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Histoire de l'Art

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Céline Lestoquard

on 18 September 2018

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Histoire de l'Art
Bifurcation
En 323 l'empereur Constantin fait de l'Eglise chrétienne la religion d'Etat. Des églises furent construites sur le modèle des basiliques (marchés couverts et cours de justice). Pb posé de la décoration de ces basiliques : quel rôle donner aux images? Les statues, trop "vivantes" et rappelant les idoles païennes sont bannies. Quid de la peinture?

La peinture permet de remettre en mémoire les épisodes sacrés, vertu pédagogique
= point de vue de la partie latine, occidentale de l'Empire romain.
"La peinture peut être pour les illettrés ce que l'écriture est pour ceux qui savent lire"
disait le pape Grégoire le Grand.
Tout ce qui peut distraire l'attention du thème sacré doit être laissé de côté. L'histoire
doit être racontée aussi clairement et simplement que possible.

Parti des iconoclastes, appelés aussi briseurs d'images = parti hostile à toute représentation d'un thème religieux = point de vue des contrées orientales, de langue grecque, dont la capitale était
Byzance. En 754, tout art religieux est interdit dans l'Église d'Orient

Après un siècle de répression, le parti opposé aux iconoclastes revient au pouvoir.
Les images ne doivent plus être utiles : elles sont désormais considérés comme sacrées et doivent se montrer comme les mystérieux reflets du monde céleste
La peinture nécessite alors des modèles consacrés par une tradition ancienne.
Introduction
L'art et les artistes
Mystérieux débuts
une synthèse de H.G. Gombrich
L'Art n'a pas d'existence propre. Il n'y a que des artistes.
Il n'y a pas de mauvaises raisons d'aimer une statue ou un tableau.

La plupart des gens aiment à trouver dans un tableau ce qu'ils aiment dans la réalité.



Ceux qui s'initient à l'art veulent admirer avant tout une maîtrise de l'artiste à représenter le monde et recherchent des tableaux qui "ont l'air vrai".



Les gens sont heurtés souvent par des oeuvres qu'ils considèrent comme dessinées de façon incorrecte. Les artistes ont en fait le savoir-faire pour dessiner de manière "correcte". S'il s'en écartent, ils ont pour cela leur raison.

Peuples préhistoriques et peuples primitifs ; Amérique ancienne
Croyance universelle du pouvoir magique des images
Hypothèse pour les peintures rupestres de l'image peinte sur les murs de la future proie
Exemple des Américains pré-colombiens :
représentation très réaliste d'un visage /figuration symbolique du dieu de la pluie
Un art pour l'éternité
Egypte, Mésopotamie, Crète
Origine de l'art occidental situé en Egypte
Pyramides destinées à conserver le corps royal considéré comme divin, doublé d'une effigie garantissant à l'âme une existence éternelle
combinaison d'une régularité géométrique avec une observation aigue de la nature



Bas-reliefs et peintures murales ornant les murs des tombeaux destinées à assister les âmes dans l'autre monde
Intention : lisibilité et complétude des images ; chaque chose est représentée sous l'angle le plus caractéristique
Usage d'un code, série de lois très strictes
Style inchangé pendant près de 3000 ans
Le grand éveil
La Grèce du VIIè au Vè siècle av J.-C.
1
2
3
4
La terre de la beauté
La Grèce et le monde grec du IVè siècle av. J.-C. au Ier siècle de notre ère
Notion de beauté de plus en plus présente

Commentaires sur les statues de Praxitèle : charme, douceur, grâce
Idéalisation du corps sans raideur, réalisme du mouvement et du rendu de la chair
Pas d'individuation : visage sans expression, c'est le corps qui doit exprimer les mouvements de l'âme

1er portraits à l'époque d'Alexandre le Grand = art "hellénistique"
Une autre finalité apparaît : émouvoir
Des sujets autres que la représentation du corps intéressent les artistes ou artisans qui ornent les murs des villas de diverses scènes, de paysages, de natures mortes (Pompéi)
5
Conquérants d'Empires
Romains, Bouddhistes, Juifs et Chrétiens, du Ier au IVe siècle de notre ère
Portraits romains très ressemblants, mais persistance
d'un caractère sacré (encens brûlé devant le buste de
l'empereur en signe de soumission)
Enseignement grec mis au service de l'actualité
militaire : colonne Trajane



Art hellénistique et romain nourrissent l'art des empires d'Orient et l'art chrétien


6
Rome et Byzance du Ve au XIIIe siècle
7
Regards vers l'Est
L'Islam et la Chine du IIe au XIIIe siècle
8
Le creuset de l'art occidental
L'Europe du VIe au XIe siècle
Imitation des modèles égyptiens pour la statuaire

Ajout d'innovations successives + représentations davantage basées sur l'observation (exemple : raccourci)
Représentation qui tient compte d'un point de vue unique
Cerne + contraste fond /forme permet cependant encore une grande lisibilité

Statue de Phidias
Pallas-Athéna (11 m de haut en bois incrusté de matières précieuses) :
conception nouvelle du divin, puissance du beau

Habileté et science dans l'art de disposer les figures (héritage égyptien) et liberté de représenter le corps humain dans une position ou un mvt pouvant être utilisé pour refléter la vie intérieure d'un personnage
Religion de Mahomet encore plus rigoureuse : interdiction absolue des images, mais elle n'interdit pas l'expression artistique : mode subtil et délicat de l'arabesque.
En détournant les artistes des formes du monde réel, les a poussés vers l'imaginaire de la ligne et de la couleur pures.
Interprétation moins rigoriste par certains courants musulmans :
Peintures de figures et de scènes sans rapport avec la religion autorisées : miniatures persanes

Coutumes funéraires chinoises proches de celles des Égyptiens.
Courbes et ondulations dominent.

Autre influence religieuse de l'art chinois : le bouddhisme
Dimension spirituelle et contemplative dans la création et la réception
A la cour de Charlemagne, on s'efforce de maintenir vivante la tradition romaine. Dans les manuscrits, les enluminures reprennent un modèle de manière plus ou moins fidèle.
L'artiste médiéval a appris à exprimer ce qu'il éprouve. L'objectif est de communiquer l'esprit de l'histoire sainte.
On retrouve cette économie de moyens dans l'art non-religieux, dans lequel l'artiste concentre l'attention sur ce qu'il juge important.
9
L'Église militante
Le XIIe siècle
Siècle des croisades ; nouveaux contacts avec l'art byzantin
Immenses possibilités qui s'ouvrent aux artistes dès lors qu'ils renoncent à toute ambition de représenter les choses telles qu'elles sont.
Représentation simplifiée et synthétique, nourrie de symboles
Compositions parfois complexes
10
L'Église triomphante
Le XIIIe siècle
On passe de l'art roman à l'art gothique, avec des ouvertures plus importantes faisant largement entrer la lumière et une structure plus légère.
Les sculptures semblent elles aussi plus légères, moins massives que le siècle précédent. Désir d'insuffler la vie à ses figures, de les rendre plus expressives.
Objectif : raconter un épisode sacré de façon émouvante et naturelle
Les artistes commencent à se passer de modèles traditionnels.
L'art italien emprunte la technique byzantine héritée de l'hellénisme et traduit en peinture les statues si vivantes des sculpteurs gothiques.
Fresques de Giotto : retrouve l'art de créer l'illusion de la profondeur, cherche à figurer ce que l'on verrait si on assistait à la scène, à placer le spectateur comme s'il était témoin de la scène.
11
Gens de cour et Bourgeois
Le XIVe siècle
Enluminure mêlant un épisode biblique, récit simplifié et symbolique et une scène de la vie quotidienne, nourrie par une observation fidèle.
En Italie, peintres siennois imprégnés de la manière byzantine et des expériences de Giotto.
Simone Martini et d'autres peintres du XIVe siècle réalisent des portraits d'après nature. 1er autoportrait réalisé par Peter Parler le Jeune
L'Europe de l'Eglise romaine formait un tout. Style né de ces échanges mutuels appelé "style international"
Désir de reproduire finalement la nature, on s'engage alors vers la Renaissance
12
La Conquête de la réalité
Les débuts du XVe siècle
Dans l'esprit de Italiens, l'idée d'une Renaissance, d'un renouveau, étroitement lié à celle d'une renaissance de la grandeur romaine.
Idée que la période intermédiaire était un moyen âge.
Les Italiens voyant dans les Goths les destructeurs de l'Empire romain, ils désignèrent l'art de cette période comme gothique (= barbare).
Siècles troublés par de nombreuses guerres, et des invasions multiples (Goths, Vandales, Saxons, Danois et Vikings)
Groupe de jeunes artistes florentins entreprennent de créer cet art du renouveau. Comme les grecs et les romains qu'ils admirent, étudient le corps humain en faisant poser des modèles vivants.
Brunelleschi, introduit dans l'architecture les éléments de la construction classique : colonnes, frontons et corniches imité des ruines romaines, découvre les lois de la perspective.
Dans les pays du Nord, quelques artistes aspirent aussi à cette conquête de la réalité grâce à une observation minutieuse de la nature, sans être attachés à l'idéal grec et romain. Van Eyck invente la peinture à l'huile. Artiste = oeil-enregistreur.
Deux méthodes pour obtenir l'illusion de la réalité
Italiens : armature de lignes perspectives, connaissance de l'anatomie et des lois du raccourci / Flamands : ajout de détails multiples
13
Tradition et innovation I
La fin du XVe siècle en Italie
Développement en Europe des corporations d'artistes. Apprentis admis chez les maîtres.
Peintres et sculpteurs florentins ajustent méthodes nouvelles et traditions anciennes.

Dès l'instant où le tableau est considéré comme un miroir de la réalité, le pb de la disposition des figures devient ardu : comment concilier vraisemblance, lisibilité et harmonie de l'ensemble ?
L'art n'est plus seulement un moyen de raconter et exprimer un épisode sacré. Il est aussi recherche de beauté et plénitude.
14
Tradition et innovation II
Le XVe siècle dans les pays du Nord
Le Nord reste fidèle à la tradition gothique à travers tout le XVe siècle
Malgré l'apport de Van Eyck, les artistes continuent à suivre la tradition et l'usage, esprit médiéval conservé.
Jean Fouquet : exemple de synthèse entre l'art italien (qu'il est allé étudier) d'installer des figures dans un espace et l'art flamand de représenter matières et textures diverses.
Survivance de la tradition gothique chez Rogier Van der Weyden
Invention de l'imprimerie au milieu du XVe siècle en Allemagne. Diffusion des images, gravures de la Renaissance italienne fournissent un répertoire de modèles.
15
La perfection de l'harmonie
Rome et la Toscane au début du XVIe siècle
Cinquecento = période la plus glorieuse de l'art italien.
Les artistes ne sont plus de simples artisans mais des hommes indépendants, choisissant leurs commanditaires librement.
Léonard de Vinci : considère que l'artiste doit explorer le monde visible de la manière la plus complète et large possible. Etudie le corps humain (dissection), le mouvement des vagues, le vol des insectes et oiseaux, la forme des rochers et des nuages... Remonte au texte des écritures pour la représentation de sa cène.
Pour éviter la raideur et le manque de vie des figures, Vinci laisse quelque chose à deviner : usage du sfumato (contour enveloppé, couleurs adoucies)

Michel- Ange puise dans l'étude de la sculpture antique un goût pour la représentation du corps en mouvement et du jeu des muscles
Raphaël : maîtrise dans l'agencement des figures, idéalisation du modèle

16
Lumière et couleur
Venise et l'Italie du Nord au début du XVIe siècle
Travail de la lumière et de la couleur à Venise peut-être lié à cette atmosphère de lagune qui adoucit les contours et noie les couleurs dans un éblouissement de lumière
Florentins donnent unité et style par le dessin (perspective et composition) / Vénitiens emploient la couleur
Bellini : atmosphère chaude et lumineuse, velouté des couleurs
Girorgione : pour la première fois, paysage sujet du tableau, et la peinture n'est plus l'adjonction de la couleur au dessin
Titien : néglige les règles séculaires de la composition, de la tradition iconographique ; harmonie par la couleur et la lumière
Corrège : se sert de la couleur et plus encore de la lumière pour contrebalancer les formes et diriger le regard du spectateur.
17
La Renaissance au nord des Alpes
L'Allemagne et les Pays-Bas au début du XVIe siècle
Artistes du Nord découvrent la Renaissance italienne et sont frappés par le traitement scientifique de la perspective, la connaissance de l'anatomie et la reprise des formes de l'architecture antique
En Allemagne, Albrecht Dürer : héritier des sculpteurs gothiques teinté de fantastique, de Van Eyck dans ses dessins d'observation, des italiens dans l'idéalisation du corps humain
Matthias Grünewald : se considère comme un honnête artisan héritier de la tradition gothique, intégrant les innovations italiennes lorsque cela cadrait avec son ambition, celle de proclamer les saintes vérités enseignées par l'Eglise.
1er paysage sans personnage peint par Albrecht Altdorfer
Aux Pays-Bas, artistes tentent d'intégrer à leur peinture les nouveautés italiennes : Mabuse peint des personnages dans la tradition de Van Eyck en les plaçant dans un cadre nouveau, Jérôme Bosch lui, refuse le modernisme italien et loin de se rapprocher de la réalité, développe un monde imaginaire.
18
Une période critique
L'Europe vers la fin du XVIe siècle
En 1520, l'opinion générale est que les maîtres italiens ont atteint une perfection indépassable.
Michel-Ange est abondamment copié, parfois de manière ridicule = maniérisme
Parmesan s'écarte de la tradition, rompt avec l'exactitude des proportions et la réalité de l'espace, tout en empruntant à Michel-Ange et Raphaël.
Le Tintoret, désir d'émouvoir et pas seulement de plaire au yeux, dramatisation des scènes : contraste violent de la lumière et de l'ombre, effets outrés de perspective, compositions dynamiques.
Critiqué pour son manque de fini.
Le Greco, originaire de Crète , familier de la manière byzantine, s'écarte des formes et des couleurs naturelles, à la recherche d'une vision dramatique et émouvante.
Dans les pays du Nord, crise de la Réforme : de nombreux protestants n'admettaient ds les églises ni peintures ni sculptures, considérant toute figuration religieuse comme une survivance d'idolâtrie papiste. Ne restent que les portraits et l'illustration de livres. Holbein quitte la Suisse pour l'Angleterre et devient le peintre de cour du roi Henri VIII.
Aux Pays-Bas,au lieu de se limiter aux portraits, les artistes exploitèrent tous les sujets non-religieux : peinture de genre. Pour Bruegel, scènes de la vie paysanne
19
La diversité de la vision
L'Europe catholique. Première moitié du XVIIe siècle
Le baroque succède au style de la Renaissance prolongé par le maniérisme. Terme péjoratif désignant les architectes qui s'éloignent des règles strictes de l'architecture antique, manifestant un manque de goût.
En peinture, s'opposent deux maîtres:
Carrache, qui recherche une idéalisation de ses figures et se nourrit de modèles classiques.
Caravage, qui souhaite montrer la réalité toute crue, fût-elle laide.
Autre opposition entre les partisans du dessin, classicisme de Nicolas Poussin et celui de la couleur, le baroque de Rubens (ressources expressives de la touche)

Peintres de cour : Van Dyck en Angleterre

Diego Velasquez, en Espagne.
Marqué par Caravage, puis s'en éloigne.
20
Le miroir de la nature
La Hollande au XVIIe siècle
Les conséquences de la réforme affectèrent particulièrement les Pays-Bas.

Frans Hals : portraitiste à la mode, vivacité de la touche
Concurrence rude, peintres se spécialisent dans un genre particulier : par exemple Jan van Goyen.
Rembrandt, peintre virtuose, capacité à suggérer par quelques touches, à refléter l'âme de ses modèles.
Tonalité de ses tableaux assez sombres, avec des éclats lumineux.
Genre cher aux hollandais : la nature-morte, champ d'expériences picturales. Le sujet devient prétexte.
Avec Vermeer, la peinture de genre renonce à toute tendance anecdotique.
21
La puissance et la gloire
L'Italie et la France, deuxième moitié du XVIIe siècle et début du XVIIIe siècle
En Italie, art théâtral destiné à susciter un sentiment de ferveur religieuse voire d'exaltation mystique incarné en particulier par le Bernin
Art du trompe l'oeil pictural, étourdissement du spectateur dans les fresques sur les murs et plafonds
22
Le siècle des Lumières
France et Angleterre au XVIIIe siècle
En France, Watteau travaille à une peinture qui orne les demeures et contribue à former le goût rococo, vision d'un monde aristocratique de gracieuse et élégante courtoisie.
En Angleterre, Reynolds et Gainsborough sont sollicités et admirés pour leurs portraits alors qu'ils aspirent à peindre autre chose : peinture d'histoire pour l'un, peinture de paysages pour l'autre.
En France, le monde de féerie aristocratique se défait peu à peu ; les peintres s'attachent à la vie quotidienne. Chardin excelle dans cette peinture de genre.
L'art du portrait se développe également, montrant cet intérêt nouveau porté à l'individu, l'enjeu étant de parvenir à refléter l'âme et l'esprit.
23
Rupture dans la tradition
France, Angleterre, Amérique, fin du XVIIIe et début du XIXe siècle
La formation des artistes ne se fait plus par l'apprentissage dans l'atelier d'un maître mais dans des écoles nommées Académies qui à Paris puis Londres organisent des expositions des œuvres de leurs élèves.
Les artistes méprisent peu à peu les sujets traditionnels et choisissent pour thème tout ce qui éveille leur intérêt (histoire plus ou moins récente, scène tirée du théâtre...)
L'artiste officiel des révolutionnaires français, Jacques-Louis David fournit des portraits héroïques des martyrs de la Révolution.
En Espagne, Goya portraiture la famille royale sans aucune complaisance. Il montre dans ses gravures des visions fantastiques avec une grand liberté.
Le poète anglais William Blake dessine comme il écrit des poèmes, bousculant les traditions.
Chez Turner, très marqué par Claude Lorrain, l'art exprime les émotions de l'homme devant les puissances qui le dépassent. Constable lui, cherche à voir par ses propres yeux.
24
La révolution permanente
Le XIXe siècle
Le rejet des traditions ouvre au XIXe siècle une absolue liberté de choix. Un fossé se creuse entre les artistes qui travaillent pour le goût du public et ceux qui le dédaignent. Dès lors l'histoire de l'art ne coïncide plus avec celle de l'art officiel.
La possibilité d'un art qui soit expression de soi émerge.
Ingres, élève de David est le chef de file des conservateurs, Delacroix celui de ceux qui refusent les normes de l'Académie. S'oppose aussi à travers eux les partisans du dessin et ceux de la couleur.
Une autre révolution porte sur le choix du sujet : Millet fait d'une scène de travaux des champs un sujet digne d'être peint. Courbet, comme Caravage cherche à montrer la vérité toute crue. Il promeut un art "réaliste".

Après Courbet, Manet cherche à démasquer tout ce qui n'est que convention. L'art traditionnel n'a atteint qu'à une représentation des plus artificielles des êtres et des choses : la peinture d'atelier affecte les couleurs des tableaux par un jeu conventionnel du clair et de l'obscur. En sortant de l'atelier, Manet et ses amis montrent le monde tel qu'il apparaît à l'oeil et non pas tel que l'esprit le conçoit. En 1863, le jury refuse de présenter ses œuvres au Salon officiel, ainsi né le Salon des refusés.

Claude Monet préconise de travailler exclusivement "sur le motif". Le peintre doit alors saisir l'aspect fugitif des choses, et accepter le manque de fini qui exaspère les critiques. ("ils prennent une toile, de la peinture et un pinceau, répandent de la couleur au hasard et apposent leur signature."
Le choix des sujets est également révolutionnaire : une gare devient digne d'intérêt.
Renoir, dans le Moulin de la Galette veut rendre l'effet du soleil tamisé par la verdure sur une foule tournoyante.
L'apparition de la photographie et son développement a contribué à faire apprécier un cadrage ou un point de vue inattendu. On lui confie par ailleurs la tâche de conserver le souvenir, en offrant ainsi un surcroît de liberté à la peinture.
L'estampe japonaise fournit aux impressionnistes une tradition étrangère aux règles et clichés académiques. Degas exploite avec brio ces nouvelles possibilités.
Le même reproche de non fini est fait en sculpture à Rodin qui préfère laisser quelque chose à l'imagination du spectateur. Il affirmait à l'instar de Rembrandt les dits de l'artiste à considérer son œuvre comme achevée lorsqu'il a atteint son objectif artistique.
25
À la recherche de critères nouveaux
La fin du XIXe siècle
On pourrait considérer les Impressionnistes comme les premiers "modernes" car défiant tous les académismes. Mais au fond ils continuaient à poursuivre la même intention depuis la Renaissance : peindre une image qui donne l'illusion du réel , leur conflit avec les conservateurs portant essentiellement sur les moyens.
Cézanne, indépendant financièrement se détache des impressionnistes pour mener ses propres recherches. Il souhaite ce contact direct avec la nature cher aux Impressionnistes tout en travaillant à une "solidité" des formes et à une clarté de la composition. Si la déformation de la nature peut l'aider à atteindre le but de sa recherche artistique, il y a recourt.
Seurat étudie la théorie scientifique de la vision des couleurs et construit ses tableaux par la juxtaposition de petites touches de couleurs pures (le pointillisme). Pour rendre lisible ses tableaux, les formes sont simplifiées.
Van Gogh, emploit des tons vifs et purs, "des teintes plates et franches" sa touche est très présente. C'est pour lui le moyen d'exprimer ses émotions. Il choisit ses motifs (chaumes, oliviers, champs de blé) pour faire vivre cette touche.
Gauguin cherche dans son séjour à Tahiti une expression directe, un aspect sauvage et primitif. Il peint par larges surfaces de tons intenses sans se soucier de l'effet de planéité qui en découle.
Bonnard se soucie peu lui aussi de suggérer la profondeur.
Henri de Toulouse-Lautrec applique cette économie de moyens hérité des Japonais à une forme d'art nouvelle, l'affiche.
L'art moderne né des trois voies ouvertes par les trois insatisfaits de impressionnisme : Cézanne génère le cubisme, Van Gogh l'expressionnisme et Gauguin le primitivisme.
Pour visualiser une image double-cliquez dessus.

Double-cliquez à côté de l'image pour revenir à la vue précédente.
E.H.Gombrich,
Histoire de l'Art,
Phaidon, 2001, 1ère édition Phaidon Press, 1950


Des goûts et des couleurs on ne peut discuter, dit le proverbe. Mais il ne faudra pas déduire qu'on ne peut éduquer le goût.
Il y a toujours dans l'art, du nouveau à découvrir. Les grandes oeuvres ont quelque chose d'inépuisable et d'imprévisible, comme l'être humain.
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