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14-18, ils étaient six de Marcenod

Dans le cadre du projet "14-18, cent ans après" réalisé pour les commémorations du Centenaire, c'est un partenariat entre les Archives Départementales de la Loire et les écoliers de CM1-CM2 de Marcenod.
by

Vincent VERNA

on 10 October 2016

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Transcript of 14-18, ils étaient six de Marcenod

Le village de Marcenod aux environs de 1910.
La commune compte alors environ 600 habitants.
Elle a peu changé depuis : un bourg groupé autour de l'église construite au XIXème siècle, et des hameaux groupant plusieurs fermes disséminées alentours.
Marcenod avant 1914.
Né le 14 décembre 1884 (Marcenod)
Mort pour la France le 6 août 1918
à l'âge de 33 ans.
14-18 : ils étaient six de Marcenod.
En étudiant le registre matricule de l'école, nous avons compris comment vivaient les Marcenodaires :
la plupart sont paysans (cultivateurs possédant leur ferme ou journaliers), et l'on trouve les quelques métiers indipensables à la vie du village (un boulanger, un charron, un négociant de produits agricoles, une institutrice, et... 5 cafés).
Tous les enfants vont à l'école de 6 à 13 ans, et travaillent ensuite dans la ferme familiale. La majorité quitte l'école avec des savoirs élémentaires (lire, écrire, compter, ce qui est attesté par les registres matricules militaires : degré d'instruction 3). Moins de 10% sont présentés au certificat d'études primaires et poursuivent des études secondaires.

Les femmes ont le métier de leur époux, elles sont souvent qualifiées de "ménagères". Seule l'institutrice a un statut professionnel.

Les hommes partent faire leur service militaire pendant 2 ans, le plus souvent affectés dans des régiments de la région (Montbrison, St Etienne, Lyon).
Après le service militaire, quelques-uns partent travailler en ville comme ouvriers, chauffeurs automobiles...
Disparu le 6 octobre 1915. Mort pour la France.
Marie-Laurent THIZY
Jean-Baptiste RELAVE
Etienne FERLAY
Jean Charvolin figure dans le registre des Morts pour la France.
Il fait son service militaire à l'âge de 21 ans au 159e Régiment d'Infanterie en 1905-1906. Il vivait alors à La Fouillouse.
A la mort de son père Jean, il devient le chef de la famille et travaille comme meunier au moulin Chorel. Il retourne donc vivre à Marcenod auprès de sa mère et de ses frères et soeurs.
Dès le 3 août 1914, il rejoint son régiment d'affectation, le 16e Régiment d'Infanterie de Montbrison. Ce dernier quitte la ville le 6 août dans trois trains pour rejoindre les Vosges (7 août).
Le régiment participe activement à la guerre de mouvement et subit de lourdes pertes lors d'accrochages avec les armées allemandes en Lorraine (
9
officiers,
11
sous-officiers et
136
soldats tués entre le 18 et le 21 août ;
270 tués
du 21 août au 10 septembre dans les environs de Lunéville).
Coupés de toutes communications durant plusieurs jours, les hommes croient encore à une victoire rapide et aux exploits des armées en Belgique, en Alsace et en Lorraine. Ils ignorent l'avancée allemande sur la Marne et les menaces sur Paris.
Les rescapés sont relevés et envoyés en train vers la Picardie où va commencer pour eux la guerre des tranchées.
Les périodes de combats alterneront avec des pauses à l'arrière et des déplacements incessants sur le front : la Somme, les Flandres, la Champagne, Verdun...
Il est difficile de savoir quelles actions et quels mouvements a suivis Jean Charvolin. Il participe aux terribles combats du secteur du Mort-Homme en mars 1916 à Verdun.
Nous savons qu'il est muté le 27 octobre 1916 au 6e Régiment d'Infanterie Coloniale, dans le
28e Bataillon de Tirailleurs Sénégalais
.
Il a le grade de sergent.
Il combat dans l'Aisne et au Chemin des Dames début 1917, puis en Lorraine.
En 1918, il est toujours au front lorsque les Allemands lancent de grandes offensives (la Friedensturm) sur Reims et sa région.
Le JMO (journal de marche et des opérations) du 28e BTS indique que les tirailleurs participent aux très violents combats autour du fort de Pompelle près de Reims.
Les attaques au gaz y sont fréquentes.

Gravement blessé par ce gaz, il est évacué vers Sézanne dans la Marne où il est soigné à l'ambulance 16-1 (Hôpital militaire).

Il y meurt le
6 août 1918
.


Le cimetière militaire de Sézanne (Marne) en 1919.
(collection privée)
Vue aérienne du fort de Pompelle prise en 1918 par un avion de reconnaissance allemand. (photo ECPAD)
Jean Charvolin est sans doute victime du
gaz ypérite
en juillet ou début août 1918.

On ne sait pas à quelle date ni dans quelles circonstances.
Jean CHARVOLIN
Profession : meunier

Jeudi 12 décembre, nous sommes partis de l’école à 8h00 prendre le car.

Et nous sommes arrivés aux archives à 10h45 . On a fait deux groupes.

Un groupe est allé avec la responsable du bâtiment sur les ordinateurs faire des recherches sur des soldats et on a posé des questions qu ‘on avait trouvées à l’école sur les fiches matricules numérisées des soldats.
L’autre groupe a visité les archives avec un historien.
La responsable nous a montré le cadastre (c’est un registre public qui porte le relevé détaillé des propriétés territoriales d’une commune).

Elle nous a montré des parchemins dont un qui datait de 1130 et un qui a été signé par Louis XIV au 17ème siècle.
La chambre noire où sont numérisés les documents originaux.
Une restauratrice entretient et répare les documents.
Ceux qui travaillaient sur les ordinateurs ont cherché des informations sur le soldat qu’avait choisi leur groupe.
Jean-Marie THIZY
Né le 7 décembre 1899 à Marcenod
Disparu le 18 janvier 1921. Mort pour la France.
La date
1921
a attiré notre attention sur le monument aux morts de Marcenod.
Nous avons cherché à comprendre pourquoi un soldat mort après 1918 était inscrit.
Jean-Marie Thizy appartennait à la classe 19. Il rejoint l'armée en avril 1918 et participe aux combats de la fin de la guerre avec le 38e Régiment d'Infanterie.
Après l'armistice, il n'a pas terminé sa période de service militaire et reste donc soldat.
Il est transféré au
2e Régiment de Tirailleurs Algériens
et envoyé en Cilicie (actuelle Syrie) en octobre 1919.
Il se bat alors contre l'armée turque. Il disparaît au combat le 18 janvier 1921
au Sud-Est de Djablé (région de Lattakié).
Son corps n'est pas rapporté, il n'a pas de sépulture.
Cela nous a permis de comprendre qu'alors que la guerre est terminée en France, les grands empires qui existaient avant 1914 s'effondrent.
C'est la cas de l'empire ottoman. La Cilicie où se battent les tirailleurs deviendra la Syrie et le Liban.
carte postale, collection privée
Un paysage de la région de Djablé (Syrie) en 2014.
Photo prise par un photo-reporter indépendant syrien et intitulée "Printemps syrien".
Pierre CHOREL

né le 27 août 1892.

Soldat de la Grande Guerre.

Pierre s'engage dans les Dragons (cavalerie) en 1913.
Ce chauffeur automobile (et conducteur de camions dans l'armée) semble assez intrépide et volontaire pour les missions dangereuses.
Alors que son régiment a quitté St Etienne pour la Lorraine depuis 3 jours seulement, il est blessé d'une balle à la jambe gauche au cours d'une mission de reconnaissance.
(7 août 1914)
Extrait du Journal de Marche du 14e RD : le cavalier Chorel est blessé.
Il sera ensuite artilleur, mais toujours volontaire pour les missions périlleuses, comme celle d'éclaireur :
Il redevient civil après la guerre. Il vivra à St Etienne dans les années 20 et 30. Il est possible qu'il ait été résistant durant la Seconde Guerre Mondiale, et il s'engage dans l'armée de la Libération en 1944.
né le 20 avril 1883 à Marcenod
Disparu le 23 mars 1916. Mort pour la France.
Il fait son service militaire en 1904 à Montbrison.
Il est mobilisé en août 1914. Son régiment regagne la Lorraine. Des combats ont lieu durant deux mois dans cette région. Les soldats sont ensuite envoyés en Picardie.
Les soldats se battront aussi sur les fronts de la Somme, des Flandres, de Champagne.

En mars 1916, un mois après le début de la bataille de
Verdun
, le 16e RI est envoyé dans le secteur du
Mort-Homme
, au
bois de Malancourt
.
Les conditions sont abominables : le sol bombardé est détrempé, les bombardements sont incessants, jours et nuits. Les pertes sont considérables. Les récits des soldats décrivent un paysage lunaire, couvert de cadavres en décomposition.
Les hommes, privés de commandement et de munitions se battent jusqu'à l'épuisement, parfois avec leur pelle ou leur canif.
Jean-Baptiste Relave est
tué le 23 mars 1916
.
Son bataillon passe 36 heures sous les bombardements "dans un lac de boue".
Son corps ne sera jamais retrouvé.
né le 17 septembre 1891 à Grammond
Il fait son service militaire en 1912, dans un régiment de
zouaves
à Bizerte (Tunisie).
Il a le grade de sergent.
A Marcenod, il est paysan.
Dès le 2 août, il rejoint son régiment et participe à la guerre de mouvement.
En
septembre 1915
, les zouaves sont envoyés en Champagne où se prépare une grande offensive qui doit bousculer le front allemand.
L'attaque est déclenchée le 25 septembre dans le secteur de
la main de Massiges
et de
Maisons de Champagne
.
Le début de l'offensive est un succès, les Français avancent de plusieurs kilomètres. Mais les contre-attaques allemandes renvoient les Français sur leurs lignes. Les combats sont très violents.
Les soldats ont peu d'endroits pour s'abriter.
Les pertes du 6 octobre sont terribles : 800 hommes mis hors de combat.

On apprend par le JMO que les zouaves ont été bombardés toute la matinée par les canons français. Les soldats ont tiré des fusées de détresse pour demander aux artilleurs de rallonger le tir, en vain.

né le 6 juillet 1889 à Marcenod
Blessé en 1915 et en 1918. Mutilé.
Etienne Ferlay est un cultivateur de Marcenod.
Il quitte le village pour faire deux ans de servicce militaire de 1910 à 1912 dans les chasseurs à pied.
Il rejoint son régiment dès le 4 août 1914. Il participe aux combats sur plusieurs fronts.
Il est blessé par des éclats d'obus au poignet droit le 16 juin 1915.
Il est alors sur le front d'Alsace, à Sommerlitt (Metzeral -Vosges).
Il est jugé valeureux et est cité à l'ordre de l'armée. Il reçoit la médaille militaire en 1916.
Durant la terrible
bataille de la Somme
, il est blessé une deuxième fois, le
19 août 1916
. Cette fois-ci, ses blessures sont très graves, il a reçu plusieurs éclats d'obus.

Il devra être évacué du champ de bataille :
on l'ampute au niveau de la cuisse droite.
Son pied et sa jambe gauche sont également blessés, il est amputé d'un doigt de la main gauche.
Les champs de bataille sont nombreux : les Vosges, la Somme de juillet à octobre 1916 aux côtés des Britanniques, le Chemin des Dames en 1917, et à nouveau les Vosges puis les Flandres belges...
La guerre a dû paraître interminable à ces hommes.
Ses blessures lui valent une nouvelle décoration , mais il est désormais un
mutilé de guerre
.
Il souffrira toute sa vie de ses blessures (mauvaise cicatrisation du moignon , membre coupé).
Gravement handicapé, il touchera une pension toute sa vie.
Après sa convalescence, il vivra à St Chamond.
Il meurt à l'âge de 64 ans en 1953. Sa veuve lui survivra jusqu'en 1977.
(photos Ecole de Marcenod)
(photos Ecole de Marcenod)
(photos Ecole de Marcenod)
Il est inhumé (enterré) dans le carré du cimetière militaire de Sézanne, avec
554 autres soldats français
et
126 britanniques.
Sa tombe porte le n°
505
.
Ses parents, Jean-Baptiste et Philomène, et ses frères et soeurs dont Maria, 24 ans et Jeanne-Perrine, 16 ans
(nous les avons retrouvées sur le registre de l'école)
apprennent sa disparition dans les semaines qui suivent, sans rien savoir de ce qui lui est arrivé.
Les environs du Mort-Homme - mars 1916
(photo collection privée)
Un boyau au Mort-Homme, après un bombardement - mars 1916
(photo collection privée)
De nos jours, sur les zones de combat de Verdun, il reste de nombreux obus non explosés.
(photos collection privée)
Le cimetière militaire de Sézanne dans la Marne et la tombe de Jean Charvolin.
(photos René Bonnard)
Nous avons aussi retrouvé la tombe d'une femme dans ce cimetière, ce qui est rare.
Une Américaine, Evelyn Fidgeon Shaw, infirmière du First Aid Nursering Yeomenry, décédée en 1918.
Nous avons aussi collectionné des photos,
des papiers et des journaux.
(collections privées.
photos Ecole de Marcenod)
Nos collections
Des objets allemands : casque en acier, cartouchière en cuir, gourde, cantine, balle de fusil.
Des objets français : casques Adrian,
sabre de dragon, gourde et bouthéon,
cartouchière, lampe/réchaud, artisanat de tranchée.
(collections privées ; photos Ecole de Marcenod)
Toutes ces recherches sont à poursuivre et à approfondir. Il reste les parcours de tous les autres soldats de Marcenod à reconstituer.

Nous adressons nos remerciements à Mme MARCUZZI qui a offert une passionnante visite des Archives Départementales de la Loire.

Nous remercions également la famille FONCEL à Marcenod qui nous a prêté des objets de collection.

Enfin, nous remercions M. René BONNARD qui nous a suivi dans nos recherches et s'est même déplacé pour nous sur les champs de bataille et sur les sépultures de soldats.
Il a fallu noter les noms, les années.
Le monument comporte 21 noms de soldats décédés entre 1914 et 1921. Il a été construit dans les années 1920.
Il a une forme de pyramide avec au sommet le buste d'un soldat qui porte des décorations et une fourragère.
Au dos du monument, il y a une petite niche qui contient un peu de terre de Verdun.
Le monument aux morts du Mort-Homme,
appelé "monument du squelette".
Le registre matricule de l'école de filles date de 1901.
(photo Ecole de Marcenod)
(photos ECPAD)
Les élèves de
CM1-CM2 de l'école de Marcenod
,
classe de
M. Vincent VERNA
, année 2013-2014 :

Clarisse BECOS, Léo BACCHIS, Agathe FONCEL, Célia PINTO,
Jérémy JOASSARD, Karim ZEGHDALLOU, Cécilia SERRAILLE, Marie VERNA, Quentin SABASSIER, Tom CROZIER,
Taïssir BOUGHANMI, Victoria PINTO, Clothilde THIZY,
Noé RUQUET, Alisson RELAVE, Léa FAURE, Pierre BENIERE, Romain CARTERON, Léa LAPALUS, Adrien DEFAY,
Emilie DEVIGNE, Cassandra THIZY, Laetitia GIRAUDON,
Stéfane CARTERON.
1914, cent ans après...
Un partenariat entre les Archives Départementales de la Loire, et les écoliers de la commune de Marcenod.
Nous avons choisi de reconstituer le parcours de 6 soldats de la Première Guerre mondiale originaires de Marcenod.
Nous allons aussi voir comment nous avons effectué notre travail d'historiens.
Notre visite aux Archives.
Le monument aux morts : c'est là qu'a commencé notre enquête.
Au cours de nos recherches, nous avons récolté de nombreux documents : objets, papiers, journaux, photographies...
Après des combats dans la Somme, été 1916.
(photo ECPAD)
Après des combats dans la Somme, été 1916.
(photo ECPAD)
Après des combats dans la Somme, été 1916.
(photo ECPAD)
Après des combats dans la Somme, été 1916.
(photo ECPAD)
Secteur de la Main de Massiges - Champagne, septembre 1915.
(photo ECPAD)
Une tranchée en Champagne, fin 1915.
(photo ECPAD)
Jean-Marie Thizy est porté disparu le 6 octobre 1915.
Marie-Laurent Thizy a-t-il été victime de l'artillerie française ?
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