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Copy of Copy of L'entrevue individuelle

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Katie Desbiens

on 11 March 2014

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L'entretien individuel
Introduction
Entretien structuré ou directif
Ce type d'entretien offre un caractère uniforme de l'entrevue où la communication interpersonnelle est fort contrôlée et est empreinte d'un degré élevé de spécificité. En effet, le champs exploratoire est totalement structuré.

Les questions sont introduites selon une séquence pré-établie et elles sont formulées en des termes rigoureusement choisis (Daunais, 1992).

Mayer et Saint-Jacques précisent que les données sont recueillies lors d'un entretien en face à face ou par téléphone (2000).
Entretien semi-structuré ou semi-directif
Le but de l'entrevue semi-dirigée d'apprendre, non seulement à propos du monde de l'autre, mais aussi, pour les interlocuteurs, d'organiser et de structurer leur pensée. Ils sont ainsi en mesure de produire un savoir en situation, une co-construction de connaissances, grâce à l'interaction vécue. Les perspectives de l'un influencent la compréhension de l'autre (Savoie-Zajc, 2003).

Il s'agit probablement du type d'entretien le plus souvent utilisé en analyse qualitative (Mayer et Saint-Jacques, 2000). Les auteurs distinguent deux formes d'entretien semi-structuré: l'entrevue centrée, et l'entrevue à questions ouvertes.

L'entrevue centrée offre un degré de liberté important, quoique plus limité que pour l'entrevue en profondeur. Les thèmes abordés dans l'entrevue centrée sont déterminés à l'avance. La présence des thème permet d'encadrer les question et le contenu de l'entrevue, ce qui influence le niveau de profondeur atteint.
L'entrevue à questions ouvertes constitue l'autre forme d'entretien semi-structuré. "Cette forme d'entrevue s'accompagne d'un guide d'entretien comportant une série de questions ouvertes" (Mayer et Saint-Jacques, 2000, p.120). Le degré le liberté est quelque peu réduit par la formulation des questions. La personne interrogée peut tout de même s'exprimer de façon assez libre, mais répondra tout de même aux questions posées.

L'entretien semi-structuré est ni entièrement ouvert, ni entièrement fermé. Le chercheur dispose d'un certain nombre de thèmes et de questions, relativement ouvertes (qui laisse place à l'élaboration).

Le chercheur essaie de recentrer l'entretien (Lefèvre, 2010).
Entretien non-structuré ou non-directif ou libre
L'entretien non-structuré porte sur les rapports entre la personne interrogée et le thème étudié. Il se prête bien à l'étude en profondeur des pratiques et des processus (Mayer et Saint-Jacques, 2000).

Selon Daunais (1992), la non-directivité provient de l'influence de la méthode de psychothérapie non directive élaborée par Carl Rogers.Cette désignation est préférable à celle «d'entrevue non dirigée» qui laisserait supposer une entrevue conduite «sans direction». La non-directivité réside dans le fait de permettre à un individu la libre expression de sa communication dans l'entretien, sans l'influencer par des interrogations. Dans ce type d'entretien, l'interviewer s'applique uniquement à écouter son interlocuteur le mieux possible, à le motiver pour qu'il s'exprime et il veille à accorder aux éléments du discours la même importance que le sujet lui-même leur accorde. Aussi, une attention particulière est portée aux perceptions et aux états affectifs de la personne interviewée.

La non-directivité est plus qu'une simple technique: avant tout, elle est une attitude générale (Daunais, 1992).

– Conversation naturelle (la personne s'exprime librement)
– Récit de vie, récit de pratique, entrevue créative
– Le chercheur intervient que pour faciliter l'expression et approfondir certaines questions
- Le déroulement de l'entrevue est entièrement dirigée vers le client (Mayer et Saint-Jacques, 2000).

Même si on peut affirmer que c’est dans les travaux de la première moitié de la période traditionnelle que la recherche qualitative s’est instaurée, c’est à l’école de Chicago des années 1920 et 1930 qu’elle doit ses lettres de créance. Les chercheurs de l’École de Chicago produisent une grande quantité de travaux où l’observation participante, l’entrevue en profondeur, les histoires de vie et l’analyse de documents personnels sont utilisées comme méthodologies pour étudier la déviance, l’immigration, la pauvreté et autres problèmes sociaux qui caractérisent la vie urbaine. Ces recherches s’inspirent de l’interactionnisme symbolique de Mead (1965) et de Blumer (1969) qui postulent que le comportement humain ne se comprend qu’en relation avec les significations que les personnes attribuent aux choses et à leurs actions (Anadon, 2006).

Dans l'un des ouvrages considérés comme étant l'un des premiers manuels de méthodologie, Palmer (1928) y soutien que questionner les acteurs et les utiliser en tant que ressource pour la compréhension des phénomènes sociaux constitue l'un des grands avantages des sciences sociales. Bourdieu, Chamberedon et Passeron (1968) soutiennent au contraire que c'est peut-être "la malédiction des sciences de l'homme que d'avoir affaire à un objet qui parle" car le risque est grand de confondre leur interprétation avec la réalité.

Depuis 1980, la recherche qualitative est en croissance constante.
« L'entretien constitue un instrument privilégié en recherche qualitative. Depuis les travaux des pionniers des sociologues, américains dans les années 1930-1960, en particulier de Becker (1954-1956) et de Wythe (1953-1957-1960) en sociologie, les discours sur le thème de l'entretien de recherche se sont développés dans plusieurs contextes disciplinaires. » (Baribeau et Royer, 2012)



Choix épistémologique et méthodologique
Le chercheur qui choisi ce type d'entretien adhère à une épistémologie dite plus objective, même si le choix méthodologique s'inscrit dans une approche qualitative.

Le chercheur utilisera une méthodologie ordonnée, systématique et mettra l'importance sur la confirmation de l'hypothèse prédéterminée.

Ce type d'entretien est particulièrement adapté aux études quantitatives, portant sur un grand nombre d'individus (Mayer et Saint-Jacques, 2000).


Aspect relationnel
Choix épistémologique et méthodologique
Le point de vue du chercheur s'inscrira dans une perspective interprétative constructiviste.

En effet, on tente de rendre explicite la perspective de l'autre. Toutefois, ce qui a été entendu au cours de l'entrevue dépend du moment où la question a été posée et de l'état d'esprit de l'enterviewé. L'entrevue est alors hautement situationnelle et conditionnelle (Savoie-Zajc, 2003).








Aspect relationnel
Dans ce type d'entretien, on s'intéresse à la relation de pouvoir qui s'établit entre le chercheur et l'enterviewé ainsi qu'à la négociation du contrôle (Savoie-Zajc, 2003). En effet, puisque l'entrevue se déroule selon un cadre prédéterminé à l'aide du schéma d'entrevue, le chercheur doit être habile à recadrer l'interviewé, tout en lui laissant assez de contrôle pour pouvoir établir la relation nécessaire à l'obtention d'informations de qualités. L'augmentation du pouvoir de l'interviewé au cours de l'entrevue est liée à la volonté du chercheur de l'impliquer activement à la construction de sens.

Savoie-Zajc (2003) parle aussi de compétences affectives nécessaires à la réalisation de l'entrevue semi-dirigée. On parle alors d'habiletés du chercheur à établir une relation humaine satisfaisante, une compréhension empathique, une écoute active, de la sensibilité, du respect de l'autre, de la chaleur, de la patience, de l'authenticité, de la simplicité et de l'accueil.

L'intervieweur adoptera une attitude que l'on peut qualifier de semi-directive. Il devra mettre en place des conditions qui favoriseront l'expression des informations et des pensées, sans toutefois que l'interviewé ne s'écarte trop des thèmes devant être abordés (Savoie-Zajc, 1997).


Choix épistémologique et méthodologique
Une posture épistémologique interprétative considérée subjectiviste caractérisera le chercheur qui choisi ce type d'entretien. Le chercheur et le sujet à l'étude sont intimement reliés dans la construction des connaissances. Une méthodologie plus ouverte et créative sera priorisée.

Ce choix épistémologique présuppose que le chercheur a une vision holistique du processus de recherche. De ce fait, les données prises en compte sont des faits, des opinions, des idées, des émotions qui sont naturellement teintés des valeurs des deux acteurs dans l'entretien.


Aspect relationnel
Selon Daunais (1992), il est essentiel d'éviter la relation «amicale» ou trop intime. À l'opposé, une attitude froide de type administratif n'est pas non plus appropriée. On doit plutôt opter pour une relation positive, correcte, aisée, stimulante et chaleureuse soutenant l'accomplissement d'une tâche.

L'écoute doit être faite dans une perspective de partage et le chercheur doit avoir en tout temps une attitude de réceptivité. Il agira en tant que guide et doit donc par le fait même assurer une certaine «directivité» afin de ne pas tomber dans un effacement ou une démission quant à ses responsabilités d'intervieweur.

Ainsi, il apparaît que les compétences relationnelles du chercheur sont encore plus importantes dans l'entretien non directif car son choix suppose la connaissance de techniques de communication et la capacité de réguler le degré d'empathie de même que ses propres sympathies et antipathies qui influencent tout le processus (Daunais, 1992).
Bibliographie
Anadòn., M. (2006). La recherche dite « qualitative » : de la dynamique de son évolution aux acquis indéniables et aux questionnements présents Recherches qualitatives − Vol.26(1), 2006, pp. 5-31.

Alexandre, M. (2013). La reconnaissance de la recherche qualitative dans les champs scientifiques, Recherche qualitative – Vol. 32(1), pp. 26-56.

Baribeau, C. et Royer, C. (2012). L'entretien individuel en recherche qualitative: usages et modes de présentation dans la Revue des sciences de l'éducation. Revue des sciences de l'éducation. Vol. 38, Nº 1, 23 à 45.

Blanchet, A. et Gotman, A. (1992). L'enquête et ses méthodes : L'entretien. Natha, Paris. Collection « 128 », 128 p.

Blumer, H. (1969). Symbolic Interactionism : Perspective and Method. Englewood Cliffs, Prentice.

Daunais., J.P. (1992). L'entretien non directif, dans B. Gauthier (dir.), Recherche sociale. De la problématique à la collecte des données, 2e éd., Sainte-Foy:Presses de l'Université du Québec, 273-293.

Deschenaux., F., Laflamme., C., (2007). Recherches qualitatives – Vol. 27(2), 2007, pp. 5-27. Avancée en méthodologie qualitatives.

Dorais, M. (1993). Diversité et créativité en recherche qualitative. Service social. Vol. 42, Nº 2, 7 à 27.

Karsenti., T., Savois-Zajc., L. (2011). La recherche en éducation. Étapes et approches, 3e éd., Édition du Renouveau Pédagogique.

Lefèvre, N. (2010). L'entretien comme méthode de recherche. Méthodes et techniques d'enquête. http://staps.univ-lille2.fr/fileadmin/user_upload/ressources_peda/Masters/SLEC/entre_meth_recher.pdf

Mayer, R. et Saint-Jacques, M.-C. (2000). L'entrevue de recherche, dans R Mayer, F. Ouellet, M-C Saint-Jacques, D. Turcotte et col., Méthodes de recherche en intervention sociale. Montréal: Gaëtan Morin éditeur, 115-133.

Mead, G. (1965). Mind, Self and Society: From the Standpoints of Social Behaviorist. Chicago (IL): University of Chicago Press.

Poupart, J. (1997). L'entretien de type qualitatif: considérations épistémologiques, théoriques et méthodologiques, dans J. Poupart et col., La recherche qualitative. Enjeux épistémologiques et méthodologiques. Boucherville: Gaëtan Morin éditeur, 173-209.

Savoie-Zajc., L. (2003). L'entrevue semi-dirigée, dans B. Gauthier (dir.), Recherche sociale. De la problématique à la collecte des données, 4e éd., Sainte-Foy:Presses de l'Université du Québec, 293-316.

Yin, R. (2003). Applications of case study research (2e éd.). London : Sage.



Avantage et limites
Avantages:
L'entretien non directif présente l'avantage de bien coller à la réalité de l'interviewé (Poupart, 1997).

L'entretien est plus flexible et permet d'obtenir des renseignements significatifs de l'interviewé (Joshi, 1979).

Il réduit les risques de pré-structuration du discours, dans la mesure où les interviewés peuvent s'exprimer plus librement en choisissant jusqu'à un certain point les sujets dont ils veulent parler.

L'entretien non-directif est aussi perçu comme une façon d'enrichir le matériel d'analyse et le contenu de la recherche car en laissant l'interviewé parler librement des sujets qu'il juge pertinents, il favoriser l'émergence de nouvelles facettes dont le chercheur n'aurait pu soupçonner l'existence.

De plus, il permet "d'explorer plus en profondeur les différentes facettes de l'expérience de l'interviewé" (Poupart, 1997, p.183). L'approfondissement du thème abordé est d'ailleurs une des principales caractéristiques de ce type d'entretien, si bien que l'entretien en profondeur est souvent utilisé comme synonyme (Grawitz, 1969).

Finalement, l'entretien non-structuré offre une meilleure mise en perspective de l'expérience de l'interviewé. En effet, le chercheur est plus en mesure d'aller recueillir des informations sur le milieu de vie et le milieu d'appartenance.

Limites:
Certains auteurs soulignent que la non-directivité n'est qu'un mythe. C'est en effet le chercheur qui délimite les thèmes de l'entretien. Par ailleurs, l'entretien non directif n'est pas aussi neutre qu'on le laisse croire. Nonobstant toutes les précautions prises pour que tous se sentent à l'aise, le moment même de l'entretien crée une situation que l'interviewé ne perçoit pas comme étant naturelle. Ainsi, l'interviewé peut se sentir contraint à parler, à s'ouvrir. D'autres auteurs mentionnent différentes réactions qu'à la normale, ou l'utilisation d'un vocabulaire différent (Scatzman et Strauss, 1955).

De plus, même les techniques afin de relancer l'interviewé sur un point qui mérite d'être approfondi peut influencer le discours. Blanchet (1987) soulève des variations dans la forme des reformulations, qui conduisent l'interviewé à modifier sensiblement le contenu de son discours.


Outils
Cadre d'entrevue orienté à partir de grands thèmes à aborder. Les questions sont plus vastes et ouvertes. Elles laissent le champs libre à l'interviewé pour interpréter librement, ou accentuer un point en particulier.

Lors d'une entrevue non directive mitigée, il y a nécessité de dresser un plan d'entretien en explicitant les buts de l'entrevue, préciser les sous-thèmes et leur ordre théorique d'apparition et prévoir pour chacun d'eux une question ouverte de présentation. Dans la mesure où ce plan est préparé avec soin et mémorisé par le chercheur, il assure une meilleure maîtrise de l'entrevue. Le chercheur est moins préoccupé par le contenu et jouira d'une plus grande liberté d'esprit pour porter attention aux attitudes et aux comportements du sujet et ainsi mieux veiller à la qualité de la relation (Daumais, 1992).

Le journal de bord est un outil fréquemment utilisé dans ce type d'entretien étant donné l'importance de l'implication relationnelle.

Exemples:
Récit de vie, récit de pratique
Entrevue clinique (psychologie)

Démarche technique
La préparation de ce type d'entrevue est relativement simple. Il suffit généralement d'une question générale ouverte, servant d'amorce à la discussion (Mayer et Saint-Jacques, 2000).

L'intervieweur devrait le moins possible orienter les propos de l'interviewé (Poupart, 1997).

Toutefois, Palmer (1928) et Bourdieu (1993) croient que l'intervieweur doit se positionner à mi-chemin entre la non-directivité et une certaine orientation. C'est aussi ce que suggère Daunais (1992) lorsqu'il fait mention de l'entretien non directif mitigé.

Préparation des outils méthodologiques (plan d'entretien, journal de bord...)
Le contact préliminaire
Présentation générale de la tâche
Entente concrète pour l'entretien
Présentation du thème de l'entretien
But de l'entretien
Autorisation à l'enregistrement
Conditions déontologiques
Démarrage de l'entrevue (à l'aide d'une question ouverte)
Utiliser les silences accorde une importance particulière à l'écoute
Rechercher l'information appropriée en utilisant des techniques de communication
Indication de la fin de l'entrevue
Résumé de l'entretien
Renseignements factuels
Réaction à l'entrevue
Séparation





Avantages et limites
Démarche technique
Avantages et limites
Risques:
-Pré-structuration du discours en raison de la détermination des questions et des réponses (Poupart, 1997).

-En préparant toutes les questions et les réponses possibles, le chercheur présuppose avoir cerné toutes les dimensions possibles de l'expérience des interviewés. Donc, même si le questionnaire peut contribuer à de nouvelles connaissances, ces dernières s'articulent nécessairement autour de connaissances déjà inclusent dans le questionnaire, ce qui limite la compréhension du phénomène étudié.
Outils
Outil: Questionnaire oral (Lefèvre, 2010).

– Le chercheur décline les questions les unes après les autres
– Le chercheur ne fait pas de relance et ne développe pas de nouvelles questions (Blanchet et Gotman, 1992).
Démarche technique
Préparation des outils méthodologiques (questionnaire et outils de collecte)
Le contact préliminaire
Présentation générale de la tâche
Entente concrète pour l'entretien
Présentation du thème de l'entretien
But de l'entretien
Autorisation à l'enregistrement
Conditions déontologiques
Indication de la fin de l'entrevue
Résumé de l'entretien
Renseignements factuels
Réaction à l'entrevue
Séparation



L'entretien qualitatif; pourquoi le choisir?
Arguments en faveur de l'entretien de type qualitatif

Le premier argument est d'ordre épistémologique: l'entretien de type qualitatif est indispensable pour permettre une exploration en profondeur de la perspective des acteurs sociaux afin d'obtenir une véritable compréhension des conduites sociales (Poupart, 1997). Dans le même ordre d'idée, Thomas (1923) attache lui aussi une grande importance à la manière dont les acteurs expliquent leurs comportements. Néanmoins, une controverse de nature épistémologique est soulevée par rapport à l'intérêt de la perspective des acteurs: quelle validité concéder au savoir offert par l'interprétation des acteurs de leurs propres actions par rapport au savoir scientifique?

Le deuxième argument est d'ordre éthique et politique: l'entretien qualitatif serait nécessaire parce qu'il permet une compréhension de l'intérieur même des situations dans lesquelles se trouvent les acteurs sociaux (Becker, 1967 cité dans Poupart, 1997).

Le troisième argument est d'ordre méthodologique : l'entretien de type qualitatif serait une technique privilégiée pour avoir accès à l'expérience des acteurs. Il constituerait un moyen efficace pour recueillir des informations sur des structures, des groupes ou des institutions (Poupart, 1997).

En somme, décider de faire usage de l'entretien, c'est primordialement choisir d'entrer en contact direct et personnel avec des sujets. C'est privilégier le médium de la relation interpersonnelle (Daunais, 1992). La qualité des données de recherche est donc proportionnelle aux compétences relationnelles du chercheur. Il est d'autant plus important pour ce dernier de faire un choix judicieux dans le type d'entretien utilisé.
Du positivisme
Ce paradigme s'inscrit dans une approche philosophique traditionnellement utilisé en sciences physique et sociale mettant l'importance sur les aspect rationnel et logique de la recherche. Puisque la vérité unique existe, le chercheur positiviste utilisera un raisonnement déductif pour tester et corroborer une hypothèse (Yin, 2003). Le principe de généralisation est aussi très important dans cette perspective.

Le chercheur doit être objectif et neutre et ne pas laisser ses valeurs influer sur ses décisions et ses façon de considérer sa recherche (Karsenti et Savoie-Zajc, 2011).

De la perspective positiviste, les interviewés sont vus comme des informateurs, semblables à des caméras, qui permettent de reconstruire la réalité par croisement avec d'autres angles de vue.


vers les paradigmes constructiviste et compréhensif/interprétatif
Dans le paradigme constructiviste, la connaissance est construite et contextualisée par les aspects politique, historique et culturel. La réalité peut être locale et spécifique. Cette construction de savoirs est ensuite interprétée (Lincoln et Guba, 2005).

Cette perspective voit les informateurs comme des interprètes, présentant diverses façons de voir la réalité, dans sa totalité ou partiellement. Le chercheur possède lui aussi sa propre manière de comprendre et d'interpréter les dires des informateurs.

Le philosophe et sociologue Max Weber a été un des ardents pionniers de la sociologie compréhensive. Ses écrits ont eu une influence qui déborde la sociologie. Sa définition de la sociologie ayant la compréhension du fait social comme fondement, il ne nie cependant pas pour autant l’explication causale recherchée par le positivisme, mais il y accorde une importance moindre.


Définition selon (Lefèvre, 2010) : « Processus fondamentaux de communication et d'interaction humaine. Elles ont pour fonction de recueillir des données et mettre au jour certains indicateurs qui permettront de vérifier ou non les hypothèses, mais aussi de faire naître des hypothèses. »

Mayer et Saint-Jacques (2000) expriment leur conception de l'entretien de cette manière: "L'entrevue de recherche est un tête-à-tête entre deux personnes, dont l'une transmet à l'autre des informations. Étant donc une sorte de conversation, elle possède plusieurs caractéristiques des échanges verbaux plus informels, mais elle s'en distingue aussi par plusieurs points."

L'entretien individuel
Avantages:
- C’est un moyen très utile pour donner accès aux représentations, pratiques profondément inscrites dans l’esprit des personnes et qui ne peuvent que rarement s’exprimer à travers un questionnaire ou en groupe
- Un entretien bien mené permet d’obtenir des informations très fines et très détaillées si le sujet est bien exposé et développé
- Les sujets susceptibles d’être explorés par l’entretien sont plus variés. Des informations plus délicates peuvent être abordées, ce qui n’est pas possible lors des focus groupes, qui ne permettent pas la discrétion et l’anonymat.
- C’est une forme d’interaction qui permet d’établir un contact plus personnel par la suite avec les populations ciblées.
- C’est une méthode qui ne nécessite pas beaucoup de ressources ni de personnel.

Limites:
- Si l’entretien donne accès aux représentations, il ne donne pas forcément accès à la réalité. C’est pourquoi cette méthode doit être complétée par l’observation in situ.
- L’entretien est une technique difficile à préparer et à mettre en œuvre : difficulté à s’éloigner du réflexe «questionnaire» où l’on veut poser des questions dans l’ordre.
- Cette méthode demande souvent du temps : pour identifier les bonnes personnes, pour réaliser l’entretien et pour la retranscription.
- Prudence dans l’interprétation lors de l’analyse et difficulté à dégager au fur et à mesure d’un entretien ce qui est pertinent ou pas par rapport à son sujet.


But de l'entretien (Baribeau et Royer, 2012):
Permet de saisir, au travers de l'interaction entre un chercheur et un sujet, le point de vue d'un individu, sa compréhension d'une expérience particulière, sa vision du monde, en vue de les rendre explicites, de les comprendre en profondeur ou encore d'en apprendre davantage.
Avantages:
– Très sécurisant pour le chercheur
– Guide d'entretien en main et chaque question est posée dans un ordre pré-établi (Lefèvre, 2010).

Inconvénients:
– Peu de marge de manœuvre pour « l'enquêté ».
– Peu de place à l'initiative de la parole, à l'expression, puisque « l'enquêté » va se contenter de répondre à la question, sans élaboration. (Lefèvre, 2010)
- Malgré le fait que l'intervieweur reprend le même canevas d'entrevue et devrait, dans une certaine mesure, recevoir à peu près les mêmes types de réponses, les principes de la standardisation demeurent difficiles à atteindre même en entrevue structurée. En effet, Mishler (1986) s'est penché sur le phénomène et à recelé d'importants écarts entre la façon de réaliser des entretiens. Même en offrant une formation spécifique au chercheur, il apparaît difficile pour l'auteur de supprimer totalement les écarts entre les différents entretiens réalisés.


Avantages:
Une des forces principales, c'est qu'elle donne un accès direct à l'expérience des individus.
Les données produites sont riches en détails et en descriptions.
Le chercheur est aussi en mesure d'ajuster son schéma d'entevue pendant son déroulement afin de tenir compte du discours de l'interviewé et de bien comprendre sa perspective.

Limites:
L'interviewé peut être mû par un désir de rendre service ou d'être bien vu par le chercheur, limitant ainsi la crédibilité des messages communiqués.
Il peut exister des blocages de communication ou des sujets tabous faisant en sorte que le chercheur ne réussit pas à engager un dialogue véritable.
Une autre limite désigne l'attitude de calcul du chercheur qui souhaite établir un rapport de confiance afin d'arriver à ses fins, c'est-à-dire mener l'entrevue telle que planifiée (Savois-Zajc, 2003).
Exemple de guide d'entrevue structurée
Q.13. Au cours des trois derniers mois, vos enfants vous ont-ils rendu service?
a. Oui
b. Non (pasez à la question 15.)
Préparation des outils méthodologiques
Un plan d'entretien s'impose. Pour le construire, on doit tenir compte du thème général de la recherche ainsi que des buts de l'entretien. On doit aussi préciser les sous-thèmes et l'ordre des questions. Pour chacun des sous-thèmes, on devra prévoir une question ouverte de présentation (Daunais, 1992).
Le principe de l'entonnoir s'applique à l'élaboration d'un guide d'entrevue: "du général au particulier, des questions plus factuelles aux questions demandant un développement plus important de la part de la personne interviewée" (Mayer et Saint-Jacques, 2000).

Un bon guide devrai respecter les éléments suivants:

La diversification des questions:
Le chercheur doit varier le genre de question. Il passera d'une question factuelle à une question demandant l'opinion de l'interrogé.
La répétition:
Dans le cas de sujets plus complexes, il convient de poser plusieurs questions différentes abordant le même thème.
Le contexte culturel:
Les questions doivent être posées du point de vue des personnes interrogées et de leur culture. Le chercheur doit donc se familiariser avec le contexte.
Les "pourquoi":
À éviter si possible. Le pourquoi pousse l'interviewé à se justifier au lieu de l'amener à développer une réponse.
Les mots à double sens:
À éviter également, pour ne pas introduire de confusion.
Des questions courtes ne comprenant qu'une interrogation:
Il faut éviter de poser des questions à plusieurs étapes. L'interviewé aura tendance à oublié certaines parties de la question.
Des questions neutres:
Éviter de donner des solutions meilleures que d'autres dans la question (Mayer et Saint-Jacques, 2000).

Étapes:
Le contact préliminaire
Présentation générale de la tâche
Entente concrète pour l'entretien
Présentation du thème de l'entretien
But de l'entretien
Autorisation à l'enregistrement
Conditions déontologiques
Démarrage de l'entrevue
Rechercher l'information appropriée en utilisant des techniques de communication
Indication de la fin de l'entevue
Résumé de l'entretien
Renseignements factuels
Réaction à l'enttrevue
Séparation
Outils


Pour réaliser une entrevue semi-dirigée, il est important de concevoir un schéma d'entrevue.

Exemple d'un guide d'entrevue centrée:

1. La décision de placement: Comme s'est-elle prise? Les parents, les enfants ont-ils été consultés?
2. Les avantages que voit la personne interrogée, pour elle-même, pour les enfants, pour ses contacts avec l'autre famille.
3. Les inconvénients que voit la personne interrogée, pour elle-même, pour les enfants, pour ses contacts avec l'autre famille.
4. Visite des enfants entre eux.
5. Opinion générale sur la situation de placement (Carrier, Drapeau et Carette, 1995 cités dans Mayer et Saint-Jacques, 2000 ).
La personne qui conduit l'entrevue doit démontrer une attitude directive.

L'enquêteur doit également démontrer une attitude détachée qui permet de minimiser les risques de subjectivité (Blanchet et Gotman, 1992).

Ce type d'entrevue est toutefois celui qui demande le moins d'implication et de responsabilité relationnelle.

Conclusion
«Malgré le fait que les chercheurs comptent sur une quantité impressionnante de modèles, de paradigmes, de méthodes et d’instruments de collecte et d’analyse, nous sommes dans un moment d’exploration, d’invention et de réinvention des manières de voir, d’interpréter, d’argumenter et d’écrire la recherche qualitative» (Anadòn, 2006).


« La recherche qualitative possède des critères de qualité qui rehaussent de plus en plus son niveau de scientificité à mesure qu’ils sont appliqués. Pour qui veut relever le double défi de la rigueur et de la créativité, la recherche qualitative offre un intérêt non négligeable. Elle permet en effet de faire le lien entre l’imagination, l’audace de la découverte et la démarche scientifique. » (Dorais, 1993)

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