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Gustave Flaubert: La beauté par l'écriture

La beauté par l'écriture
by

Alma Bibolotti

on 17 April 2015

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Transcript of Gustave Flaubert: La beauté par l'écriture

Biographie et oeuvres
Gustave Flaubert
Il est né à Rouen en 1821, fils du chirurgien de l’hôpital de la ville.
Gustave Flaubert passe son enfance en Normandie où il connaît la monotonie de la vie de province.
Après le bac, il commence des études de droit, sans conviction.
Il y renonce à cause d’une maladie nerveuse et s’installe dans sa propriété de Croisset: il s'isole et se consacre à l’écriture.
L'année 1846 est une année sombre : Flaubert perd son père et sa sœur, ce qui accentue sa mélancolie.
Il refuse de participer à la vie mondaine et prône le culte de l'Art comme remède à «cette triste plaisanterie de la vie.»
Il ne s'éloigne de sa table d'écrivain que pour quelques rares voyages à Paris, où il retrouve Louise Colet, sa maîtresse avec qui il entretient une correspondance abondante et spirituelle. 
Après un voyage en Egypte (1849) il entreprend la rédaction d'un roman dont la préparation est gigantesque.
En effet Flaubert met 53 mois pour écrire Mme Bovary (de septembre 1851 à avril 1856) en travaillant 12 heures par jour, et élabore près de 70 plans. L'écrivain applique sa méthode de travail : il fait des recherches pour être le plus «vrai» possible.
«J'ai le regard penché sur les mousses de moisissure de l'âme. (…)Je veux qu'il n'y ait pas dans mon livre un seul mouvement, ni une seule réflexion de l'auteur.»
L'écriture de Madame Bovary extraits des lettres à Louise Colet (janvier 1852-54)
«Tout ce qu'on invente est vrai, sois-en sûre. La poésie est une chose aussi précise que la géométrie. (…) Ma pauvre Bovary , sans doute, souffre et pleure dans vingt villages de France à la fois, à cette heure même.»
«Quand j'écrivais l'empoisonnement de Madame Bovary j'avais si bien le goût de l'arsenic dans la bouche, j'étais si bien empoisonné moi-même que je me suis donné deux indigestions coup sur coup, - deux indigestions réelles, car j'ai vomi tout mon dîner.» A Hippolyte Taine, 1866.
Madame Bovary
Sources
poets.
Fille d'un riche fermier normand, Emma Rouault est éduquée dans un couvent. C'est là que son imagination s'enflamme à la lecture des livres romantiques. A sa sortie du couvent, elle a pris la campagne en dégoût. Elle épouse le premier prétendant qu'on lui présente croyant éprouver de l'amour; Charles Bovary, un médecin médiocre, devient son mari.
Emma aspire à vivre dans le monde de rêve dont parlent les romans qu'elle a lus. Mais son mariage devient rapidement insipide et monotone.
Arrive le bal donné au château de la Vaubyessard: ce bal marque une étape déterminante dans la vie d’Emma, lui laissant entrevoir les charmes de la vie privilégiée dont elle rêve.
Cependant, le décalage qu'elle découvre avec sa propre vie déclenche chez elle une maladie nerveuse; Emma s’ennuie et sombre dans la dépression.
Son mari décide alors de quitter le petit village de Tostes pour s'installer à Yonville. Là, elle fait la connaissance des personnalités locales, Homais, pharmacien progressiste et athée, le curé Bournisien, Léon Dupuis, clerc de notaire, Rodolphe Boulanger, gentilhomme campagnard.
La naissance d’une fille, Berthe, la distrait un peu, mais bientôt Emma se laisse séduire par Rodolphe. Elle veut s'enfuir avec son amant qui, lâche, l'abandonne. Emma croit en mourir; elle traverse d'abord une crise de mysticisme: plus tard, au théâtre de Rouen, elle revoit Léon, revenu de Paris. Elle devient sa maîtresse.
Les romans les plus connus 
- Madame Bovary (1857) 
- Salammbô (1862) 
- L'Education sentimentale (1869) 
- La Tentation de Saint-Antoine (1874) 
- Bouvard et Pécuchet  ou le Dictionnaire des idées
reçues (1881 - inachevé) 

«Tu n'as point, je crois, l'idée du genre de ce bouquin. (…) Nul lyrisme, pas de réflexions, personnalité de l'auteur absente. Ce sera triste à lire ; il y aura des choses atroces de misère et de fétidité.»
«Ce livre me tue ; je n'en ferai plus de pareils. Les difficultés d'exécution sont telles que j'en perds la tête dans des moments. (…)La fétidité du fonds me fait mal au cœur.»
«Madame Bovary n'a rien de vrai. C'est une histoire totalement inventée. L'illusion (s'il y en a une) vient au contraire de l'impersonnalité de l'œuvre.
Lettre à Mlle Leroyer de Chantepie, 1857.
«Quand j'écrivais l'empoisonnement de Madame Bovary j'avais si bien le goût de l'arsenic dans la bouche, j'étais si bien empoisonné moi-même que je me suis donné deux indigestions coup sur coup, - deux indigestions réelles, car j'ai vomi tout mon dîner.» A Hippolyte Taine, 1866.
Emma invente des mensonges pour revoir Léon, et dépense des sommes importantes, qu'elle emprunte à un marchand trop complaisant, Lheureux.
Un jour, celui-ci exige d'être remboursé.
Menacée par une saisie de ses biens, Emma tente d'emprunter auprès de Léon, puis de Rodolphe.
Tous deux la repoussent: déçue par ses amants, accablée de dettes et plus seule que jamais, Emma se suicide avec l'arsenic dérobé chez le pharmacien.

L’influence d’une éducation religieuse, la bêtise, la lâcheté ou la méchanceté des hommes qui l’entourent, conduisent Emma à une faillite financière et amoureuse.
Un échec clôt toute tentative d’évasion.

Les thèmes du roman

La bêtise et la médiocrité dominant
la France de cette époque-là.

L'échec et l'ennui.

Lucidité et illusion dans le rapport au monde.

Emma entre illusion et réalité
Le portrait d’Emma se construit tout au long du roman, le plus souvent à travers le regard d'un autre personnage.
Charles est incapable de comprendre le mal dont souffre son épouse.
Emma se crée alors une existence illusoire faite de robes élégantes et de grandes passions. La médiocrité de son mari et la misère de son milieu la livrent sans défense à un premier amant qui l'abandonne.
La brutalité de Rodolphe prépare la malheureuse à goûter la délicatesse de Léon, mais celui-ci n'est que lâcheté déguisée et égoïsme faussement tendre.
Même dans ses relations avec ses amants, Emma finit par être déçue. La répétition des désillusions accroît le sentiment d'échec.
Les beaux songes d’Emma vont tomber dans la bourbe «comme des hirondelles blessées».

Le style indirect libre
Par rapport à Balzac, Flaubert rend plus rare l'utilisation du discours direct (dialogue).
La portée ironique du texte
Nous savons cependant que ce propos est rapporté par un narrateur qui ne peut pas considérer Rodolphe comme un être « bon et généreux ».
La description expressive
La focalisation interne
L’impersonnalité
Le caractère novateur du style de Flaubert
Pourquoi ‘Madame Bovary’ est une œuvre fondamentale?

Flaubert introduit de nombreuses innovations au niveau de la technique narrative.
A la différence de Balzac, Flaubert croit que le narrateur ne doit pas se révéler dans son oeuvre.

Ce désir d'impersonnalité de Flaubert provient de sa méfiance à l'égard du romantisme. Mais la véritable motivation de Flaubert, c'est de viser à l'universel : pour cela, il faut dépouiller l'expression de ce qu'elle a de trop personnel.

“L’auteur, dans son oeuvre, doit être comme Dieu dans l’univers, présent partout, visible nulle part.”
«Nul lyrisme, pas de réflexion, personnalité de l'auteur absente»
Flaubert dit que souvent les dialogues se réduisent à des «monologues», car personne n’est à l’écoute de l’autre. Chacun est renvoyé à sa solitude car il n'y a pas de véritable échange.
Ainsi, pour traduire la pensée et la psychologie de ses personnages et cacher sa voix dans la narration, Flaubert privilégie le style indirect libre.

C’est un type de discours qui efface les verbes introduisant les mots des personnages, ce qui rend impossible au lecteur de les attribuer au narrateur ou au personnage.
Le discours indirect libre exprime un contenu de pensée du personnage. Il permet au lecteur de se situer à la fois à l'intérieur et à l'extérieur du personnage.

Exemple : « le souvenir de Rodolphe... lui avait passé dans l'âme. Il était si bon, si délicat, si généreux ! ».

Le lecteur participe à l'enthousiasme d'Emma mais perçoit aussi sa naïveté.

C'est de ce décalage entre ce que pense le personnage et la vision du monde du narrateur, que naît la portée ironique du discours rapporté.
Les descriptions abondent. Il s’agit de descriptions qui apportent un soutien à l'analyse psychologique: une correspondance s'établit entre les objets, l’espace qui entoure le personnage et son état d’âme.

«Les jours qu’il faisait beau, elle descendait dans le jardin. (…) On n’entendait pas d’oiseaux, tout semblait dormir, l’espalier couvert de paille et la vigne comme un grand serpent malade sous le chaperon du mur, où l’on voyait, en s’approchant, se traîner des cloportes à pattes nombreuses. Dans les sapinettes, près de la haie, le curé en tricorne qui lisait son bréviaire avait perdu le pied droit et même le plâtre, s’écaillant à la gelée, avait fait des gales blanches sur sa figure. »

Dans ce passage, le sommeil des choses, les cloportes qui se traînent, la statue abîmée, représentent leur équivalent subjectif: les déceptions, l'ennui d’Emma.

A la dégradation physique du monde correspond la dégradation psychologique.

Refusant l'omniscience du narrateur, Flaubert, contrairement à Balzac qui connaît tout de ses personnages, utilise une  focalisation fixe et interne.

Le point de vue sur les événements est celui d'Emma; son regard influence le jugement que le lecteur va formuler sur les personnages qui bougent autour de la protagoniste.

La polyphonie du texte
Le style flaubertien est caractérisé par
la multiplication des voix narratives.

le romancier nous livre ses personnages à travers la vision d’autrui: il en résulte un jeu de miroirs dans lequel les images sont renvoyées déformées.

Par exemple, Emma est tantôt la paysanne dans laquelle Charles va voir l’image de son idéal féminin, tantôt la campagnarde que Rodolphe entend séduire par jeu, tantôt la femme sensuelle que Lheureux flatte pour mieux en tirer profit.

L'unité du sujet parlant est mise en cause, annonçant les orientations narratives du 20e siècle.

Précurseur de la modernité
Auteur profondément pessimiste qui se situe à la charnière du romantisme et du réalisme
Il analyse et critique la société de son époque: il en montre le ridicule, les préjugés, les lieux communs.

Il décrit la réalité avec une objectivité et une précision presque scientifiques.

Il concentre son attention
sur le style plus que sur l'intrigue

Il introduit le style indirect libre dans l'écriture romanesque.
Il refuse l'omniscience du narrateur

Il commence le travail de démolition des éléments de la narration romanesque traditionnelle

Cependant, le décalage qu'elle découvre avec sa propre vie déclenche chez elle une maladie nerveuse; Emma s’ennuie et sombre dans la dépression.
Son mari décide alors de quitter le petit village de Tostes pour s'installer à Yonville. Là, elle fait la connaissance des personnalités locales, Homais, pharmacien progressiste et athée, le curé Bournisien, Léon Dupuis, clerc de notaire, Rodolphe Boulanger, gentilhomme campagnard.
La naissance d’une fille, Berthe, la distrait un peu, mais bientôt Emma se laisse séduire par Rodolphe. Elle veut s'enfuir avec son amant qui, lâche, l'abandonne. Emma croit en mourir; elle traverse d'abord une crise de mysticisme: plus tard, au théâtre de Rouen, elle revoit Léon, revenu de Paris. Elle devient sa maîtresse.
L'œuvre paraît en 1857. L’écrivain est poursuivi pour atteinte aux bonnes mœurs, mais il est finalement acquitté.
La critique de "L’Education sentimentale", ouvrage auquel il a consacré sept ans et qu’il publie en 1869, est mauvaise
Epuisé, dépité de tout et harcelé par les difficultés financières, il meurt d’une hémorragie cérébrale, avant d’avoir pu finir "Bouvard et Pécuchet".
S. Doveri, R. Jeannine - Au fil des pages, Europass
L'Encyclopédie de l'Agora
études littéraires
PPT Sabrina Munoz Flaubert et Madame Bovary
P. Cortot - L'Esprit des mots, Loesher
Le Bovarysme
Même aux jours de son adultère le plus enivré, l'abîme profond de son cœur n’est pas comblé: « elle s'avouait ne rien sentir d'extraordinaire». Elle est surprise de ne pas éprouver ce bonheur qu'elle imaginait autrefois.

Son drame est de croire qu'elle vit des sentiments qu'elle n'éprouve pas. Elle se conçoit toujours autre qu'elle n'est: c'est ce qu'on nommera le bovarysme. Ce terme indique la tendance à se nourrir d’illusions, le conflit entre ce qu'on pense être et ce qu'on est vraiment.

La créature humaine, telle que Flaubert la montre, s'isole de la réalité. Le malheur résulte du conflit entre cette réalité inéluctable et cette personne isolée.

Madame Bovary est le roman de la désillusion et du désenchantement.

Ce que Flaubert nous livre est une vision pessimiste d’une société où triomphent les intérêts mesquins, la bêtise et où l’idéalisme n’a pas de place.

Flaubert partage le dégoût d’Emma pour le monde étriqué qui l’entoure, bien qu’il cherche à le sublimer par le travail artistique.

«Je me suis efforcé d’aller dans l’âme des choses»
Flaubert croit que la littérature doit aider à la connaissance de l’homme au même titre que les sciences.
Mais le domaine d’investigation du romancier est plus complexe que celui des savants, car il s’agit de l’âme humaine , de la vie.
Ainsi, en étudiant un phénomène particulier, le romancier arrive à montrer quelque chose d’universel.
Le personnage d’Emma Bovary était si représentatif de toute une catégorie de femmes que Flaubert pouvait affirmer:
«Ma pauvre Bovary souffre et pleure dans vingt villages de France à la fois.»

Un pessimisme fondamental
Le roman se termine sur la vision grinçante de ce monde. Emma est une victime: les vrais coupables ne sont pas punis ou ils sont même récompensés.

Rodolphe n’éprouve aucun remords, Lheureux fait fortune; Homais, champion de bêtise prétentieuse, «reçoit la croix d’honneur». Finalement, la bêtise du pharmacien et la cupidité du commerçant triomphent dans cette société bourgeoise. L’arsenic du premier, et l’argent que réclame le second, condamnent Mme Bovary et ses rêves de bonheur.

Rodolphe, Léon, Lheureux et Homais incarnent la figure du bourgeois. D’ailleurs être bourgeois constituait aux yeux de Flaubert la plus grave des tares. Pour lui, «quiconque pense bassement» est bourgeois.

La mission de l’artiste: créer la beauté
Selon Flaubert la réalité est désagréable, impure et indigne: elle suscite un profond pessimisme.

C’est dans la pratique de la littérature que l’homme s’échappe de la réalité, qu’il se rachète. L’importance de l’art, de la littérature, réside donc dans son pouvoir de transcender les exigences de la vie.


Pour Flaubert, comme pour Baudelaire, l’art est supérieur à la vie et fournit un accès au domaine de l’idéal que la vie n’offre plus.

L’importance du style
«Le seul moyen de ne pas être malheureux, c'est de s'enfermer dans l'art et de compter pour rien tout le reste». 
L’artiste doit se détacher du monde pour pouvoir se consacrer à son travail. Flaubert insiste sur la solitude et la discipline que l’écriture exige. Par conséquent, tout le travail de l’écrivain se concentre sur le style: la recherche du mot, des sonorités qui puissent définir un sentiment, une situation, en transformant un sujet banal en quelque chose de remarquable.

Alma Bibolotti - Bibofle
" L'histoire que Flaubert nous raconte est celle de la médiocrité; et cette déception que nous éprouvons, c'est le moment où nous découvrons que le réel est aussi le médiocre, l'ennui, mais c'est aussi ce que nous rêvons d'abord. Et le romanesque réside en ce mouvement qui va du rêve au réel (...) de ce que pourrait être notre vie à ce qu'elle est. Le roman de Bovary n'est-il pas en fin de compte l'histoire du réel, c'est à dire le surgissement d'un éternel ennui? "
G Bollème, La Leçon de Flaubert, Julliard, 1964
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