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Ecritures non-linéaires

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Florent Maurin

on 20 November 2013

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Transcript of Ecritures non-linéaires

Écritures
non-linéaires

Narration linéaire
C’est la façon la plus classique de raconter une histoire : un début, une fin et des péripéties.
C’est la structure « control freak » : il n’y a qu’une histoire possible, dans un ordre prédéfini par l’auteur.
Le corps incarcéré :
http://bit.ly/107NuH
127 rue de la Garenne :
http://bidonville-nanterre.arte.tv

Bucharest Below Ground :
http://bit.ly/2isEvy
Exemples :
Avantages :
- Facile à concevoir, facile à utiliser. C'est écrire un documentaire classique, avec des “pages”, des chapitres thématiques qui se tournent au rythme choisi par l'utilisateur.
- Contrôle de l’arc dramatique plus élevé : on peut plus facilement transmettre des émotions à l'utilisateur.
- Alerte « tsunami d’information » (sentiment info vue/info disponible) niveau faible à nul.
Inconvénients :
- Très peu interactif, donc très peu impliquant.
- L’interaction ne fait pas du tout partie de l’histoire. Chaque consultation est semblable, chaque utilisateur a la même expérience.
Narration concentrique
C’est une forme très employée dans les webdocumentaires jusqu’à maintenant.
L’utilisateur accède à un « hub » qui peut avoir différentes représentations formelles (une carte, une mosaïque de contenus, une liste de titres…), et de là, il consulte les différents modules (et sous-modules, le cas échéant) dans l’ordre qu’il souhaite.
Behind the Veil
http://bit.ly/17a65A
The Iron Curtain Diaries
http://bit.ly/ji3zS
Exemples :
Avantages :
- Simplicité apparente.
- Liberté apparente.
- Possibilité de classer des contenus pas forcément homogènes en grandes thématiques.
Inconvénients :
- Risque de dilution, voire de disparition de la place de l’auteur.
- Alerte « tsunami d’information » niveau haut à max.
L'utilisateur, totalement livré à lui-même, doit faire preuve
d'une grande motivation pour consulter le webdoc.
Narration
en "arrête de poisson"
(ou en "élastique")
Un cas d’école, puisqu’il s’agit de la structure adoptée par le célèbre Prison Valley. Une histoire centrale avance de manière linéaire, mais on peut régulièrement, si on le souhaite, effectuer des « décrochages » vers des sujets annexes.
Exemples :
Pine Point
http://bit.ly/b8Sn3i
Prison Valley
http://bit.ly/cX5Kvp
The Defector
http://experience.thedefectormovie.com/
Avantages :
- Structure narrative assez forte, car proche de la linéaire.
- A priori, bon compromis interactif.
- « On voit tout » : l’auteur est sauf !
Inconvénients :
- La proximité avec une structure linéaire peut donner une impression de « pansement sur une jambe de bois ». Si le webdoc peut exister de manière linéaire, à quoi servent les décrochages ?
- Alerte « tsunami d’information » niveau moyen à élevé. À chaque fois qu'on s'éloigne de la trame principale, il n'est pas évident de s'y replonger.
Narration à embranchements
L’histoire propose à l’utilisateur de faire des choix (entre deux possibilités, ou plus complexes). À un certain moment dans la narration, il doit décider de ce qu’il va "faire" (ou voir) ensuite, et le documentaire se déroule selon ce choix, jusqu’au prochain "nœud" de décision.
Exemples :
Voyage au bout du charbon
http://bit.ly/pHSxEu
Pathways
http://bit.ly/18uvdjs
Avantages :
- Niveau d'interactivité potentiellement très élevé. Un nombre de choix important, qui couvrent suffisamment de pistes attirantes pour l’utilisateur, donne une vraie impression de liberté.
- Alerte « tsunami d’information » niveau faible : l’utilisateur est impliqué par ses choix, et il ne perd ainsi pas le fil de l'histoire qu'il souhaite qu'on lui raconte.
Inconvénients :
- Coût de production élevé. 2 choix = 4 histoires. 3 choix = 8 histoires... 10 choix = potentiellement 1024 histoires à tourner !
- Frustration de l’auteur : une part de son travail ne sera jamais vue par un utilisateur lambda.
Changer de référentiel : il faut considérer l’audience comme un tout (dans le public, il y aura suffisamment de gens pour explorer toutes les pistes narratives), et non pas comme une somme d’individus.
Narrations parallèles
Il s’agit en fait d’une narration à embranchements dont certains se rejoignent.
Le récit est organisé autour de certains « nœuds », des passages qui seront vus par l’utilisateur quelles que soient ses décisions. Ainsi, cette forme est aussi proche d’une narration linéaire.
Exemples :
Thanatorama
http://bit.ly/7ZB03Q
Jour de vote
http://bit.ly/KaJd49
6 millions de morts
http://international.6millionsdemorts.com/
Avantages :
- Interactivité relativement élevée. L’impression de liberté est limitée par les passages obligés, mais reste plus haute que dans les formes plus classiques.
- Alerte « tsunami d’information » niveau très faible : l’utilisateur est impliqué par ses choix. Il a en outre le sentiment que quoi qu'il arrive, il ne ratera rien d’important dans la narration.
- Coût relativement raisonnable par rapport à une narration à embranchements classique.
Inconvénients :
- Comme la structure en arrêtes de poisson, c’est une histoire linéaire déguisée, ce qui peut être très décevant pour l’utilisateur épris de liberté.
- On peut éventuellement régler ce problème en concevant des "passages obligés" contextuels, qui varient légèrement en fonction de la provenance et de l’input de l’utilisateur.
- On peut aussi y remédier en promettant une conclusion de l'histoire différente selon les choix de l’utilisateur au fil du récit (remarque valable aussi pour la narration à embranchements).
- Attention alors au coût, et à ce que la relation causale ne soit pas trop obscure.
Narration en canaux
Il s’agit ici de raconter une histoire selon des points de vue différents.
C’est une "narration parallèle à plusieurs", dans laquelle les différentes histoires peuvent se recouper partiellement. Elles peuvent aussi être totalement indépendantes.
Inside the Haiti Earthquake
http://bit.ly/iWjuYB
Gaza Sderot
http://bit.ly/bGFmoq
Amour 2.0
http://www.francetv.fr/amour
Exemples :
Avantages :
- L'expérience utilisateur peut potentiellement être assez grisante, très expressive. Plusieurs histoires peuvent être racontées en même temps, dans une sorte de Pulp Fiction interactive.
- Idéalement, l’utilisateur a accès aux différentes parties de la narration, et peut avancer de liane en liane, dans l’ordre qui lui plaît.
Inconvénients :
- Alerte « tsunami d’information » niveau potentiellement très haut. Il est compliqué de ne pas perdre l’utilisateur. Les liens entre les différentes histoires n'apparaissent pas toujours clairement. Il est alors nécessaire de mettre en place de puissants feedbacks (graphiques, écrits, etc) et des objectifs.
- Complexité de conception : les différentes séquences étant entremêlées, il ne faut pas dévoiler d’infos trop tôt. Il ne faut pas que l’utilisateur ait accès à une partie de l’histoire qu'il ne comprendra pas s'il n'a pas exploré une autre séquence au préalable.
(dans les webdocs)
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