Loading presentation...

Present Remotely

Send the link below via email or IM

Copy

Present to your audience

Start remote presentation

  • Invited audience members will follow you as you navigate and present
  • People invited to a presentation do not need a Prezi account
  • This link expires 10 minutes after you close the presentation
  • A maximum of 30 users can follow your presentation
  • Learn more about this feature in our knowledge base article

Do you really want to delete this prezi?

Neither you, nor the coeditors you shared it with will be able to recover it again.

DeleteCancel

Make your likes visible on Facebook?

Connect your Facebook account to Prezi and let your likes appear on your timeline.
You can change this under Settings & Account at any time.

No, thanks

ARTHUR CAMARGOS ET DAVI NASCIMENTO : LA MÉMOIRE TREMPÉE

Le Centre Culturel du Brésil accueille cette exposition du 21 mars au 24 juin 2016. Commissaire d'exposition : Danilo Lovisi (École du Louvre). Sous la direction de : Juliane de Oliveira (co-fondatrice du CCB).

Comments (0)

Please log in to add your comment.

Report abuse

Transcript of ARTHUR CAMARGOS ET DAVI NASCIMENTO : LA MÉMOIRE TREMPÉE

la mémoire trempée
Une exposition virtuelle du
21 mars au 24 juin 2016


Curateur :

Danilo Lovisi (École du Louvre)

Sous la direction de :

Juliane Oliveira (co-fondatrice du CCB)
DAVI : LE CORPS COMME ACTE, PACTE : ACTIVATEUR DE MÉMOIRES UTOPIQUES
Le mot
intérieur
est une pépite dans le vocabulaire de l’artiste brésilien Davi Nascimento. Originaire de Pirapora dans l’état du Minas Gerais, il travaille avec les échos physiques, psychiques et mémoriaux de son lieu d'origine dans son corps, dans ses gestes. À travers une pratique artistique mixte, qui touche avec la pointe de ses doigts humides - l’aquarelle, la photographie et la performance, Davi utilise son corps comme un outil de mesure du monde, un objet sensible à la moindre vibration mémorielle. Ce corps-médium est confronté et confondu à la nature. Une nature aquatique, boueuse et silencieuse. Son œuvre peut être vue comme un bateau (faussement) perdu en eaux troubles des souvenirs imbibés d’une boue intemporelle, du fond du "Velho Chico", fleuve de son enfance.

Davi Nascimento,
Débouchant,
2015
Photographie numérique
© Danilo Nascimento

une réalisation
ARTHUR CAMARGOS
DAVI NASCIMENTO
commissaire d'exposition
Danilo Lovisi
en partenariat avec
Davi Nascimento,
Blanchisseuse avec robe de rinçage
, 2015 Aquarelle sur papier, 21x29,7cm
Courtesy de l'artiste

La boue chez Davi est un matériau de création. Diluée dans l’eau, aquarellée, elle prend sa place sur la feuille, sur l’altérité du monde. La touche subtile de l’artiste part souvent du milieu des corps représentés, pour condenser les bords, dans un mouvement organique et vibratile. Cet intérêt pour la matérialité, pour la terre - mère originaire – voit sa naissance dans la pratique primaire de la peinture pour ensuite gagner le médium photographique. Une manière de saisir quelque chose voué à une rapide évolution. La boue créatrice est chez l’artiste un “matériau sexuel”, érotique, comme chez l’artiste nord-américain Charles Simonds (voir l’œuvre
Birth
, 1970, ADAGP, Paris, 2005).

Dans cette œuvre, abstraite et palpable par le rendu très organique, nous pourrions dire que le flux liquide vient d’ailleurs. Cet extrait ici présent n’est qu’un reste de la contamination picturale. L’ephèmere active un mouvement mémoriel très intime.

POÉTIQUES DE LA BOUE
Davi Nascimento,
Sans titre,
2015
Aquarelle sur papier, 21x29,7cm
Courtesy de l'artiste

Davi Nascimento,
Chardonnerer
, 2015
Aquarelle sur papier, 21x29,7cm
Courtesy de l'artiste
Davi Nascimento
, Autoportrait peché au filet,
2015
Aquarelle sur papier, 21x29,7cm
Courtesy de l'artiste

Davi Nascimento,
Sans titre,
2015
Photographie numérique
© Danilo Nascimento
Courtesy de l'artiste
Davi Nascimento
, Sans titre,
2015
Fleuve São Francisco, Pirapora MG – Brésil
Photographie numérique
© Danilo Nascimento
Courtesy de l'artiste
Davi Nascimento
, Autoportrait comme carranca
¹, 2015
Fleuve São Francisco, Pirapora/MG – Brésil
Photographie numérique
© Danilo Nascimento
Courtesy de l'artiste
¹sculpture en bois aux formes anthropomorphiques ou animalières, souvent placée sur la proie des pirogues utilisées par la population vivant autour du fleuve São Francisco.

Davi Nascimento
, Êtres qui teignent les âmes I. Série : études aux bords du fleuve, 2015
Aquarelle sur papier, 21x29,7cm
Courtesy de l'artiste
Davi Nascimento
, Êtres qui teignent les âmes II. Série : études aux bords du fleuve, 2015
Aquarelle sur papier, 21x29,7cm
Courtesy de l'artiste
Davi Nascimento,
Aquarelle en miniature aqueuse et fauve
, 2015. Aquarelle sur papier et écaille de tilápia¹, 21x29,7cm
¹poisson brésilien
Courtesy de l'artiste


Davi Nascimento
, Affect parcouru,
2015
Autoportrait avec scargot
Photographie numérique
© Danilo Nascimento
Courtesy de l'artiste

PIRAPORA
: ACTIVER LA NATURE PAR DES INTERVENTIONS INFIMES
Le mot
pirapora
vient de la langue tupi, utilisée par le peuple autochtone Tupi-Guarani. Il veut dire "le saut du poisson". Ce saut, cet acte fulgurant, sera ici vu comme une métaphore de l'artiste et son acte créateur. Une nécessité interne, rapide, vivante, tel un poisson dans l'eau - qui doit soudain sortir, sauter vers la surface pour se faire voire, et voir, le monde autour.

Ce pacte est présent dans l'oeuvre de Davi Nascimento. Dans ses mot, "[...] a boue est un affect revisité. Mon expérience autour des bords du fleuve, des ravins, est très liée à mon oeuvre". En revanche, nous verrons que cet affect est d'une certaine manière forgé, construit, ce qui ne nuit pas l'œuvre, bien évidemment, mais introduit une problématique autre : de quelle manière l'artiste agit dans et avec la nature par des interventions infimes ? Ce terme, conçue et présent dans la pratique de l'artiste nord-américain Nils-Udo, est une approche intime et efficace pour aborder les créations de Nascimento.

Davi Nascimento
, Fils d’Oxum,
2015
Autoportrait, Fleuve São Francisco, Pirapora, Minas Gerais
Photographie numérique
© Danilo Nascimento
Courtesy de l'artiste
Tel le Velho Chico en temps de crue, l'image chez Davi déborde. Son visage est comme une toile, son corps reste un médium. Nous y observons une esthétique brute, voulue, forgée, mais très marquante. Un choque esthétique issu d'une intervention poétique, infime, mais qui atteint la sensibilité de manière sous-cutané.
Davi Nascimento,
Pulverisé,
2015
Photographie numérique
© Danilo Nascimento
Courtesy de l'artiste
Davi nascimento
, Androfagie, 2015
Photographie numérique
© Danilo Nascimento
Courtesy de l'artiste

Tel le mot
intérieur
,
retourner
est aussi, dans son vocabulaire, une autre pépite, - d'or ou de boue, peu importe, la valeur est la même. Ce retour à ses origines "barranqueiras", des ravins, est transcrit, tracé, par un corps qui revisite la mémoire par la création artistique.

Le critique d’art Enrico Cirspolti, dans l’article
Terre : combien de façons possibles de l’imaginer dans la contemporanéité
, soutient que l’art informel et brut des années 1950, en Europe notamment, « [...] a séparé la consistance de l’image de sa pertinence matérielle, matiériste, faite de choses, en connexion étroite avec des conditions, un espace, une tangibilité, un aspect aléatoire de la dimension du vécu quotidien plus circonscrit et épisodique, plus immédiatement perceptible, tangible, chargé même d'appréhension pré-notionnelle. »
Il en conclut que cela provoque une crise irréversible et innovatrice qui changera radicalement le destin de l’histoire de l’art jusqu’à arriver à une éventuelle existence purement et seulement virtuelle, mouvement absolument contraire qui est engagé ici par Davi Nascimento.

Un jeune artiste brésilien, à la force des fleuves en crue constante, et à la subtilité poétique d’un garçon qui porte de l’eau dans le tamis.
Davi Nascimento
, Sans titre,
2014
Photographie numérique
© Danilo Nascimento
Courtesy de l'artiste
ARTHUR CAMARGOS : L’ACTE CRÉATEUR COMME PERFORMANCE, LE CORPS COMME ACTIVATEUR DE LIEUX UTOPIQUES
LIEU UTOPIQUE I : L’APPARTEMENT SAUVAGE
Arthur Camargos, né à Patos de Minas dans l’état de Minas Gerais, commence sa production artistique par le dessin. Un médium qui a toujours été présent dans son parcours depuis l’enfance. Il raconte qu'enfant, il avait réalisée sa première exposition solo, dans la véranda de la maison de ses parents. Son œuvre part des lignes fines qui miment les mouvements des lierres de son jardin, pour ensuite se laisser pénétrer par le temps et la pratique de la performance – une autre temporalité, certes - pratiquement indissociable de la vie dite réelle.

Il dit que son corps active des lieux. Des lieux utopiques, tel un appartement sauvage, qui peut être activé et désactivé n’importe où. Il s’agit d’un travail qui a donné suite à une série d’autres œuvres qui vont de la performance, la photographie, la rememorialisation d’objets du quotidien, jusqu’à revenir à une recherche corporelle par le biais du dessin.

Le sauvage est ici un lieu forgé, voire fictionnel. Une mémoire portable, une cellule mobile d’utopie.

La plupart des questions abordées par l’artiste dans les œuvres présentes dans cette exposition sont visibles sur la photographie ci-contre.

Une image intime, certes, mais forgée, composée. Un agencement de couleurs vives et quotidiennes, un kitsch humide, mouillé de mémoire. Il s’agit d’une image dans un lieu fermé, ici doublement fermé. D’abord parce qu’il s’agit d’un appartement, une maison – sauvages ? – et ensuite parce que nous nous trouvons dans une cage (pour le bain) avec un corps mis à mal par des gestes durs, contorsionnés. Ce plastique qui compose la « cage », marron, dialogue avec la peau : une sensualité des textures, des matériaux. Le
queer
y est également. Un corps masculin, nu, produisant une forte présence sensuelle, humide, mouillée et tiède. Ici, il entreprend une lecture d’un tropical qu’on appellera
tropical critique
. Par l'utilisation de fausses fleurs, d'œillets inodores. Dans cette photographie à l'esthétique brute, l’œuvre de Camargos montre toute sa force, englobée par ce
kitsch
critique, utopique, sauvage.

Camargos affirme que l’appartement sauvage peut exister n’importe où. Il s’agit d’un espace créé, utopique. Un espace qui peut être activé ou désactivé selon l’envie de l’artiste. Ici, l’activation a lieu dans le jardin de sa famille, avec ce corps nu. Une action enregistrée par la photographie, qui renvoie à l’élément d'archive mais également à la documentation d’une action performative. L’appartement sauvage se sert ici d’une architecture brute, mais d'un brut organique. La seule limite visible : les branches cassées, disposées dans le
hall
d’entrée de cette maison ephèmere, activée le temps de l'obturation
LES OBJETS D’UN ESPACE UTOPIQUE : L’ACTE DE MÉMORIALISER LA PLASTICITÉ
LA PRATIQUE DU DESSIN COMME RECHERCHE ARTISTIQUE


APPROCHES INTIMES DE L’OEUVRE D’ARTHUR CAMARGOS ET DAVI NASCIMENTO
Un élément clé est présent dans l’œuvre réalisée par Arthur Camargos et Davi Nascimento : faire de l’art avant de connaître l’art, de l’académie, des livres, des musées. Lorsqu'ils travaillent ensemble, ils récuperent des objets du quotidien et leur donnent un autre sens, ils y insèrent le soi, de manière sous-cutanée et memorielle. Le processus est le suivant : à partir d’un objet plastique, dit « mort », ils ajoutent un concept, exprimé dans les titres. Par une pratique d'assemblage d’union d'éléments sans rapport les uns avec les autres, ils construisent de petites îcones éphémères, accompagnées de textes intimes à la première personne. Ces objets gagnent un corps autre, vibratile.

La mémoire s’exprime. Elle se donne à voir par le corps de l’objet. Sa
pirapora
, son saut vers le réel, est un objet quotidien sorti des eux de l’inconscient, ici physique. La maison devient un objet, également. Un cube noyé, trempé dans la mémoire. Pour les deux artistes, les souvenirs sont recueillis dans un puits humide, avec des objets divers, qui vibrent et résonnent.

Un rapport intime est visible entre eux. Ces deux portraits ont une histoire. L’anecdote veut qu’ils aient été réalisées le jour où ils se sont rencontrés. Au vif, avec du nankin. Deux portraits, un seul pinceaux. Le style d’Arthur, sur le portrait de Davi, est rapide et énergique : des chocs électriques entre la matière et la feuille ; un craquelé du visage qui vieillit lors qu’il se donne à voir sur le pappier. La touche de Davi est calme, uniforme, patteuse. Les cheveux d’Arthur deviennent une plaque bouclée. Le visage gagne cette fumée qu’on dirait venue d’une technique du fusain ; une texture temporelle. La mise en place ici a été suggéré par les artistes « pour que les yeux se croisent ».
Arthur Camargos
, Bain et bouquet d’oeillets, 2014
Autoportrait
Photographie numérique
Courtesy de l'artiste



Arthur Camargos
, Bate-cabelo,
2014
Série d'autoportraits
Photographie numérique
Courtesy de l'artiste

Arthur Camargos
, Autoportrait sous le pied d’acérola,
2012
Photographie numérique
Courtesy de l'artiste

Arthur Camargos,
J’envoie moi-même avec un petit portrait en pièce-jointe,
2015
Autoportrait avec cadre en bois – Photographie numérique
Courtesy de l'artiste
Arthur Camargos
, Savage appartment : in theroom, two girls with water guns, evergreen flowers, twigs, plastic boots, swim fins, the big book of children, kisses, cups, bowls, unicorns cats, cats, the lazarus head and that tv never been off for so long time.
2014
Photographie numérique
Courtesy de l'artiste

Arthur Camargos
, Fresh, un autoportrait refraîchissant,
2015
Assemblage avec brosse à dents et fleur artificielle
Courtesy de l'artiste

Arthur Camargos,
Á la mémoire de l'homme délicat,
2015
Assemblage de photographies argentiques en noir et blanc, fleur, feuille et papillon déshydratés
Courtesy de l'artiste
Arthur Camargos
, J’aime prendre de faux polaroids, je m’en fous
Photographies numériques avec dessin
Courtesy de l'artiste

Arthur Camargos,
Appartement sauvage
, 2013
Série d'autoportraits
Photographie numérique
Courtesy de l'artiste

Arthur Camargos,
Pont
, 2015
Encre de chine sur papier
Courtesy de l'artiste

Arthur Camargos,
Pose nº1
, 2014
Autoportrait - Photographie numérique
Courtesy de l'artiste
Arthur Camargos, Atelier 2.1,
2015
Extrait de la performance au Memorial Minas Gerais da Vale
Arthur Camargos,
Fuite
, 2013
Intervention urbaine avec peinture acrylique
Arthur Camargos et Davi Nascimento,
La mémoire trempée
, 2016
Vidéo-performance
vidéo numérique
© Danilo Nascimento
Courtesy de l'artiste
Arthur Camargos et Davi Nascimento,
Portraits échangés,
2015 Nankin sur papier.Avec le texte ci-joint:

hier j’ai rencontré Davi et nous avons échangé des portraits en nankin. une rencontre amusante entre rois d’un pouvoir venu des pierres. celles qui font tomber des géants ou choisissent les garçons pour régner. vive les rois !


Arthur Camargos et Davi Nascimento
, Sepulture d’affect
, 2015.
Photographies instantanées et emballages de savon.
Courtesy de l'artiste
Avec le texte ci-joint:

et je tenais à acheter des savons phebo. c’était l’emballage de rosier qui gardait l’affect. un parfum de fée grand-mère princesse. fleurs du printemps. amazonien. ici, les garçons vivent endormis dans une sepulture d’affect parfumé.


Arthur Camargos et Davi Nascimento,
Jour des morts
, 2015.
Photographie numérique
Courtesy de l'artiste

Avec le texte ci-joint:

on se rappelle avec saudade des choses qu'on faisais tous les ans. on attend la pluie. sa sonorité et odeur. on se rappelle d'autres odeurs. on s'est rappelé de rappeler. il y avait la pluie et un grand silence. le jour chaud et long rafraîchissant la mémoire. on s'est rappelé de rappeler. Avec saudade des choses qu'on faisait tous les ans.

Arthur Camargos et Davi Nascimento,
Épanouis: photographies échangées,
2015
Photographies instantanées et fleurs déshydratées
Courtesy de l'artiste
Arthur Camargos et Davi Nascimento
, True Rouge, 2015
Photographies instantanées et doublures en crochet
Courtesy de l'artiste
Avec le texte ci-joint

mes secrets favoris étaient de mettre les choses de maman. j'arrivais à devenir invisible jusqu’à voir sur le mirroir la marque du rouge à lèvres et entendre le son des talons en bois défiler dans la maison. rouge rojo. rouge coloré. live in red. Amuah.


Arthur Camargos et Davi Nascimento,
Extension de tessiture fine alignée d’affect qui embusquée s’étend être avec toi moi-même en toi avec moi,
2015
Photographie numérique
© Danilo Nascimento
Courtesy de l'artiste

Arthur Camargos et Davi Nascimento,
Rapunzel, curupira, la princesse et le petit pois, une tour de matelas et une montagne d’affect, 2015
Photographie numérique
© Danilo Nascimento
Courtesy de l'artiste


Arthur Camargos et Davi Nascimento, Cordilliére des garçons nus, 2015
Photographie numérique
© Danilo Nascimento
Courtesy des artistes

Prolongation jusqu'au 16 septembre 2016
Full transcript