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CHARLES BAUDELAIRE

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by

Alma Bibolotti

on 21 May 2014

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Transcript of CHARLES BAUDELAIRE

CHARLES BAUDELAIRE
ASPECTS FORMELS
Formes matérielles de la nature = symboles de la réalité

Métaphores et Synesthésies

Vers alexandrin
La perte d'auréole
-Dialogue entre le poète et un ami

-Changement du rôle de l'artiste

-Auréole - dignité du poète

La poésie ne s'identifie plus à l' auréole du poète, puisqu'il l'a perdue mais à la trace que cette auréole a laissée dans le ruisseau où elle est tombée.

-Le poète se livre à la crapule pour accentuer sa diversité.



"LES FLEURS DU MAL"
-1821: Paris
Famille bourgeoise
-Vie de Bohème
Fréquentation des Parnassiens
-1844 : Vie pauvre
-1867: MORT
-1857/1861 : Publication du
recueil "Les Fleurs du mal"

OEUVRE UNITAIRE
Spleen et Idéal
Tension vers l'idéal de la beauté comme remède au spleen

La distance entre la vie matérielle et le monde spirituel, celui de l'Idéal est très marquée.

Le poète est déchiré entre la soif d'une idéalité perdue et la boue de l'existence, l'«ennui», le«spleen»

L'art seul peut entrevoir, à travers l'aspiration à la beauté, cette dimension supérieure.

Idéal inaccessible, chute.

Tableaux parisiens
Monde fascinant et répugnant à la fois de la ville moderne où
la dégradation a détruit les valeurs du passé.

Tableaux, descriptions de Paris, ville qui fait rêver mais aussi grouillante de vieilles femmes, de marginaux.

Ces personnes renvoient au spectacle de la difficile condition humaine.



LE VIN

Tentative de fuir l'angoisse du Spleen à travers
l'alcool et les drogues


Recherche de réconfort dans les Paradis artificiels




Révolte
Réaction désespérée

Le poète lance un défi contre Dieu qui n'a pas répondu à son appel.

Célébration de l'alliance avec Satan, frère du poète en termes de marginalité
LA MORT



Mort = ultime tentative, repos, inconnu

Elle apparaît aux pauvres, aux amants, aux artistes comme le dernier espoir ou illusion, la fin des souffrances


Fleurs du mal
Recherche de l'évasion du spleen à travers le dérèglement des sens

Le poète évoque le second des paradis, celui du plaisir physique, sensuel et damné


destruction de l'être
Caractère provocateur pour le lecteur
-Fleurs, idée du mal,
de la corruption
Ce recueil de poèmes écrits depuis 1840 est organisé comme un parcours existentiel en six étapes. Baudelaire décrit la condition du poète:
Conscience du Spleen
Impossibilité d'atteindre l'idéal
Désir de fuite
Mort = conclusion du voyage de l'homme
Parallélismes images

Terre = cachot, prison
Pluie = barreaux
Ciel = Couvercle
Cloches = esprits gémissants
Angoisse = Vainqueur
Espoir = Vaincu, chauve-souris
Vers 1-16
Le contexte
L'atmosphère macabre
L'enfermement
Pour peindre le "Mal de vivre", le poète choisit un décor macabre, cloitré.

Vers 17-20
La montée de la crise
Clameur des cloches = Explosion de la crise -
douleur

Vers 21-25
La chute
La mort, L'angoisse
Condition totale de dépression


Le poème décrit une sensation d'angoisse très contemporaine.
Cet état d'âme, subjectif, se présente comme un paysage objectif empreint de la "beauté sinistre et froide" qui caractérise Les Fleurs du Mal.
Le paysage baudelairien est une projection mentale, une sorte de tableau de la douleur provoquée par le spleen.




Les trois premières strophes concernent l'albatros tandis que la dernière est dédiée au poète.
Baudelaire dénonce le plaisir que prend le «vulgaire», l'homme commun à torturer le poète qui se compare au ‘vaste oiseau’.

Charles Baudelaire
ANNONCE LE DECADENTISME
Baudelaire méprise

L’esprit bourgeois et conventionnel
La civilisation moderne
La dimension utilitariste et le progrès, qu'il considère illusoire
Le positivisme
Le socialisme,le naturalisme,


La poésie devient
L'artiste doit chercher partout la modernité et à se détourner des modèles.
Le vrai artiste ne doit exprimer que ce qu'il sent
Beauté de l'Art
La forme poétique doit être sublime

Dégradation et vulgarité de la société


Tournant dans l'évolution de la poésie occidentale

Le poète y renouvelle en profondeur les thèmes de la poésie.
Baudelaire et Paris
Baudelaire possède Paris et en est possédé. La vie du poète s’inscrit tout entière dans la capitale. Et pourtant, le Paris de Baudelaire est très particulier, puisqu’il n’est rattaché à aucun quartier. Il faut s’aventurer sur l’île Saint-Louis pour entrevoir la façade du luxueux hôtel Pimodan, où Baudelaire demeurait avant qu’on le prive de son héritage. Il n’y a pas de maison Baudelaire à visiter, tout juste une plaque en sa mémoire mais on recense plus de 40 domiciles parisiens (ces nombreux déménagements sont aussi pour lui la possibilité d’échapper à ses créanciers). Ainsi, on découvre le Paris de Baudelaire autour de logis précaires, à travers des cafés et des ruelles.

Dans toute sa vie entre bohème et dandysme – on reconnaît le parcours du poète comme une sorte de dérive dans les rues d’une capitale en pleine mutation, déshumanisée par sa re-construction. Le poète a été témoin des transformations de la ville envahie par les chantiers. Dès 1854, le baron-ministre Haussmann, architecte urbaniste, amorce de grands travaux pour la modernisation de la capitale: réaménagement du centre ville, grands boulevards, esthétisme et monumentalité, jardins. Le projet de Haussmann hantera la vie des parisiens pendant près de vingt ans. La métamorphose de la ville inspire les « maux » du poète:

Le vieux Paris n'est plus (la forme d'une ville
Change plus vite, hélas ! Que le cœur d'un mortel)[…]
Paris change ! Mais rien dans ma mélancolie
N'a bougé ! Palais neufs, échafaudages, blocs,
Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie,
Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs.
Le Cygne. Les Fleurs du Mal, 1861.

Dans l’essai de Walter Benjamin, «Paris, capitale du XIXème siècle» (se référant à l’essor du capitalisme au sein de la ville du XIXème), Baudelaire est décrit comme un flâneur qui explore la foule de passants et fait l’expérience de la modernité de l’espace urbain, jusqu’à ressentir l’angoisse de l’anonymat et de la multitude.
Baudelaire éprouve pour Paris deux sentiments contradictoires: une fascination profonde et séductrice, mais aussi une sorte d’étouffement, typique du spleen. Pour nous décrire les foules d’ombres de l’agitation parisienne, capitale de la modernité, Baudelaire écrit le Spleen de Paris, un recueil de réflexions reliées par le fil rouge de Paris. Le poète est le témoin des ambiances parisiennes de l’époque. Et le Paris de Baudelaire n’est pas si différent de celui du XXIème siècle: ses écrits sont les premiers symptômes du trouble des habitants des grandes métropoles de notre siècle, silhouettes anonymes égarés dans une masse de consommation.
Activité littéraire
L'activité de Baudelaire commence en 1845 par la publication de ses
articles sur les Salons
(expositions d'art contemporain).
Baudelaire rend hommage à Balzac ‘visionnaire’ et à Flaubert, à la couleur, à la peinture de Delacroix, aux œuvres où une âme s'exprime par l'imagination et la sensibilité. Il
défend l'Olympia
de Manet.

1857 - publication recueil
Les Fleurs du mal
aussitôt condamné pour «immoralité» et amputé de plusieurs poèmes jugés scandaleux.

1860 -
Les Paradis artificiels


1862 - publication des
poèmes en prose
sous le titre de
Le Spleen de Paris
. Nouveau genre: textes courts, fragments lyriques, aphorismes, paraboles

Candidat à l'Académie française, Baudelaire n'obtient aucune voix.


Langage Poétique
Le Dandysme
C'est un culte de soi-même, un désir de distinction fondé sur l'originalité.

Pour Baudelaire c'est le dernier éclat de l'héroïsme dans une période de décadence.


Spleen
Etat de détresse, d'ennui, condition constitutive de l'homme.

Conscience de ne pas pouvoir atteindre l'absolu.



Le rôle du poète
Le rôle du poète ne consiste pas à fuir la médiocrité d'un monde dépourvu de sens, mais à chercher la beauté là où elle semblerait ne pas pouvoir se manifester.

Condamnation du poète
La condition du poète est une sorte d'exil sur la terre où il est condamné à voir l'idéal, sans pouvoir l'atteindre.


Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir;
Valse mélancolique et langoureux vertige!

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir!

-1841 : Voyage en Orient où il se remplit les yeux d'images et découvre les pouvoirs de la sensualité
-1842 : Retour et héritage de son père
Précurseur de la poésie moderne

Modèle pour tous les poètes qui l'ont suivi

Enfance malheureuse, entre sa mère, qu'il adorait et son beau-père, le général Aupick, qui ne comprenant pas ce jeune fragile et sensible, s'opposera à sa vocation.

Son beau-père jugeant la vie de son beau-fils «scandaleuse», décide de l'envoyer en voyage vers les Indes, périple qui prend fin en 1841.

Majeur, il reçoit l'héritage de son père et commence à mener une vie que sa famille voit d'un mauvais oeil: Choix marginaux, liaison avec la «mulâtresse» Jeanne Duval, fréquentation des «artistes».
Sa famille lui impose une tutelle qui le prive de la jouissance de ses biens. Cette mesure fait de Baudelaire un mineur à vie. Une existence difficile commence, marquée souvent du désespoir (tentative de suicide), des problèmes matériels (il devient critique d'art pour survivre) et de la maladie (la syphilis).

Poète maudit, méconnu dans la France de Napoléon III, Baudelaire n’a publié que deux volumes de son vivant.

Il ne se sent pas compris des gens de son époque et il s'éloigne du conformisme bourgeois qu'il déteste.

Il meurt de la syphilis sans avoir pu réaliser le projet d'une édition définitive des Fleurs du Mal, travail de toute une vie.

Conscience déchirée entre les aspirations de sa sensibilité et le monde de son temps. Déchirement sur fond d’incompréhension familiale, de crainte perpétuelle des créanciers et de problèmes de santé.

Il inaugure la modernité poétique: son pari sur la toute-puissance de la poésie, «magie suggestive contenant à la fois le monde extérieur à l’artiste et l’artiste lui-même», fait de Baudelaire un précurseur du symbolisme, du surréalisme et de toute la poésie du xxe siècle.


Le poète maudit

L'art est la seule aspiration digne de l'homme.

L'art
, libre de toute préoccupation morale et de tout engagement
n'a d'autre finalité que la Beauté
.
Expression de révolte contre la condition humaine
Réponse au mal de vivre et refuge de la médiocrité de l'existence
Recherche de la beauté idéale. aspiration à la perfection formelle
Le ciel de l'Albatros, l'oiseau qui symbolise le poète

Influence des poètes Parnassiens
(Théophile Gautier).

L'art ne doit pas être utile


Refus de toute fonction sociale de l'artiste. Le seul but de l'art est la beauté.

L'importance de la forme
L'IMAGINATION,
«La reine des facultés»
L'imagination a une grande place dans la quête de la beauté poétique.

Baudelaire croit que
l'imagination est la faculté raisonnée de création
. L'imagination n'est pas une rêverie, mais "la plus scientifique des facultés": elle se construit et permet de
recomposer les symboles.


Les mots deviennent matière sonore, évocation.

Ils constituent la "forme sensible" de l'idée.
Ils ne doivent pas être combinés par pur esthétisme, ni avec l'intention de représenter le réel.
LA MUSICALITÉ

La musique s'adresse à la fois aux sens et à l'esprit. Elle parle sans mots et suggère plus que représenter. Elle constitue donc un moyen privilégié d'atteindre l'inconnu pour les symbolistes.

Baudelaire précurseur du symbolisme




Baudelaire, entre émotion romantique et formalisme parnassien, invente la modernité, autrement dit une "troisième voie". Cette modernité, il la reconnaît dans les oeuvres de Flaubert, Delacroix, Manet, Cézanne, dont il perçoit la nouveauté et le génie.

Les Fleurs du Mal sont à l'image des tensions qui animent la modernité. On y retrouve les influences qui parcourent le XIXe siècle mais aussi la volonté d'explorer d'autres espaces de création et d'expression.


L'IMPORTANCE DE LA SUGGESTION
Transformation de l'esthétique dominante
Mal
l'Art seul est capable de produire la beauté dans un monde vulgaire.
C’est l’opération poétique, qui transforme le Mal en Beauté, en donnant unité au monde.
Fleurs
Oxymore: rapprochement des fleurs (beauté, poésie) et du mal.

Contradiction
Beauté / Souffrance de l'être

On peut extraire la beauté du mal

Hommage à la beauté «bizarre», issue des pouvoirs de l'imagination



l'art de la suggestion symbolique
Gustave Courbet -Portrait de Baudelaire
Edouard Manet - Portrait de Jeanne Duval
«Spleen»
mot anglais qui signifie mélancolie
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

L'Albatros
Poète "Maudit"
L'image de l'albatros capturé évoque l'idée d'un être totalement étranger au monde qui l'entoure.
Le poète s'identifie avec l'albatros, libre dans le ciel, marginal sur la terre.
Il peint sa condition dans une société qui le marginalise, il exprime la conscience d'être différent des autres.
Conflit entre le poète et la société.





Dans ce poème on retrouve le dégoût de Baudelaire pour «la multitude vile».
Ce qui frappe le poète, ce sont l'égoïsme et la méchanceté des créatures humaines, leur paralysie spirituelle, l'absence en elles du sens du beau comme du sens du bien.
Profondément solitaire, orageux et impulsif, il se fragilise davantage en s'intéressant au vin, au haschisch (Paradis artificiels)
Un article du Figaro critique «l’immoralité» des Fleurs du Mal. Baudelaire, condamné pour outrage à la morale publique, est obligé d'éliminer certains poèmes de son recueil.
SPLEEN

Quand le ciel ba
s e
t lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux long
s e
nnuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits;

Quand la terre est changée e
n u
n cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâme
s a
raignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tou
t à
coup sauten
t a
vec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que de
s e
sprit
s e
rrants et sans patrie
Qui se metten
t à
geindre opiniâtrement.

-Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

De nombreuses images, métaphores et allégories mettent en relation le éléments de la dépression climatique et de celle psychologique
Lien entre le monde intérieur et le monde extérieur.
La mélancolie et le désespoir sont soulignés par un choix de couleurs, avec la dominance du noir qui est d’ailleurs le dernier mot du poème (drapeau noir)
L'auteur, triste, se sent enfermé dans son malheur, qu'il exprime par l’absence de liberté.
L'angoisse, introduite par la dimension de claustrophobie est accentuée par l’image de la mort à la fin du poème.
Le spleen, le problème intérieur de l'homme face à sa condition, a gagné l’idéal.

L'Homme est condamné à rester dans cet état.

Seule la poésie peut transcender ses barreaux.

Une forme fixe orientale : le pantoum
Fonctionnement du pantoum : reprise des vers 2 et 4 de la première strophe aux vers 1 et 3 de la deuxième strophe ; reprise des vers 2 et 4 de la deuxième strophe aux vers 1 et 3 de la troisième strophe.

L’utilisation de deux rimes seulement, en " oir " et " ige ", crée un sentiment d’harmonie et de régularité. On a donc un effet de valse, de spirale. C’est ce que l’on appelle l’effet imitatif, c'est-à-dire que la forme du poème correspond à son thème. Ici, la forme donne l’idée de l'harmonie (relation et équilibre entre les parties d’un tout).

Le terme Harmonie renvoie à la musique ainsi que les mots sons, valse, violon.

Le poème touche nos sens: l’odorat (les parfums), l’ouïe (sons, violon, valse), la vue (par la vue du paysage).


Ce poème préliminaire, " Au Lecteur "
est une sorte de pacte de lecture qui met l'accent sur la fraternité des hommes dans la déchéance, une fraternité de damnés, de victimes.
Le titre
vers classique de la poésie française - 12 syllabes
Suggérer des rapports secrets entre les sensations, le monde et les idées.
Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.


Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
L'invitation au voyage
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Le Voyage

À Maxime du Camp

I

Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes,
L'univers est égal à son vaste appétit.
Ah! que le monde est grand à la clarté des lampes!
Aux yeux du souvenir que le monde est petit!

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers:

Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme;
D'autres, l'horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d'une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.

Pour n'être pas changés en bêtes, ils s'enivrent
D'espace et de lumière et de cieux embrasés;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir; coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
Et, sans savoir pourquoi, disent toujours: Allons!

Ceux-là dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu'un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l'esprit humain n'a jamais su le nom!
II

Nous imitons, horreur! la toupie et la boule
Dans leur valse et leurs bonds; même dans nos sommeils
La Curiosité nous tourmente et nous roule
Comme un Ange cruel qui fouette des soleils.

Singulière fortune où le but se déplace,
Et, n'étant nulle part, peut être n'importe où!
Où l'Homme, dont jamais l'espérance n'est lasse,
Pour trouver le repos court toujours comme un fou!

Notre âme est un trois-mâts cherchant son Icarie;
Une voix retentit sur le pont: «Ouvre l'oeil!»
Une voix de la hune, ardente et folle, crie:
«Amour... gloire... bonheur!» Enfer! c'est un écueil!

Chaque îlot signalé par l'homme de vigie
Est un Eldorado promis par le Destin;
L'Imagination qui dresse son orgie
Ne trouve qu'un récif aux clartés du matin.

Ô le pauvre amoureux des pays chimériques!
Faut-il le mettre aux fers, le jeter à la mer,
Ce matelot ivrogne, inventeur d'Amériques
Dont le mirage rend le gouffre plus amer?

Tel le vieux vagabond, piétinant dans la boue,
Rêve, le nez en l'air, de brillants paradis;
Son oeil ensorcelé découvre une Capoue
Partout où la chandelle illumine un taudis.
III

Etonnants voyageurs! quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers!
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
Ces bijoux merveilleux, faits d'astres et d'éthers.

Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile!
Faites, pour égayer l'ennui de nos prisons,
Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,
Vos souvenirs avec leurs cadres d'horizons.

Dites, qu'avez-vous vu?
IV

«Nous avons vu des astres
Et des flots, nous avons vu des sables aussi;
Et, malgré bien des chocs et d'imprévus désastres,
Nous nous sommes souvent ennuyés, comme ici.

La gloire du soleil sur la mer violette,
La gloire des cités dans le soleil couchant,
Allumaient dans nos coeurs une ardeur inquiète
De plonger dans un ciel au reflet alléchant.

Les plus riches cités, les plus grands paysages,
Jamais ne contenaient l'attrait mystérieux
De ceux que le hasard fait avec les nuages.
Et toujours le désir nous rendait soucieux!

— La jouissance ajoute au désir de la force.
Désir, vieil arbre à qui le plaisir sert d'engrais,
Cependant que grossit et durcit ton écorce,
Tes branches veulent voir le soleil de plus près!

Grandiras-tu toujours, grand arbre plus vivace
Que le cyprès? — Pourtant nous avons, avec soin,
Cueilli quelques croquis pour votre album vorace
Frères qui trouvez beau tout ce qui vient de loin!

Nous avons salué des idoles à trompe;
Des trônes constellés de joyaux lumineux;
Des palais ouvragés dont la féerique pompe
Serait pour vos banquiers un rêve ruineux;

Des costumes qui sont pour les yeux une ivresse;
Des femmes dont les dents et les ongles sont teints,
Et des jongleurs savants que le serpent caresse.»
V

Et puis, et puis encore?

VI

«Ô cerveaux enfantins!

Pour ne pas oublier la chose capitale,
Nous avons vu partout, et sans l'avoir cherché,
Du haut jusques en bas de l'échelle fatale,
Le spectacle ennuyeux de l'immortel péché:

La femme, esclave vile, orgueilleuse et stupide,
Sans rire s'adorant et s'aimant sans dégoût;
L'homme, tyran goulu, paillard, dur et cupide,
Esclave de l'esclave et ruisseau dans l'égout;

Le bourreau qui jouit, le martyr qui sanglote;
La fête qu'assaisonne et parfume le sang;
Le poison du pouvoir énervant le despote,
Et le peuple amoureux du fouet abrutissant;

Plusieurs religions semblables à la nôtre,
Toutes escaladant le ciel; la Sainteté,
Comme en un lit de plume un délicat se vautre,
Dans les clous et le crin cherchant la volupté;

L'Humanité bavarde, ivre de son génie,
Et, folle maintenant comme elle était jadis,
Criant à Dieu, dans sa furibonde agonie:
»Ô mon semblable, mon maître, je te maudis!«

Et les moins sots, hardis amants de la Démence,
Fuyant le grand troupeau parqué par le Destin,
Et se réfugiant dans l'opium immense!
— Tel est du globe entier l'éternel bulletin.»
VII

Amer savoir, celui qu'on tire du voyage!
Le monde, monotone et petit, aujourd'hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image:
Une oasis d'horreur dans un désert d'ennui!

Faut-il partir? rester? Si tu peux rester, reste;
Pars, s'il le faut. L'un court, et l'autre se tapit
Pour tromper l'ennemi vigilant et funeste,
Le Temps! Il est, hélas! des coureurs sans répit,

Comme le Juif errant et comme les apôtres,
À qui rien ne suffit, ni wagon ni vaisseau,
Pour fuir ce rétiaire infâme; il en est d'autres
Qui savent le tuer sans quitter leur berceau.

Lorsque enfin il mettra le pied sur notre échine,
Nous pourrons espérer et crier: En avant!
De même qu'autrefois nous partions pour la Chine,
Les yeux fixés au large et les cheveux au vent,

Nous nous embarquerons sur la mer des Ténèbres
Avec le coeur joyeux d'un jeune passager.
Entendez-vous ces voix charmantes et funèbres,
Qui chantent: «Par ici vous qui voulez manger

Le Lotus parfumé! c'est ici qu'on vendange
Les fruits miraculeux dont votre coeur a faim;
Venez vous enivrer de la douceur étrange
De cette après-midi qui n'a jamais de fin!»

À l'accent familier nous devinons le spectre;
Nos Pylades là-bas tendent leurs bras vers nous.
«Pour rafraîchir ton coeur nage vers ton Electre!»
Dit celle dont jadis nous baisions les genoux.
VIII

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps! levons l'ancre!
Ce pays nous ennuie, ô Mort! Appareillons!
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre,
Nos coeurs que tu connais sont remplis de rayons!

Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte!
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe?
Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau!
Le terme Décadentisme vient d'un poème de Paul Verlaine où le poète dit :
“Je suis L’Empire à la fin de la décadence”.
Les thèmes fondamentaux sont :
- L'anticonformisme
Les romans décadents ne parlent pas de gens humbles mais d’individus d’exception

-L'esthétisme
Les personnages sont des esthètes ou dandy, des excentriques qui exaltent leur vie à travers l’amour pour l’art et la recherche de la beauté (Huysmans-D’annunzio-Wilde). Le dandy soigne sa parure, sa parole, il pratique la transgression. Le dandy ne crée pas son œuvre, son œuvre est la vie même.

‘Faire de sa vie une œuvre d’art.’ est la phrase qui synthétise cette attitude.

Il faut être toujours ivre. Tout est là: c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi? De vin, de poésie, de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est; et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront: "Il est l'heure de s'enivrer! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous; enivrez-vous sans cesse! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise."

Baudelaire: Petits poèmes en prose, XXXIII (1869)
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe?
Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau!

Le Voyage, derniers vers du dernier poème
LES FLEURS DU MAL
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