président
Johnson
, assimilèrent les menées du Vietnam du Nord à celles de la Corée du Nord, y voyant autant de preuves de l'existence d'un complot communiste, orchestré à Pékin, dont le but ultime aurait été d'exercer sur le monde un pouvoir sans partage.
Aussi engagèrent-ils l'armée américaine au Vietnam (jusqu'à 500'000) hommes en 1967). Dans un discours prononçé à l'université John Hopkins, le président
Johnson
(36ème président de 1963 à 1969) fit expressément allusion à
la
théorie des dominos
, d'après laquelle une victoire communiste dans le Vietnam du Sud amènerait nécessairement une victoire communiste en Thaïlande, qui à son tour entraînerait une victoire communiste en Birmanie, et ainsi de suite.
Des Vietnamiens du Sud combattaient les Américains aux côtés du
Viet Cong
: leurs forces constituaient le
Front de Libération Nationale (FNL)
. Les deux armées conjointes lancèrent une offensive de grande envergure le jour du nouvel an
vietnamien (
fête du Têt
, 30 janvier 1968) sur tout le territoire du Sud. Saïgon fut attaqué: le palais du président Thieu (président du Vietnam du Sud de 1967 à 1975) et l'ambassade des Etats-Unis furent des cibles importantes.
L'armée de la plus grande puissance du monde était mise en échec. Hanoï savait que, comme les Français, les Américains se lasseraient de cette guerre: en octobre 1967, 50'000 personnes avaient manifesté à Washington en faveur de la paix.
L'offensive du Têt
devait exercer une pression telle que la guerre du Vietnam devienne l'enjeu principal des élections présidentielles. Le successeur de Johnson fut Richard
Nixon
(37ème président, de 1969 à 1974). C'est lui qui décida, dès 1969, de
vietnamiser le conflit
et donc de désengager les Etats-Unis.
Sous la pression de constantes manifestations en faveur de la paix, il ouvrit des négociations à Paris avec le Vietnam du Nord (janvier 1969). L'année précédente (Mai 1968) avait montré les sympathies étudiantes en Europe à l'égard de Hanoï. La cour de la Sorbonne était couverte de drapeaux rouges et de portraits de dirigeants communistes dont celui de Ho Chi Minh. L'intervention des chars soviétiques à Prague en août 1968 intervenant peu après, rappela, s'il était nécessaire, que le communisme n'était pas un système porteur de liberté.
Les
négociations de Paris
durèrent quatre ans; elles furent entrecoupées de ruptures et de rapprochements, marquées par l'invasion du cambodge et du Laos par les Américains et les Vietnamiens du Sud, la reprise des bombardements décidée par Washington. La paix fut néanmoins signée à Paris (Kissinger-Le Duc Tho), le 27 janvier 1973.
Les deux parties se mettaient d'accord sur le principe de l'unification future du Vietnam par des moyens pacifiques et la création d'un gouvernement au sud Vietnam à trois composantes (communiste, non-communiste et neutre). En dépit de ces engagements, la réunification du Vietnam ne se fit pas dans la paix. Le Nord envahit le Sud le 29 avril 1975.
En dépit de la guerre du Vietnam, les relations entre les Etats-Unis et la Chine s'améliorèrent (visite de Nixon à Pékin en février 1972) et la détente marqua également les relations entre Washington et Moscou, qui négocièrent de nombreux accords de limitations des armements.
XVI. Fin de la Guerre froide
Invasion de l'Afghanistan par l'URSS (1979)
Solidarnosc et Jean-Paul II
Jean-Paul II, pape de 1978 à 2005
Mikhaïl Gorbatchev
Lire le roman de Sandor Màrai,
Mémoire de Hongrie
. Il y raconte l'entrée des chars soviétiques à Budapest et l'instauration du régime communiste
Histoire de comprendre
1950, pourquoi la guerre de Corée
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