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Malraux, La Condition humaine

" Histoire et histoire" dans La Condition humaine de Malraux (réalité et fiction)
by

Misandeau Philippe

on 15 February 2015

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Transcript of Malraux, La Condition humaine

En avril 1927:
la bataille de Shanghai,
les forces en présence...
La Condition humaine
Le personnage de roman
"
Comment, à travers la construction des personnages,
le roman exprime une vision (de l'homme et) du monde
"

Malraux :
Objet d'étude :
(Feng Yuxiang, Zhang Zuolin, Wu Peifu) : cliques armées qui dominent et maintiennent la République de Chine du nord (Pékin / Beijing) en accord avec les idées républicaines occidentales : ils sont l'ordre ancien, vécu comme l'oppresseur du peuple et des ouvriers.
Les Seigneurs de la guerre (au nord)
La Condition humaine,
se présente comme un reportage vécu sur les affrontements de Shanghaï
(la plus grande ville chinoise en 1925),
affrontements finalement entre Tchang Kaï-chek (Kuomintang) et le Parti Communiste Chinois (PCC).
En fait, il s'agit d'une fiction sur fond historique, une réécriture des événements...
Fondé en 1911. Il a diverses dénominations (KMT ou Parti National du Peuple ou Parti Nationaliste Chinois...)
Son projet : unifier la Chine sous une bannière nationaliste ;
ainsi il s'allie un temps au PCC contre l'impérialisme occidental, les Seigneurs de la guerre et la menace Japonaise.
Mais Tchang Kaï-chek a peur de l'influence grandissante du PCC et de son chef Wang Jingwei.
Tchang Kaï-chek décapitera le PCC lors du "massacre de Shanghai" (le12 avril 1927) tout en maintenant son alliance avec l'Internationale Ouvrière (Staline).
Le Kuomintang ou Guomindang (au sud, à Canton)
La Condition humaine
à été assimilée à un reportage, à un récit chronologique des insurrections (guerre civile) manquées de Shanghai en 1927.
Un groupe de révolutionnaires communistes (Tchen, Katow, Kyo…)
se met au service d'une insurrection communiste ("l'expédition du nord")
dirigée par Tchang Kaï-chek et Wang Jingwei (Kuomintang + PCC)
afin de libérer le peuple chinois (ouvrier et paysans) des Seigneurs de la guerre
(Sun Chuanfang à Shangai). Avec l’appui de puissants alliés
(Kuomintang, Internationale ouvrière, PCC et la Concession Française)
ce groupe d'insurgés veut libérer Shangai et fomenter une révolte, afin d'installer un gouvernement ouvrier (utopie marxiste)…
Mais l’alliance est fragile : les bleus du Kuomintang vont se retourner contre les rouges communistes (Tchang Kaï-chek contre Wang Jingwei et le PCC),
la Concession française redoutent la "subversion" communiste.
La Condition humaine
raconte jour après jour l’échec de ce soulèvement sanglant.

En fait ce conflit historique met en scène dans le roman les conflits idéologiques et existentiels des personnages principaux, confrontés à leur représentation de la "
condition humaine
" et de la mort...
PCC
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_chinoise
http://www.souvenir-francais-asie.com/2010/10/31/la-fin-de-la-concession-francaise-de-shanghai/
https://pastel.diplomatie.gouv.fr/editorial/archives/dossiers/shanghai/revolution.html
Wang Jingwei
Un cadre important du Kuomintang rival de Tchang.
Lors de la lutte pour la succession à la tête du parti (janvier 1927), il fut face à un rival très déterminé : Tchang Kaï-chek.
Il déplace son gouvernement communiste de Canton à Wuhan, puis entre à Shangai (avril 1927) où il soutient la révolte des ouvriers et des paysans (avec Zhou Enlai).
Tchang Kaï-chek
Tchang Kaï-chek
Wang Jingwei
Wang Jingwei
Les acteurs et les personnages :
Histoire et histoire
lors du "massacre de Shanghai"
en avril 1927
Organe de propagande pour promouvoir l'avènement du communisme à l'étranger (utopie marxiste) : premier soutien du PCC
Théoriquement elle est sans rapports avec l'État soviétique
(bien qu'elle soit dans les faits au service des intérêts de Staline).
Parce qu'il en a besoin, Staline prête au Kuomingtang
(La "bourgeoisie gouvernementale") une volonté révolutionnaire.
Le KMT s'allie provisoirement au PCC...
L'Internationale Communiste (Komintern)
Internationale Ouvrière
Kuomintang
Staline / Russie
Wang Jingwei
Tchang Kaï-chek
!
Alliances fragiles
Insurgés, PCC
Kyo, Tchen, Katow,
Gisors, May
Insurrection 1927
Zhou Enlai,
dans
La Conditon Humaine
(Malraux, 1933)
Les pouvoirs politiques en 1927
Webographie
La Concession Française de Shanghai
(Située au sud de la Concession britannique depuis 1849) c'est un territoire chinois sous contrôle français de 1849 à 1946...
La France peut y commercer librement suite à des traités colonialistes imposés par l'occident.
En 1925, pour mieux contrôler la population chinoise et garantir ses échanges lucratifs, les représentatnts de la Concession négocient avec un chef de bande : contre le monopole du trafic de l'opium celui-ci doit verser un pourcentage sur ses transactions et aider à maintenir l'ordre dans la Concession...
En 1927, c'est le général Paul-Emile Naggiar qui a été le témoin des événements que Malraux transcrira sur le mode romanesque dans "La Condition humaine" (1933).
Le Parti communiste chinois (PCC, les "Rouges")
(PCC crée en juillet 1921 dans la concession française de Shanghai).
Sous l'influence des idées de Lénine et de Trotski (puis de Staline 1926), il contrôle les syndicats de Shanghai lors des grandes grèves de février 1925. Il s'affiche contre l'impérialisme occidental, il est allié au Kuomintang (Guomindang).
Onze de ses manifestants seront massacrés le 30 mai 1925.
Réalités historiques
Concession française
Le roman de Malraux
Journal fictif de cette insurrection,
au jour le jour et heure par heure :
Malraux mêle réalité et inventions

Les concessions,
vues par Hergé ("Tintin et le Lotus Bleu")
Martial, Liou-Ti-Yu,
Tang-Yen-Ta, Chpilewski
Politique et argent
Concession française
Ferral, Valérie,
Liou-Ti-Yu
Synopsis du roman :
Luttes pour le pouvoir ?
1
Tu Yue-Sheng permettra l’arrestation de militants communistes réfugiés dans la concession française.
En poste à Shangai, le général Paul-Emile Naggiar
Réalisation : Philippe Misandeau
http://ldm.phm.free.fr/1213/Accueil.php?Obj=ROMAN&Corps=METHODO&Prob=MProblem
12 avril 5h du matin (Folio, p.269)
22 mars, 11h (Folio p.84)
21 MARS 1927
Minuit et demi.
Tchen tenterait-il de lever la moustiquaire ? Frapperait-il au travers ? L'angoisse lui tordait l'estomac ; il connaissait sa propre fermeté, mais n'était capable en cet instant que d'y songer avec hébétude, fasciné par ce tas de mousseline blanche qui tombait du plafond sur un corps moins visible qu'une ombre, et d'où sortait seulement ce pied à demi incliné par le sommeil, vivant quand même — de la chair d'homme. La seule lumière venait du building voisin : un grand rectangle d'électricité pâle, coupé par les barreaux de la fenêtre dont l'un rayait le lit juste au-dessous du pied comme pour en accentuer le volume et la vie. Quatre ou cinq klaxons grincèrent à la fois. Découvert ? Combattre, combattre des ennemis qui se défendent, des ennemis éveillés !
La vague de vacarme retomba : quelque embarras de voitures (il y avait encore des embarras de voitures, là-bas, dans le monde des hommes...). Il se retrouva en face de la tache molle de la mousseline et du rectangle de lumière, immobiles dans cette nuit où le temps n'existait plus.
Il se répétait que cet homme devait mourir. Bêtement : car il savait qu'il le tuerait. Pris ou non, exécuté ou non, peu importait. Rien n'existait que ce pied, cet homme qu'il devait frapper sans qu'il se défendît, - car, s'il se défendait, il appellerait.
Les paupières battantes, Tchen découvrait en lui, jusqu'à la nausée, non le combattant qu'il attendait, mais un sacrificateur. Et pas seulement aux dieux qu'il avait choisis : sous son sacrifice à la révolution, grouillait un monde de profondeurs auprès de quoi cette nuit écrasée d'angoisse n'était que clarté. « Assassiner n'est pas seulement tuer... » Dans ses poches, ses mains hésitantes tenaient, la droite un rasoir fermé, la gauche un court poignard. Il les enfonçait le plus possible, comme si la nuit n'eût pas suffi à cacher ses gestes. Le rasoir était plus sûr, mais Tchen sentait qu'il ne pourrait jamais s'en servir ; le poignard lui répugnait moins. Il lâcha le rasoir dont le dos pénétrait dans ses doigts crispés ; le poignard était nu dans sa poche, sans gaine. Il le fit passer dans sa main droite, la gauche retombant sur la laine de son chandail et y restant collée. Il éleva légèrement le bras droit, stupéfait du silence qui continuait à l'entourer, comme si son geste eût dû déclencher quelque chute. Mais non, il ne se passait rien : c'était toujours à lui d'agir.
Ce pied vivait comme un animal endormi. Terminait-il un corps ? « Est-ce que je deviens imbécile ? » Il fallait voir ce corps. Le voir, voir cette tête ; pour cela, entrer dans la lumière, laisser passer sur le lit son ombre trapue. Quelle était la résistance de la chair ? Convulsivement, Tchen enfonça le poignard dans son bras gauche. La douleur (il n'était plus capable de songer que c'était son bras), l'idée du supplice certain si le dormeur s'éveillait le délivrèrent une seconde : le supplice valait mieux que cette atmosphère de folie. Il s'approcha : c'était bien l'homme qu'il avait vu. deux heures plus tôt, en pleine lumière. Le pied, qui touchait presque le pantalon de Tchen, tourna soudain comme une clef, revint à sa position dans la nuit tranquille. Peut-être le dormeur sentait-il une présence, mais pas assez pour s'éveiller... Tchen frissonna : un insecte courait sur sa peau. Non ; c'était le sang de son bras qui coulait goutte à goutte. Et toujours cette sensation de mal de mer.
Un seul geste, et l'homme serait mort. Le tuer n'était rien : c'était le toucher qui était impossible. Et il fallait frapper avec précision. Le dormeur, couché sur le dos, au milieu du lit à l'européenne, n'était habillé que d'un caleçon court, mais, sous la peau grasse, les côtes n'étaient pas visibles. Tchen devait prendre pour repères les pointes sombres des seins. Il savait combien il est difficile de frapper de haut en bas. Il tenait donc le poignard la lame en l'air, mais le sein gauche était le plus éloigné : à travers le filet de la moustiquaire, il eût dû frapper à longueur de bras, d'un mouvement courbe comme celui du swing. Il changea la position du poignard : la lame horizontale. Toucher ce corps immobile était aussi difficile que frapper un cadavre, peut-être pour les mêmes raisons. Comme appelé par cette idée de cadavre, un râle s'éleva. Tchen ne pouvait plus même reculer, jambes et bras devenus complètement mous. Mais le râle s'ordonna : l'homme ne râlait pas, il ronflait. Il redevint vivant, vulnérable ; et, en même temps, Tchen se sentit bafoué. Le corps glissa d'un léger mouvement vers la droite. Allait-il s'éveiller maintenant ! D'un coup à traverser une planche, Tchen l'arrêta dans un bruit de mousseline déchirée, mêlé à un choc sourd. Sensible jusqu'au bout de la lame, il sentit le corps rebondir vers lui, relancé par le sommier métallique. Il raidit rageusement son bras pour le maintenir ; les jambes revenaient ensemble vers la poitrine, comme attachées ; elles se détendirent d'un coup. Il eût fallu frapper de nouveau, mais comment retirer le poignard ? Le corps était toujours sur le côté, instable, et, malgré la convulsion qui venait de le secouer, Tchen avait l'impression de le tenir fixé au lit par son arme courte sur quoi pesait toute sa masse. Dans le grand trou de la moustiquaire, il le voyait fort bien : les paupières s'étaient ouvertes, — avait-il pu s'éveiller ? — les yeux étaient blancs. Le long du poignard le sang commençait à sourdre, noir dans cette fausse lumière. Dans son poids, le corps, prêt à retomber à droite ou à gauche, trouvait encore de la vie. Tchen ne pouvait lâcher le poignard. A travers l'arme, son bras raidi, son épaule douloureuse, un courant d'angoisse s'établissait entre le corps et lui jusqu'au fond de sa poitrine, jusqu'à son coeur convulsif, seule chose qui bougeât dans la pièce. II était absolument immobile ; le sang qui continuait à couler de son bras gauche lui semblait celui de l'homme couché ; sans que rien de nouveau fût survenu, il eut soudain la certitude que cet homme était mort. Respirant à peine, il continuait à le maintenir sur le côté, dans la lumière immobile et trouble, dans la solitude de la chambre. Rien n'y indiquait le combat, pas même la déchirure de la mousseline qui semblait séparée en deux pans : il n'y avait que le silence et une ivresse écrasante où il sombrait, séparé du monde des vivants, accroché à son arme. Ses doigts étaient de plus en plus serrés, mais les muscles du bras se relâchaient et le bras tout entier commença à trembler par secousses, comme une corde. Ce n'était pas la peur, c'était une épouvante à la fois atroce et solennelle qu'il ne connaissait plus depuis son enfance : il était seul avec la mort, seul dans un lieu sans hommes, mollementécrasé à la fois par l'horreur et par le goût du sang.
Il parvint à ouvrir la main. Le corps s'inclina doucement sur le ventre : le manche du poignard ayant porté à faux, sur le drap une tache sombre commença à s'étendre, grandit comme un être vivant. Et à côté d'elle, grandissant comme elle, parut l'ombre de deux oreilles pointues.
La porte était proche, le balcon plus éloigné : mais c'était du balcon que venait l'ombre. Bien que Tchen ne crût pas aux génies, il était paralysé, incapable de se retourner. Il sursauta : un miaulement. À demi délivré, il osa regarder. C'était un chat de gouttière qui entrait par la fenêtre sur ses pattes silencieuses, les yeux fixés sur lui. Une rage forcenée secouait Tchen à mesure qu'avançait l'ombre ; rien de vivant ne devait se glisser dans la farouche région où il était jeté ; ce qui l'avait vu tenir ce couteau l'empêchait de remonter chez les hommes. Il ouvrit le rasoir, fit un pas en avant : l'animal s'enfuit par le balcon. Tchen se trouva en face de Shanghaï.
Philippe Misandeau
Enseignant formateur lettres et TICE
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