Loading presentation...

Present Remotely

Send the link below via email or IM

Copy

Present to your audience

Start remote presentation

  • Invited audience members will follow you as you navigate and present
  • People invited to a presentation do not need a Prezi account
  • This link expires 10 minutes after you close the presentation
  • A maximum of 30 users can follow your presentation
  • Learn more about this feature in our knowledge base article

Do you really want to delete this prezi?

Neither you, nor the coeditors you shared it with will be able to recover it again.

DeleteCancel

Make your likes visible on Facebook?

Connect your Facebook account to Prezi and let your likes appear on your timeline.
You can change this under Settings & Account at any time.

No, thanks

Le jeûne

No description
by

Emma Bessac

on 2 February 2014

Comments (0)

Please log in to add your comment.

Report abuse

Transcript of Le jeûne

La pratique du
nyoung né
, propre à cette tradition,
associe un jeûne complet, (sans manger ni boire) d'un ou deux jours à une méditation sur le Bouddha de la compassion.

Certains pratiquants du Bouddhisme Tibétain pratiquent également l'ascèse de nourriture.

Les
Lamas yogis
ont la réputation de vivre dans la
solitude, ne s'alimentant que d'orties et auraient vécu longtemps sans se nourrir.
En Allemagne, en Russie et aux USA, la recherche sur les éventuels bénéfices médicaux du jeûne est
beaucoup plus poussée qu'en France. Dans ces pays, le jeûne est considéré comme une thérapie et de nombreuses cliniques l'expérimentent sur des patients atteints de maladies telles que le cancer.

Valter Longo, professeur américain en biogérontologie et en biologie cellulaire, a réalisé une expérience consistant à évaluer l'action du jeûne sur des tumeurs cancéreuses de souris. L'expérience consitste à séparer les souris cancéreuses en deux groupes : les souris du premier groupe jeûnent pendant 48 heures tandis que les autres continuent de se nourrir normalement.
Une forte dose d'
etoposide
, substance chimique de chimiothérapie courante, est injectée à chacune d'entre elles. Les résultats sont surprenants : les souris ayant jeûné sont vivantes et en pleine forme alors que celles qui ont mangé sont faibles voire mortes.
La privation de nourriture affaiblit les cellules atteintes, ralentit la croissance de la tumeur et donc la propagation du cancer. De plus, l'association du jeûne à la chimiothérapie est favorable à l'efficacité du traitement et par conséquent, augmente la survie des souris sans progression de la maladie.
Cependant, l'efficacité de la combinaison diète et chimiothérapie ne s'applique pas forcément à l'homme, mais en réalisant la même expérience sur une dizaine de patients atteints de cancer, tous ont déclaré être moins fatigués et moins ressentir les effets secondaires de la chimiothérapie. Des études ont été lancées dans trois autres hôpitaux après la publication en 2012 des études de Longo et son équipe : aux Etats-Unis, aux Pays-Bas, et en Italie. Cependant, les procédures sont longues. Il a été également montré que le jeûne rendait la radiothérapie plus efficace.

En 2008, la juge Américaine Nora Quinn apprend qu'elle est atteinte d'un cancer du sein. Elle prend connaissance quelques semaines plus tard des recherches menées par Valter Longo à travers un article, et décide alors de jeûner 4 jours avant son cycle de chimiothérapie et 36 heures après la fin.
Elle déclare après avoir jeûné : « Le jeûne m'a permis d'avoir un contrôle sur mon traitement. Pour moi c'est évident, j’ai eu moins d’effets secondaires grâce au jeûne. Mes neurones ont été moins atteints, j’ai été moins fatiguée que mes amies qui n’avaient pas jeûné et qui sont passées par les mêmes cycles de chimiothérapie. Je n’ai absolument aucun doute là-dessus. »

Il existe également des groupes de personnes fabriquant très peu de facteurs de croissance (ou IGF-1). Ces personnes sont épargnées par les cancers, or le jeûne diminue le taux de glucose dans le sang et le taux d’IGF-1. Cela pourrait être à l'origine de l’efficacité du jeûne même en absence de chimiothérapie sur les cancers
Le jeûne
En quoi le jeûne peut-il être bénéfique ?
I. Jeûner : un réflexe naturel
Tous les êtres vivants sont soumis à des privations de nourriture, causées par les aléas de la nature (hiver, milieux naturels hostiles…). Toutes, sauf l’homme moderne, esclave de la société de surconsommation. Cependant, cette abondance de nourriture appelle au jeûne, de sorte que de nombreuses stars comme Yannick Noah ou Clint Eastwood s’en font les ambassadeurs.
Le jeûne consiste à se priver volontairement de nourriture solide
et parfois liquide. Il commence à partir de la sixième heure après le repas. Mais le jeûne a été décliné par l’homme en de nombreuses formes telles que le jeûne ascétique (afin de se rapprocher de la perfection et de Dieu), ou le jeûne absolu (privation totale de nourriture et de boisson). En effet, la privation volontaire de nourriture conduirait à mieux penser et se décentrer de soi pour mieux s'ouvrir aux autres, c’est pourquoi elle a été adoptée par les religions pour devenir un outil spirituel.
Récemment, les médecines alternatives dans lesquelles le jeûne
est utilisé à des fins thérapeutiques font leur grand retour dans notre quotidien par le biais des médias. Le jeûne redevient à la mode, et est adopté par de nombreux centres de bien-être.
Nous verrons d’abord la place du jeûne au cours de l’évolution,
puis son utilisation religieuse et spirituelle. Ensuite, sera présentée la physiologie du jeûne, et enfin sa redécouverte scientifique du XIXe siècle à nos jours.
Chaque jour, notre corps renouvelle une partie de ses cellules, si bien que nous avons un
corps quasi-neuf tous les quinze ans. Ce processus se poursuit toute notre vie.

Mais au fil des copies, le nombre d'erreurs grandit et les cellules ne se renouvellent plus
aussi bien (d'où l' apparition de rides).

D'après de nombreux spécialistes, le jeûne faciliterait ce renouvellement cellulaire car
l'organisme répare alors les cellules endommagées au lieu de les détruire afin d'économiser son énergie.
C. Le renouvellement cellulaire
Et si le jeûne était inscrit dans nos gènes ?
Ce batracien des cavernes peut atteindre 100 ans, et peut résister à des situations dans lesquelles tout
autre être vivant serait mort : il peut jeûner 10 ans et vivre 3 jours sans oxygène, car il ne s' active que cinq minutes par jour.
Il gère parfaitement ses réserves énergétiques : utilisant peu de "carburants", il produit peu de déchets
dans l'organisme, allant même jusqu'à réabsorber ses propres tissus dans les cas extrêmes. Ainsi, les filtres naturels chargés de dépolluer le corps de l'animal ne s'encrassent pas.
Le proteus anguinus (protée anguillard) tire un maximum d'énergie du moindre apport en n'usant que
très peu ses cellules puisqu'il produit le minimum de déchets.

D. Le Proteus anguinus
"L'organisme humain est beaucoup mieux adapté pour pallier le manque que pour gérer l'abondance."
Yvon Le Maho.
Trop de nourriture est mauvais pour notre santé. En particulier, les aliments riches en
calories vides

(c'est-à-dire pauvres en nutriments essentiels et riches en sucres rapides et graisses que notre organisme a du mal à gérer, assimiler).
Ces apports excessifs, souvent bien supérieurs aux dépenses, sont à l'origine de l'obesité. En
conséquence, l' organisme doit continuellement digérer une quantité trop importante de graisses, de sucres et de protéines. Tout ce qui est superflu se transforme en toxines et finit par l'encrasser.
L'accumulation de ces toxines a des effets néfastes sur la santé : irritantes pour le corps, elles
provoquent un fort affaiblissement, et favorisent par conséquent le développement de certaines maladies.

En jeûnant, l'organisme évacue par autolyse (en biologie, autodestruction des cellules) ces multiples
toxines, ce qui lui permet de se réguler et de soigner certains déséquilibres.
G. Société de consommation et surnutrition
Dès la préhistoire, l'homme devait affronter le froid, le danger et la famine. Son organisme s'est alors
adapté biologiquement en faisant face au manque de nourriture et donc en jeûnant naturellement. Il puisait dans ses réserves de graisse afin de survivre.
Un homme de 70kg pour 1,70m peut, dans des conditions de vie standards, survivre en ne
consommant que de l'eau durant environ 40 jours. Ce délai varie en fonction des conditions atmosphériques et de l'activité physique.
Notre corps serait donc apte à faire face à des périodes de pénurie et donc à jeûner.

On note également qu'encore actuellement, en cas de maladie, on arrête de s'alimenter. Obéissant
à des comportements réflexes, notre organisme refuse toute ingestion de nourriture pour préserver ses forces et se consacrer à la lutte contre l'agression virale ou bactérienne.
Ce mécanisme d'adaptation est donc ancré dans notre patrimoine génétique.

Quelques témoignages de scientifiques :
« J’avoue que j’avais un peu d’appréhension au départ,
raconte Y. Le Maho, chercheur
. Mais l’expérience a finalement été formidable. Dans la nature, tous les animaux jeûnent d’une façon ou d’une autre. Jeûner, pour nous, c’est un peu reprendre notre place dans l’histoire de l’évolution. On découvre que c’est un acte simple ... et même nécessaire. »
« Cette rapidité d’adaptation (des cellules humaines au jeûne) ne peut répondre qu’à une mémoire acquise, comme un réflexe. Un réflexe acquis tout au long des millions d’années de l’histoire de l’humanité. »
Valter Longo, biologiste.
A. Une fonction innée
II. Jeûne, religions et philosophie
IV. Redécouverte contemporaine du jeûne pour la santé
Quels sont les effets du jeûne sur la santé ?
«Manger, c’est banalement survivre, perpétuer son existence et perpétuer l’espèce. On ne peut vivre sans manger : c’est le paradoxe auquel tous les philosophes se confrontent. On aimerait pouvoir consacrer sa vie à l’acte de penser et pourtant on a besoin de satisfaire des besoins matériels. » Le rabbin Gilles Bernheim
5) Le ressenti du jeûneur
Les trois premiers jours de jeûne sont les plus difficiles à supporter.
Tout d'abord, une fausse sensation de faim se fait ressentir car l'organisme est habitué à recevoir de la nourriture régulièrement.
Puis, le processus de
purification
se met progressivement en place : élimination de ce qui est facile à évacuer, comme les excès d'eau et d'acide.
Autour du troisième jour, le corps va éliminer ce dont il a vraiment besoin de se débarrasser, c'est à dire les graisses.
Le jeûneur ressent alors un état de faiblesse général : nausées, maux de tête, crampes, douleurs abdominales et grande sensation de fatigue.
C'est la
crise d'acidose
: les déchets produits par la combustion de graisse font monter le taux d'acidité dans le sang.
La crise d'acidose passée, le jeûneur va mieux, se sent plus fort. Il est presque euphorique, et a perdu toute sensation de faim.
A. L'utilisation des réserves
D'après le reportage d'Arte :
Le jeûne, une nouvelle thérapie ?
Par Thierry De Lestrade et Sylvie Gilman
Le corps dispose de trois types de réserves énergétiques : le glucose, les protéines et les lipides. Le glucose, élément essentiel pour le cerveau, se consomme dans les 24 premières heures de jeûne.
C'est pourquoi, au-delà de 24h, l'organisme produit du glucose principalement à partir des protéines musculaires, c'est la néoglucogénèse hépatique.
La lipolyse donne des AGNE et des corps cétoniques, qui permettent d'économiser le glucose.
C'est le foie qui dégrade les acides gras afin de produire trois molécules, formant un substitut de glucose, nommées corps cétoniques. Cette transformation se nomme cétogénèse.
Les effets bénéfiques
le jeûne intermittent augmenterait
l'espérance de vie et la résistance à de nombreuses pathologies
: en période de jeûne, l'organisme répare les cellules endommagées au lieu de les détruire afin d'économiser de l'énergie. Cela réduit donc les risques de mauvaise copie de l'ADN.
jeûner diminue le taux de glycémie et la résistance à l'insuline,
rendant le traitement contre le diabète plus efficace.
Les effets négatifs
jusqu'au troisième jour de jeûne, le taux d'acide urique s'élève : c'est la
crise d'acidose
qui est assez pénible pour les jeûneurs. Elle peut être atténuée par des jus de fruits, bouillons ou des médicaments.
il diminue également la production de radicaux libres : ce sont des molécules d'oxygène instables qui essaient de se lier à des cellules pour se compléter, favorisant ainsi leur usure, comme de la rouille.
il provoque une
baisse de tension
et une diminution des troubles du métabolisme.
il est conseillé chez les femmes désireuses d'une grossesse car le jeûne a des
vertus détoxinantes et dépolluantes
, et chez les sportifs qui suivent des jeûnes de préparation à l'effort (contrairement au mythe des sucres lents).
Yannick Noah s'est longtemps préparé à l'effort grâce à des jeûnes d'une semaine au plus.
La
baisse de tension
évoquée précédemment peut provoquer des évanouissements chez les personnes ayant déjà une faible tension.
C. Les séjours "jeûne et randonnée"
Ils se pratiquent en petits groupes, ce qui est idéal pour se couper du quotidien et se motiver mutuellement, et ainsi éviter le stress et la tentation.
3) Organisation d'un séjour
2) Préparation au jeûne
Le soir du septième jour, les jeûneurs ont droit à leur premier repas depuis le début
du séjour. Ils ne ressentent plus la faim mais apprécient cette redécouverte de la nourriture. Le corps ayant été mis au repos, les sens fonctionnent à merveille et les aliments sont appréciés autrement.
Pour se réalimenter, les règles sont similaires à celles établies avant le jeûne, mais
elles doivent être respectées dans l'ordre inverse et en quantités croissantes. Si tout s'est bien passé, il suffit de se laisser guider par ses besoins pour retrouver un équilibre alimentaire.
Au début, le corps ne supporte que de très petites quantités de nourriture, ce
pourquoi il ne faut surtout pas le forcer : une reprise alimentaire trop rapide peut engendrer une prise de poids excessive, et des effets néfastes.
Une semaine avant le séjour, l'organisme doit subir une phase de réduction
progressive de l'alimentation afin de se préparer au jeûne et le rendre moins difficile à vivre pour les jeûneurs.
Tout d'abord, les excitants comme le café, le thé et le sucre sont supprimés,
ainsi que les dépendances (alcool, tabac...) qui auraient un effet nocif décuplé sur le corps à jeun.
Puis, les aliments les plus lourds à digérer sont supprimés : la viande, les
produits laitiers et enfin les céréales. De sorte qu'il ne reste plus que les fruits et légumes à la fin, ne nécessitant pas un effort de digestion trop important.

Ces instructions sont valables pour tous types de jeûne.
4) Se réalimenter après un jeûne
I. Jeûner : un réflexe naturel
II. Jeûne, religions et philosophie
III. Physiologie du jeûne
IV. Redécouverte du jeûne pour la santé

A. Une fonction innée
B. Le jeûne chez les animaux
C. Le renouvellement cellulaire
D. Le Proteus anguinus
E. Le cas du manchot
F. Durée optimale et limites du jeûne
G. Société de consommation et surnutrition

Durant le jeûne, aucun aliment solide n'est consommé. Seule l'eau, éventuellement mélangée avec un peu de jus de fruits
pour maintenir la glycémie, est autorisée, ainsi que les jus de fruits le matin, les tisanes à tout moment de la journée, et un bouillon le soir, conformément à la méthode Büchinger.
La consommation d'eau est indispensable durant un jeûne. Plus l'organisme est intoxiqué, plus il a besoin d'être hydraté
afin de se purifier.

Chaque jour, les jeûneurs marchent pendant trois à quatre heures. L'environnement naturel est important dans le cadre
du jeûne, car il favorise les effets positifs, et permet à l'organisme un repos total. Le jeûneur apprend à écouter son corps car il est loin de toute source de stress et a du temps à consacrer à lui-même.

Pratiquer une activité physique est important car cela stimule le mécanisme de détoxination. En effet, l'organisme
transforme en énergie ses réserves de sucre, de graisse et de protéine qu'il a emmagasinées. De plus combiner le jeûne et la randonnée permet de perdre du poids tout en préservant sa masse musculaire.
Le reste du temps, les jeûneurs sont libres de se détendre. Un espace "bien être" est prévu à cet effet, comprenant des
séances de massages ou encore de sauna, est mis à leur disposition.
Le soir, tous se retrouvent dans un moment de convivialité et de partage autour d'un bouillon de légumes qui correspond
à leur unique 'repas' pour la journée complète. Au début du séjour, ce bouillon apparaît comme indispensable, mais au fur et à mesure, le jeûneur s'en passe facilement.
"J’ai redécouvert des saveurs que je ne connaissais pas"
, Mme Maingourt
"Je me suis sentie un peu allégée, ça m’a fait un nettoyage. [...] Beaucoup de personnes voyaient mieux sans lunettes, c'était étonnant ! Mais après le jeûne c'était fini. Nos sens également sont beaucoup plus éveillés. On apprend à s'écouter, à écouter son corps." Mme Maingourt, documentaliste.
"Le jeûne m’apparaît comme une ivresse, une invitation au voyage par le dérèglement de tous les sens, pour reprendre Rimbaud" P. Loreim, performeur.
"La perception du temps se métamorphose, on ressent une jubilation très lente." M. Perrin, journaliste.
"C’est en nous refusant les joies de la chair que nous acquerrons celles de l’esprit.",
L’utilité du jeûne.
"Mon mari a eu mal au dos, à cause de l'élimination qui se fait au niveau des reins", Mme Maingourt
E. Une arme contre le cancer ?
A. La genèse de cette redécouverte
1947
1952
1973
1972
1934
1911
Nikolaev est un chercheur sans moyens, mais son ami Narbekov obtient en 1952 un département spécial
de traitement par le jeûne dans un centre de cure thermale, l’Institut balnéothérapie de Moscou.
Au commencement, il soigne des rhumatismes et des maladies de peau, mais il étend rapidement les
prescriptions de jeûne à de nombreuses maladies somatiques. Ses patients sont en majorité au bout du parcours médical : ils se tournent vers le jeûne après avoir essayé tous les traitements de la médecine conventionnelle possibles. Les résultats sont mitigés : il y a aussi bien de remarquables rétablissements que des échecs, qui ne découragent pas les chercheurs.
Mais en 1953, Narbekov n'est plus soutenu par le régime, son département du jeûne est fermé et il
tombera en dépression.

Nikolaev va s’occuper de Lev Boulganine, le fils du président du Conseil des ministres, Nikolaï Boulganine
(1895-1975). Il le sèvrera avec succès de l’alcool par le jeûne.
Boulganine donne alors le feu vert pour lancer des études sur le traitement par le jeûne.
Dans un premier temps, Nikolaev multiplie les cas cliniques.
Valery est un autre exemple de cas « sauvé » de manière très spectaculaire. Il est soigné par Nikolaev pour
une paranoïa excessive, puis pour une dépression par le jeûne.
Les résultats montrent que ce traitement agit sur l’ensemble du corps, de manière indéterminée, peu
importe la maladie. Mais comment agit-il ? Sur quelles maladies ?
Bernarr MacFadden fonde en 1899
Physical Culture
, une revue mensuelle qui va connaître un succès foudroyant et inaugure un nouveau concept : la nourriture (saine, équilibrée, végétarienne de préférence) est le principal médicament. La privation de nourriture est le médicament le plus efficace qui soit.
MacFadden idéalise une nouvelle vision idéale d’un homme sain et vigoureux à laquelle de plus en plus de lecteurs adhèrent. Devenu riche et influent, il condamne par des éditoriaux incendiaires la mainmise des médecins et des médicaments sur la santé des américains.
Ainsi il se fait le propagandiste du jeûne. Il crée en 1907 le MacFadden Healthatorium près de Chicago, où il propose des cures de jeûne mais aussi tout ce que la médecine « alternative » peut offrir : chiropractie, ostéopathie, hydrothérapie.
En 1911, Upton Sinclair, un jeune écrivain célèbre, effectue une cure de jeûne au MacFadden Healthatorium. Dès le début de la réalimentation, il remarque des effets étonnants, qu'il relate dans son livre
The Fasting Cure
:
"Tout d’abord, il y eut un extraordinaire sentiment de paix et de calme, comme si chaque nerf fatigué du corps ronronnait tel un chat sous un poêle. Vint ensuite la plus ardente activité intellectuelle [...]. Et, pour finir, il y eut un désir des plus voraces pour le travail physique.".
C'est alors que débute une période où la passion des américains pour les médecines alternatives se réveille : la National Association of Drugless Physicians est créée.

Cependant, en moins de 20 ans, toute forme de
médecine alternative
(une médecine à traitements non médicamenteux) a disparu, à cause de trois facteurs :
la
montée de grands groupes capitalistes
,
l'
émergence d'un secteur pharmaceutique puissant,
l'
essor de la médecine scientifique
.

De plus, les recherches de Louis Pasteur et Robert Koch mettent la médecine allopathique au grand jour. Le public, soumis à la propagande des médias, ne croit plus à la médecine alternative au profit des ''triomphes de la médecine moderne''. C'est pourquoi à ce moment les recherches sur le jeûne ne sont pas poursuivies : les connaissances scientifiques sont basées sur des expériences et hypothèses encore incertaines. Il est plus sûr pour la profession médicale de considérer le jeûne comme dangereux, d'autant plus que ce n'est pas lucratif.
Pendant ce temps, à Paris, le médecin Guillaume Guelpa (1850-1930) écrit en 1911 que durant des décennies, les médecins prescrivaient des fortifiants pour soigner les maladies, respectant la croyance populaire "ne pas s'alimenter rend plus faible". C'est pourquoi la viande est très présente dans notre alimentation, et les produits comme les boissons alcoolisées, préparations toniques, poudres ou extraits de viande... ont un grand succès.

Guelpa juge ces pratiques délirantes :
« Provoquer l'appétit et introduire dans notre tube digestif beaucoup d’aliments est
devenue une véritable hantise. »
. Le médecin s'est intéressé au jeûne grâce à l'un de ses confrères ayant remarqué, en soignant des malades atteints de fièvre typhoïde, que ceux qui perdent régulièrement du poids sont ceux qui guérissent plus rapidement et avec le moins de complications :
« C’est depuis ces expériences, pour moi mémorables, écrit Guelpa, que je ne me suis plus inquiété de la faiblesse de mes malades ; leur fausse sensation de faiblesse n’étant en réalité que l’expression d’un encombrement de produits toxiques et de déchets cellulaires, dont il faut au plus tôt, dans la mesure du possible, débarrasser l’organisme. »
Il définit alors l'un des principes majeurs du jeûne thérapeutique : la force naît de la faiblesse.
Guelpa a donc effectué plusieurs expériences sur ses malades, et les résultats sont surprenants en particulier sur le
diabète
et l'
épilepsie
. Selon lui, le diabète est du à l’intoxication acide des tissus et non à la surproduction de sucre. Il met au point un régime innovant basé sur l’alternance entre cinq jours de jeûne et cinq jours de régime végétarien jusqu’à la disparition du taux élevé de sucre dans le sang. Cette conception est totalement opposée à celle couramment admise, cependant le médecin guérit ses patients relativement rapidement. Il suffit de supprimer les aliments carnés, les œufs et les boissons alcoolisées, et à le faire jeûner sur des périodes de plus en plus éloignées, c'est la méthode dite du "jeûne rythmé".
Guelpa a imposé le même régime à des patients atteints d'épilepsie, bien qu'elle soit jugée incurable. Au lieu de
diminuer progressivement l'intelligence des malades comme c'est le cas avec les traitements (bromurés) habituels, ce régime réduit, éloigne puis fait disparaître les crises, pour obtenir ensuite un retour à la santé.
Malgré cette réussite, les expériences menées dans l'asile de Villejuif par Guelpa sont rejetées par l'académie de médecine. La méthode du médecin disparaîtra pendant la Première Guerre Mondiale.
Introduction
1877
En 1877, le docteur H. Tanner, abattu par ses problèmes familiaux et de santé, jeûne pendant 40 jours d'affilée, tout en faisant de longues marches. La croyance à l'époque était qu'un homme ne pouvait pas survivre au delà de 10 jours sans manger, c'est pourquoi il est traité de menteur.
Cependant, le docteur constate que ses douleurs chroniques ont disparu et qu'il se sent beaucoup mieux. Il retentera une expérience trois ans plus tard, sous très stricte surveillance, pour montrer qu'il est possible de jeûner sur une longue durée. Cela sera admis, cependant les effets bénéfiques possibles seront niés intégralement.
Dans la même période , le docteur américain E. H. Dewey, un adepte du jeûne, fait une découverte qui va bouleverser la médecine : il a constaté à plusieurs reprises que la privation de nourriture n'empêchait pas le malade de guérir. Cette idée est mal accueillie : on pense alors qu'il faut soutenir l'énergie du malade pour la guérison.
Le médecin tente l'expérience sur son enfant atteint de diphtérie, qui se rétablit (résultat exceptionnel à l'époque). Dewey est convaincu qu'il faut arrêter de nourrir les malades contre leur gré pour les soigner, mais il est pris pour un fou.
En 1890, il remarque une étude concernant le pourcentage de perte de poids de chaque organe après une mort de famine. Celle-ci indique que la graisse a fondu de 97%, les muscles de 30%, mais le cerveau et le système nerveux restent intacts. Cela signifie que, privé de nourriture, le corps cherche à préserver les organes vitaux.
Les effets du jeûne combiné à la chimiothérapie
« Quelle est à votre avis, la découverte la plus marquante de notre siècle ? Les avions à réaction ? La télévision, la radio ? L’énergie atomique ? Aucune d’entre elles. À mon avis, la plus grande découverte de notre temps, c’est la capacité à se régénérer physiquement, mentalement et spirituellement par le jeûne. En utilisant le jeûne scientifique, on peut oublier son âge. »
Youri NIKOLAEV (1905-1998), La Santé par le jeûne, Moscou, 1973

Youri Nikolaev (1905-1998), un jeune psychiatre russe, est coincé à l’hôpital alors que la Seconde
Guerre Mondiale éclate. Il lit énormément et découvre que, par le passé, de nombreuses grandes civilisations comme les Egyptiens jeûnaient.
De son côté, un de ses amis d'enfance, Nikolaï Narbekov, tente d'intégrer le jeûne dans sa pratique de la médecine, il
précise ainsi le mécanisme d'autorégulation de l'organisme pendant le jeûne.
Mais quand, en 1947, Narbekov propose aux autorités médicales d'expérimenter un nouveau traitement des
maladies par un jeûne suivi d'une alimentation rationnelle, le refus est catégorique. Nikolaev interprétera plus tard ce refus comme une conséquence de la guerre : tous les rescapés ayant vécu la famine, il semble plus judicieux de ne pas aborder le sujet tant que la plaie est ouverte.
Le psychiatre est tenté d'appliquer le jeûne aux maladies mentales, dont le but du traitement habituel est d'obtenir
des changements brusques dans la biochimie du cerveau à l'aide d'électrochocs ou d'insuline par exemple. Or, il a déduit de ses lectures qu'au début du jeûne se produit un changement brusque de la biochimie des cellules.
En 1948, il tente l'expérience avec trois cas qui aboutissent à des échecs. Cependant il essaie de nouveau
dans un autre hôpital, avec un jeune patient schizophrène, prostré et muet, qui se trouve dans un état catatonique. Dès le sixième jour, le patient se met à parler soudainement, puis son état s'améliore de jour en jour, et enfin il se resocialise et finit par guérir complètement après un mois de jeûne.
A. La religion juive
B. L'expérience d'Otto Buchinger
En 1917, celui ci fut atteint d'une polyarthrite rhumatoïde, provoquant une
inflammation sévère des articulations et par conséquent une mobilité très réduite. Il se voit alors obligé de quitter la Marine pour invalidité.
Désespéré et ne supportant plus les insurmontables souffrances qu'engendre sa
maladie, il décide, suite aux recommandations d'un collègue, de se tourner vers des méthodes thérapeutiques alternatives et entame un jeûne chez le Dr. Riedlin à Fribourg im Brisgau en 1919.
Après 19 jours de jeûne, ces articulations sont de nouveau mobiles et il ne ressent plus
aucune douleur et ce jusqu'à la fin de sa vie.
1) Quelles sont les motivations pour le jeûne ?
Pour 60 % des jeûneurs, la raison principale du recours au jeûne est la
purification de l'organisme : ils désirent se désintoxiquer en retrouvant une vie plus saine et équilibrée. Seulement 10 % d'entre eux ont pour but de perdre du poids.

Plus personnellement, les jeûneurs désirent relativiser, faire une parenthèse dans
leur vie quotidienne, par exemple pour prendre de grandes décisions ou tout simplement pour retrouver la paix intérieure.
D'autres voient le jeûne comme une quête spirituelle ou encore comme une
démarche dans le but d'approfondir leur foi en Dieu.
Pourquoi le jeûne peut-il être un remède potentiel contre le cancer?
Chaque jour , des milliards de cellules se multiplient. Durant la division cellulaire, des erreurs d'appariement ou
modifications chimiques des nucléotides, appelées mutations, peuvent survenir de façon aléatoire et spontanée. Si la mutation n'empêche pas la survie de la cellule, elle perdurera et sera transmise à tous les clones de cette cellule ou même à la descendance de l'individu. Cette prolifération de cellules anormales peut engendrer un cancer.
Les recherches menées par les scientifiques, montre que le jeûne pourrait être un moyen d'empêcher la
reproduction de ces cellules mutées et de les détruire. En effet la cellule cancéreuse possède malgré tout un défaut : elle métabolise mal le glucose, elle consomme donc 18 fois plus de glucose qu’une cellule normale, du point de vue du jeûne c’est sa faiblesse. La chimiothérapie s’attaque aux cellules qui se divisent le plus, les cellules cancéreuses, mais aussi malheureusement les cellules du bulbe pileux, celles de la muqueuse de la bouche et du tube digestif. Les effets secondaires sont un frein à l’efficacité du traitement.
Or les cellules normales sont capables de s'adapter au jeûne. En effet, lors d'une restriction alimentaire, celles-ci se
retrouvent en pénurie de glucose et un système d'alerte se déclenche. Les cellules, en état de stress, se protègent alors en produisant des protéines de chocs thermiques (afin de protéger la cellule) et entrent dans un état de repos.
En revanche, les cellules cancéreuses sont totalement dépendantes des glucides : elles ne savent pas s'adapter à
cette pénurie. En effet, les cellules cancéreuses, privées de glucose, sont en état de panique et sont alors incapables de se protéger comme le font les cellules normales. Elles se focalisent donc sur leur survie. Mais, ne pouvant pas se reproduire sans l'apport d'énergie que leur fournit habituellement le glucose, elles s'affaiblissent progressivement jusqu'à disparaître . Devenue plus vulnérable, la tumeur décroît plus rapidement lorsqu' elle est exposée à la chimiothérapie.
Otto Buchinger est un médecin et philosophe allemand.
Il débuta sa carrière en tant qu'officier millitaire de la Marine Impériale Allemande durant la Première Guerre Mondiale.
2) Le 9 d'
Av
:
Tisha Beav
Tisha Beav
, évoqué dans le livre de Zacharie, se déroule en Août.

Il correspond à la commémoration des événements dramatiques qui conduisirent à la destruction du Temple. Le jour même, c’est le jeûne total comme à Yom Kippour.
1) Yom Kippour
5) Apport spirituel
Moïse, d'après L'Exode, se soumit à des jeûnes absolus :
"Il fut
donc là avec le seigneur, quarante jours et quarante nuits. Il ne mangea pas de pain ; il ne but pas d'eau. Et il écrivit sur les tables les paroles de l'alliance, les dix paroles."
Exode, 34, 28. Il aurait fait deux jeûnes de quarante jours, "nourri par la présence de Dieu", durant lesquels il n'a fait que prier pour recevoir la Torah.
« Le but du jeûne est d'intensifier l'expérience religieuse, tant pour
l'expiation des pêchés que pour la commémoration de tragédies nationales. Il peut également accompagner une requête de l'aide divine, adressée à titre individuel. »
Par le jeûne, l’individu fait le vide en lui et est près à recevoir ce que Dieu lui envoie.
« Parle Seigneur, ton serviteur écoute. »
Samuel.

4) Motifs du jeûne
Le rituel pratiqué dans le Premier Temple impliquait des jeûnes collectifs, à l’occasion du décès d'un
dirigeant du peuple par exemple.
De plus, la communauté juive peut choisir d'effectuer un jeûne pour prévenir un malheur ou y
mettre fin, en demandant le pardon de Dieu. Ces jeûnes ont pour but d'expier les fautes du peuple. Le Livre des Juges en cite un exemple : après deux défaites subies contre les Benjaminites, les Israélites
"pleurèrent ainsi devant le Seigneur, ils jeûnèrent ce jour-là jusqu'au soir, et ils firent monter des holocaustes et des sacrifices de paix devant le Seigneur."
À la suite de quoi ils remportèrent la victoire définitive.

Le jeûne est également une préparation à la communion avec l'esprit d'un mort ou de Dieu.
La mort du roi Saül, fut célébrée par un jeûne de sept jours décidé par les anciens de la communauté ou le palais royal qui était chargé de proclamer un jeûne public.
Yom Kippour est le seul jeûne inscrit dans la Torah correspondant à l'une des fêtes les plus
saintes de l'année juive. Il a lieu début d'Octobre. C’est le sommet de dix jours de pénitence ayant pour but de se rendre meilleur et d'obtenir le "Grand Pardon". Le rituel de Kippour est centré sur le thème du techouvah (repentir) comprenant la pratique du jeûne, la prière, la confession des fautes, la lecture de la Bible.

Elle implique l'abstinence de nourriture et de boisson mais également de toute autre forme
de plaisirs physiques (tels que s'enduire d'onguent, prendre un bain, porter des chaussures de cuir, fumer mais aussi avoir des relations sexuelles). Au premier siècle, Philon d'Alexandrie explique que Kippour a pour premier objectif la purification du coeur du peuple. Ainsi, le pratiquant peut se consacrer pleinement à la prière, demander le pardon du Créateur et sa bénédiction pour l'avenir sans se préoccuper de ses besoins matériels.

3) Les jeûnes mineurs
Il existe également des jeûnes mineurs, où la seule restriction à
laquelle se plient les pratiquants est de ne pas boire ni manger, de l'aube jusqu'au coucher du soleil.
Dans la tradition, on peut également pratiquer des jeûnes
volontaires en de nombreuses circonstances, comme le jour de la mort supposée de Moïse, le jour de son propre mariage. Par le jeûne on remercie le Seigneur ou on implore son pardon.
B. La religion chrétienne

"Le but du jeûne est d'intensifier l'expérience religieuse tant pour l'expiation des péchés que pour la commémoration de tragédies nationales. Le jeûne peut également accompagner une requête de l'aide divine, adressée à titre individuel."
Dictionnaire encyclopédique du judaïsme

3) Le Carême
Du latin
quadragesima dies
, le quarantième jour, il précède Pâques.
Préparation à cette fête religieuse, ce jeûne dure six semaines pour accompagner les catéchumènes (ceux qui ne sont pas encore baptisés mais se sont instruits afin de le devenir) vers le baptême.
C'est également l'occasion pour les chrétiens déjà baptisés de faire le point avant de renouveler leur promesse de baptême. Ceux-ci purifient leur vie spirituelle en pratiquant à la fois la prière, la charité et le jeûne.
Cependant, le jeûne sera dévalorisé en un rôle mineur dans les religions catholique et protestante :
de nos jours
"le Carême consiste à se priver de dessert, et ne pas manger entre les repas, ni viande le vendredi"
, comme ironise Charles Drennan, l'évêque de Christchuch, Nouvelle Zélande et ancien diplomate au Vatican.
Les deux dimensions de ce jeûne sont : eschatologique c'est-à-dire orienté dans l'attente du Christ, et
ascétique. L’objectif est la maîtrise des passions, l’éventuelle privation de nourriture est symbolique. Le mot d’ordre est de nos jours de jeûner pour les autres (par soutien au Tiers-Monde : forage de puits...).

Il existe également l'ascèse du silence, où les pratiquants se retranchent du monde bruyant. Ils
redécouvrent le silence et ses vertus propices à la méditation.
Mais aussi l’ascèse de sommeil ou de relations sexuelles (le Christ avait l'habitude de veiller : attente de Dieu).
La clinique Büchinger
Suite à cette expérience personnelle exceptionnelle qui a changé sa vie, le médecin
étudie de près les différents aspects du jeûne thérapeutique et décide d'en faire profiter ses patients dès 1920.
Il fonde une clinique de cure à Überlingen en 1953, dans le Bade-Wurtemberg avec
l'aide de sa fille, dans laquelle seront soignées grands nombres de maladies chroniques, y compris l'arthrite, uniquement par le jeûne. Perchée sur une colline qui surplombe le lac de Constance, elle peut recevoir jusqu'à 200 jeûneurs.
Dès lors la méthode de Büchinger se propage, aujourd'hui, 79% des jeûneurs
l'utilisent. Elle autorise la consommation de jus de fruits, de bouillons de légumes ou encore de tisanes .
« Le jeûne est vieux comme le monde. »
Le jeûne thérapeutique
, Otto Büchinger
Le jeûne, propice à l'allongement de la durée de vie?
En s'interrogeant sur ce qui pourrait éventuellement permettre à un organisme de vivre plus longtemps,
Valter Longo s'est orienté sur la restriction alimentaire.

Il s'est intéressé aux mécanismes du jeûne et à la capacité des organismes à survivre en cas de privation
d'alimentation. Il a étudié le cas des levures, capables de jeûner pendant plusieurs mois.

Dans les années 90, des chercheurs découvrent qu'en supprimant certains gènes liés au circuit de
l'insuline d'un ver, la durée de sa vie est rallongée. Valter Longo prend en compte cette découverte et désactive ces même gènes chez les levures, il les soumet de plus à une restriction alimentaire. Les résultats sont fructueux : ces levures vivent dix fois plus longtemps que des levures normales.
Longo en déduit que, lors d'un jeûne, les cellules basculent vers un nouveau mode de fonctionnement.
Ayant moins d'énergie, celles-ci se préservent et entrent donc dans une phase de conservation et de protection. Ainsi, les cellules sont aptes à se défendre entre autres contre le stress oxydatif et les altérations de l'ADN : deux des principaux responsables du vieillissement cellulaire.

Des expériences menées sur des souris ont montré qu'en les soumettant à une restriction calorique telle
qu'elles ne recevraient que le minimum calorique nécessaire chaque jour, celles-ci vivraient deux fois plus longtemps que les autres souris. Un nouveau concept est alors créé : celui du jeûne intermittent. Il consiste à ne manger presque rien (500 kcal de fruits et légumes) un jour par semaine. Plus on le commence tôt, plus ses effets sont bénéfiques (les résultats des expériences n'ont été vérifiées que sur les souris).
III. Physiologie du jeûne
A. Les réserves : aspects qualitatif et quantitatif
Durant le jeûne, il y a des modifications hormonales (baisse de l'insuline et augmentation du glucagon, une hormone) qui vont permettre
de mobiliser les réserves énergétiques de l'organisme pour maintenir une glycémie normale indispensable à la vie (cerveau) et alimenter les tissus en substrats énergétiques.
Les réserves permettent théoriquement, pour un adulte moyen, une survie de 80 jours environ à une activité physique correspondant à
environ 8.000 kJ/jour). Mais cette survie est très théorique (en réalité 40-45 jours) et ne tient pas compte des qualités propres de chaque type de réserve.
La seule réserve directe de glucose est le
glycogène hépatique
(70 g pour un homme normal de 70 kg), réserve très modeste, épuisée
en une dizaine d'heures (jeûne physiologique nocturne).
La réserve de glycogène musculaire est modeste et sert surtout à assurer la contraction musculaire.
Les
protéines musculaires
(6 kg pour un homme normal de 70 kg) vont par le biais de la protéolyse fournir des acides aminés,
précurseurs de la néoglucogénèse hépatique. Mais elle est rapidement dangereuse, car elle produit une fonte musculaire.
La réserve énergétique la plus importante de beaucoup, est celle des triacylglycérols du
tissu adipeux
(15 kg pour un homme normal de
70 kg) :
une petite fraction, le glycérol, peut redonner du glucose par néoglucogénèse
mais la fraction la plus importante est constituée par les acides gras libérés lors de la lipolyse.
En fait, le tissu adipeux est à l'origine des acides gras non estérifiés du plasma et (après transformation hépatique de ces AGNE) des corps cétoniques. AGNE et corps cétoniques sont directement utilisables par certains tissus, permettant une économie du glucose.
A. Les réserves : aspects qualitatif et quantitatif
B. La mobilisation des réserves
Première phase : jeûne de courte durée
Deuxième phase : jeûne prolongé
Troisième phase : préterminale
C. Synthèse

B. La mobilisation des réserves
Lipolyse
AGNE
Cétogénèse
Corps
Cétoniques
Muscle
Coeur
Rein
etc...
Néoglucogénèse
hépatique
Glucose
Système
Nerveux
PHASE I (quelques jours)


Lipolyse
AGNE
Cétogénèse
Corps
Cétoniques
Muscle
Coeur
Rein
etc...
Néoglucogénèse hépatique et rénale
Protéolyse
diminuée
Glucose
Système
Nerveux
PHASE II (quelques semaines)


Glycogénolyse
Protéolyse
Protéolyse augmentée
Cachexie
PHASE III (terminale
Les trois phases du jeûne
Première phase : jeûne de courte durée
Cette phase correspond au jeûne physiologique nocturne, éventuellement prolongé de quelques jours.
L'hypoglycémie, due à l'arrêt des apports glucidiques, est détectée à deux niveaux principaux : système nerveux central et pancréas. Aussitôt détectée l'hypoglycémie inhibe la sécrétion d'insuline et active au contraire celle de nombreuses hormones antagonistes, principalement glucagon.
Grâce à ces hormones, se mettent en place les mécanismes régulateurs qui assurent le maintien de la glycémie.

La
glycogénolyse
permet la libération de glucose à partir du glycogène hépatique.

La
néoglucogénèse
est alimentée par les acides aminés (protéines musculaires), le glycérol (triacylglycérols du tissu adipeux), et le lactate
(cellules sanguines, muscle, muqueuse intestinale, médullaire rénale, etc...).
Le glucose d'origine glycogénolytique, néoglucogénique, sert de façon privilégiée aux tissus capables de l'utiliser en l'absence d'insuline : système nerveux, cellules sanguines, muqueuse intestinale, rein en particulier.
Parmi ces tissus, le système nerveux central (principalement le cerveau) occupe la première place : il consomme à lui seul 144 g de
glucose/24 heures chez un adulte normal.

La
lipolyse
permet la libération d'Acides Gras Non Estérifiés (AGNE) dont une partie sera convertie en corps cétoniques par le foie.
Les autres tissus, tels que le muscle, le coeur et la corticale rénale (une partie des reins) ne peuvent utiliser le glucose qu'en présence d'insuline, et donc, puisque l'insulinémie est basse, ils consomment des substrats de remplacement (AGNE, corps cétoniques).

Ces mécanismes régulateurs permettent de maintenir une glycémie acceptable en augmentant la production de glucose et en diminuant sa consommation par l'organisme.
"J’avais envie de me désintoxiner, j’avais l’impression d’avoir accumulé des déchets et j’avais envie d’un nettoyage, une purification de l’organisme. Et j’aime bien la randonnée, en plus de le faire dans un cadre naturel et en groupe, c’est convivial. Je ne pense pas que j’aurais le courage de le faire seule."
Mme Maingourt
1) Le jeûne du mois de Ramadan
Le Ramadan correspond au neuvième mois du calendrier musulman : le jeûne du Ramadan fut prescrit par le
Prophète lors de l'an 2 de l'hégire. C'est pendant la "nuit du destin", laylat al-quadr (correspondant au 27 du mois de Ramadan), que lui fut révélé pour la première fois le Coran.

Il est le quatrième pilier de l'Islam et représente un temps de rupture et d'approfondissement spirituel aux yeux des
fidèles. Durant ce mois dit sacré, les pratiquants entament un jeûne absolu de l'aube jusqu'à la tombée de la nuit. Par fidélité à la pratique du Prophète, les fidèles doivent respecter précisément les horaires de jeûne et les abstinences exigées. Pour eux, jeûner signifie se priver de tout ce qui détourne de Dieu : manger, boire, fumer, avoir des relations sexuelles et absorber tout élément "impur", y compris l'ingestion de médicaments.
De plus, on « jeûne » de toute intention, pensée et acte mauvais, en mémoire de ce hadith (d’Anas rapporté par Jâbir) :
« Cinq comportements font rompre le jeûne : le mensonge, la calomnie, les propos malveillants, le serment fallacieux et le regard de convoitise. »

Le jeûne du mois de Ramadan est également réputé pour avoir des mérites particuliers, exprimés dans la tradition islamique orale par les hadiths :

« Une des portes du Paradis est appelée « porte de Rayane ». Seuls ceux qui jeûnent la franchissent. Il sera dit : « Où sont ceux qui jeûnaient ? » Ils se lèveront alors et entreront. Aucune autre personne ne la franchira. Elle sera refermée à jamais. »
• « Jeûnez, vous acquerrez la santé. »
• « J’ai vu en songe un homme de ma communauté, haletant de soif. Toutes les fois qu’il se présente pour boire à un bassin, il en est chassé. Son jeûne de ramadan est venu étancher sa soif. »

Ce mois constitue également l'occasion de faire acte d'altruisme envers les nécessiteux. Ainsi, dans les pays les plus pauvres, le mois de Ramadan est paradoxalement le mois où les plus indigents sont à même de manger enfin à leur faim.

Le Ramadan est avant tout une fête intérieure du croyant qui s'exerce à une grande dévotion par le jeûne et qui ressent la fierté de contrôler son corps pour ouvrir son esprit aux plus démunis et à Dieu.
«Alors Jésus fut emmené au désert par l'Esprit, pour être tenté par le diable. Il jeûna durant quarante jours et quarante nuits, après quoi il eut faim. Et, s'approchant, le tentateur lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains." Mais il répondit : "Il est écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu."»
(Matthieu 4, 1-4)
1) Les origines du jeûne dans le Nouveau Testament
1) Yom Kippour
2) Le 9 d'
Av : Tisha Beav
3) Les jeûnes mineurs
4) Motifs du jeûne
5) Apport spirituel
Le bouddhisme
Jésus jeûne durant quarante jours et quarante nuits dans le désert afin de se préparer à sa mission de propager la parole de Dieu. Il réfléchit à
la mission qui lui a été donnée (ce qui le rapproche de Moïse). Il trouve de la force dans le jeûne.

«
Quand vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes mais à ton Père, qui voit dans le secret et te le rendra
» (Matthieu).

Le tryptique charité-prière-jeûne traverse tout le Nouveau Testament et est réaffirmé par Matthieu. Jésus procède de plus à un double appel :
jeûner et se détacher des biens terrestres, ce qui permet d’accueillir Dieu. L’humilité authentique, inséparable de l’amour du prochain, est la clé de la vie spirituelle.

Dans l’Evangile de Matthieu, Jean le Baptiste se rapproche d'un prophète précurseur, Elie : celui-ci pratique une ascèse comprenant des jeûnes
intenses et fréquents, ainsi que des séjours dans le désert. Le Baptiste insiste sur la repentance, notamment par le jeûne auquel il invite ses disciples.

Quand des fêtes furent instituées au long de l’année, les plus importantes furent précédées d’un jeûne préparatoire, comme le Carême avant
Pâques et l’Avent avant Noël.
2) Les figures du jeûne
Les premiers disciples
 : Dans les Actes des apôtres, les premières communautés chrétiennes pratiquent le jeûne. « Ils leur désignèrent des anciens dans chaque Eglise, et, après avoir fait des prières accompagnées de jeûnes, ils les confièrent au Seigneur ». Ainsi, les premiers témoins du Christ ont recours au jeûne et à la prière : ils effectuent une préparation à leur mission d'évangélisation. De plus, les premiers chrétiens avaient gardé leurs racines juives, et respectaient Yom Kippour.
L'apôtre Paul
:
« C’est dans la faiblesse que je suis fort »
Fidèle à l’enseignement biblique et encore plus à celui de Jésus, l’apôtre Paul fait de sa quête d’humilité le pilier de son adhésion au Christ. Cette quête passe par l’ouverture du cœur et la fidélité à la prière, au jeûne, à la veille et autres formes d’ascèses.
5) Apport spirituel
« Voici ce qu’opère le jeûne : il guérit les malades, dessèche les écoulements d’humeurs corporelles, repousse les démons, expulse les mauvaises pensées, rend l’esprit plus clair, purifie le cœur, sanctifie le corps, place l’homme sur le trône de Dieu, le jeûne est une grande force et procure de grands succès. »

Saint Athanase,
De Virginitate
De Jejunio
, écrit vers l'an 200 par Tertullien, est le plus ancien ouvrage chrétien sur le jeûne. L’auteur y donne sa vision des quatre bienfaits du jeûne :
• détourne des dangers (1 Samuel 1, 7, 9),
• efface les péchés,
• obtient des miracles, (1 Samuel 1, 7, 11)
• permettrait de découvrir des choses cachées comme l’ont montré Moïse, Daniel et Elie.

Le thème du jeûne comme ascèse dont le but est de conjurer les puissances maléfiques en convoquant la grâce divine est vu en Matthieu (17, 19-21) et en Marc (9,
29) : Quand ces disciples lui demandent pourquoi ils ne sont pas arrivés à chasser l’ « esprit muet », qui envahit l’enfant épileptique alors que lui a réussi, Jésus rétorque :
« Ce genre de démon ne peut sortir que par la prière et le jeûne ».
Certaines de ces réflexions qui nous faisaient peut-être un peu sourire, commencent à trouver un écho aujourd’hui auprès des scientifiques.
De plus, les chrétiens considèrent le jeûne comme une privation juste, qui n'a de bienfaits que si elle faite dans un esprit chrétien de charité avant tout. Le but du jeûne est de se débarrasser de l’inutile, de voir la vraie valeur des choses. L’idée du partage revient en force de nos jours. Ce même partage qui a fait la force des premières communautés chrétiennes.
« Voyez comme ils s’aiment »
, dira d’eux Tertullien.

Le jeûne est lié au désir du Christ et la rupture du jeûne à sa présence. Il doit conduire à une plus grande intimité avec Dieu, tout en donnant une impulsion afin de
prier et servir le prochain. Ainsi Jésus répond aux Pharisiens qui reprochent à ses disciples de ne pas jeûner :
« Les amis de l'époux peuvent-ils être dans le deuil pendant que l'Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l'Époux leur sera ôté, et alors ils jeûneront. »
« Que ton ouïe jeûne, et que ton regard jeûne aussi, respecte le jeûne, un jour que tu jeûnes et un jour que tu ne jeûnes pas ne doivent pas se ressembler. »
Jâbir
Tout musulman ayant atteint l'âge de la puberté (et en bonne santé physique et mentale) est obligé de jeûner.
Cependant, il n'y a pas d'obligation pour les femmes durant les menstruations, la grossesse, l'allaitement, mais également aux malades ou
personnes âgées pour qui le jeûne peut présenter un risque.
Ils sont alors tenus de rattraper le plus vite possible, de manière suivie ou intermittente, les jours de jeûne manqués. Cette compensation
des jours manqués se nomme
kada
ou
kaffârah
. Si elle n'est pas respectée avant le début du ramadan qui suit, un don d'argent ou en nature aux pauvres doit être effectué. Les enfants ont le droit de jeûner quelques jours de temps en temps, puis un jour sur deux quand ils sont plus âgés, afin de s'initier progressivement.
On distingue le jeûne obligatoire,
sawn al-wadjib
ou encore
fard
, du jeûne falcultatif,
sawn at-tatawwu
. Il y a également les jeûnes accomplis
volontairement par le fidèle, louables toute l'année exepté les jours de fête.

La retraite spirituelle n'est pas obligatoire mais elle est cependant recommandée durant les dix derniers jours du mois. Celui qui fait cette
retraite ne doit pas quitter la mosquée, sa principale occupation étant de jeûner ainsi que réciter la prière rituelle et le Coran.

L’intention,
niyya
, est fondamentale, elle est prononcée avant l'aube de chaque jour de jeûne :
« Les actes ne valent que par leurs
intentions. »
La pureté de la
niyya
est la première étape de tout acte de culte. Pour le jeûne, c’est la ferme résolution de l’accomplir en signe de fidélité à Dieu, avec le dessein de demander son Pardon.
Le jeûne obligatoire comprend le Ramadan, ainsi que le remplacement (
kada
ou
kaffârah)
des jours de Ramadan que le fidèle n'a pas
suivis. Le jeûne est également obligatoire à la suite d'un voeu ayant été exaucé.
Lors de tout jeûne, la charité est primordiale. En outre, à la fin du ramadan, les musulmans doivent s’acquitter de la
zakat al-fitr
 : un don
supplémentaire.
1918
Les médecins russes ont observé trois étapes des effets chez le malade pendant
le jeûne :
Pendant la première semaine, il se produit un effet stimulant et anti-dépresseur.
A partir de la deuxième semaine, on note un effet calmant, sédatif : le patient est victime de moins de délires.
Enfin, après la réalimentation, les effets stimulants et anti-dépresseurs sont accentués.

Pour mesurer l'impact qu'a le degré de consentement du malade sur les résultats de sa
cure, les chercheurs ont travaillé en clinique et en laboratoire. Ils ont dévoilé que le jeûne n'avait pas d'impact négatif sur la santé. En laboratoire comme avec les patients, on observe un changement total de comportement, une certaine dynamique. Après la rupture du jeûne, c'est l'être entier qui est changé.

La cure est suivie selon des règles strictes : après un examen médical, on décide de la durée
du jeûne, jusqu'à 40 jours pour les cas les plus extrêmes. Puis toutes les dépendances possibles du malade sont supprimées (tabac, alcool...). Il doit boire au minimum 2L d'eau ou de tisane par jour, prendre un bain de 15min à température du corps, suivi d'un massage pour stimuler le flux sanguin. Il doit également faire une promenade de quelques heures entrecoupée d'exercices respiratoires. Ces pratiques sont destinées à évacuer les dépôts et toxines de l'organisme.
L'équipe de Nikolaev, au fil des études, parvient à distinguer cinq phases dans la cure de jeûne :
1. la privation totale de nourriture
 : le patient est irritable, a le sommeil léger. Son poids baisse rapidement.
2. La phase d'acidose
 : elle a lieu entre le troisième et le cinquième jour. La sensation de faim diminue jusqu'à disparaître complètement. Le patient a des vertiges, maux de tête. Cette crise est causée par une hausse de l'acidité dans le sang, car le corps commence à brûler les réserves, et cette combustion produit des déchets. Pour faciliter la crise, les médecins prescrivent de boire beaucoup d'eau, faire de l'exercice et des lavements intestinaux réguliers.
3. La phase de compensation et d'équilibre
 : après la crise d'acidose, le corps retrouve son équilibre, et le patient va mieux : il se sent fort, et est plus motivé.
4. La rupture du jeûne
 : c'est une période délicate car il faut reprendre l'alimentation lentement. Le patient boit du jus de fruits, en quantités d'abord faibles puis de plus en plus. Cette phase dure quatre à six jours.
5. La réalimentation normale
 : le patient reprend des forces, et son moral s'améliore, au point d'en être presque euphorique. Si la cure est réussie, le patient ne souffre plus d'hallucinations à ce stade. En général, les habitudes alimentaires du patient changent.

Pour que le patient soit définitivement guéri, il ne doit pas consommer d'excitants tels que l'alcool ou le café et avoir une vie sociale.

En 1973, Nikolaev lance un vaste programme à l'échelle de l'URSS pour étudier les effets du jeûne.

Suite au rétablissement de nombreux patients, Nikolaev demande aux autorités soviétiques de lancer un programme le plus vaste possible sur l’étude des
effets du jeûne sur les maladies somatiques. Nikolaev est populaire, en 1973 est donc défini un
plan à l’échelle de l’Union soviétique
. C'est le plus grand programme de recherches sur le jeûne au monde par l’ambition et le nombres de malades concernées.
«
Les gens aujourd’hui sont habitués à leur état passif. Ils pensent que leur médecin peut tout résoudre,
alors qu’en réalité il ne peut pas grand-chose : il n’assure que 20% de réussite, le reste dépend du patient. »
Thierry De Lestrade,
Le jeûne, une nouvelle thérapie ?

« Le jeûne et la famine ne sont pas la même chose : alors que dans les deux cas la faim provoque un stress,
le jeûne est un acte volontaire entraînant un stress positif auquel le corps répond par de remarquables mécanismes d’adaptation.
La famine induit en revanche un stress négatif et celui-ci, ajouté à l’empoisonnement lent par des endotoxines qui circulent dans le corps
et ne sont pas évacuées, provoque des dystrophies (altérations cellulaires ou tissulaires) dans certains organes.
Il n’est ainsi pas rare, lors d’une famine, de voir des personnes mourir alors que leurs réserves ne sont pas épuisées,
ce qui montre bien la gravité de ce stress chronique. Le jeûne est tout à fait différent.
C’est pour cela que j’offre toujours aux patients les deux possibilités de soins : soit les médicaments, soit le jeûne.
C’est au patient de choisir, je ne le ferai pas à sa place. Le jeûne ne peut pas être un acte subi, c’est un acte volontaire. Sinon ça ne peut pas marcher. »
Alexandre Kokosov, directeur de l’Institut de pneumologie de Leningrad à l’époque.

Ce sont des
cas graves d’asthme
, contre lesquels les médicaments ne sont plus efficaces, que vont étudier, dans le cadre de ce plan, Sergueï Osinine et
Alexandre Kokosov à partir de 1973 : ils ont suivi pendant cinq ans 219 asthmatiques ayant accepté de jeûner
. « Les résultats ont été très étonnants, raconte Kokosov : 50% d’entre eux ont connu une véritable rémission clinique et 10% sont retournés travailler, alors qu’ils étaient déclarés invalides. C’était inespéré et, pour certains, même miraculeux. Pour les autres, il y a eu une amélioration, et l’effet des médicaments a augmenté. Cela nous a convaincus des bienfaits de la méthode. »

Le traitement par le jeûne est alors proposé largement, au sein de l’Institut, Osinine en devient un spécialiste :
« Depuis 34 ans que je travaille avec les
asthmatiques, j’ai soigné à peu près 10000 patients par le jeûne, et il n’y a pas eu un seul accident, encore moins de décès. Pas un seul accident en 34 ans ... Le protocole s’est affiné, les résultats se sont améliorés. Et l’effet de ce traitement dépasse tous les espoirs : la moitié des patients ont pu reprendre le travail ; et 13% ont oublié leurs maladies, ne prennent plus aucun médicament et ne tombent plus malades. »
« On s’est rendu compte qu’en même temps, relate Kokosov, la tension artérielle baissait, qu’il y avait des changements positifs dans tout le corps et pas seulement par rapport à l’asthme. Nous étions très étonnés : c’est une différence fondamentale par rapport aux autres méthodes. Dans la médecine moderne, d’habitude on soigne une seule maladie. Quelqu’un soigne les affections pulmonaires, d’autres les maladies gastro-intestinales ou cardiovasculaires, alors que cette méthode offre une opportunité de soigner l’organisme entier, ce qui est en quelque sorte une révolution. »
B. Le jeûne chez les animaux
Kokosov a poussé loin les analyses et défini le concept de
sanogénèse
: « On a montré que le jeûne
thérapeutique permet de faire travailler les mécanismes d’autorégulation de l’organisme. C’était le plus important. Ce mécanisme d’autorégulation est une capacité dont dispose tout être vivant : les plantes, les animaux et les êtres humains, bien sûr. C’est cela la sanogénèse. Par leur formation, les médecins apprennent à reconnaître et à comprendre le processus de « pathogénèse », c’est-à-dire le processus de développement d’une maladie, alors que le mécanisme de sauvegarde de la santé reste malheureusement inconnu pour eux. Et c’est dommage. »
Dans le cas de l’asthme, Sergueï Osinine a pu observer au microscope électronique l’évolution des cellules
dans les bronches. Pendant la cure de jeûne, elles se transforment et se remplissent de lipides. Et, au bout de douze jours de jeûne, on note la disparition des médiateurs chimiques responsables des œdèmes et des inflammations, comme l’histamine. « Lors du jeûne, on élimine les facteurs qui provoquent la maladie, qui déclenchent les spasmes et les œdèmes, on efface les racines de l’asthme, explique-t-il. »
Mais le jeûne n’est pas une solution miracle, dans les cas de maladies chroniques installées depuis
longtemps il n’est pas rare de devoir répéter la cure sur cinq ans, même si à chaque fois elle est plus efficace.
Les résultats ont été très positifs, des quatre coins du pays s’accumulent les données expérimentales et les
données cliniques.

Le ministère de la santé soviétique définit clairement les indications et contre-indications, qu’il publie en
1988. Les voici, en résumé :

Indications
: pathologie des bronches, pathologies cardiovasculaires, pathologies estomac-intestin, pathologies endrocriniennes, pathologies digestives, pathologies articulaires ou osseuses, pathologies de la peau ;

Contre-indications
: cancers, tuberculose, diabète de type 1, hépatite chronique, hyperthyroïdie, thrombophlébite, anorexie. (les cancers sont ici car ils n’ont pas pu mener les études nécessaires)
1980-91
2) Jeûnes obligatoires
Yvon Le Maho, un scientifique français, s’est passionné pour les manchots empereurs et leur adaptation au conditions difficiles.
En effet, ces derniers ont recours pendant la période de reproduction à des jeûnes spontanés extraordinaires : juste après avoir pondu un œuf, la femelle le laisse au mâle et part
en mer reconstituer ses réserves (elle a déjà jeûné 45 jours). Il va alors rester immobile, résistant à des froids intenses. La femelle ne le relèvera que 60 à 65 jours plus tard. Il a perdu 10 à 15 kilos et va devoir retourner à la mer, souvent distante d’une centaine de kilomètres afin de reconstituer ses réserves.
« Comment ces animaux, qui ne pèsent pas plus de 40 kg pour les plus lourds, sont-ils capables de jeûner presque quatre mois ? »
« La mort survient quand on a épuisé la moitié de son stock de protéines. Il ne faut donc pas descendre jusque-là. »
Le chercheur et son équipe, mesurent alors la consommation d’oxygène des manchots, ils découvrent que l’organisme du manchot s’adapte parfaitement pour survivre et épargne ses ressources de protéines : celles-ci ne fournissent que 4 % des apports énergétiques, les 96 % restant provenant des lipides.
Quelque chose en particuliers les interpelle:
« C'est un animal qui, après plus de cent jours de jeûne doit encore marcher dix à douze jours avant d’arriver à la
mer et pouvoir se réalimenter. Ce qui dans son état est un exploit incroyable. Et pourtant, nous n’avons jamais retrouvé de manchots morts sur la banquise. »
En effet, si la femelle est en retard, il arrive que le mâle abandonne son œuf et parte.
« J’ai soupçonné un signal dans le cerveau. [...] Le principe serait le même que celui d’une
jauge de carburant dans une voiture : elle vous indique qu’il faut reprendre de l’essence, mais bien sûr ce signal s’allume alors qu’on a encore suffisamment de carburant pour aller jusqu’à la prochaine pompe.»
En lisant une étude américaine, il découvre que les rats que l’on fait jeûner se mettent au bout d’un certain temps subitement à courir sur leurs roues. Le chercheur et son équipe
mesurent alors l’évolution du rapport entre lipides et protéines sur des rats qui jeûnent. C’est lorsque le stock de lipides est à 80% que le rat se met à courir, exactement comme le manchot. Le Maho montre que le cerveau du rat produit à ce moment un neurotransmetteur particuliers précis : le neuropeptide y, qui active la prise alimentaire : il y a donc un signal qui ordonne à l’organisme de se nourrir.
« Ce signal est extrêmement fin, car il intervient avant qu’aucun dommage irréversible à l’organisme n’ait été causé par le jeûne prolongé. On le voit bien d’ailleurs avec les manchots : tout en jeûnant plus de cent jours par an, ils sont en pleine forme et ce sont des animaux qui, malgré les conditions climatiques extrêmes, vivent longtemps, jusqu’à vingt ans. »
En outre, le rat préserve avec la même efficacité son stock de protéines que le manchot :
« Si le rat fait aussi bien que le manchot empereur, celui-ci n’est finalement pas le jeûneur
exceptionnel que je croyais... Ou alors nous le sommes tous ! [...] si cette faculté est commune, c’est qu’elle a existé dès qu’il y a eu des animaux sur Terre. Cela s’explique bien : les animaux ont été confronté à des périodes pendant lesquelles la nourriture était peu disponible, et il est probable que les mécanismes d’adaptation au jeûne ont été parmi les premiers à se mettre en place dans l’histoire de l’évolution. Le jeûne est donc le fruit de cette capacité d’adaptation qui a permis aux animaux et aux hommes de survivre en cas de famine et de disette. Donc la pratique du jeûne, au lieu d’être quelque chose de dangereux, est le fruit d’une adaptation qui a existé dès les premiers temps de la vie sur Terre et qui, du moins dans les limites que nous avons définies, ne présente aucun danger. »
E. Le cas du manchot
La durée optimale du jeûne est variable en fonction de l’espèce de l’animal et de la raison
qui le pousse à jeûner.
Elle peut aussi bien durer quelques jours que plusieurs mois.

Cependant, la pratique prolongée du jeûne peut provoquer la mort.
Pendant une période de jeûne, l’organisme puise dans ses propres stocks. Il s’alimente donc à partir de ses réserves de glucose, de lipides, mais aussi de protéines.
Les protéines sont principalement contenues dans les muscles, y compris dans l’un des muscles le plus précieux de l’organisme : le
cœur
.
Ainsi, lorsque 50% des protéines ont été consommées, c’est la mort assurée.
F. Durée optimale et limites du jeûne
En automne, l’approvisionnement est toujours abondant mais il a un apport nutritionnel plus riche qui permet de constituer des réserves pour l’organisme, par
exemple : la châtaigne ou les fruits à coque, fort en lipides et en glucides. Pendant cette période les animaux se nourrissent considérablement et prennent beaucoup de poids, entretenant leurs réserves de graisses en prévision de la pénurie alimentaire qui adviendra à la saison suivante.
En effet, l’hiver est une période de repos durant laquelle la nourriture se fait très rare. Une des principales raisons pour laquelle la plupart des animaux
hibernent ou migrent vers d’autres territoires.
Les animaux hibernants vivent toute la saison sur les réserves qu'ils ont constituées en automne.
En général, ceux-ci se mettent à l'abri dans une tanière et entament une longue phase de sommeil qui dure au moins plusieurs jours voire plusieurs mois afin de
préserver leur énergie.
Leur métabolisme est alors extrêmement ralenti, ce pourquoi ils survivent sans s'alimenter sur une longue période.
Cependant, cette privation alimentaire est fatale pour de nombreux animaux qui épuisent la totalité de leurs réserves avant l'éclosion des premiers bourgeons.

Une fois le printemps arrivé, la nourriture redevient abondante, ainsi les animaux peuvent reconstituer leurs réserves.
Conclusion
Nous avons évoqué les diverses caractéristiques et
cadres de pratique du jeûne.
D'abord, son ancrage dans nos gènes, puisque depuis
l'apparition de la vie sur Terre, le jeûne est un mécanisme de protection pour survivre lors de disettes.
D'autre part, le jeûne est également un outil utilisé dans
les religions afin de s'élever spirituellement et d'affirmer sa foi.
Enfin ont été étudiés les aspects plus modernes du jeûne
dans le domaine de la médecine à des fins thérapeutiques.

Mais la privation volontaire de nourriture peut également
être un moyen de pression politique.
Ainsi, Gandhi a utilisé la grève de la faim comme arme
pacifiste lors de la lutte pour l'indépendance de l'Inde. Tout comme en Irlande, les détenus de l'IRA (armée républicaine irlandaise) afin de dénoncer leurs conditions de détention exécrables et poursuivre leur combat.
Et vous, succomberez-vous à l'
effet jeûne
?
Dans la nature, les animaux sont fréquemment contraints à jeûner pour survivre et s’adapter à
diverses situations, souvent dues aux variations saisonnières.
Lorsqu’on observe l’évolution de l’alimentation au cours du cycle naturel, on remarque qu’en été, la
nourriture est abondante. Les êtres vivants n’ont donc aucun mal à s’alimenter.
Hibernation d'un loir
Afin d'échapper à cette même pénurie alimentaire,de nombreuses espèces d'oiseaux
migrent vers un nouvel habitat. Se nourrissant très peu voire pas du tout durant la migration, ceux-ci se constituent également d'importantes réserves alimentaires durant la saison automnale, grâce à leur aisance à accumuler des graisses dans le foie. Ils bénéficient alors d'une quantité importante d'énergie leur permettant de parcourir des kilomètres sur plusieurs jours sans se nourrir.

Mais les êtres vivants ne jeûnent pas uniquement à cause de l'insuffisance alimentaire.
Certains d'entre eux répondent à ce comportement instinctif en raison de métamorphoses, tel que la chenille lors de sa transformation en papillon, d'autres en périodes estivales à cause des grandes chaleurs ou d'autres encore durant les périodes de reproduction.
Oiseaux migrateurs
"Mon corps avait trop à éliminer, trop de travail, et cela m'a donné des nausées, pendant 6 jours. J'étais dans mon lit sans rien faire. Ma tension était trop basse, et pendant trois semaines elle est restée autour de 9 au lieu de 13." Mme Barenger
F. Pour ou contre le jeûne ?
L'avis des médecins
Sommaire détaillé
I. Jeûner : un réflexe naturel
A. Une fonction innée
B. Le jeûne chez les animaux
C. Le renouvellement cellulaire
D. Le Proteus anguinus
E. Le cas du manchot
F. Durée optimale et limites du jeûne
G. Société de consommation et surnutrition

II. Jeûne, religions et philosophie
A. La religion juive
B. La religion catholique
C. L'islam
D. Le bouddhisme
E. L'hindouhisme
F. "Manger le vide" : l'inédie
G. Jeûne et politique
Transformation d'une chenille en papillon
4) Motifs du jeûne
Les chrétiens jeûnent pour avoir une réflexion sur soi telle celle de Jésus et s’ouvrir à Dieu, prendre du recul
sur la vie. L’Évangile met en relief l’importance de pauses et le jeûne est une forme de pause. C'est pendant les temps forts dans l’année chrétienne que les fidèles doivent mettre à profit dans une concentration spéciale, des efforts pour comprendre ce que Dieu attend d'eux.
En 1972 paraît le premier reportage en faveur du jeûne dans le Los Angeles Times, effectué par Murray Seeger. Celui-ci décrit les recherches menées à l'Institut psychiatrique de Moscou, qui montrent que l'on pourrait soigner les maladies mentales par la privation de nourriture. Les autorités soviétiques officialisent la méthode du traitement par le jeûne, comme l'illustre cet article.

Cette reconnaissance est une victoire pour Nikolaev. Un ouvrage collectif,
Questions du jeûne thérapeutique
, est publié. Il rassemble quinze ans d'expériences, divisées en quatre parties :
clinique
(dirigée par Nikolaev),
neurophysiologie
(l'étude des fonctions du système nerveux),
physiopathologie
(l'étude des mécanismes conduisant à l'apparition d'une maladie) et
biochimie
. Le but de cet ouvrage est de mettre en évidence les mécanismes du jeûne et de trouver des explications aux processus mis en œuvre.

Nikolaev est chargé d'explorer l'application du jeûne dans les maladies mentales. Il va rencontrer des obstacles : de
nouveaux traitements tels que les neuroleptiques apparaissent et annoncent une révolution dans la psychiatrie. Le psychiatre pense malgré tout que le doute a commencé à s'insinuer chez les médecins. Cependant, l'engagement du malade est essentiel pour obtenir des résultats satisfaisants, de même que la qualité du contact avec lui. Le traitement de Nikolaev ne peut donc pas être appliqué dans des maladies trop intenses : il devient même une contre-indication.
Le résultat des cures varie en fonction du degré d'observance d'un mode de vie plus calme à la suite du traitement, et il
existe également des variations selon le type de psychose. Par exemple, pour les psychoses paranoïdes de moins de deux ans, il y a 60 % de réussite mais pour les cas de plus de cinq ans seulement 40 %.
Parallèlement, les recherches s'étendent : plus d'une vingtaine de psychiatres et biologistes sont engagés dans ces études. Selon eux, le résultat est très dépendant de la volonté et du lien avec le malade. Les traitements par médicaments sont censés éliminer certains symptômes, les dépressions, délires... tandis que le jeûne mobilise toute la personnalité du patient : sa maladie, mais aussi sa personnalité évoluent. Après le jeûne, les chercheurs remarquent une bonne humeur, et c'est ainsi que les patients retournent à la vie sociale et professionnelle.
6) Églises byzantine, protestante, et ordres
« Tout ce qui contribue à la joie du cœur, même si c’est un poids à soulever, est réjouissance. Et tout ce qui contribue à la tristesse, même si c’est un miel, est amertume. Par un jeûne joyeux le cœur resplendit »

Saint Ephrem le Syrien,
Hymnes sur le jeûne
Le jeûne est un élément essentiel de la spiritualité orthodoxe. Dans les monastères, les fidèles observent
un temps de Carême très long avec des horaires très stricts pour la pratique du jeûne.

Les Églises byzantines, comme toutes les Églises, invitent les fidèles à faire des efforts concernant les
dépendances comme le sommeil abusif, la télévision ....

Chez les protestants, Luther, ancien moine, porte le jeûne comme moyen d'apaiser la concupiscence (c'est-
à-dire la jouissance des biens terrestres, matériels). Selon lui, il appartient au fidèle de décider d'entamer un jeûne.

Des ordres religieux, comme celui des Chartreux, pratiquent un jeûne plus régulier et strict : ils ne mangent
un repas végétarien qu'une fois par jour. Ils mènent une vie simple de solitude et contemplation.

7) Le jeûne chrétien aujourd'hui
En 1941, Pie XII permet à tous les évêques de dispenser entièrement les fidèles de jeûner et de
suivre quelques abstinences, même pendant le Carême (excepté le Mercredi des cendres et le Vendredi Saint) : le jeûne n'est plus considéré comme important.

Les circonstances de la guerre ont fait que le problème du jeûne ne s’est pas posé pendant cinq
ans. Si ses vertus de réparation des pêchés laissent parfois sceptiques, la société de consommation qui nous fait vivre à un rythme effréné, devrait nous rendre le goût de pauses et nous ouvrir à une nouvelle spiritualité.
Le jeûne reste une pratique vieille de plusieurs milliers d'années qui n'a pas été changée par les
religieux, et mériterait peut-être d'être renouvelée afin de motiver les fidèles.
Il y a la fidélité à la tradition, mais le jeûne ne correspond plus bien aux mentalités actuelles. Désormais on intériorise le carême.
D. Jeûne et obésité
Le jeûne est controversé : en effet, de nombreux médecins ne reconnaissent pas ses vertus, car les recherches ne seraient pas assez poussées, et les médecines alternatives ne sont pas assez fiables. Voici ce que les médecins que nous avons interviewés en pensent :
"Je n'ai aucune communication scientifique des bienfaits du jeûne. A priori je n'y crois pas, je ne le prescrirais pas, mais si un patient me dit de lui-même qu'il a envie d'essayer ça, je lui dirai "pourquoi pas ?", et j'essaierai de l'encadrer. Mais ça ne viendra pas de moi." Dr. Fontenay
En Octobre dernier le docteur et ingénieur chimiste Jean-Marie Bourre a declaré que le jeûne était "incompatible avec le fonctionnement le plus élémentaire de l'organisme". Selon lui, imposer une privation alimentaire est une source de danger car le manque de nutriments fatiguerait et détériorerait le fonctionnement des organes.
- La réponse au «trop» alimentaire n'est en aucun cas le «rien» - Jean-Marie Bourre dans un article accordé au Figaro en Octobre 2013
"Je ne vois pas en quoi jeûner pourrait être une solution contre le cancer. Les personnes atteintes de cancer sont déjà très affaiblies par la maladie et souvent extrêmement amaigries, il est donc illogique de les épuiser encore plus en les faisant jeûner." Dr.Victor
"Un médecin est formé pour soigner des maladies et le fait de jeûner ne soigne pas, cela contribue juste à renforcer l'organisme. Le jeûne n'est qu'une forme de prévention. Bien sûr, jeûner ne signifie pas qu'on n'attrapera plus de maladies mais ça les éloigne puisque plus notre organisme est en bon état, moins on a de chance d'avoir de maladies. A mon avis, le jeûne n'est pas une thérapie, c'est juste un moyen d'être en meilleur santé. Dans le cas de pathologies comme le cancer, ça devient plus délicat." -
témoignage d'un adepte régulier du jeûne, Mr Rouse
t.
À la fin des années 1950, l’Occident redécouvre la pratique du jeûne. En effet, les médecins décident d’employer des moyens extrêmes
pour faire face au nombre croissant de personnes obèse et aux pathologies graves qui les menacent, à commencer par les maladies cardiovasculaires. Les médecins sont frappés par l’efficacité avec laquelle l’organisme s’adapte à la privation de nourriture et la facilité avec laquelle les patients vivent l’expérience. Cependant peu d’entre eux réussissent à maintenir leur poids après. Cela s’explique par la baisse du taux métabolique de base : pendant le jeûne l’organisme apprend à moins dépenser d’énergie, à brûler moins de calories et il garde ce taux abaissé après le début de la réalimentation.
En outre, certains cas à risque sont sous-estimés et en dix ans six décès ont lieu. La cause serait la « fonte musculaire » qui entraînerait une
« autodestruction » du cœur.

Pour combattre l'obésité, Youri Nikolaev prescrit un traitement alterné, c’est la méthode dite « fractionnelle » ainsi le patient ne reprend pas
de poids à la rupture du jeûne :
- le patient jeûne une première fois, pendant 10 à 15 jours,
- puis il suit une réalimentation hypocalorique (c'est à dire très pauvre en calories) sur la même durée,
- le patient jeûne à nouveau pendant 10 à 30 jours (en fonction de son adaptation au traitement)
- suivi à nouveau d'un régime de même durée
Ce traitement se reproduit dix à douze fois, et peut être entrecoupée de pauses. Les patients effectuent leur cure de jeûne à l'hôpital, où ils
s’habituent à respecter des règles alimentaires rigoureuses. Ils bénéficient également de tout le programme habituel du « RDT » comprenant des soins comme des bains, massages, lavements intestinaux, exercices physiques, etc.
Nicolaev observe une perte de poids de 70 à 90kg. L'amaigrissement se stabilise pendant les périodes de réalimentation.
Les résultats sont très positifs : le traitement permet de soigner notamment l'hypertension des obèses. Cependant, la cure étant très longue, il ne traite que peu de malades.

Pourquoi les accidents cardiaques chez les obèses ?
« Dans la nature, il y a un rapport proportionnel entre la masse des lipides et celle des protéines. Ce qui n’est pas vrai chez une personne obèse : dans son cas, la masse de lipides (le tissu apideux) est bien plus importante. Quand le signal de réalimentation intervient chez les animaux, alors que le stock de lipides tombe à 80%, la réserve de protéines est toujours supérieure à 50%, au-dessus du seuil de dangerosité. Mais un obèse possède tellement de ressources lipidiques que, même en épargnant les protéines comme le fait le jeûne prolongé, il descendra sous le seuil de 50% avant d’atteindre celui de 80% des lipides, ce qui explique que le signal ne se produise pas. »
Jean-Patrice Robin de l’équipe d’Yvon Le Maho
Comme cela a été dit précédemment, selon la tradition orale musulmane, jeûner permet d'accéder au paradis
(par la porte de Rayane), mais aussi de rester en bonne santé. De plus, le Prophète est un homme frugal et capable de suivre avec rigueur des privations. En jeûnant, les fidèles se rapprochent donc de cette figure spirituelle.
3) Motivations



Corps cétoniques
 : produits par la dégradation des lipides en cas de manque de glucose, ce sont trois molécules dont deux sont utilisées comme sources d'énergie pour le cœur et le cerveau.
Lexique
C. L'Islam
A. La religion juive
B. La religion catholique
C. L'islam
D. Le bouddhisme
E. L'hindouhisme
F. "Manger le vide" : l'inédie
G. Jeûne et politique

1) Le jeûne du mois de Ramadan
2) Le jeûne obligatoire
3) Les motivations du recours au jeûne
1) Les origines du jeûne dans le Nouveau Testament
2) Les figures du jeûne
3) Le Carême
4) Motifs du jeûne
5) Apport spirituel
6) Eglises byzantine, protestante, et ordres
7) Le jeûne catholique aujourd'hui
"Quand je voulais tâter mon ventre, ma main rencontrait ma colonne vertébrale."
Siddharta Goutama, Bouddha
1) Le Bouddha
Il est le fondateur du bouddhisme. Cette religion n'adhère pas
aux excès mais préfère le non-attachement à la nourriture. C'est pourquoi les fidèles ne sont pas de grands adeptes du jeûne.

Cependant, il est fréquent que les moines s'abstiennent de
nourriture solide après le déjeuner.

Ces pratiques sont tirées de la vie du Bouddha : pendant six ans,
il menait une ascèse très stricte avec ses disciples. Il réduisit son alimentation à de la soupe. Cette épreuve mettait en péril sa vie, jusqu'à ce qu'il eut une illumination : il réalisa que ce n'est pas par des privation que celui-ci parviendra à atteindre l'Eveil. Il renonça à cette forme de jeûne, et plus tard il connaîtra l'Eveil sous l'arbre de la
bohdi
.

Le jaïnisme est une philosophie extrême préconisant, au
contraire, des ascèses très strictes : progressivement, on supprime toute nourriture et boisson, et ce jusqu'à la mort (cet acte est volontaire).
Le Zen
Ce courant concerne essentiellement les
Japonais. Les maîtres zen recommandent à leurs disciples de bannir l'avidité, souvent exprimée par la nourriture.

Ainsi, les moines zen ne prennent que deux
repas par jour, un le matin et un le midi, afin de ne pas être 'alourdis' et pouvoir se vouer pleinement à la méditation.
E. L'hindouisme
"Un disciple qui est mesuré dans son alimentation, qui est un renonçant et qui se consacre entièrement au yoga, dans l'espace d'une année devient un siddha
(atteint la perfection)
"
Hatha Yoga Pradipika
Tradition très développée au Japon, elle
comprend diverses ascèses durant lesquelles les ascètes ne prennent qu'un unique repas au milieu de la journée. Le déroulement des ascèses est extrême et très sévère.
Celle-ci préconise de jeûner à chaque jour de nouvelle lune. De plus, les fidèles jeûnent pour
ekâdâsi,
(le
onzième jour de chaque quinzaine) consacré à Vishnou. Le jeûne est considéré comme un moyen d'exprimer leur foi, et comme sacrifice aux divinités (Ganesh par exemple).

Certaines fêtes religieuses, pèlerinages, ou voeux particuliers font également objet de jeûnes. Il existe :
les jeûnes rigoureux, pendant lesquels les fidèles se privent de nourriture,
les modifications du régime alimentaire, comme l'abstention d'un certain type de nourriture, qui sont momentanées.

A travers le jeûne, les hindous recherchent la félicité, l'extase spirituelle, et ainsi ne plus avoir besoin de nourriture.

Cependant, plus d'un tiers de la population indienne est en sous-nutrition, ce qui explique le fait que le
jeûne ne soit pas une pratique courante. En effet, manger est dans l'hindouisme un acte sacré : en consommant une nourriture pure, l'esprit se purifie, et permet d'atteindre une forme élevée de spiritualité.
Le bouddhisme tibétain
2) Trois traditions bouddhistes différentes :
Le zen, le bouddhisme tibétain et le shingon
Shingon
1) Le Bouddha
2) Trois traditions bouddhistes différentes : le Zen, le bouddisme tibétain, et le shingon
2) Gandhi
1) Le jeûne dans la tradition hindouiste
1) Le jeûne dans la tradition hindouiste
2) Gandhi
"Les jeûnes sont une partie intégrante de mon être. Je ne peux pas plus me passer d'eux que de mes yeux. Ce que les yeux sont pour le monde extérieur, le jeûne l'est pour le monde intérieur."
Gandhi suit ses premiers jeûnes en famille, sa mère étant très croyante et se livrant à de dures privations dans le cadre de la
religion hindouiste.

Dès ses études, Gandhi est végétarien, et effectue des jeûnes et des 'expériences diététiques' : pour lui, l'hygiène physique, mentale et spirituelle sont intimement liées.

Il est convaincu que jeûner mène à Dieu, à voir celui-ci.

Lors d'hermitages qu'il organise avec un ami, il encourage les musulmans, les hindous et les chrétiens présent à jeûner ensemble.
"Le jeûne ne suffit pas à tout ; et si le jeûne n'est pas accompagné de l'esprit, il n'aboutit, nécessairement, qu'à l'hypocrisie et à la défaite."

En 1918, en Inde, pendant une grève des ouvriers voulant être mieux rémunérés, il les encourage à entamer une grève de la faim. Au bout de trois jours, les patrons se disent touchés et décident de régler le conflit en faveur des ouvriers.

A la fin de la première Guerre Mondiale, une loi de restriction de liberté est instaurée par l'Anglaterre. Gandhi invite alors le peuple
à protester en suspendant toute activité et en vouant leur journée à la prière et au jeûne. L'opération fut fructueuse et Gandhi devint alors
Mahâtmâ
signifiant "la grande âme".

Il estime que, devant une détresse qui semble insurmontable, le jeûne et la prière sont les seules solutions.

En 1932, par opposition au régime britannique voulant instaurer un système d'élections différent pour les intouchables, il
commence un jeûne à mort. Il obtiendra le droit pour les intouchables d'accéder aux temples, ainsi que le droit de vote pour les intouchables.
Il effectuera plus tard d'autres jeûnes contre l'intolérance religieuse.

Il est assassiné de trois balles par un extrémiste hindou en Janvier 1932. Deux millions d'Indiens saluent alors celui qui a frappé et
ému le monde entier en se battant pour libérer son peuple, notamment en entreprenant des jeûnes qui sont, selon lui, bénéfiques pour l'ensemble du peuple.
F. "Manger le vide" : l'inédie
L'inédie consiste à ne plus rien manger, voire même parfois ne plus boire, pendant plusieurs mois ou plusieurs
années.
Cette privation est guidée par une religion, en ne consommant qu'une forme d'énergie vitale.

Au XIVe siècle, Catherine de Sienne, une religieuse, effectue des jeûnes prolongés à répétition afin de se rapprocher
de Dieu : « Dieu me rassasie tellement qu’il m’est impossible de désirer aucune espèce de nourriture corporelle. » L'inédie est vécu par les mystiques comme une union privilégiée avec la personne du Christ.

On retrouve également cette pratique dans l'Islam. De nombreux fervents se sont livrés à une pratique extrême du
jeûne, notamment durant les deux premiers siècles de l'Hégire. L'égyptien Muhammad al-Munayyir en est un exemple. Ce dernier ne se nourrissait que de trois dattes lors de ses pèlerinages de peur de devoir déféquer en un lieu saint. Encore aujourd'hui, certains spiritueux s'abstiennent de manger et même de boire
sur une plus ou moins longue période.

En Inde, les pratiques ascétiques extrêmes de certains yogis et maîtres spirituels sont choses courantes. Elles
montre la capacité considérable de ces derniers à maîtriser leurs corps à travers une discipline physique et spirituelle, témoignant ainsi de la supériorité de l'esprit sur le corps. Le saint
Balayogi
aurait cessé de se nourrir, de boire et de dormir sans quitter la position lotus pendant plus de quarante ans. Cependant aucune preuve n'atteste cette affirmation.
Statue représentant le Bouddha historique durant un jeûne extrême.
Deuxième phase : jeûne prolongé
Il n'y a plus aucune réserve glycogénique : la seule source de glucose est donc la néoglucogénèse. La cétogénèse est à l'origine d'une acidose
progressivement croissante et la néoglucogénèse persistante entraîne une protéolyse. Malgré tout, la survie est possible avec une glycémie subnormale, ce qui suppose la mise en routes d'autres mécanismes régulateurs.

la néoglucogénèse rénale
prend progressivement de l'importance et devient au moins égale à la néoglucogénèse hépatique. Son principal précurseur est la glutamine d'origine musculaire. Elle participe à la régulation de la glycémie et permet aussi de lutter contre l'acidose due à la surcharge en corps cétoniques.

l'épargne protéique
est assurée par une réduction de la néoglucogénèse globale. À raison de 100 g/24 h de protéines moléculaires, la moitié (3 kg) des protéines du muscle serait consommée en un mois : au-delà la survie est impossible. Un second mécanisme d'adaptation se produit donc, qui permet d'épargner pour quelques semaines les réserves protéiques du muscle : le cerveau est capable d'utiliser les corps cétoniques lorsqu'ils sont à concentration élevée : il devient donc de moins en moins exigeant en glucose. On s'aperçoit en effet que l'élimination d'urée et d'ammoniaque (qui traduit la protéolyse globale) diminue, ainsi que le taux d'alanine sanguin, au-delà de la première semaine, bien que la glycémie reste à peu près constante. On a pu montrer qu'au bout de six semaines le cerveau a réduit des 2/3 environ sa consommation de glucose (qui passe de 144 à 44 g/24 h) et qu'ainsi la production d'acides aminés à partir des protéines musculaires est tombée de 75 à 20 g/24 h. La néoglucogénèse rénale est certes augmentée mais la néoglucogénèse globale est diminuée ce qui correspond à une très forte réduction de la néoglucogénèse hépatique. Le signal qui indique au muscle qu'il doit diminuer sa protéolyse, serait le taux de corps cétoniques sanguins.

Les corps cétoniques jouent un rôle capital dans cette seconde phase d'adaptation au jeûne : à la fois substrats énergétiques et signaux moléculaires.
Troisième phase : préterminale
Vers le 45e jour, les réserves lipidiques commencent à s'épuiser :
on voit alors repartir en flèche l'élimination azotée urinaire : les protéines musculaires fondent et l'organisme évolue vers la
cachexie
; mais le taux de glucose sanguin reste subnormal jusqu'à la fin, ce qui prouve la remarquable efficacité de la régulation glycémique.
C. Synthèse
Les mécanismes d'adaptation au jeûne assurent la constance de la glycémie et
l'approvisionnement des tissus en substrats énergétiques pendant des périodes plus ou moins longues de privation nutritionnelle, pouvant dépasser quarante jours chez l'homme adulte normal.
Les réserves énergétiques sont de trois natures différentes : glucidique (glycogène hépatique,
seul précurseur direct du glucose sanguin, et glycogène musculaire) ; protidique (protéines musculaires) ; lipidiques (triacylglycérols du tissu adipeux).
Pendant un jeûne de quelques jours, la glycogénolyse, puis la néoglucogénèse hépatique
d'origine surtout protidique, assurent une production suffisante de glucose, tandis que les acides gras et les corps cétoniques, issus de la lipolyse, permettent une épargne de glucose.
Au cours de jeûnes prolongés, le système nerveux s'adapte à la consommation des corps
cétoniques, permettant un surcroît d'épargne de glucose, donc de protéines musculaires ; en même temps, la néoglucogénèse devient surtout rénale et participe à la lutte contre l'acidose.
Au cours de jeûnes très prolongés, évoluant vers la cachexie, la glycémie reste subnormale, ce
qui montre l'extrême efficacité des mécanisme de la glycorégulation.
En 1992, Valter Longo s’intéresse aux levures pour sa thèse afin de découvrir ce qui permettait à un organisme de vivre
plus longtemps, et envisage la restriction calorique. Et pour cause, Roy Walford (1924-2004) a repris les expériences de restriction calorique sur les souris, et il a ainsi montré que les souris soumises à une forte restriction calorique (-50%) vivaient en moyenne 35% à 65% plus longtemps que celles nourries à volonté. Une autre étude de 1982 sur les rats a révélé un accroissement de longévité de 60% en moyenne. Cette augmentation rapportée à l’homme pourrait donner une durée de vie moyenne de 138 ans !

Dans les années 1990, des chercheurs découvrent qu'en désactivant certains gènes d'un ver, on pouvait augmenter sa
durée de vie, or ils sont liés au circuit de l’insuline. Valter Longo fait de même pour les levures, tout en leur imposant un régime pauvre en calories. Il remarque que celles-ci vivent 10 fois plus longtemps qu'une levure normale. En effet, la cellule passe en mode de protection car l'énergie disponible est plus faible.

Parallèlement, au début des années 1990, Nikolaev donne une série de conférences en République de Bouriatie, au
coeur de la Sibérie, il crée alors un département de jeûne au sanatorium de Goryachinsk près du lac Baïkal.
Le docteur Natalia Bataeva y a surveillé depuis 1998 12000 cures sans accident. Les patients de la clinique font une cure
de jeûne afin de réduire leur dose de médicaments, voire de la supprimer. La plupart des patients disent se sentir mieux, cependant la guérison peut-être de courte durée et une rechute survenir si la maladie est grave. Après plusieurs cures, le patient se sent en général quasiment guéri.
1990s
En mars 2012, Valter Longo publie les résultats de ses recherches. Ceux-ci montrent que les cellules
passent effectivement en mode de protection très rapidement, ce qui signifierait que ce réflexe soit inné.
Le chercheur fait également subir un jeûne à des cellules cancéreuses. Celles-ci réagissent différemment
des cellules normales : au lieu de se mettre en mode de protection, elles sont plus vulnérables : ayant muté, elle ne se "souviennent" plus de leurs réflexes de protection et cherchent de l'énergie dans un environnement pauvre en glucose.

Valter Longo pense que ces phénomènes sont les mêmes chez l'homme que chez la souris, et poursuit ses
recherches chez l'homme avec des volontaires. Les résultats ont impressionné tout le monde, et l'équipe de chercheurs compte propager la pratique du jeûne combiné à la chimiothérapie dans le monde.
Emma BOUTON--BESSAC, Mathilde DURAND, Manon GERLIER
Groupe S-712
Thème : Santé, bien-être
Sujet : le jeûne
Problématique : En quoi le jeûne peut-il être bénéfique ?
Matière dominante : SVT
Matière sous-dominante : Histoire
Nombre de pages : 93
A. La génèse de cette redécouverte
B. L'expérience d'Otto Buchinger
C. Les séjours "jeûne et randonnée"
D. Jeûne et obésité
E. Une arme contre le cancer ?
F. Pour ou contre le jeûne ?

2000
2012
À Berlin, depuis une vingtaine d'années, l'hôpital de la Charité accueille des patients (500 par an) pour
des cures de jeûne, remboursées par le système de sécurité.
Pour obtenir une reconnaissance officielle, le professeur Andreas Michalsen (à la tête de ce
département, il a déjà dirigé quelques études scientifiques sur le jeûne) mène des études cliniques à plus grande échelle sur les rhumatismes, syndrome métabolique (facteurs prédisposant au diabète et maladies cardiovasculaires) et maladies cardiaques.
Il remarque des changements hormonaux significatifs :
hausse du cortisol
(effet anti-inflammatoire),
baisse de l’insuline
(il y a moins de sucre dans le sang) et des hormones thyroïdiennes T3 et T4 (ce qui entraîne une baisse du taux métabolique de base : on dépense moins d’énergie).
hausse de la dopamine
(effet euphorisant) et de la
sérotonine
(« hormone du bonheur »). Les chercheurs expliquent une partie des effets du jeûne : « L’amélioration de l’humeur pendant le jeûne pourrait être un résultat de l’histoire de l’évolution, un mécanisme utile pour favoriser le succès dans la lutte pour le recherche de nourriture.»
En Allemagne, contrairement à la France, le jeûne est conseillé, voire même prescrit par les médecins (17% des allemands
déclarent avoir jeûné au moins une fois dans leur vie).
Siegfried Möller fut le premier à ouvrir un centre de cures de jeûne à Dresde, en 1905, mais la clinique la plus connue reste
la clinique Büchinger à Überlingen.

Le docteur Stefan Drinda, médecin-chef à la clinique Büchinger a fait cette remarque intéressante :
« Il faut savoir que la
plus grande surface avec laquelle nous communiquons avec l’environnement, ce n’est pas la peau (2m²) ni le poumon (80m²), c’est l’intestin, avec 400m² environ ! La mémoire immunologique se trouve dans l’intestin, on peut facilement le démontrer grâce à des études histologiques de l’intestin, elles existent. Et, par une mise au repos total du tractus intestinal, vous faites une remise à zéro sur ce front immunologique. Cela pourrait expliquer l’efficacité du jeûne sur les maladies auto-immunes. »
Le système immunitaire lié à notre système digestif représenterait en effet 80% de notre immunité. Avec l’arrêt de
l’alimentation, le système immunitaire pourrait se rééquilibrer et s’occuper de chantiers tels que tumeurs, stases cellulaires, protéines dégénérées ou pathologiques.
Mais la pratique du jeûne est encore trop peu répandue, car c'est une méthode peu lucrative. Aucun lobby ne veut financer
les études, car reconnaître l'efficacié du jeûne engendrerait une réduction de la consommation de médicaments, ce qui va à l'encontre de l'interêt des industries pharmaceutiques.

Richard Veech, un chercheur américain a prouvé en 2001 que les corps cétoniques pouvaient « imiter » le travail de
l’insuline dans le cœur et le cerveau et pouvaient avoir un effet bénéfique sur des pathologies cérébrales comme Alzheimer ou Parkinson.
1) Quelles sont les motivations pour le jeûne ?
2) Préparation au jeûne
3) Organisation d'un séjour
4) Se réalimenter après un jeûne
5) Le ressenti du jeûneur
1
2
III. Physiologie du jeûne
A. Les réserves : aspects qualitatif et quantitatif
B. La mobilisation des réserves
Première phase : jeûne de courte durée
Deuxième phase : jeûne prolongé
Troisième phase : préterminale
C. Synthèse

IV. Redécouverte contemporaine du jeûne
A. La génèse de cette redécouverte
B. L'expérience d'Otto Buchinger
C. Les séjours "jeûne et randonnée"
D. Jeûne et obésité
E. Une arme contre le cancer ?
F. Pour ou contre le jeûne ?
Que se passe-t-il dans le corps lors d'un jeûne ?
4
5
6
7
8
9
10
3
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
28
29
30
31
24
32
25
26
33
27
34
35
36
37
38
39
40
41
42
43
44
45
46
47
48
49
50
51
52
53
54
55
56
57
58
59
60
Mais en 1918, une étude du chercheur américain Francis Gano Benedict (1870-1957) passionné par le jeûne va en
révéler un mécanisme fondamental. Il étudie les changements chimiques qui s'opèrent dans le corps : production de chaleur, échange entre gaz carbonique et oxygène… Il élabore la formule du 'métabolisme de base' : celui-ci correspond à l'énergie consommée par le corps de quelqu'un dans le coma ou en train de jeûner.

F. Benedict va tenter de répondre aux questions fondamentales du jeûne : D'où vient l'énergie nécessaire à un tel
fonctionnement ? Devons-nous craindre une 'autophagie' du corps : la consommation de toutes les protéines, qui provoquera un arrêt cardiaque ?

Pour y répondre, le chercheur met au point une expérience nécessitant machines et appareils de mesure afin de
comprendre ce qui se passe dans le corps humain lors du jeûne.
Agostino Levanzin, un maltais agé de 40ans, se porte volontaire pour cette expérience en 1912. Au cours de
l'expérience qui a duré 31 jours, il aura perdu 13kg. Le sujet veut prouver la valeur du jeûne, cependant les expérimentateurs n'ont pas le même but : ils s'intéressent aux mesures sans prendre en compte les implications médicale, clinique et éventuellement thérapeutiques des observations.
A la suite de Guelpa, Herbert Shelton (1895-1985) prend la défense du jeûne, avec notamment un livre
qu'il écrit en 1934 :
The Science and Fine Art of Fasting
qui a impressionné jusqu'à Gandhi qui était un adepte du jeûne non seulement par son pouvoir de protestation mais aussi ses bienfaits pour la santé. Shelton est naturopathe de formation mais ce diplôme, selon la loi, n'autorise pas à soigner. Installé à New York, il écrit régulièrement dans Physical Culture, le magasine de son mentor Bernarr MacFadden, où il défend le jeûne.

Parallèlement, il ouvre un cabinet dans lequel il donne des conseils de nutrition et préconise le jeûne.
Cependant, il est arrêté de nombreuses fois, pour exercice illégal de la médecine. Il continue malgré tout car il est certain d'aboutir à quelque chose et d'être reconnu plus tard.

En 1934 l'expérience de Clive MacCay et Mary Crowell obtient des résultats spectaculaires : elle
montre que des rats de laboratoire moins nourris de 30% environ que leurs congénères ont une durée de vie deux fois plus longue. Contrairement à l'opinion médicale et à notre société de consommation, moins manger allongerait la durée de vie.
61
62
63
64
65
66
67
68
69
70
71
72
73
74
75
76
77
78
79
80
81
82
83
84
85
86
87
88
89
90
91
92
93
LEXIQUE MÉDICAL
Acides gras,
sont les principales molécules constituant les corps gras ou lipides. Il en existe une quarantaine de différents. Ils
représentent notamment une très grande source d'énergie pour les cellules du corps humain et proviennent en grande partie de l'alimentation
.
Acides gras non estérifiés du plasma
, ou acides gras libres (AGL) représentent un élément
énergétique important de l'organisme. Ils sont constitués d'un mélange complexe d'acides gras différant par leur nombre de double liaison et leur condensation en carbone
.
Acidose,
est une acidité excessive du sang qui passe à un pH inférieur à son taux normal (entre 7.38 et 7.42). L'acidose apparaît chez les personnes dont l'organisme a des difficultés à éliminer efficacement les déchets acides produits par l'organisme ou à une trop forte accumulation de ces acides.
Corps cétoniques
, désignent certaines substances produites lors de la dégradation des graisses dans l'organisme.
Les trois substances concernées sont l'acétone, l'acide acétylacétique et l'acide bêta-hydroxybutyrique
.
Glycémie
, correspond à la quantité de glucose contenue dans le sang et est habituellement exprimée en grammes par litre de

sang.
Glycérol,
alcool de l'organisme, constituant des lipides et source d'énergie.
Glycogène hépatique,
glucide constitué de très longues chaînes ramifiées de molécules de glucose, formant la principale réserve de glucose de l'organisme (produit par le foie).
Glycogène musculaire,

id.
(dans les muscles, pour les muscles).
Insuline
, hormone sécrétée par le pancréas.
Lactate
, Sel ou ester de l'acide lactique, acide organique provenant de la dégradation anaérobie du glucose.
Lipolyse
, dégradation des lipides qui conduit à la libération d'acides gras.
Métabolites,
produits de la transformation d'un corps organique au sein d'une cellule, d'un tissu ou du milieu sanguin.
Néoglucogénèse,
synthèse du glycogène.
Protéolyse,
ensemble des réactions qui conduisent à la dégradation des protéines.
Triacylglycérols du tissu adipeux,
sont des molécules faisant partie de la catégorie des lipides, principalement stockés au niveau du
tissu adipeux c'est-à-dire de la graisse.
55 bis
G. Jeûne et politique
Au printemps 2006, Jean Lassale, député UDF du Béarn, a séduit et parfois aussi agacé ses
pairs déconcertés devant tant de détermination. Il en a été récompensé puisqu’il a obtenu que la dernière usine de sa vallée ne soit pas délocalisée.
Tous les grévistes de la faim, loin s’en faut, n’ont pas eu gain cause. Ainsi de Bobby Sand,
militant nationaliste de l’Irlande du Nord, mort le 5 mai 1881 après une grève de la faim visant à obtenir un statut de prisonnier politique pour les membres de l’Ira emprisonnés. Neuf d’entre eux mourront également dans les semaines suivantes.
Gandhi lui aussi a cherché à obtenir gain cause, pour l’indépendance du peuple indien ou
pour mettre fin aux violences intercommunautaires, en s’abstenant de nourriture pendant un temps indéterminé. Jeûne à mort ? Ou grève de la faim ? Politique ou spirituel ?

On retrouve aussi le jeûne écologique, une idéologie qui vise à éviter la surconsommation et l'épuisement de la Terre.
« Vivre simplement pour que simplement tout le monde puisse vivre. »
Gandhi.
« C’est toute notre vie qui serait délivrée de plaintes et de gémissements, si le jeûne était devenu une règle. Il enseignerait à tous le renoncement à l’amour de l’argent, des choses superficielles et en général, à l’envie des hostilités. »

Saint Basile le Grand
41 bis
Le cas exceptionnel d'Angus Barbieri
En juin 1965, Angus Babieri un jeune homme de 27 ans, pèse 207 kg, or il veut maigrir
de façon radicale. Il se présente à l’hôpital universitaire de Dundee en Écosse. Là-bas, l’équipe médicale lui propose de jeûner, se basant sur le principe énoncé par Francis Benedict après son expérience : c’est dans les réserves de lipides, donc de graisses, que le corps puise l’essentiel de son énergie. Son organisme s’adapte remarquablement bien, il se rend régulièrement à l’hôpital, pour y faire une prise de sang : les taux de glucose, sodium, magnésium, calcium, potassium et phosphate sont surveillés de près.

Ce n’est que le 1er juillet 1966, après 382 jours de jeûne, qu’Angus Barbieri se décide à
rompre son jeûne, il pèse alors 82 kilos. Ses analyses sont bonnes : les médecins lui ont prescrit un cachet de multivitamines par jour pendant toute la durée de sa cure, de la vitamine C et de la levure pendant les dix premiers mois. Il a ponctuellement reçu des suppléments en potassium, et en sodium. Les niveaux du glucose, du potassium et des électrolytes ont baissé au début du jeûne puis sont restés constants jusqu’à la fin, n’entrainant aucune carence significative.

Cinq ans après avoir effectué son jeûne, son poids demeure stable à 89 kilos. Une
constance remarquable, car la plupart des obèses finissent par hélas reprendre beaucoup de poids.
82 bis
Cachexie
: fort affaiblissement de l'organisme due à une dénutrition très importante.
L'absence d'apport nutritif peut être la cause d'un
fort

affaiblissement physique
. Ainsi, la capacité de l'organisme à lutter contre les infections diminue, ce qui peut conduire à la mort, notamment lors d'une altération du muscle cardiaque.
Le
taux de potassium
dans le sang baisse fortement, c'est pourquoi il faut beaucoup boire d'eau ou de jus de fruit pour compenser.
La pratique d'un jeûne prolongé, stoppe la
production d'hormones sexuelles
, provoquant une aménorrhée chez la femme.
Si le jeûne est trop long, il y a une importante
perte de protéines
: or les protéines, ce sont les muscles, et le cœur est un muscle. Il peut être dangereux de trop prolonger le jeûne.
Le jeûne a un effet bénéfique sur les
rhumatismes, l'asthme, et les allergies
.
Après 12h de jeûne, la fabrication d'adrénaline et de noradrénaline (responsables des messages nerveux) est accrue : le jeûneur se concentre et réfléchit donc mieux.
Aménorrhée
: absence de menstruations
Depuis le 17 mai 2005, un jeune Népalais surnommé Little Bouddha médite nuit et jour en
position du lotus au pied d'un arbre sans manger, ni boire, ni dormir. Les Asiatiques parlent de miracle et le voit comme un héritier de Bouddha. Ce potentiel exploit a attiré l'attention des médias ainsi que des milliers de visiteurs, qui défilent à distance respectueuse de lui, afin de ne pas le déranger dans sa méditation. Cependant, aucune preuve ne confirme cette extrême abstinence car un écran de tissu est momentanément déployé devant lui pour le cacher du grand public et personne n'est autorisé à l'approcher à moins de 50 mètres.
Le calendrier juif est émaillé de dates de jeûne à commencer par les jeûnes
majeurs, c'est à-dire collectifs, tels que Yom Kippour ou
Tisha Beav
, extrêmement rigoureux. Tous les jeûnes sont obligatoires pour les juifs de plus de 13 ans et les juives de plus de 12 ans, sauf en cas de grossesse, d’allaitement ou de maladie.
La veillée du 9 d'
Av

Calendrier des jeûnes
juifs en 2014
Anne, la prophétesse
 : Dans l’évangile de Luc, on découvre que, après la mort de son mari,
« elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière »
. Jeûne et prière sont étroitement liés dans la vie spirituelle de cette femme, l’une des rares figures féminines de la prophétie de la Bible. Ils seraient d'ailleurs à l’origine de sa clairvoyance et de son grand âge.
Sainte Anne
Mahomet selon une illustration persane (BnF).

Eucharistie en temps de Carême
Il faut être prêt à recevoir ce que Dieu envoie ; dans le jeûne il y a des notions
de confiance et d’attente.
Avant l'eucharistie, il était préconisé de jeûner dès minuit la nuit précédant la communion. De nos, jours, une heure suffit à se préparer spirituellement à recevoir le corps et le sang du Christ.
Monastère copte
A cause de la rétention de sodium, des
oedèmes
peuvent apparaître
Etat dépressif éventuel.
Neurotransmetteur
: Composé chimique libéré par les neurones agissant sur d'autres neurones.
Inédie
: désigne une personne qui ne veut pas s'alimenter généralement pour des motivations d'ordre religieuses.
Ascèse
: Discipline de vie pratiquée en vue d'un perfectionnement spirituel, imposant certaines privations.
Full transcript