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Peuples autochtones des Amériques

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Brieg Capitaine

on 5 December 2016

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Transcript of Peuples autochtones des Amériques

Un contexte global
Centralité des droits humains
Mobilisations des marges
Société de communication
Qu'est-ce qu'un peuple autochtone ?
« Par communautés, populations et nations autochtones, il faut entendre celles qui, liées par une continuité historique avec les sociétés antérieures à l'invasion et avec les sociétés précoloniales qui se sont développées sur leurs territoires, s'estiment distinctes des autres segments de la société qui dominent à présent sur leurs territoires ou parties de ces territoires. Elles constituent maintenant des segments non dominants de la société et elles sont déterminées à préserver, développer et transmettre aux futures générations leurs territoires ancestraux et leur identité ethnique, qui constituent la base de la continuité de leur existence en tant que peuples, conformément à leurs propres modèles culturels, à leurs institutions sociales et à leurs systèmes juridiques5. » Rapport Cobo Martinez, Rapporteur spécial ONU
Quelques chiffres
350 millions de personnes
au moins 5 000 peuples différents
Au Canada:
1 400 685 personnes ont déclaré une identité autochtone en 2011 (4,3% de la population canadienne)
PA = Inuits (4%), Métis (32%), Premières nations (61%)
Derrière une apparente uniformité statistique, il y a différents statuts = différents droits.
80 Nations (11 au Québec) Voir carte
Les luttes indiennes en Amérique Latine
Le "retour" de l'acteur autochtone
Le renversement historique
La face sombre de l'autochtonie
L'autochtonie est une ressource politique, un capital dont certains groupes se réclament afin d'en tirer des avantages politiques, sociaux, économiques
L'exemple de l'Afrique ou de l'Europe révèlent que l'autochtonie n'est pas ontologique, mais relationnelle et conflictuelle.
Au niveau international
Peuples autochtones des Amériques
Attention! Ces chiffres sont très variables selon la définition de "peuples autochtones"
La déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones
Kwe
Kuei
Bonjour

Brieg Capitaine
Docteur en sociologie
Professeur à l'école d'études sociologiques et anthropologiques
bcapitai@uottawa.ca
Les peuples autochtones et le regard anthropologique: victimes ou acteurs?
Des victimes
Génocide culturel des pensionnats
La colonisation des terres
Statistiques socio-économiques
Cadre légal discriminatoire et ségrégationniste
Thomas Moore
Des statistiques
Le taux de chômage des Autochtones vivant en réserve s’élevait en 2006 à 23,1% de la population active, un pourcentage quatre fois supérieur à celui des non Autochtones (Statistiques Canada, 2008).
La dépendance aux paiements de transfert et à l’aide sociale entretient le décrochage scolaire des jeunes qui ne voient pas dans l’éducation et l’obtention d’un diplôme la garantie d’un emploi salarié.
La pauvreté endémique conduit aussi les services sociaux à placer de nombreux enfants dans des familles d’accueil. En 2011, 14 225 (3,6%) enfants autochtones âgés de moins de 14 ans étaient placés en famille d’accueil. En comparaison, 15 345 (0,3%) enfants non autochtones faisaient l’objet d’un placement (CVR, 2015a).
Les membres des Premières nations sont six fois plus susceptibles de mourir à cause de problèmes liés à l’alcool que la majorité canadienne et trois plus à cause de problèmes liés à la consommation de drogues (First Nations Centre 2005).
Les suicides sont deux fois plus nombreux chez les Autochtones que dans le reste de la population canadienne. Pour les Inuits, le taux de suicide est six à onze fois plus élevé que dans la population canadienne (Kirmayer et al. 2007:22).
Les femmes disparues et assassinées : un effet de la vulnérabilité sociale et culturellle
13% des femmes autochtones ont reconnu avoir été victimes de violence ; un taux trois fois supérieur aux femmes canadiennes.
En Saskatchewan, une province de l’Ouest du Canada, 60% des femmes portées disparues étaient des femmes autochtones alors qu’elles ne représentent que 6% de la population (Provincial Partnership Committee on Missing Persons, 2007 cité dans Amnestie International 2014).
Une référence :
Soeurs volées
d'Emmanuelle Walter, Lux: Montréal
Le régime de réduction
L’Indian Act garantit d’une part aux Indiens inscrits un statut distinct et d’autre part les place explicitement sous la responsabilité de l’État fédéral qui leur alloue des terres réservée.
Géographiquement, les réserves définies dans la Loi sur les Indiens comme « parcelle[s] de terrain dont Sa Majesté est propriétaire et qu’elle a mise[s] de côté à l’usage et au profit d’une bande » (Canada, 1985).
La réduction économique devient la norme ; le fossé se creuse toujours sans cesse entre ce que produisent les Autochtones eux-mêmes et ce qu’ils consomment.
Réduction politique : idéologie du « Sauvage » enraciné dans la tradition et incapable de porter des responsabilités administratives ou de direction légitime l’attitude paternaliste de l’État. La domination politique s’incarne à travers la naissance d’une administration indienne : le conseil de bande.
Le statut d'Indien
La clef de voûte de cette réduction est le “titre indien” (Indian status) Est « sauvage », en vertu de la Loi sur la modernisation progressive des sauvages :
– « Premièrement : Tout individu du sexe masculin et de sang sauvage, réputé appartenir à une bande particulière ;
– secondement : Tout enfant d’un tel individu ;
– troisièmement : Toute femme qui est ou a été légalement mariée à un tel individu. »
Les catégories suivantes sont exclues du registre indien : les femmes mariées à des « non Autochtones », leurs enfants, les Indiens résidant plus de cinq ans hors du Canada, les Indiens titulaires d’un diplôme universitaire et les Métis en dehors du Manitoba. Au moment de la constitution du registre, 600 000 Canadiens sont considérés comme des Indiens inscrits (Frideres, 1998, p. 26). « Le statut d’Indien consacre donc une forme bénigne d’apartheid » (Simard., p. 34).
Des acteurs
L'exemple des Inuits et de la chasse
Comment maintenir une activité traditionnelle (et le don) à partir des paiements de transfert?

Le congélateur communautaire
Référence : Thibault Martin,
De la banquise au congélateur,
2003, PUL.
La loi sur les Indiens est à la fois critiquée, mais aussi défendue
Transformation du regard
Liée au mouvement social d'auto-détermination et de décolonisation
Renversement de la perspective historique (de l'ethnohistoire à l'auto-histoire)
Il y a un refus d'être réduits à une victime (Irresponsabilité)
Exemple de la thèse de Thibault Martin, De la banquise au congélateur
Il y a des effets pervers à centrer son regard sur l'action. Le chercheur tend par là à exaspérer la fierté, à mythifier l'individu, à en faire un héros débarrassé de toute relation de pouvoir.
Que nous dit le terrain ? L'exemple de Uashat mak Mani-Utenam
Il faut plutôt privilégier une articulation de la victime et de l'acteur (Capitaine, 2017 et Glowczewski, 2007)
Globalisation et capacité d'action
De la solidarité communale (don) à la solidarité associative
Globalisation est souvent appréhendée comme le passage de l'une à l'autre forme de solidarité et donc conduirait à une uniformisation (cf. Lévi-Strauss).
Pour Thibault Martin, les Inuits produisent une modernité qui leur est propre en combinant des formes traditionnelles et modernes du don. Cette articulation leur permettrait de conserver leur mode de vie en occurrence la chasse.
La modernité réflexive
L'institution de la chasse est une composante de leur identité et indispensable au lien communautaire
Le conseil par le programme d'aide défraie les chasseurs et régule les prises
La viande, en échange d'une somme d'argent est placée dans le congélateur (solidarité associative)
Une autre partie de la viande suit le circuit traditionnel (don)
Contexte
Source du mouvement autochtone
L'opposition au Livre Blanc
Les droits ancestraux
Violence
Les luttes au niveau international
La déclaration : brève analyse
Pourquoi le Canada a refusé?
Contexte
En septembre 2007, le Canada refusait de signer la déclaration des Nations Unis sur les droits des peuples autochtones qu’il avait paradoxalement activement contribuée à écrire.

Cette décision traduit, en fait, l’incapacité de l’État canadien à reconnaître le « Sujet » autochtone, dont cette déclaration était le symbole.

L’approche canadienne tend à définir les Autochtones en fonction d’une généalogie et de pratiques ancrées dans la période précoloniale niant ainsi aux Autochtones la capacité de se présenter et de se représenter de manière dynamique, et inscrits dans le présent, c’est-à-dire d’agir en tant que sujets, au sens sociologique
Aux sources du mouvement international
Les Premières Nations n’ont jamais été colonisées
Les Autochtones se sont toujours perçus comme des nations distinctes entre elles, mais égales à l’État canadien (DELAGE 1985, GIRARD 2000, MARTIN 2009).
La participation de nombreuses nations amérindiennes aux deux guerres mondiales révèle ce sentiment d’égalité structurant la conscience d’être amérindien.

"C’est notre devoir de citoyens patriotes de mettre de côté nos revendications personnelles ou celles de nos frères et de venir en aide à notre pays [le Canada] notre pays est en guerre, ce qui fait que notre fraternité l’est elle aussi" (Ambroise Reid, Native brotherhood of British Columbia cité par CREPA : 18).

Le retour de la guerre consacre cependant pour les vétérans un sentiment de trahison
Livre Blanc et institutionnalisation
La politique des revendications territoriales dans laquelle est contraint de se développer l’action conflictuelle s’appuie sur les droits ancestraux dont l’Autre est exclu.

L’approche gouvernementale des droits ancestraux repose sur ce principe et fige la culture dans un passé.

L'approche ne permet pas aux Autochtones de définir eux-mêmes leur culture puisque celle-ci est limitée aux pratiques reconnues par la Cour comme étant spécifiquement associées à ce groupe.

Comme le souligne Boudreault :
"La dynamique juridique et politique des peuples du Canada est circonscrite par les délimitations géopolitiques qui lui sont imposées par les acteurs de l’histoire du colonialisme dans les Amériques (2003 : 46).

L’internationalisation du mouvement autochtone
Le recours à des instances internationales dans le but de faire reconnaître, par le pouvoir national, la manière dont les autochtones se pensent eux-mêmes, se développe dès les années 1920, mais de manière marginale (SAUVE 1985).

C’est 1977 qu’il est d’usage de considérer comme le début de l’émergence des luttes autochtones sur la scène internationale. Principalement originaires des États-Unis, un groupe d’Autochtones fait un sit-in à Genève, se saisissent des médias et dénoncent leur condition de « colonisés ».

Tribunal Russel dans les années 1980

En 1982 est créé le groupe de travail sur les populations autochtones intégré à la sous-commission de la lutte contre les mesures discriminatoires et pour la protection des minorités.

un projet de déclaration universelle des droits des peuples autochtones. Celle-ci est présentée en 1988 à l’ensemble des États membres de l’ONU (inspirée de la convention 169 de l'OIT)


Un travail réflexif et collectif
le sujet autochtone opère un travail au sein de ces espaces en créant une représentation de lui-même qui mette en tension l’histoire spécifique de chaque peuple et l’expérience vécue de chacun.

L’arène internationale permet aux leaders amérindiens d’investir l’univers des représentations et de se réapproprier une capacité à proposer eux-mêmes une catégorisation du fait amérindien » dans l’espace politique et social (COLLOMB 2001 : 40).

L’enjeu des luttes internationales portent ainsi non plus sur la définition des droits ancestraux, mais sur le contrôle de la production des droits culturels et sur les critères qui définissent ou non leur obtention.

Un travail rejeté :

Kenneth Deer membre de la maison longue et représentant à l’ONU de la nation mohawk de Kahnawake :

L’énorme difficulté qu’ont les États-nation à reconnaître le droit à l’autodétermination provient d’une conception raciste qu’ils ont de ce que peuvent être nos rapports avec eux. Ils (les juges) ne croient pas qu’en matière d’autodétermination nous puissions avoir des droits égaux à ceux des Européens, des Euroaméricains, ou des autres peuples dominants. Ils sont convaincus que les puissances coloniales étaient supérieures. Voilà pourquoi, nous, les autochtones, devons nous battre jusqu’au bout pour obtenir un droit à l’autodétermination plein et entier (propos cités par LEGROS et TRUDEL 2001 : 17).

La guerre opéra donc comme un « agent d’autochtonisation », en ce sens qu’elle contribua à ce que les Autochtones prennent conscience qu’ils partagent un destin commun : celui de la domination et de la discrimination.
La principale avancée du texte après plusieurs années de délibérations est que les Autochtones sont désormais considérés comme des peuples et non plus comme des populations comme le stipulait l’intitulé du groupe de travail en 1982.
Brève analyse de la déclaration
Celle-ci est le fruit de plus de deux décennies de discussions, de négociations et de modifications des textes qui ont, au fur et à mesure des différentes commissions ou conférences, été rejetés ou amendés.

Lecture de quelques articles

Refus du Canada :

McNee représentant du Canada à l’AG des Nations-Unies déclare le 13 septembre, à la veille de l’adoption de la déclaration :
Nous sommes fiers des procédures qui ont été mises en place pour régler les revendications autochtones de manière respectueuse de ces droits et travaillons activement à les améliorer afin de pouvoir résoudre ces revendications de façon encore plus efficace. Malheureusement, les dispositions pertinentes de la déclaration sont beaucoup trop vagues, manquent de clarté et se prêtent à diverses interprétations ; elles omettent la nécessité de reconnaître une multitude de droits territoriaux et sont susceptibles de remettre en question des points déjà réglés pas traité (MCNEE 2007).

Ghislain Picard indique, dans une tribune du Devoir, que lorsque l’État :

affirme que la déclaration “met en péril les cadres juridiques et stratégiques pour traiter les questions autochtones“, le gouvernement conservateur nous dit ni plus ni moins qu’il souhaite maintenir les peuples autochtones du Canada dans un statut de colonisés, régis par une loi rétrograde [la Loi sur les Indiens] elle-même dénoncée sur toutes les tribunes internationales comme étant contraires aux droits de la personne (PICARD, 2007).

Les politiques indigénistes (assimilation, métissage, exclusion)
Émergence de mouvements indiens (nouveau espaces de luttes et nouveaux acteurs)
Les étapes du mouvement
Éclosion dans les années 1960 et début 1970 (demandes sociales)
Consolidation 1970- fin 1980 (lutte core le racisme et les discriminations)
Passage au politique à partir des années 1990
Trois phases
Mouvement de type social
Mouvement de type culturel (rôle important de l'environnement et de l'écologie)
Projection sur la scène politique (politiques de reconnaissance)
L'approche constructiviste et utilitariste de l'autochtonie
"Chaque groupe est autochtone par rapport à l'histoire dans laquelle il s'insère, il n'y a pas d'essence de l'autochtonie" (Le Meur, Mobilité, autochtonie et citoyenneté, p. 379)
Ref: Natacha Gagné, Thibault Martin et Marie Salaün, Autochtonies. Vues de France et du Québec, Presses de l’Université Laval/DIALOG, Ste Foy, 2009
Plusieurs caractéristiques:
L'antériorité
Le travail rituel ou agraire. "C'est ce travail qui est créateur de droit".
La relation à l'autre (Inclusion/exclusion)
"Le recours à l’idée d’autochtonie et à l’argument d’antériorité de peuplement pour instituer et légitimer des droits politiques spécifiques à l’avantage de ceux qui se disent indigènes. Et pour exclure ceux que l’on étiquette comme allogènes, la parole de ces derniers important peu en l’occurrence."
"L'appel à l'autochtonie est d'autant plus fort quand il résonne dans les sociétés où les flux migratoires, voire les transferts autoritaires de populations, ont été le fait d'un passé colonial assez récent [...] et se poursuivent dans le contexte de la mondialisation ou de la régionalisation économique." Bayart et Geshiere, 2001, p. 127)
L'approche constructiviste et utilitariste de l'autochtonie
"L'audience de la problématique de l'autochtonie procède précisément de son ambivalence. De cette capacité à adapter à une très grande diversité de situations politiques son alternative simpliste entre "nous" et "eux" dans les termes d'un jeu à somme nulle entre l'"avant" et l'"après". (Idem). cf. Québec ou Bretons ou Hollande, etc.
"Un autre de ses paradoxes est de nous parler d'identités primordiales et d'authenticité alors qu'elle est elle-même moderne et urbaine" (Idem.)
"L'expulsion des Blancs" à Kahnawake
En février 2010, le chef de bande de Kahnawake, Michael Delisle veut que les non-Mohawks quittent la réserve Vingt-six personnes seraient concernées. L'objectif est que la réserve mise à la disposition des autochtones afin d'assurer leur survie culturelle et identitaire, reste le leur. Permettre à n'importe qui de s'y établir rendrait caduc le principe même de réserve.
Ellen Gabriel de Femmes autochtones du Québec déclara : «Il est important de clarifier que les avis d'éviction ne respectent pas les coutumes et traditions mohawks, écrit-elle dans une lettre ouverte. Au contraire, ces lettres d'éviction témoignent du degré de colonisation de l'esprit de certains peuples autochtones. [...] Qu'un conseil de bande, quel qu'il soit, perpétue les politiques de la Loi sur les Indiens les place dans le camp des oppresseurs».
D'où provient alors cette revendication de pureté?
Effets pervers de la reconnaissance des droits et de la politique de revendications
Pureté / Reproduction culturelle : le racisme culturel
Un mot sur la prédiction créatrice de Robert Merton
Pour les consultants et autres gestionnaires, les Innus naîtraient dans leur culture, celle-ci s’imposerait à eux sans qu’aucun progrès ne soit possible. En d’autres termes, le travail « ce n’est pas leur truc » Même dans le secteur de la pêche qui semblerait pourtant plus proche de leurs activités traditionnelles cynégétiques, le discours est identique : « Vous avez de la chance de pas avoir d’Indiens chez vous [en France]. Pour la pêche, ils ont des sous et ça y va à coup de millions de dollars alors qu’ils y connaissent rien. C’est pas leur truc. Un coup peut-être y a un de leur chef qui a fait pipi dans l’eau salée, mais c’est tout. Ils ont jamais pêché à la cage ni au poisson de fond. » [Jean (15)]
Débats chez les intellectuels : le disparationnisme
La commission de vérité et réconciliation du Canada sur les pensionnats indiens
Histoire de la commission
Spécificités de la commission
Mandat
Enquête de la commission
Rapport final
Les critiques et l'approche de la décolonisation
Mise en place de la commission
Processus socio-historique de renversement du sens des pensionnats. Peu à peu les pensionnats ne représentent plus une institution visant le bien-être. cf. Charlie Wenjack.
Années 1970 : Mouvement d'auto-détermination dans les communautés et prise en charge de l'éducation par les premières Nations.
Années 1980 : Les anciens pensionnaires poursuivent leurs agresseurs, pour la plupart des anciens employés (prêtres ou salariés). Une littérature de la survivance émerge (Haig-Brown, 1986). Les Survivants se mettent à parler et s'organisent.
La Commission royale d'enquête sur les peuples autochtones consacre un chapitre aux pensionnats.
Discours de Stewart sur la réconciliation en 1998.
Jugement de la Cour Suprême sur la réconciliation des droits
Les plaintes s'intensifient à travers le pays. Les cours refusent de juger en droit la perte de la langue et de la culture.
Le plus grand recours collectif de l'histoire du Canada. Plus de 2000 plaintes.
Signature de la convention de règlement sur les pensionnats indiens.
Paiement d'expérience commune
Processus d'évaluation indépendant (voir tableau dans les annexes de la convention)
Fonds de guérison
Fonds de commémoration
Mise en place d'une commission de vérité et réconciliation
Les excuses de Stephen Harper en 2008 devant la chambre des communes. Ce "triste chapitre" de l'histoire du Canada.
La CVR : mandat et spécificités
Mandat :
Les critiques
Des églises et du Québec:
La CVR du point de vue postcolonial
Sortir de la violence implique une lutte ou la potentialité d’une action conflictuelle que les processus de reconnaissance juridique ou de négociation politiques des droits tendent plutôt à étouffer (Betasamosake Simpson, 2015) et à laquelle les politiques de réconciliation cherchent à mettre fin.
La “désobéissance épistémique” (Mignolo, 2015) et le déplacement des luttes de décolonisation vers une approche textuelle et symbolique constitue une nouvelle voie de résistance (Eigenbrod, 2013; Justice ) au sein de laquelle la Commission à toute sa place.
“For many residential schools survivors and their representatives in Aboriginal organizations, healing is a counter-narratives to victimization and is seen as a pathway to sovereignty in an emancipation narrative” (Million, 2013: 161).
Il n’en demeure pas moins que la décolonisation portée au niveau épistémique possède des limites. La reconnaissance ou la prise de distance des médias et de certains intellectuels (Trudel, 2014) vis-à-vis de la qualification des pensionnats comme génocide culturel nous rappelle que la capacité d’une contre-histoire à se matérialiser dans les rapports sociaux et les institutions dépend grandement du pouvoir des acteurs.
Trois niveaux pour sortir de la violence
La trame narrative qui s’est dessinée au fil des travaux de la Commission agit à trois niveaux dans le processus de sortie de la violence.

Au niveau individuel, le témoignage répond à la violence déshumanisante des pensionnats et l’acte de témoigner apparaît comme l’expression de la singularité et de la créativité des acteurs.

Au niveau collectif et communautaire: les Survivants lorsqu’ils témoignent devant la Commission ne disent pas seulement “je”, mais aussi “nous”, ils ne parlent pas seulement de leur blessure ou de leur angoisse personnelles, mais de la perte de leur identité collective, de la destruction de la cohésion sociale et des atteintes à leur culture.

Au niveau social, l’universalité des émotions qui accompagnent les témoignages des Survivants contribue à la production de nouvelles solidarités non seulement intergénérationnelles, mais également interethniques soudées par une commune expérience du trauma et du génocide.
Faire la lumière sur l'histoire des pensionnats (vérité)
Faire du Canada un pays plus juste en informant les Canadiens de cette histoire.
Spécificités :
Première commission de vérité mise en place dans une démocratie
Elle porte sur des violences faites à des enfants
Elle n'a aucun pouvoir légal.
Elle est une institution d'information
Cette absence de pouvoir a suscité un ensemble de critique de la part de certains penseurs autochtones (Alfred, Coulthard, Simpson)
La commission est victimo-centrée et met l'emphase sur les violences, la perte de la langue et non sur les dimensions positives des pensionnats (formation de leaders, etc.)
"Abus de mémoire" (Todorov cité dans Trudel 2013) L'histoire est faite par les victimes et basée sur l'émotion
Des intellectuels autochtones:
Critique matérialiste : la commission tombe dans les pièges des luttes de reconnaissance
Elle ne résout pas le problème du territoire et des droits
Elle participe à recoloniser (trauma et maladie mentale)
Colonisation et résistances autochtones
Colonisation interne/externe
De l'assimilation à l'accomodement
Institutionnalisation du mouvement
Luttes juridiques
Négociation politique
Les luttes de liberté et décolonisation
La colonisation interne
Il y a un paradoxe dans la lutte. Les Autochtones doivent formuler leurs demande de réparation et de liberté dans le langage du droit occidental qui sert justement à légitimer le colonialisme interne qui les empêche de recouvrer leur statut de peuples souverains.
Les caractéristiques de la colonisation interne :
Pouvoirs discursifs inégaux. Le discours du droit est celui de la raison. Il relèverait de l'universel. Le discours autochtone apparaît comme un discours subalterne. Il s,agit d'un discours minoritaire.
Structure qui incorpore et "internalise" les peuples autochtones. Ils n'existent qu'au sein du Canada, en référence à l'État nation. On parle d'ailleurs de peuples autochtones
du
Canada.
Techniques de gouvernement flexibles et dynamiques.

Quatre dimensions principales :
Propagation des maladies européennes. Guerre et violence. Diminution de 90% de la population autochtone au tournant du XXe siècle.
Usurpation des formes de gouvernements auhtones en les plaçant sous le régime britannique et français, puis canadien (Loi sur les Indiens, pensionnats, etc.)
Enfermement dans les réserves (réduction). Appropriation des terres. Développement capitaliste
Mise en place d'une politique de traités avant la colonisation et encore maintenant qui instaurent des rapports de "coopération". Coopération forcément asymétrique dans un contexte de colonisation interne.
De l'assimilation à l'accommodement
La CVR du point de vue postcolonial
Sortir de la violence implique une lutte ou la potentialité d’une action conflictuelle que les processus de reconnaissance juridique ou de négociation politiques des droits tendent plutôt à étouffer (Betasamosake Simpson, 2015) et à laquelle les politiques de réconciliation cherchent à mettre fin.
La “désobéissance épistémique” (Mignolo, 2015) et le déplacement des luttes de décolonisation vers une approche textuelle et symbolique constitue une nouvelle voie de résistance (Eigenbrod, 2013; Justice ) au sein de laquelle la Commission à toute sa place.
“For many residential schools survivors and their representatives in Aboriginal organizations, healing is a counter-narratives to victimization and is seen as a pathway to sovereignty in an emancipation narrative” (Million, 2013: 161).
Il n’en demeure pas moins que la décolonisation portée au niveau épistémique possède des limites. La reconnaissance ou la prise de distance des médias et de certains intellectuels (Trudel, 2014) vis-à-vis de la qualification des pensionnats comme génocide culturel nous rappelle que la capacité d’une contre-histoire à se matérialiser dans les rapports sociaux et les institutions dépend grandement du pouvoir des acteurs.
Trois niveaux pour sortir de la violence
La trame narrative qui s’est dessinée au fil des travaux de la Commission agit à trois niveaux dans le processus de sortie de la violence.

Au niveau individuel, le témoignage répond à la violence déshumanisante des pensionnats et l’acte de témoigner apparaît comme l’expression de la singularité et de la créativité des acteurs.

Au niveau collectif et communautaire: les Survivants lorsqu’ils témoignent devant la Commission ne disent pas seulement “je”, mais aussi “nous”, ils ne parlent pas seulement de leur blessure ou de leur angoisse personnelles, mais de la perte de leur identité collective, de la destruction de la cohésion sociale et des atteintes à leur culture.

Au niveau social, l’universalité des émotions qui accompagnent les témoignages des Survivants contribue à la production de nouvelles solidarités non seulement intergénérationnelles, mais également interethniques soudées par une commune expérience du trauma et du génocide.
Par le discours impérialiste de la raison qui affirme la supériorité de l'Eurocanadien.
Par la doctrine de la découverte (terra nullius = terre sans maître). Il y a un début donc on peut affirmer la primauté d'un droit neuf.
Par des traités d'extinction des droits.
Comment faire pour résoudre cette contradiction ?
"Cette forme de colonisation est "interne" et non "externe" parce que la colonie s'est bâtie sur les terres de peuples jadis libres, mais désormais colonisés" (Tully, p. 316)

"Le rapport de colonisation interne se fonde plutôt sur l'appropriation de la terre, des ressources et de la juridiction autochtones non seulement dans un souci de repeuplement et d'exploitation - facteurs qui se vérifient également dans le cas de la colonisation externe - mais aussi dans un souci d'établir l'assise territoriale de la société dominante elle-même." (Tully, p.316)
Colonisation :
Problème la Cour suprême reconnait des droits ancestraux (Arrêt Calder en 1973)
Jurisprudence
Incorporation des peuples autochtones du Canada sous la constitution canadienne
Instauration d'un caractère distinctif
Sstance et valeur du titre aborigène
Principe de réconciliation du titre aborigène avec la souveraineté de la Couronne.
Les traités
Privilégier la négociation politique
Définition de l'étendue des droits ancestraux
Reconnaissance du titre sous la forme d'un droit de propriété en fief simple.
Compensation financière
Extinction des droits
"C'est la colonisation interne qui fournit l'ultime justification de l'atteinte des droits des peuples autochtones à l'intérieur de la société canadienne." p. 332.
Lutte de liberté et institutions de la modernité
Le traditionnalisme conscient de lui-même
Cette forme de résistance est ce que James Tully nomme les « luttes de liberté » et qu’il définit comme « des actes quotidiens [indépendants] des manifestations spectaculaires de résistance [...] visant à protéger, reconquérir, rassembler, sauvegarder, revitaliser, transmettre et adapter des pans entiers d’une vie autochtone pratiquement disparue ».
Pour ces acteurs, il s’agit comme l’indique si justement Alain Touraine « de changer la vie plus encore que de transformer la société ».
La question qui se pose est comment agir sans cesser d'être autochtone.
« Les gens, ils disent : “Ils veulent vous assimiler !” Mais on est déjà assimilé ! Quand un Blanc, il arrive chez lui, il appuie sur le même bouton pour allumer la lumière. Notre culture, elle est dans notre cœur, elle est dans notre tête. » Cette position révèle deux éléments. Premièrement, l’individu dépasse ici la dichotomie entre « eux » (les colonisateurs) et « nous » (les victimes) qui est pourtant au centre des demandes de reconnaissance des droits et d’une approche classique de la décolonisation. Deuxièmement, le mode de vie passé dont l’effondrement est l’objet du traumatisme, ne se résume pas à un système de pratiques ou de normes qui pourrait s’éteindre, il consiste plutôt en une virtualité qu’aucune politique ou qu’aucun événement ne peut atteindre.
Cette résistance par la revitalisation concrète prend des formes souvent bien anodines. À l’arrière des maisons, dans la réserve — pourtant rejetée et souillée à ce titre — des individus travaillent l’espace en construisant des tentes à suer pour les cérémonies, mais aussi en cuisinant, en s’appropriant des espaces, des panoramas qui acquièrent par-là un sens personnel et représentent des lieux d’expression de la liberté.
Le développement de la pêche commerciale par les Innus
Le cas de la ville
Statistiques
Références bibliographiques

Le cas de l'université
Les associations
Décoloniser l'université
Reconnaissance ou redistribution. Un vieux débat toujours existant.
Jugement Marshall et Sparrow
Au départ : il y a une opposition simple. Du point de vue autochtone, le travail tendrait à fragiliser le mode de vie, l’héritage traditionnel et à déstructurer les réseaux de solidarité, tandis que du point de vue allochtone et dans la pure lignée des Modernes, il serait une condition nécessaire à l’exercice de la citoyenneté et à la dignité de l’individu (Sennett 2003 : 125) – la différence culturelle représentant ainsi une barrière à l’émancipation des populations autochtones (Simard 2003 : 44).
Sur le terrain, la pêche est vécue comme une activité ancestrale pour les Innus. Pour les non autochtones la pêche c'est pas leur truc. La question est donc moins d'être pour ou contre le travail que de définir ce qu'est le travail, ce que signifie cette institution et en l'occurence le métier de pêcheur.
Le travail de pêcheur n’est plus vécu comme une institution moderne, comme un moyen d’acculturation, mais comme l’expression « d’un rapport à soi » (Lallement 2007 : 236), comme le lieu d’expression de la subjectivation dans ses dimensions à la fois de résistance (contre les formes classiques et libérales du travail) et créatrice (pour un travail alliant l’histoire, l’expérience vécue et la reconnaissance du sujet individuel et collectif).
Réaction des non autochtones à l'entrée des Innus dans le secteur des pêches
Paternalisme des consultants.
Racisme culturel des pêcheurs.
Retour sur le traditionnalisme conscient de lui-même.
Est-il possible de penser une lutte de liberté au sein des institutions de la modernité ?
Le cas du développement de la pêche commerciale chez les Innus.
Le cas de la ville
Le cas de l'université
Décolonisation et unification de l'expérience
Définition objective du travail
Dépassement des formes objectives du travail. Construction d'une unité de l'expérience.
Dans l'expérience urbaine, la tension est particulièrement visible. Et la charge positive ou négative qui s'en dégage dépend de la capacité et des supports mis à disposition par la société pour rendre possible un équilibre de la mise en tension.
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