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Objectifs d'apprentissage :
1) Comprendre la distinction entre normes sociales et normes juridiques, et connaître la diversité des formes de contrôle social.
2) Comprendre que la déviance et/ou la désignation d’un acte comme déviant se définissent comme une transgression des normes et qu’elles revêtent des formes variées selon les sociétés et, en leur sein, selon les groupes sociaux.
...et pourquoi ne les respectons-nous pas toujours ?
Parc de Belleville, Paris, le premier week-end de confinement
=> L'attention provient de l'existence d'une norme
Norme : règle prescrivant ou proscrivant un comportement et qui peut faire l'objet d'une sanction
...dans le temps
...dans l'espace (social)
...dans leur application
Normes sociales
Normes juridiques
Les normes juridiques sont un sous-ensemble des normes sociales
=> Elles sont formelles/formalisées
=> Leur application est la prérogative des pouvoirs publics
Normes sociales
Normes juridiques
Même chose pour déviance/délinquance
=> Déviance : non-respect des normes
=> Délinquance : non-respect des normes juridiques
Pourquoi s'arrête-t-on devant un feu rouge ?
=> Parce qu'on appris à le faire
C'est la socialisation
=> Parce qu'on agit vis-à-vis de la sanction
C'est le contrôle social
Exemple du Camden Bench
Pourquoi est-ce du contrôle social ?
Il définit une certaine utilisation légitime de l'espace...
...et pour cela définit les populations "souhaitables" et celles qui ne le sont pas
Même effet mais par deux moyens différents
Procède par stigmatisation de certaines populations
=> "les jeunes", "les sdf"...
Stigmatisation : marquage, étiquetage
Une fois considérées comme "indésirable", on peut "lutter" contre ces populations
Le contrôle social ne va pas de soi, la déviance non plus : elles ont une histoire, elles font l'objet de négociation
Le Camden Bench ne se contente pas d'agir sur des "populations cibles"
Il définit les comportements possibles et impossibles, il policie les comportements
Le contrôle social concerne de fait tout le monde
Déviance : non-respect d'une norme
Non.
Simple, non ?
Parce que les normes sont multiples...
Parce que leurs applications ne va de soi...
L'histoire d'Adrienne Pine
Pour Adrienne Pine, cette journée du 28 août dernier commençait comme bien d’autres. Mais en réveillant sa petite fille, elle découvre que cette dernière a de la fièvre. Hors de question de l’emmener à la crèche… Pourtant, comme beaucoup de mères, Adrienne Pine a un métier et elle ne peut déroger à son planning chargé. Ni une, ni deux, elle décide d’emmener son bébé au cours d’anthropologie qu’elle doit donner à l’Université de Washington DC.
Soixante quinze minutes s’écoulent sans le moindre problème. Le bébé reste aux côtés de sa mère qui dispense, comme à son habitude, son enseignement sur le genre et la culture aux élèves présents. Aidée par son assistant, Adrienne Pine gère la situation, jusqu’à ce que sa petite fille s’agite et pleure. Tout en continuant la lecture de ses notes, le professeur va alors allaiter brièvement son enfant pour l’aider à se rendormir. Elle poursuit ensuite son cours, comme si de rien n’était, avant de rentrer à son domicile.
C’est le lendemain matin qu’elle découvre que des élèves ont rapporté les faits à la direction de l’établissement. Le journal de l’Université lui propose même une interview pour « discuter de l’incident qui s’est produit en classe ». Ce qui n’était l’affaire que de quelques minutes entre une mère et son enfant, devient alors prétexte à un débat de grande envergure sur l’allaitement au travail…
Source : , http://fr.pourelles.yahoo.com/13 Septembre 2012
Allaiter son enfant en cours, c'est...
...respecter des normes (injonctions au soin de l'enfant, à la conscience professionnelle...)
...enfreindre des normes (séparation travail/domestique...)
Le non-respect du confinement a été très inégalement dénoncé
La stigmatisation des habitants des quartiers populaires suspectés de ne pas respecter le confinement entré en vigueur le 17 mars dernier relève assurément de cette définition canonique du phénomène de panique morale. Dès le lendemain, ils étaient pointés du doigt par des médias et sur les réseaux sociaux, submergés par un flot d’indignation visant le comportement d’une population qui serait toujours prompte à se soustraire à la règle commune.
Le ton a été donné avec la publication d’un article de Valeurs Actuelles intitulé « Barbès, Château Rouge, La Chapelle : ces quartiers où l’on se fiche des règles de confinement ». Dans le déferlement médiatique qui suit bientôt, polémistes (Michel Onfray, Éric Zemmour), figures politiques (Eric Ciotti, Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen) et représentants des syndicats policiers (Synergie, Unité SGP Police-FO) en appellent au déploiement de l’armée ou à l’instauration d’un couvre-feu pour faire plier la « racaille », les « quartiers d’immigrés » et autres « territoires perdus de la République ».
Reprenant l’antienne sur les « avantages indus » accordés aux quartiers et la « prime aux fauteurs de trouble », les mêmes ont dénoncé une indulgence coupable de l’État qui, loin de chercher à mater les réfractaires, se serait laissé intimider et aurait opté pour un « confinement à géométrie variable ». L’indignation a redoublé après que la presse a décrit la saturation des services de réanimation en Seine-Saint-Denis, l’afflux de malades étant présenté comme une preuve infaillible du manquement des habitants de ce département emblématique du « problème des banlieues » aux règles élémentaires du vivre-ensemble en temps de pandémie.
Source : Renaud Espstein, Thomas Kirszbaum, "Epidémie virale et panique morale : les quartiers populaires au temps du Covid-19", AOC Média, 15 Avril 2020
Alors que le moindre respect du confinement dans les quartiers populaires reste à démontrer...
...et la surmortalité dans certaines régions (Seine-Saint-Denis) est liée aux inégalités économiques
Pourquoi cette dénonciation inégale ?
Du fait de la stigmatisation préalable des quartiers populaires
Le travail des historiens s’avère précieux car il nous rappelle que les quartiers populaires ont toujours cristallisé les grandes peurs sociales. Les faubourgs ouvriers du XIXe siècle étaient dépeints par leurs contemporains des classes dominantes comme un monde peuplé d’une espèce à part et menaçante. Si les premiers temps des grands ensembles HLM ont constitué une sorte de parenthèse heureuse – quoique rétrospectivement idéalisée – dans l’histoire du logement des classes populaires, c’est sur ces quartiers que l’anxiété sociale s’est de nouveau fixée à partir de la fin des années 1970.
Le processus d’altérisation de cités de banlieue mobilise depuis lors deux ingrédients principaux et souvent associés : les comportements déviants des jeunes et la surreprésentation des minorités raciales. Face à ces groupes perçus comme menaçants, une « circonstance » ou un « événement », pour reprendre les termes de S. Cohen, suffisent à enclencher le mécanisme de la panique morale. On pense bien sûr aux épisodes émeutiers qui émaillent l’histoire des grands ensembles depuis la fin des années 1970 et dont les révoltes de l’automne 2005 constituent l’acmé, mais aussi aux « incivilités » du quotidien.
Source : Renaud Espstein, Thomas Kirszbaum, "Epidémie virale et panique morale : les quartiers populaires au temps du Covid-19", AOC Média, 15 Avril 2020
Le contrôle social, formel ou informel, ne s'applique pas forcément de façon égale à tous...
La déviance rassemble trois éléments :
1) Une norme
2) Une transgression de cette norme
3) Une réaction sociale à la transgression de cette norme
Ces trois éléments ne sont pas forcément rassemblés en toute circonstances