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L'historien et les mémoires de la seconde guerre mondiale

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regis cadiet

on 18 February 2015

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Transcript of L'historien et les mémoires de la seconde guerre mondiale

L'Historien et les mémoires de la seconde guerre mondiale
1945
Deux mémoires concurrentes qui tentent de récupérer le prestige des faits de résistance mais oublient certains aspects de la seconde guerre mondiale :
c'est le syndrome de Vichy, H. Rousso
La mémoire gaulliste
La mémoire communiste
Pour le général de Gaulle, la France aurait été précocément et entièrement résistante. C'est une manière de faire rejaillir sur lui le prestige des faits de résistance dont il a été le chef depuis Londres notamment. Cette attitude porte le nom de résistancialisme.
Ainsi, lors de son discours sur les Champs Elysées, le général de Gaulle évoque cette France entièrement résistante, libérée par elle même toute entière... Il ne parle pas des Américains, ni des débarquements encore moins de celui de Provence dans lequel ont participé des soldats coloniaux. Il craint en effet, à juste raison d'attiser le sentiment indépendantiste dans les colonies.
Deux
résistancialismes (Henry Rousso)
en concurrence...
Le parti des 75000 fusillés
Au sortir de la guerre, les communistes mettent en avant leur propre résistance intérieure, celle du petit peuple et des ouvriers. Ils cherchent donc à récupérer le prestige de leur comportement pour l'après guerre en se faisant notamment surnommer le parti des 75000 fusillés (par les Allemands ou la milice française) : le chiffre a été, par eux, très très exagéré.
Dans cette affiche de propagande, on voit clairement comment le PCF essaie de tirer avantage de son comportement pendant le second conflit mondial. Le PCF se fait surnommer le parti des 75000 fusillés ce qui est largement exagéré. Cela vise à le faire passer pour un parti martyr de la secone guerre mondiale. Par ailleurs, en insistant sur la résistance communiste, le PCF passe sous silence le pacte germano-soviétique de 1939 jusqu'en 1941, durée pendant laquelle les communistes étaient les alliés... du III Reich hitlérien.
L'oubli ?
La collaboration, le régime de Vichy, la défaite, le génocide juif disparaissent de la mémoire collective. Ils sont refoulés (oubliés)
Dans ce passage de Nuit et Brouillard (1955), un passage sera censuré en 1956 : le moment où on voit le kepi d'un gendarme français surveillé un camp d'internement. La mémoire de la population française ne doit pas se souvenir de la collaboration.
Les rues des grandes villes françaises sont rebaptisées à la gloire des héros de la Résistance. Les prisonniers de guerre qui reviennent ne sont pas célébrés comme des héros : ce ne sont pas les poilus de 14 - 18. Ils sont un peu les anti-héros de la campagne de 1940 et très peu de monuments aux morts de la seconde guerre mondiale seront construits dans l'immédiat après guerre.
Dans ce manuel scolaire de 1964, on ne fait pas allusion à la collaboration, les camps, Vichy, seule la Résistance héroïque est évoquée
Le résistancialisme met en avant les héros de la résistance pour mieux faire oublier le reste (collaboration, Vichy, défaite). En 1964, Jean Moulin, héros de la résistance entre au Panthéon à Paris. La cérémonie grandiose est retransmise : cela nourrit le mythe d'une France entièrement résistante.
Des lieux de mémoire (P. Nora)
mettent donc en valeur cette mémoire (incomplète)
Le retour des mémoires oubliées :
la collaboration française
Le rôle des historiens
Robert Paxton
, 1972
En 1972, R. Paxton historien américain publie Histoire de Vichy où il démontre que le régime de Vichy a collaboré et la plupart du temps de manière autonome dans les décisions antisémites qu'il a pris, sans demande formelle des Allemands.
La thèse de R. Paxton détruit celle soutenue au début des années 50 par Robert Aron, historien, qui a soutenu que le régime de VIchy avait déporté le moins possible de juifs pour en protéger finalement le maximum des Allemands. Cet historien soutient que Vichy a été le bouclier défendant les juifs et De Gaulle, l'épée combattant les Allemands.
Le rôle du cinéma
Le chagrin et la Pitié (1969) ; Lucien Lacombe (1974)
Ces deux films ont mis en évidence le rôle de la collaboration française et ont montré les comportements de nombreux français assez ambigus lors de l'occupation. Cette vision est très éloignée du résistancialisme gaulliste
Par ailleurs, on voit se développer dans l'immédiate après-guerre un cinéma résistancialiste qui glorifie clairement la résistance en cachant le reste. Certains films mettent en avant le rôle de la résistance des cheminots français. La Bataille du Rail, 1946, R. Clément.
Fin des années 60
Années 80 : le retour d'autres mémoires?
Le rôle du cinéma : Shoah,
C. Lanzmann
, 1985
En 1985, le documentaire de Claude Lanzmann met en évidence, par des centaines de témoignages les mécanismes de la Shoah en Europe.
Les grands procès : Klaus Barbie, 1987
Le rôle de l'Etat : reconnaissance officielle de la Shoah et lieux de mémoire
Emergence des assassins de mémoire.
Le négationnisme
Depuis les années 80, un certain nombre de pseudo historiens (Robert Faurisson par exemple) nient l'existence même de la shoah. Cette attitude de négation de la vérité historique (le génocide juif) porte le nom de négationnisme.
En 1995, J. Chirac, Président de la République reconnaît la responsabilité de l'Etat français dans le génocide juif. Attitude nouvelle qu'aucun Président avant lui n'aura prise. De plus des lieux de mémoire sont inaugurés (Mémorial de la Shoah à Paris) pour que vive la mémoire du génocide juif.
Le chagrin et la pitié (1969) constitue historiquement la première plongée cinématographique effectuée dans la mémoire collective française sur la période de l'Occupation allemande au cours de la Seconde Guerre mondiale. À une idéologie qui ne faisait pratiquement état jusque là que des faits de Résistance, Ophüls permit de mettre l'accent sur des comportements quotidiens beaucoup plus ambigus à l'égard de l'occupant, voire de franche collaboration
Lucien Lacombe (1974) montre le destin d'un jeune homme à qui on refuse le droit d'entrer au maquis (la résistance). Sans même le savoir et finalement peut être pour se venger, il entre dans la collaboration et prend goût à tous les avantages que cela procure.
D'autres films datant des années 80 livrent une vision comique et très décomplexée de la France de l'occupation. Collaborateurs et résistants sont tous dépeints de manière grotesque. Voir Papy fait de la résistance, 1983.
Klaus barbie a été le chef de Gestapo de Lyon, surnommé "le boucher" en raison des tortures infligées par ces services, notamment à Jean Moulin.
Le choc du procès Eichmann, 1961
A. Eichmann fut responsable de la logistique de la « solution finale » (Endlösung). Il organisa notamment l'identification des victimes de l'extermination raciale prônée par le NSDAP et leur déportation vers les camps de concentration et d'extermination.
Des mémoires sélectives et concurrentes... au retour des mémoires oubliées ?
Le choc de la guerre des 6
jours (1967) vécue comme une nouvelle
Shoah : nécessité de revivifier la
mémoire de la Shoah pour se protéger
de nouvelles menaces
.

Loi Gayssot contre
le négationnisme, 1990
EN 1967, pendant une semaine, l'état d'Israel
menacé dans son existence par ses voisins arabes
déclenche une guerre rapide pour garantir sa
survie : cette guerre très courte se solde par une
victoire militaire d'Israel qui triple alors son territoire
en annexant des parties entières de l'Egypte, de la Syrie
ainsi que de la Jordanie. Cette guerre a été vécue comme
un traumatisme par les juifs dans le monde qui y ont vu
une nouvelle menace sur leur propre existence. Ce moment d'angoisse a rendu plus impératif encore le retour de la mémoire juive : on craint alors le retour des horreurs de la seconde guerre mondiale
La tentative de réhabilitation

Thèse de
R. Aron
: le glaive et le bouclier
utilisée par le droite française dans les
années 50 pour tenter de réhabiliter Vichy :
Vichy aurait protégé les juifs pendant que
Gaulle combattait depuis Londres

La thèse d'un grand silence juif après la seconde guerre mondiale doit cependant être nuancé par des travaux très récents sur la mémoire juive :
F. Azouvi (le mythe du grand silence
, 2012
)
démontre quantitativement que l'on a plus écrit sur la Shoah après 1945 que sur les Poilus après 1918.
Retrouvez le noms des historiens dans la frise et leur contribution à la leçon : H. Rousso, P. Nora, F. Azouvi, R. Aron, R Paxton, A Prost (rien à voir avec le pilote...),
M. Bloch.
Des mémoire
défaillantes...
Syndrome de Vichy
H. Rousso
Des mémoires encore
en chantier : la mémoire des
homosexuels
Aujourd'hui, plus qu'un devoir de mémoire,
un devoir d'Histoire,
A. Prost
, 12 leçons sur l'Histoire
Introduction
Histoire
= science des hommes
dans le temps,
M. Bloch
Mémoire
= représentation affective, subjective, déformée du passé propre à des acteurs et à leur place dans un contexte donné
Les deux termes qui s'opposent ont des liens : la mémoire est transformée par les méthodes de l'historien en histoire : c'est
l'historicisation
. L'historien produit de la mémoire collective
I. Entre résistance et Vichy, la mémoire du conflit.
A. Le mythe résistancialiste (1945 - 1947).
B. L’éclatement de la mémoire et le triomphe de la mémoire gaulliste (1947 - 1968).
C. La fin des mythes (1969 à nos jours).

II. De Dachau à Auschwitz, la mémoire du génocide.
A. Le génocide oublié (1945 - 1961).
B. Les conditions de l’affirmation d’une mémoire juive (de1961 au début des années 80).
C. La victoire de la mémoire juive (du début des années 80 à nos jours).

III. L’historien et les mémoires.
A. Mémoire et histoire, deux perceptions différentes du passé.
B. Une demande sociale d’histoire.
C. La vague mémorielle et sa contestation
Thème 1 - Chapitre 1
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