Loading presentation...

Present Remotely

Send the link below via email or IM

Copy

Present to your audience

Start remote presentation

  • Invited audience members will follow you as you navigate and present
  • People invited to a presentation do not need a Prezi account
  • This link expires 10 minutes after you close the presentation
  • A maximum of 30 users can follow your presentation
  • Learn more about this feature in our knowledge base article

Do you really want to delete this prezi?

Neither you, nor the coeditors you shared it with will be able to recover it again.

DeleteCancel

Make your likes visible on Facebook?

Connect your Facebook account to Prezi and let your likes appear on your timeline.
You can change this under Settings & Account at any time.

No, thanks

Cour n° 01:

No description
by

Sara Wallaa Kerbouche

on 6 January 2015

Comments (0)

Please log in to add your comment.

Report abuse

Transcript of Cour n° 01:

Cour n° 01:

LA PROTECTION ET LA VALORISATION DU PATRIMOINE

INTRODUCTION GENERALE AU PATRIMOINE
Le patrimoine est l’instrument de ce va et vient entre passé, présent et futur, aussi réceptacle des mémoires, il matérialiste la valeur symbolique des identités culturelles et constitue un repère structurant de tous ces legs et richesses qui persistent encore.
Il se manifeste par une multiplicité d’expressions tant matérielles (monuments, paysages, objets…), qu’immatérielles (langues, savoir faire, arts du spectacle, musique…).
La notion de patrimoine s’est considérablement modifiée. Désignant d’abord les vestiges les plus monumentaux des cultures, la notion de patrimoine s’est progressivement enrichie.
La nécessité de préserver les richesses transmises par les générations passées et la prise de conscience des dangers qui guettent cet héritage ont amené la conférence générale de l’UNESCO de Paris à établir à partir de 1972, une liste d’éléments dont le suivi doit être garanti et de là a eu le développement du concept de Patrimoine Mondial dont la valeur n’est pas liée seulement au territoire où elle se trouve mais qui acquiert une « valeur universelle ».
Mais aujourd’hui, le grand défi lancé à l’UNESCO par les Nations Unies est de faire prendre conscience aux pouvoirs publics, au secteur privé, à la société civile dans son ensemble que le patrimoine est non seulement un instrument de paix et de réconciliation, mais aussi un facteur de développement.
Nombreux sont les exemples où une nouvelle gestion du patrimoine a favorisé l’essor économique en créant des débouchés pour les populations locales, qu’il s’agisse d’artisanat, de tourisme culturel ou d’émergence de nouveaux métiers, ainsi que de nouvelles formes de créativités.

2/ Les Menaces Qui Pèsent Sur Le Patrimoine
APPROCHE THEORIQUE ET CONCEPTUELLE
Invention moderne, l’idée de patrimoine est une création de la société occidentale soumise à ses propres conditions d’évolution.
Quelques précisions sont donc nécessaires pour clarifier le sens accordé à ce mot qui présente des liens avec les termes de « monuments » et « monuments historiques », et autour duquel gravitent des notions comme histoire et mémoire, monument et document, tradition et modernité.

« Patrimoine »
le mot est ancien est a pour origine le terme latin «
patrimonium »
. Par
« patrimonium »
était d’abord considéré le rapport de légitimité familiale par l’héritage, mettant en évidence la relation liant un groupe juridiquement défini à des
D’après le dictionnaire Littré
, « c’est un bien d’héritage qui descend suivant la loi des pères et des mères à leurs enfants ».
La conception du patrimoine en Occident depuis le Renaissance jusqu’au début du XX ème siècle trouve son ressort principal dans la culte des monuments .
Le monument, du latin « monumentum »
, est dérivé du mot « monere », qui veut dire avertir, rappeler le souvenir d’un personnage ou d’un évènement.
Le Dictionnaire de l’académie française
dans son édition de 1814 fournit la définition suivante : « le monument est une marque publique destinée à transmettre à la postérité la mémoire de quelque personne illustre ou de quelque action célèbre. »
Françoise Choay
apporte des précisions en relevant que le monument n’est qu’un « artefact » qui interpelle l’usage pour le faire « ressouvenir » et fait partie d’un « art de la mémoire universelle qu’on trouve pratiquement dans toutes les cultures » .
1/ Le Patrimoine, Le Sens Du Mot Aujourd’hui.
Conçue dans une acception large, la notion de patrimoine englobe aujourd’hui un ensemble de lieux, de monuments, d’objets matériels et immatériels, à travers lesquels une société fonde son histoire et son identité.
Les paysages et les cadres environnementaux sont réinvestis dans une nouvelle lecture patrimoniale et territoriale, et une demande sociale tente de recontextualiser les œuvres, les traces et les objets du passé, en leur donnant une signification nouvelle dans le présent.
Dans les pays du Maghreb, la conception du patrimoine s’aligne sur celle qui est en vigueur dans les pays occidentaux, laquelle est fondée essentiellement sur une vision européenne.
Introduite avec la colonisation de l’Algérie et l’établissement des protectorats en Tunisie et au Maroc, cette notion présente en terme de gestion patrimoniale les mêmes caractéristiques qu’en France avec, en particulier un fonctionnement centralisé au niveau des structures de l’Etat ( ministère de la culture, musées nationaux, bibliothèques, archives, etc.).

Le concept de « Patrimoine mondial, culturel et naturel » inventé au début des années 1970 renforce l’uniformisation de la conception du patrimoine dans les différents pays du Nord et du Sud.
La convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, adoptée en novembre 1972 sous l’égide de l’UNESCO - entrée en vigueur en 1975 -, a connu une rapide adhésion de jeunes Etats- Nations à faible niveau ou en voie de développement : le Soudan, l’Algérie, le Zaïre, le Nigéria, le Niger, laTunisie…,ou un double souci se dégage de cette démarche délibérée : la définition de l’identité par le désir d’affirmation nationale et la volonté d’accéder au développement.

II/ LES MESURES DE PROTECTION ET DE VALORISATION DU PATRIMOINE
1/ Les Composantes Du patrimoines Ou Espaces Considérés
Aujourd’hui, protéger les espaces de qualité, c’est protéger la rareté. Le spectaculaire développement économique et l’explosion démographique qui l’a accompagné, et la mutation inéluctable d’une société qui était encore auparavant largement rurale en une société post-industrielle et massivement urbaine ont contribué à transformer radicalement les paysages, l’emprise des villes et l’architecture des quartiers anciens.
Qu’il soit menacé par des opérations d’aménagement volontariste liées à une pression urbaine ou touristique ou par un « mitage » progressif d’autant plus difficile à contrôler, qu’il mette en jeu une multiplicité d’acteur le patrimoine apparaît comme une valeur en soi, chaque jour plus précieuse.
Avant de traiter les différentes mesures de protection et de valorisation du patrimoine, il convient de s’interroger sur la notion de patrimoine qui a connu une évolution constante. Alors que recouvre t-elle aujourd’hui ? Et pourquoi un tel élargissement ?
Aujourd’hui sous la double poussée de l’historicisme croissant et surtout de la prise de conscience des dangers et menaces citées ci-dessus, et qui en sont solidaires, le terme de « patrimoine » est venu à désigner la totalité des biens hérités du passé (du plus lointain au plus proche) :

- soit d’ordre culturel (du tableau ou du livre au paysage organisé par l’homme) ;
- soit d’ordre naturel (ressources, sites ou « monuments » naturels)
Il ne sera question ici que des biens intéressant directement l’architecture et l’urbanisme

1-1/ Les monuments prestigieux ou historiques
Ces monuments de toutes sortes constituent une richesse qu’il faut recenser pour en démêler les espèces. Ces édifices possèdent une valeur historique, culturelle et artistique particulièrement forte. Symboles éminents d’une culture et d’une civilisation ils constituent des éléments d’attraction touristique et s’imposent comme des composantes essentielles du cadre de vie.
Ils définissent également « le patrimoine monumental » qui appelle une attention et un traitement qui préserve sa valeur et sa signification historiques.
1-2/ Les biens immobiliers patrimoniaux
Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de protéger ou de mettre en valeur l’unique et l’exceptionnel, mais également l’exemplaire. Ainsi moins spectaculaires que les édifices majeurs, les monuments « simples » ou « constructions ordinaires » n’en demeurent cependant pas moins riches de valeurs.
Parmi ces biens culturels, une évolution, constante de puis la fin du XIX è siècle, a fait attribuer une valeur historique, esthétique, nationale, comparable à celle des monuments dits historiques à une série d’artefacts qui se prêtent mal à la désignation de monuments et qu’on préfère subsumer sous les termes de patrimoine architectural, urbain ou rural. Ce sont en particulier :
- les abords des monuments, mais surtout le tissu urbain dit mineur .Cette « architecture mineure » est particulière pour les constructions privées, souvent édifiées sans recours à un architecte. Ces monuments composent des paysages urbains de qualité et confèrent à la ville sa silhouette globale.
Elle constitue donc l’essentiel du bâti des villes anciennes et dont la pleine reconnaissance est l’aboutissement d’une série d’étapes, au cours desquelles l’intérêt s’est successivement focalisé :



sur sa valeur esthétique reconnue en premier par les écrivains anglo-saxons (comme fondateur Ruskin) et que Camileo Sitte fut le premier urbaniste à mettre en évidence et à analyser.
 Sur la valeur (compétitive avec celle des « monuments ») pour l’histoire et l’histoire de l’art, que les architectes historiens italiens, tel Giovannoni , furent les premiers à souligner avant la deuxième guerre mondiale.
 Sur sa valeur sociale, reconnue initialement en Italie (voir l’expérience de Bologne) et qui a reçu une consécration à l’échelle internationale dans la recommandation dite de Nairobi « concernant la sauvegarde des ensembles historiques ou traditionnels et leur rôle dans la vie contemporaine », adoptée par la conférence générale de l’UNESCO à Nairobi le 26 septembre 1976.
Actuellement sont considérés comme biens patrimoniaux non seulement les îlots et quartiers, mais des villages ou des villes entières ou même des ensembles de villes.

- L’architecture vernaculaire et rurale et les ensembles ruraux, d’abord reconnus et protégés par les pays scandinaves qui, des les années 1920, créèrent à cet effet les premiers musées de plein air.
En revanche, et à l’encontre du patrimoine urbain, cet héritage rural demeure peu valorisé, et sauf sous une forme muséographique, d’ailleurs peu développé, il est insuffisamment protégé bien que les procédures relatives aux abords et aux sites puissent le concerner car malgré tout il se trouve aujourd’hui menacé de disparition.

1-3/ Les ensembles Historiques
Se sont des groupements de constructions anciennes, vestiges cohérents et significatifs en milieu urbain ou rural.
Le concept d’ensemble historique s’est imposé à partir du moment ou le monument historique a cessé d’être dissocié de son contexte.
Aujourd’hui la notion d’ensembles s’applique à des entités spatiales très diverses allant de l’îlot, du secteur on du quartier urbain jusqu’à la ville ou village entier .

1-4/ Les secteurs sauvegardés
Un secteur sauvegardé est une mesure de protection portant selon la loi sur un ensemble immobilier urbain ou rural qui se caractérise par sa prédominance de zone d’habitat et qui par son homogénéité et par son unité architecturale et esthétique présente un intérêt historique, architectural, artistique ou traditionnel qui en justifie la protection, la restauration, la réhabilitation et la mise en valeur .
Le secteur sauvegardé est une démarche d’urbanisme qualitatif dont l’objectif est autant de conserver le cadre urbain et l’architecteur ancienne que d’en permettre l’évolution
harmonieuse au regard des fonctions urbaines contemporaines et en relation avec l’ensemble de la ville.
Il s’agit, à l’aide de règles de prescription spécialisées, d’inscrire tout aménagement, transformation ou construction dans le respect de l’existant, ce qui ne signifie pas copier le patrimoine ancien, mais le prendre en compte sans atteinte à ses qualités historiques, morphologiques et architecturales.
Dans le respect des dispositions du plan d’aménagement et d’urbanisme, le plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur du secteur sauvegardé (PPSMVSS) fixe pour les ensembles immobiliers urbains ou ruraux érigés en secteurs sauvegardés, les règles générales et les servitudes d’utilisation des sols qui doivent comporter l’indication des immeubles qui ne doivent pas faire d’objet de démolition ou de modification ou dont la démolition ou la modification seraient imposées. Il fixe également les conditions architecturales selon lesquelles est assurée la conservation des immeubles et du cadre urbain.
Le PPSMVSS édicte les mesures particulières de protection, notamment celles relatives aux biens culturels immobiliers inscrits sur l’inventaire supplémentaire, en instance de classement ou classés, situés dans le secteur sauvegardé.

1-5/ Les espaces publics
Longtemps négligés, les espaces publics ont été progressivement reconnus comme des éléments essentiels du cadre de vie, qui confèrent à l'agglomération son ambiance particulière, et dont il faut assurer la qualité.
Voirie, places, ou encore jardins publics, ils organisent la ville, constituent son squelette et assurent chacun une fonction spécifique.
Lieux communs, animés par définition, leur propre ambiance nécessite elle aussi un certain soin. Cette dernière se détermine tant par les caractéristiques propres de ces espaces (traitement du sol, plantation, mobilier urbain...) que par celles des éléments qui les délimitent (organisation du parcellaire, caractéristiques architecturales des constructions...).
Enfin, les espaces publics constituent souvent la mémoire de la ville. Aussi l'attractivité du territoire se doit-elle notamment à ces derniers : à cet égard, ils apparaissent le plus souvent comme les supports des actions de la collectivité, actions qui peuvent impulser les initiatives privées en matière de valorisation du patrimoine.

1-6/ Les secteurs d'extension urbaine
La tendance actuelle consiste-t-elle, plus que jamais, à préserver, voire rétablir, l'harmonie dans l'organisation urbaine et dans le rapport entre la ville et son site : elle passe en particulier par une réflexion sur les secteurs d'extension de l'urbanisation.
En effet, pour des raisons patrimoniales, mais également économiques et sociales, on a pris conscience de la nécessité de veiller à ne pas (ou ne plus) laisser la ville se développer de manière chaotique, déstructurée et préjudiciable pour l'environnement urbain et naturel mais être aussi très attentifs vis-à-vis de ces extensions qui peuvent nuire aux richesses patrimoniales ainsi que leurs abords.

1-7/ Le Patrimoine Archéologique
Ce patrimoine est composé aussi bien de monuments prestigieux que des traces les plus modestes de l’occupation humaine.
Autrement dit, se sont toutes ces découvertes des civilisations disparues ou l’archéologie tende de faire revivre ce qui est mort.
L’archéologie préventive a pour objet d’assurer à terre et sous les eaux, dans les délais appropriés, la détection, la conservation ou la sauvegarde par l’étude scientifique des éléments du patrimoine archéologique affectés par les travaux publics ou privés concourant à l’aménagement. Elle a également pour objet l’interprétation et la diffusion des résultats obtenus.
Donc au lieu de préserver le patrimoine archéologique de tout contact avec la ville réelle, en l’isolant ou en le détruisant, on peut en effet étudier les traces et les vestiges du passé, déterminer ce qui peut encore « vivre » et choisir en toute connaissance de cause, le cadre de cette survie artificielle dans un mussée organique dans le tissu urbain moderne .
Le patrimoine archéologique n’a jamais été à son tour épargné des menaces qui le guettent, ou lors des travaux de terrassement au niveau du site Kouhil Lakhdar à Constantine, qui à titre d’exemple et pour l’édification de quelques locaux commerciaux, la loi a été encore violée avec la complicité de tous les détendeurs du projet et qui prescrit que toute découverte archéologique doit être signalée aux services compétents.

1-8/ Les milieux naturels
C'est pour leur rareté, leur valeur écologique ou leurs qualités paysagères que les milieux naturels sont reconnus comme des éléments patrimoniaux à protéger.
Sélectionnés à l'origine pour leur caractère remarquable, ces espaces ont progressivement suscité un vif intérêt bien que peu spectaculaires.
En effet, ces milieux sont vivants, évolutifs et fragiles, et méritent à ce titre d'être gérés et préservés, non seulement des dégradations ou perturbations naturelles, mais également des modes d'utilisation du sol et des activités risquant de leur porter atteinte .

1-9/ Les paysages
Le paysage, urbain ou naturel, représente un atout majeur pour un territoire : élément essentiel pour la qualité du cadre de vie, il peut par ailleurs être facteur de développement économique, grâce notamment au tourisme. C'est pourquoi, il est nécessaire d'en assurer une bonne gestion pour le mettre en valeur.
Aussi, certains sites particulièrement remarquables justifient une protection rigoureuse contre tout aménagement qui représenterait une menace pour eux, et une fréquentation touristique excessive. Quant aux paysages naturels plus modestes, ils présentent également des caractéristiques qui méritent d'être respectées. Les projets d'aménagement ou de construction ne doivent pas davantage nuire à la lisibilité du paysage en s'accaparant de ces espaces et en les "mitant" .

Destiné pour les étudiants du Mastère II
Option : Urbanisme Académique
Assuré par : Mme Bouanane Kentouche Nassira
Enseignante Universitaire / Architecte -Urbaniste / Architecte qualifiée des monumants et sites historiques protégés.

La mise au point de textes réglementaires nationaux complets et bien en tendu de première urgence parce qu’elle fournit aux institutions comme au citoyen un cadre de référence imposant lui-même l’adaptation aux situations et une prise en compte des problèmes de mise en œuvre sauf qu’il faut justifier leur raison d’être et leur donner pleine efficacité afin de se prémunir contre les menaces qui guettent ce patrimoine.
2-1/ Les dégradations et les destructions
2-3/ La spéculation foncière
2-2/ L’urbanisation
2-4/ L’effet démographique
2-5/ La perte des équilibres
2-6/ La peur de l’homme
Tous les jours, la liste des monuments en danger s’allonge, il est impossible faute de recensement précis de se faire une idée sur ce qui disparaît ou par le temps qui ronge, le climat est sans doute le principal destructeur des monuments avec l’homme qui met en péril des monuments tout d’abord par ses guerres et ensuite par son ignorance .
Ces œuvres sont menacées par des projets qui tendent à changer la face des choses, en traçant des routes, en modifiant des quartiers et en remodelant le visage de la ville.
A des moments ils ont été maltraités par des opérations de rénovation irresponsables.
Les catastrophes naturelles (tel que séisme….) et la pollution atmosphérique sont aussi des agents destructeurs.

Le patrimoine est aussi exposé au développement sauvage de l’urbanisation ou un certain urbanisme est destructeur. Sous les coulées du béton, des pans d’histoire disparaissent ou bien ils sont menacés par l’aménagement et l’urbanisation hâtive .
A titre d’exemple le sol algérien a connu depuis l’indépendance une grande urbanisation consommatrice d'espace, et dont on déplore souvent l'absence d'urbanisme.
Ces logiques de développement urbain sont souvent entrées en conflit avec la préservation du patrimoine urbain et naturel, et en ont modifié l'image.
La liste des sites violés au profit de l’urbanisation ne cesse de s’allonger au fil des ans. C’est ainsi que l’initiative d’affecter par arrêté de wilaya, un site archéologique clôturé à un investisseur privé pour y implanter un hôtel au niveau du site de Tipasa par exemple, bien qu’il soit classé comme patrimoine mondial de l’humanité, est lourde de conséquences.
Avec la menace qui grandit mettant en danger ce patrimoine et en connaissance de cause ; les services concernés des quinze circonscriptions archéologiques à travers les quarante huit wilayas, ne cessaient de recevoir des lettres de détresse émanant de l’ensemble du territoire national.

Pour donner au foncier sa véritable dimension, il est primordial de veiller à la coordination des actions par la préservation et la sauvegarde du patrimoine urbanistique car la spéculation foncière met en péril le patrimoine en particulier ; la rareté et le prix des terrains dans les centres anciens font d’eux des entités propices pour la spéculation immobilière.
Sous l’effet démographique que connaît notre siècle, les villes en général et algériennes en particulier, ont subi une croissance foudroyante, qui mal maîtrisée s’est accompagnée d’une dégradation progressive de sa spécificité.
Certains quartiers anciens, peu à peu délaissés par leurs habitants ont été abandonnés à la ruine puis par suite logique entamés par la pioche des démolisseurs .
D’autres quartiers centraux ont, au contraire connu une suroccupation conduisant à une sur densification hypertrophique du tissu ou une partie importante du patrimoine historique a ainsi disparu.

L’image de la ville se voit à des moments, dégradée du fait de la suppression de son patrimoine bâti mais cette dégradation n’est pas uniquement inhérente à cette seule suppression car en plus on a la perte de son équilibre économique et social qui y est également pour une grande part.
Pour l’homme, le patrimoine constitue une racine vivante pour l’affirmation de son identité. Cet attachement au patrimoine et par la même, ce contact avec ses origines, tranquillise l’homme qui dans une urbanité en construction a peur de la tendance à perdre ses repères qui suscitent en lui une impression de stabilité et d’équilibre
Avec la poussée du libéralisme économique, de la globalisation, des échanges à l’échelle internationale, la concurrence entre les grandes cités pour attirer activités productives et investissements se fait nettement sentir dans le monde depuis une vingtaine d’années, des campagnes de toilettage des grands centres urbains et particulièrement de leur image à destination des élites se multiplient un peu partout.
Dans ce contexte de réhabillage urbain, les secteurs centraux et les grandes agglomérations qui incluent tout ou partie du noyau urbain historique, font l’objet d’intérêt renouvelé et de convoitise.
Pour la puissance publique, les quartiers centraux sont de véritables vitrines de la ville, la ou se donne à voir la prospérité d’une cité et l’excellence de sa gouvernance urbaine.
Mais intervenir et mener des projets de restauration ou de rénovation sur tout ou partie de ces quartiers n’est pas chose aisée.

3/ Des Modes D’action En Faveur Du Patrimoine
En général la logique de réhabilitation a pris le pas sur la logique de préservation et aujourd’hui les 55% de l’économie du bâtiment , va vers la réhabilitation (ce chiffre était de 4 à 5%, il y a 40 ans) .
Le sort des populations et des activités peu valorisantes des vieux centres représente l’épineux problème rencontré par des municipalités dans leurs projets.
Jusqu’à une période récente, la solution au problème de restauration et de rénovation des centres anciens était de déplacer les populations résidentes vers des lotissements et de grands ensembles en périphérie malheureusement en prenant le cas de l’Algérie nous remarquons que le gouvernement algérien n’a pas encore atteint les objectifs de construction de logements qu’il tente de planifier d’année en année.
Sur le terrain, les procédures de revalorisation patrimoniales mises en œuvre se déclinent selon une trilogie devenue fameuse entre rénovation, restauration et réhabilitation. Elles ont chacune un sens opérationnel précis .
Un panachage de ces trois modes d’intervention est en général choisi en fonction de l’état du bâti, des prescriptions architecturales et des objectifs poursuivis en terme d’usage.
La législation de protection du patrimoine est souvent très rigide et ne facilite pas les adaptations souvent nécessaires. Les contrôles de cette législation sont conditionnés dans beaucoup de pays, par l’absence de procédures d’intervention foncière ou d’aide à la réhabilitation des logements.

La rénovation a aussi des contraintes car intervenir en centres anciens est un exercice particulièrement délicat et complexe pour l’aménageur, les difficultés qu’il rencontre sont de plusieurs ordres :
 Des pratiques sociales particulières.
 Une population résidente souvent insolvable et incapable de financer les opérations projetées.
 Une volonté des autorités politiques locales incertaine (que l’on peut relier aux temporalités différenciées comme la mandature municipale)
 Un montage réglementaire, financier et opérationnel complexe.
 Une concertation insuffisante entre les acteurs concernés.
 Une indisponibilité ou une irrégularité des crédits budgétaires affectés
 Et un coût du foncier souvent exorbitant.
Cette accumulation de contraintes est peu propice à l’élaboration d’interventions concertées pour ces types de tissus.
L’aspect financier tend à prendre le pas sur toute autre considération et toute intervention n’est envisageable que si elle permet des retombées économiques pour les bailleurs de fond, que ceux-ci soient publics ou privés. Les politiques fiscales jouent un rôle prépondérant et représentent un des leviers empruntés par les autorités locales pour financer les opérations de restauration en centre ancien.


4/ La Mise En Valeur Du Patrimoine Architectural

Actuellement, une vision d’ensemble du patrimoine architectural a remplacé la conception ponctuelle de la protection des abords des monuments historiques, conformément à l’évolution de la législation des monuments historiques qui a défini des zones de plus en plus étendues. A l’origine, seul le monument lui- même était préservé. La possibilité de le dégager, puis le mettre en valeur en protégeant ses abords eut ensuite prévue. Enfin se sont donc des quartiers entiers qui peuvent être sauvegardés.
Les textes défendant le patrimoine architectural, sont ainsi devenus un des éléments majeurs du droit de l’urbanisme.
4-1/ Monument et environnement
Dans l’opinion courante, le monument historique reste un édifice prestigieux, exceptionnel, tant qu’on reste dans cette conception, le problème est aisément résolu au moins dans son principe. L’intérêt archéologique et esthétique des monuments historiques disparaît s’ils sont séparés de leur contexte architectural. Pour mettre en valeur un édifice, il faut donc protéger ses alentours.
Des auteurs anciens écrivaient également : « l’entourage concourt très souvent à la mise en valeur du monument, c’est l’écrin qui met le bijou en évidence »
Actuellement, au contraire, les atteintes sont multiples et graves. Les vastes opérations de rénovation et les nouvelles techniques de construction qui permettent, par l’utilisation de matériaux différents, de reconstruire à des hauteurs élevées, bouleversent l’aspect de la ville et l’environnement du monument.
La protection des abords des monuments historiques doit être assurée de manière plus efficace.
La règlementation qui s’impose ainsi à bon nombre de citoyens est elle-même fort complexe et parfois difficile à bien saisir « ou parfois des querelles byzantines sur les difficultés d’application de certaines règles sont exposées ».
Certes la loi ne règle pas tous les abords des monuments historiques, elle soumet seulement à contrôle et à autorisation les modifications qu’on veut y apporter.
Une nouvelle conception du patrimoine architectural se dessine ainsi. Il ne s’agit plus de collectionner quelques édifices isolés, quelques vestiges représentatifs, mais au contraire de préserver des ensembles urbains dans lesquels le monument n’est qu’un élément plus riche que les autres.
Au contraire, la loi 98-04-du 15 juin 1998 permet d’assurer une protection spécifique plus efficace et plus souple des alentours des monuments. Elle est devenue un moyen essentiel pour la politique urbaine et de préserver le patrimoine architectural.
« Qu’on se rassure, il n’y a pas autant de mètres soumis à une réglementation restrictive de leur usage, car il arrive souvent que des monuments historiques soient assez proches les uns des autres pour que leur zone de protection se recoupent ou se recouvrent ; dans certaines zones, et c’est le cas fréquent des vieilles villes riches en vestiges, la totalité d’une surface étendue est soumise à protection ».

4-2-1/ La lutte contre les agressions visuelles
Si la qualité de l’environnement d’un monument historique dépend essentiellement de l’architecture des bâtiments qui l’entourent, des modifications moins importantes peuvent nuire à la qualité du site, comme le développement anarchique de la publicité qui est considéré comme particulièrement dangereux, d’où la nécessité d’une règlementation de la publicité dans les quartiers historiques


b-2) L’expropriation pour cause d’utilité publique :
La procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique a joué un rôle historiquement très important. Des grandes opérations d’expropriation ont permis la mise en valeur de nombreux édifices en les dégageant ou en préservant leurs perspectives.
Si le coût et la lourdeur de cette règle en limitent aujourd’hui la portée, la législation actuelle règlemente la procédure d’expropriation afin de protéger les monuments historiques et leur environnement.

4-2/ La désuétude des règles

Au delà des monuments pris individuellement, beaucoup d’Etats dont l’Algérie protègent les abords de leurs monuments, ce qui est une manière de sauver le petit ensemble que constitue un monument historique.
La protection des abords ou du cadre d’un monument ancien résulte de la détermination d’une zone dont le rayon en partant du centre du monument varie selon les réglementations. (Ex. 500m pour la France qui est une distance dictée par l’UNESCO, tandis que pour l’Algérie, elle a été fixée à 200m en raison des dépassements nombreux en terme d’urbanisation anarchique autour des monuments).
Pour le cas de l’Algérie la loi 98-04 du 15 juin 1998, constitue la « pièce maîtresse » du système de protection des abords des monuments historiques.
Cette loi institue une servitude de protection facile à mettre en œuvre puisqu’elle s’applique automatiquement autour de chaque monument, qu’il soit classé ou inscrit.
Dans cette zone, un contrôle efficace doit être assuré puisque les permis de construire ne peuvent être accordés que si le Ministère de Culture donne un avis favorable.

4-3/ La servitude d’abords
4-3-1/ L’établissement de la servitude
Le législateur a voulu protéger les abords des monuments historiques d’une façon très simple. Ainsi la servitude d’abords s’applique automatiquement dès que le monument est lui-même protégé (par le classement, l’inscription ou la notification de l’instance de classement). C’est donc la législation de soumettre un immeuble à la législation des monuments historiques qui fait naître une servitude pesant sur tous les immeubles alentour.
Cependant la loi 98-04 a précisé les limites de la zone ainsi grevée. En effet, l’article 17 de cette loi, ne soumet à autorisation préalable que les travaux réalisés sur des immeubles « situés dans le champ de visibilité d’un édifice classé ou inscrit ».
Avant de préciser ce que le législateur entend par « édifice classé ou inscrit » et les conditions d’opposabilité aux tiers, la notion de champ de visibilité doit être définie car elle commande l’application territoriale de la servitude de protection des abords des monuments historiques.

4-3-2/ La notion de champ de visibilité
Selon les termes de l’article 17 de la loi 98-04 du 15 juin 1998, « Les monuments historiques sont soumis au classement par arrêté du ministre chargé de la culture après avis de la commission des biens culturels, sur sa propre initiative ou toute personne y ayant intérêt. L’arrêté de classement s’étend aux immeubles bâtis ou non bâtis situés dans une zone de protection qui consiste en une relation de visibilité entre le monument historique et ses abords desquels il est inséparable.
Le champ de visibilité dont la distance est fixée à un minimum de 200 mètres, peut être étendu afin d’éviter notamment la destruction des perspectives monumentales comprises dans cette zone. Son extension est laissée à l’appréciation du Ministre chargé de la Culture sur proposition de la commission des biens culturels ».
Pour l’application de la présente loi, il est considéré comme étant situé dans le champ de visibilité d’un immeuble classé ou proposé pour le classement, tout autre immeuble, nu ou bâti, visible en même temps que lui, et situé dans un périmètre n’excédant pas 200 mètres. A titre exceptionnel, ce périmètre peut être étendu à plus de 200 mètres.
Ainsi le champ de visibilité est défini par deux éléments :
- un élément spatial et géométrique qui définie une zone aisément identifiable : le périmètre de 200 mètres et plus ; sauf que la distance n’est pas le seul élément qui intervient, il est fait souvent appel à :
- un deuxième élément qui lui est destiné à limiter l’application de la servitude, dans la zone préalablement définie, aux seuls cas ou le monument historique est concerné (c'est-à-dire lorsque l’immeuble sur lequel les travaux sont effectués est visible du monument ou en même temps que lui) : la notion de covisibilité.
« Un monument c’est aussi l’impression que procurent ses abords » ou presque toutes les lois retiennent un double critère géométrique d’une par et optique d’autre part.
Pour la covisibilité de l’immeuble et du monument, la loi ne donne pas dans ce cas de précisions quant à l’endroit ou doit se placer l’observateur pour apprécier la visibilité. La solution est certaine lorsqu’on voit l’immeuble et le monument historique depuis un lieu ouvert au public (voirie, jardins publics). D’autres cas posent des problèmes plus complexes.

4-3-3/ Le périmètre de 200 mètres : périmètre ou rayon :
La loi utilise le terme de « périmètre de 200 mètres », ce qui semble créer une zone de 50 mètres de côté et d’une superficie de 2500 m2 , ainsi définie, cette zone est très limitée.
En réalité, dés l’origine, l’Administration a utilisé la longueur de 200mètres comme s’il s’agissait de la distance entre l’immeuble en travaux et le monument protégé. On aboutit ainsi à une notion assez différente puisqu’au lieu d’un carré de 2500 m2, de superficie, on trace un cercle ayant pour centre le monument et pour rayon 200 mètres qui couvre des lors, une surface de 12, 56 hectares.


La visibilité doit s’apprécier dans les conditions ou elle peut être constatée normalement, non seulement par les touristes ou les visiteurs, mais encore par tous ceux qui, ayant une vue importante sur le monument ou depuis le monument protégé, doivent bénéficier de la protection établie par la loi 98-04 : « en règle générale, cela inclura tout point de vue situé dans le périmètre de 200mètres, mais cela pourra également inclure des vues à partir d’emplacement éloignés ». La covisibilité sera ainsi établie lorsque la vue sera significative.

4-3-4) La notion de « vue significative :

A l’origine, selon les termes de la loi 98-04 ; seul était prévu le classement des immeubles « dont la conservation peut avoir au point de vue de l’histoire ou de l’art un intérêt national », ce qui n’était pas possible qu’avec l’accord du propriétaire.
La possibilité d’inscrire sur un inventaire supplémentaire les « édifices ou parties d’édifices qui sans justifier une demande de classement immédiat, présente un intérêt archéologique suffisant ». Conçue à l’origine comme un simple recollement, l’inscription est devenue un véritable moyen de protection, comparable au classement.

4-4/ Un monument historique classé ou inscrit

4-4-1/ Le classement:
La servitude de classement protège très efficacement un monument historique. Aucun travail, quel qu’il soit, ne peut être réalisé sur cet immeuble sans autorisation préalable du ministère de la culture, celui-ci peut, en outre faire exécuter d’office les travaux nécessaires à la conservation de l’immeuble lorsque sa sauvegarde est mise en péril par inertie du propriétaire.
Si le classement nécessite une procédure assez lourde, il assure en revanche, une protection des alentours des monuments historiques plus efficace en permettant notamment d’empêcher toute construction.
Concernant la procédure de classement : un immeuble peut être classé par arrêté ministériel ou par décret en conseil d’Etat.

4-4-2/ Instance de classement :
La loi précise que : « à compter du jour ou l’administration des affaires culturelles, notifie sa proposition de classement d’un monument, tous les effets du classement s’appliquent de plein droit à l’immeuble visé. Ils cessent de s’appliquer si la décision de classement n’intervient pas dans les douze mois de cette notification.

4-4-3/ L’inscription a l’inventaire supplémentaire des monuments historiques
L’inscription est considérée comme un classement de deuxième zone, applicable aux monuments moins importants.

L’Algérie est un pays en pleine construction mais qui a plusieurs millénaires d’histoires derrière lui . Il n’est pas de visiteurs en Algérie qui ne soit impressionné par la multiplicité des vestiges et des ruines qui, de la préhistoire à l’époque médiévale, parsèment le pays.
L’approche du patrimoine e a été introduite en Algérie au XXI ème siècle avec la colonisation. Dans une société qui pense ses repères différemment, la conception locale du patrimoine se distingue de celle qui prévaut alors en Europe.
La notion de patrimoine, vision européenne fondée sur la vénération et le culte d’objets, dont l’évolution a d’abord traversé le concept de « monument historique » n’a donc touché la culture arabo- musulmane de l’Algérie qu’après la colonisation de notre pays.
La notion de monument historique apparaît donc avec la première tentative d’inventaire engagé par les architectes français Amable Ravoisié et Charles Texier à partir de 1846.
Ses contours ont été déterminés de la même manière en France ou, la commission des monuments historiques, sous la direction de Ludivic Vitet puis de Prosper Mérimé, réalisait l’inventaire des richesses monumentales. Cette même commission, se référent aux relevés d’architecture effectués par Amable Ravoisié, a commencé à réfléchir lors de l’une de ses séances, tenue des monuments intéressants que renferme l’Algérie .
Dès lors la conception de patrimoine en Algérie s’est alignée sur celle prévalent en France, allant à contre courant de la conception locale de la question.
Cette dernière, qui était liée à la tradition islamique, était fondée sur le caractère immatériel de ce qui est transmis. En effet le mot arabe qui se rapproche le plus de la notion de « monument historique » est le terme « athar » qui signifie vestiges et traces. Quant au mot « patrimoine » celui-ci se traduit en arabe par « turâth » lequel renvoie à la notion d’héritage qui, elle, englobe tant l’héritage matériel que spirituel.
La tradition islamique considérant toute chose sur terre vouée à la finitude, toutefois cela ne signifie pas un désintérêt total à l’égard des biens matériels, car, parallèlement à cette attitude, il existe une volonté de perpétuer et de conserver des biens.
En Algérie, tous ces biens, immobiliers ou fonciers, reçoivent un classement de la part de leurs propriétaires, les faisant accéder au statut de biens habous. Ce statut qui englobe la majeure partie des immeubles situés dans les villes, les terrains urbains, présente le caractère spécial de bien inaliénable dont la continuité est assurée dans le temps par le maintien de son état, de sa forme et de sa fonction. Le terme « habous » est dérivé de l’arabe « hobous » ou « hobs », substantif qui signifie « immobilisation». C’est la consécration d’une propriété pour un usage au profit des musulmans, et cette consécration ne tolère pas l’introduction d’un changement apporté à son état initial .


III/ LE PATRIMOINE ALGERIEN
La richesse archéologique de l’Algérie reste encore souvent méconnue, aussi bien chez les algériens eux même qu’à l’étranger, d’autant plus que durant les dix dernières années de 1992- 2002, le terrorisme, la crise sécuritaire ont hélas laissé dans l’ombre toute activité de recherche archéologique et de développement dans la gestion des sites historiques.
Certains s’étonnent même que des sites antiques de l’Algérie soient inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Il faut donc le rappeler : oui, des villes antiques comme Timgad, Djemila ou Tipaza figurent sur cette liste prestigieuse aux yeux de la communauté internationale.
Ainsi les vestiges de l’antiquité témoignent donc de façon évidente de l’importance d’une civilisation à laquelle le Maghreb dans son ensemble et l’Algérie, de part sa position centrale, ont si grandement contribué . En Algérie, seuls quelques grands centres urbains de l’Antiquité ont été dégagés au cours des travaux de fouilles qui ont eu lieu au XIX è siècle et dans la moitié du XX è siècle durant la période coloniale.
Au cours de ces travaux, il est bien connu que la préoccupation majeure résidait souvent dans la recherche des objets d’art, des parements de mosaïques, ou dans le dégagement des monuments jusqu’au « bon niveau », sans attention particulière pour un certain nombre de couches archéologiques ou pour une stratigraphie des niveaux postérieurs qui les recouvraient.
On a trop souvent dit, à propos des sites archéologiques antiques du pays, que les premières villes furent des colonies romaines et que « dans ce pays barbare occupé par des tribus nomades, les premiers habitants sédentaires furent des soldats romains libérés du service ». Sans doute, cette conception de l’histoire ancienne privilégiant l’action de Rome dans la romanisation et l’urbanisation de l’Afrique antique, n’est plus de mise.
Elle a eu pourtant une influence que Mounir Bouchnaki qualifie de pernicieuse auprès d’un certain nombre de responsables algériens qui, au lendemain de l’indépendance du pays ne voyaient dans la présence des vestiges « romains » que des signes d’une colonisation et bien entendu la réminiscence de la colonisation française.
C’était en effet, pour justifier et légitimer la colonisation française que de nombreux historiens et archéologues de la fin du XIX è siècle et le début du XX è siècle, ont contribué a présenter le France comme l’héritière de Rome en Afrique du Nord.
La conception, désormais dépassée, de l’histoire du Maghreb vue uniquement à travers le prisme de la conquête romaine fait l’objet d’une révision de la part de la nouvelle école d’historiens à laquelle appartient Serge Lancel qui nous rappelle, à juste titre que Rome fut aussi l’héritière des civilisations libyque ou « amazigh » et punique que l’on commence à mieux appréhender.
C’est sous un éclairage nouveau que doivent alors nous apparaître ces villes antiques d’Algérie, dont une part des ruines dégagées est d’époque romaine, mais dont l’origine est bien souvent antérieure à la conquête romaine.

1) Patrimoine Et Archéologie
Depuis quelques années, les recherches historiques ont subi comme d’autres sciences humaines, le contrecoup de la colonisation.
Parmi les travaux réalisés sur l’archéologie depuis le début du siècle dernier jusqu’aux années 1980, nous citons ; l’histoire ancienne de l’Afrique du Nord de Stéphane Gsell (1913-1929), qui demeure la référence pour tous les historiens de l’Antiquité au Maghreb.
Suite à ces travaux, nous mentionnons notamment l’Afrique romaine d’Eugène Albertini 1937, l’histoire de l’Afrique du Nord, Tunisie, Algérie, Maroc, des origines à la conquête arabe (647 A.C.J) de Charles André Julien, édition de 1951, revue et mise à jour par Christian Courtois. L’Algérie et son passé d’André Berthier (1955), l’Algérie, passé, présent d’Ives Lacoste ; André Nouschi et André Prenant (1961).
L’Algérie dans l’Antiquité de Mahfoud Kaddache (1978), et quelques années plus tard, le livre françois Decret et Mhamed Hassine Fantar ? l’AFRIQUE DU Nord dans l’Antiquité, histoire et civilisation (1981).
L’un des derniers ouvrages en date a été celui de Paul Albert Février (Approche du Maghreb Romain, Aix en Provence, 1989).

Depuis l’indépendance, les travaux de construction qui se sont développé à travers tout le pays n’ont pas manqué d’apporter, comme à l’accoutumer, un lot de découvertes archéologiques qui ont considérablement enrichi le patrimoine culturel de l’Algérie.
A côté des trouvailles que l’on peut qualifier de fortuites, comme celle de la célèbre mosaïque du triomphe de Bacchus, découverte à Sétif lors des travaux de VRD et qui fait l’orgueil du Musée de la ville.
Les recherches archéologiques programmées dans le cadre du Service des Antiquités ou du Centre de recherches sur l’archéologie, la préhistoire et l’ethnographie, ont également fourni des documents de première importance pour la connaissance du passé.
Face aux multiples problèmes qui se posaient pour la gestion d’un patrimoine culturel s’étendant sur plus de deux millions de kilomètres carrés, l’essentiel des activités menées par la jeune équipe d’archéologues algériens depuis 1965 a été consacré au renforcement de la protection des sites archéologiques afin d’éviter toute destruction ou pillage.
Les sites les plus importants, tels que Hippone ( Annaba), Khamissa, Thibilis (Announa), Tebessa, Timgad, Lambèse, Djemila, Sétif, Tipaza, Cherchel, ont été placés sous la surveillance de gardiens permanents.
Les grands mausolées de l’époque Numide et de l’époque Maurétanéenne, comme le Madracen, la « Soumaâ » du Khroub, le mausolée de Beni Rhinane à Siga, ont bénéficié également d’une protection et d’un gardiennage.
Si l’on s’en tient uniquement à la période antique, il est possible d’affirmer qu’au cours des quarante dernières années, la politique de recherches en archéologie est restée relativement empirique, d’une part à cause de l’insuffisance du personnel scientifique et d’autre part de l’absence de tradition nationale dans ce domaine.
Il existe en Algérie, tant de monuments qui attendent d’être publiés, et quantités d’objets qui « dorment » depuis des décennies dans les réserves des musées nationaux et municipaux, sans avoir fait l’objet d’une étude scientifique et d’une publication, qu’il a été plus sage de ne pas multiplier les programmes de fouilles archéologiques et de s’atteler plutôt à la publication des inédits . En effet, comme le rappelait Paul Albert Février dans son dernier rapport en qualité d’inspecteur des Antiquités de l’Algérie en 1967, « celui qui étudie un texte ou même un monument peut le regarder sans l’endommager, celui qui fouille détruit au fur et à mesure de son avance une grande part de ce qu’il voit, et il ne peut faire autrement : une stratigraphie n’existe qu’un temps, le temps d’un regard ».
Pour conclure, nous dirons que c’est cette variété de cultures et cette diversité de trésors, d’arts et d’architecture et l’Antiquité qui font la richesse du patrimoine culturel de l’Algérie.

1-1/ Patrimoine et recherche de nouveaux horizons

Dans le cas de l’histoire de notre pays, l’attitude prise par les algériens vis-à-vis de leur patrimoine bâti a connu trois tendances dominantes qui sont marquées par :
a) la volonté de rompre avec le passé colonial de l’Algérie : « patrimoine et censure » ;
b) la volonté de convaincre de l’utilisation de modernité : « patrimoine et modernité » ;
c) la volonté d’évoluer dans l’authenticité et la continuité de l’esprit contenu dans le patrimoine : « patrimoine et identité » ;
Contrairement à ce qui est formulé dans l’opinion générale, l’antiquité et ses vestiges ne constituent pas après l’indépendance un obstacle ou un aspect occulté dans la reconnaissance du patrimoine de l’Algérie, ni parmi la population ni au sein du nouvel Etat-Nation.
Avec la coopération d’archéologues et de conservateurs français, l’Etat algérien forme une nouvelle élite qui est placée à la tête des différents sites .
Dés le début des années 1970, la Direction des beaux arts, monuments et sites ( Ministère de l’information et de la culture), fait éditer ou rééditer en actualisant les brochures consacrées aux cités antiques, de même que sont programmées dans quelques écoles de grandes villes, des sorties pour les élèves , destinées à les sensibiliser au patrimoine antique.
De fait c’est encore et toujours Timgad, Djemila, Tipaza, Tlemcen et Alger, qui servent d’exemples et de cas d’études aux archéologues, aux architectes et aux chercheurs algériens, et de repères patrimoniaux auprès de l’élite et des instances officielles représentées par les services du Ministère de la Culture.
L’arc de triomphe de Djemila continuellement photographié et reproduit dans les revues ainsi que sur les affiches ou les calendriers, est comme une icône des temps antiques.
Tlemcen sert généralement de référent pour illustrer à l’étranger le patrimoine arabo- musulman de l’Algérie.
Tout en poursuivant les travaux archéologiques (fouilles, restauration) dans certains sites phares ( Timgad, Djemila, Tipaza), le nouvel Etat-Nation fonde sa politique culturelle sur la mise en valeur du substrat arabo- musulman de son héritage.

2) Les Différentes Tendances Du Patrimoine

Comme partout ailleurs, au lendemain des révolutions, un régime s’effondre et tombent avec lui les monuments et les symboles qui le représentent : stèles commémoratives, statues et œuvres d’art, désormais dissimulées aux yeux de la population ou étalées à même le sol pendant plusieurs mois pour matérialiser physiquement au regard de tous la chute de l’ancien pouvoir. Au lendemain de l’indépendance, une majorité de monuments fut ainsi détruite, car beaucoup de gens parmi la population algérienne refusaient de voir des formes architecturales qui portent en elles des souvenirs traumatiques.
L’Algérie des années 1960 se définit en rupture avec son passé récent français. En réaction contre le moment colonial, une ardente ferveur se manifeste autour d’une politique volontariste, se voulant éloignée de toute influence occidentale.
L’Algérie figure parmi les pays qui ont adhéré rapidement à la convention concernant la protection du patrimoine mondial (en 1974).
En ratifiant rapidement la convention, l’Algérie se positionne sur la scène internationale - en plus de sa place privilégiée dans le mouvement des pays non alignés, notamment à la réunion d’Alger en septembre 1973- et affirme à travers la reconnaissance universelle de son patrimoine sa volonté de sortie du « sous développement » dans lequel la colonisation l’avait enlisée.
Dans le champ patrimonial, le référent unique prôné est formulé par opposition à l’occident.
Depuis l’indépendance, le patrimoine bâti légué a surtout été considéré comme patrimoine immobilier, sans qu’aucun attribut tel que, artistique ou historique, ne lui soit associé.
L’un des premiers gestes de la jeune république est la réaffirmation du rôle d’Alger, de part sa position historique centrale, comme capitale nationale.
L’identité nationale élaborée pendant environ quarante ans a été définie essentiellement par scission avec le passé français de l’Algérie. Le patrimoine exalté, qui peut paraître naturel lorsqu’il est exprimé dans les différents pays du Maghreb au lendemain des indépendances, l’est moins en Algérie trente ans après.

2-1/ Patrimoine et censure

L’un des chapitres de la charte nationale stipule : « Il s’agit par là d’affirmer à la fois, notre patrimoine culturel et notre confiance dans les capacités d’adaptation du peuple algérien au présent et d’ouverture toujours plus audacieuse sur le monde moderne » (1976)
Si le terme « patrimoine » est souvent employé dans le discours officiel, une certaine ambiguïté le voile.
L’Etat formé au lendemain de l’indépendance fixe les contours de concept de nation par la canalisation de toutes les énergies vers une mise à niveau de toute l’Algérie par rapport aux autres pays, vers un « développement » dont l’orientation prend la forme d’une révolution formulée selon trois grandes lignes : révolution industrielle, agraire et culturelle.
Malgré l’effort déployé visant l’alphabétisation de la population, les deux décennies ayant suivi l’indépendance se caractérisent par l’adoption d’un modèle de développement économique ou l’industrie assure une place de choix en raison de la forte charge de « progrès » et de « modernité » qu’elle véhicule.
Si le concept de modernité est appréhendé sous son seul aspect utilitaire, voire technique, celui de « sous développement » est réduit à sa définition élémentaire, à savoir le retard économique.
Sur le plan spatial et politique, l’Etat adopte un centralisme rigoureux et affiche une volonté d’affirmation identitaire fondée sur une alternative à trois valeurs : l’Etat, la nation, et la Modernité.
Le choix par le nouvel Etat-Nation de la modernité comme valeur peut s’expliquer par sa capacité à créer une distance avec le passé.
La modernité, remarque en effet le philosophe Paul Ricœur, fixe une frontière entre le passé et le présent .
Notons à la fin que la modernité a posé ses marques essentiellement dans les grandes villes de l’Algérie.

2-2/ Patrimoine et modernité

« L’identité : c’est l’inquiétude d’un pays qui cherche à se construire dans la modernité, sans dépouiller son identité ». Jacques Berque 1974.
Durant la troisième décennie post indépendante, le problème identitaire s’est posé avec acuité en Algérie qui commençait à ressentir le besoin de se ressourcer dans ses origines, de prendre du recul avec cette confusion qui la engloutit et de corriger le mode de développement qui devait se faire lentement et sans perdre attache avec ses racines accrochées au passé auquel elle est redevable de son identité ; ce passé qu’elle invoque à travers son patrimoine pour l’aider à sortir de cette anomalie sociale et architecturale de l’identité culturelle, plus difficile mais plus nécessaire.
Grâce à cette troisième tendance, l’Algérie arrive finalement à pénétrer au cœur du problème du patrimoine. Dans cette catégorie, elle s’enorgueillit de garder jalousement ce patrimoine bâti et de conserver ces témoins d’une civilisation, d’une particularité et d’une spécificité de caractère ; il est pris comme repère à l’identité déphasée et comme référence à l’authenticité culturelle et architecturale car représentatif de ses origines, donc nécessaire au ressourcement et à la récupération de ce qui lui a été arraché au cours de l’opération d’acculturation.
Sauf qu’il existe un conflit au tour du concept de patrimonialité car une polémique s’est installée autour de ce qui fait partie de l’héritage et de ce qui doit faire partie du patrimoine national (surtout de ce qui est en rapport avec l’épisode colonial).
A ce propos nous pouvons remarqué que ce passé a souvent fait l’objet d’une censure qui la amputait à certains moments de ces parties, le transformant par une mémoire sélective, affectée aussi bien par les décideurs politiques que scientifiques.
Certes les spécialistes en France et en Algérie ont montré les limites de l’archéologie française des années 1930 et 1960, néanmoins les ombres de Ballu, Gsell, Albertini, Leachi, Lassus, planent sur l’archéologie algérienne qui ne peut échapper ou nier les travaux antérieurs réalisés sur son terrain.
Renouveler, l’archéologie dite coloniale revient à reconsidérer l’archéologie entant que discipline ; ce qui revient à placer le débat non plus dans la sphère des questions de l’héritage colonial mais dans celui des méthodes appliquées aujourd’hui à l’archéologie et à l’étude des monuments .
Ce qui a constitué pendant de nombreuses années un impensé patrimonial, l’héritage colonial, est actuellement perçu sous un autre angle ; de même, une nouvelle orientation se profile pour le patrimoine dit chrétien.
L’organisation d’un colloque international intitulé « Saint Augustin : africanité et universalité » (Annaba, 1-5 avril 2001), accompagné avant et après son déroulement de publication, témoigne d’une volonté de réinscrire le passé chrétien dans le patrimoine algérien .
Les traces du passé français font l’objet d’une appréciation des citadins, notamment ceux d’Alger, d’Annaba, de Constantine et d’Oran, affichent une sensibilité particulière à l’égard des formes et des traces architecturales du XIX ème siècle et XX ème siècle, comme si environ trente ans de rupture volontaire sont le temps nécessaire pour que commence l’historicisation de ce legs du passé français, et par conséquent sa patrimonialisation.
En guise de conclusion, nous dirons qu’en aucun cas, nous ne pouvons occulter aucune partie de l’histoire du moment que des glissements architecturaux se font inévitablement, H. LEFEBVRE assure « qu’aucun espace ne disparaît complètement, aboli sans traces, que la superposition des espaces persiste favorisant l’interprétation, la reprise et la remaniement, donc chaque période, chaque couche porte au-delà d’elle-même ses propres conditions ».


2-3/ Patrimoine et identité

Parmi la liste des lieux et des édifices classés au titre de Monuments Historiques, laquelle comprend aujourd’hui environ cinq cent cinquante sites et monuments nationaux , ceux qui s’y trouvent inscrits, moins d’une vingtaine, sont en fait répertoriés comme relevant de la période moderne et incluent par exemple l’ancien hôpital d’Adrar dont peu est dit sur l’exacte date de son édification, mais aussi la centrale diesel de Laghouat, la barrage hydraulique de Foum El- Ghourza (Biskra), la station de Boghni de (Tizi Ouzou), la Haras de Chaouchaoua (jumenterie de Tiaret).
On y trouve également les lieux de détention des résistants pendant la guerre d’Algérie comme la prison Barberousse (Casbah d’Alger), celle d’El Coudiat de Constantine, ou la prison centrale d’Oran, ainsi que ceux commémorant des évènements historiques.
Bien que comptant au titre de Monuments nationaux, ces bâtiments ne font l’objet d’aucune mesure de protection ou de conservation, telle qu’on l’imaginerait pour les édifices portant ce statut.


Comme au Maroc et en Tunisie, les sept lieux inscrits au titre de patrimoine de l’humanité compte des sites préhistorique, antiques et arabo-musulmans. C’est la première capitale des souverains hammadites, une ville musulmane fortifiée, la Qualâ des Béni Hammad, que l’Algérie demande en 1980 à inscrire au titre de patrimoine mondial ; suit deux années plus tard le classement de plusieurs sites des périodes, préhistorique, antique et médiévale : le Tassili N’Ajjer, un site paysager lunaire présentant des caractéristiques géologiques et un ensemble d’art rupestre préhistorique, la Vallée du M’Zab ou sont installés
au X è siècle les ibadites qui ont édifié cinq ksours ou villages fortifiés, et enfin les sites antiques de Djemila, Timgad et Tipaza.
Le dernier classement requis par l’Algérie concerne la Médina ou Casbah d’Alger (1992).
3) Les Représentations Patrimoniales Entre Mémoire Et Oubli :



L’Algérie dispose d’une racine vivante : celle de son patrimoine architectural et urbanistique qui constitue une richesse indéniable et affirme son identité
Il est important de savoir combien cette tradition urbaine, ce savoir faire sont anciens. Cet héritage est riche et varié à travers sa formation, sa configuration régionale et ses éléments constitutifs qui sont un foyer remarquable de traces, vestiges et richesses patrimoniaux, archéologiques, matérielles mais aussi et surtout de patrimoine vivant.
Aujourd’hui, l’Algérie recherche son identité et s’intéresse à ses racines. Parmi celles-ci, le bâti précolonial ou « médinas » qui a une place à part parce qu’il constitue une racine vivante tant de ses constructions elles mêmes que de leur agencement spatial. Ce cadre bâti et les pratiques qui lui sont liées sont signifiants.
Dans les villes algériennes anciennes, il y a juxtaposition de deux systèmes urbains différents.
Ainsi mis à part, la ville ancienne précoloniale où nous possédons la Casbah d’Alger, la vieille ville de Constantine ainsi que des vestiges à Médéa, Miliana, Merouana, Tlemcen, Honaïne, Cherchel, Annaba, Dellys et ceci n’est pas exhaustif. Il y a donc un héritage et il fait partie de l’armature urbaine actuelle .
Puis apparaît la trame coloniale qui ceinture en général la ville traditionnelle, avec tout ce qu’elle a de positif et de richesses.
C’est une richesse pour nous d’avoir Oran, Annaba, Constantine, Alger et bien d’autres villes coloniales dont on se serre. Elle est donc à prendre en considération comme facteur déterminant de l’armature et du système urbain algérien et que la population a occupé avec beaucoup de satisfaction les habitations et les équipements laissés par l’ancienne puissance coloniale.
Le problème qui se posait en Algérie pendant les premières décennies de l’indépendance était si l’architecture coloniale est susceptible d’accéder au rang de patrimoine ? Or cette présente question n’est plus d’actualité. Ce patrimoine appartient bien à ceux qui l’habitent et qui choisissent ce que doit être transmis et non pas à ceux qui l’ont construit. Le patrimoine colonial est donc notre patrimoine.
Le paysage urbain de l’Algérie d’aujourd’hui se rattache plus à celui des années 1930-1950 qu’à celui d’avant la conquête.
Si l’histoire de l’Algérie pendant la colonisation a peu de place dans les manuels scolaires, celle-ci se lit inévitablement sur les pierres et dans l’espace urbain dont la matérialité, même si l’usage des lieux diffère, marque l’environnement de la société actuelle.
Aujourd’hui un point commun existe néanmoins entre le deux générations (celle ayant été témoin du moment colonial et celle qui est née après l’indépendance) et qui réside en l’appréciation esthétique exprimée depuis peu par les aînés comme par les plus jeunes, que l’on peut rattacher au goût de chacun .
Ce nouveau goût pour les images de villes et de monuments se lit à travers la diffusion de figures et de cartes postales donnant à voir des lieux datant du XIX è siècle ou du milieu du XX è siècle.

4) Les Particularités Du Patrimoine Architectural Et Urbain
Aussi l’espace actuel n’est-il pas le reflet intégral de la société présente : tantôt par juxtaposition, tantôt par superposition, il conserve des éléments, des espaces précoloniaux et coloniaux, lui donnant cet aspect composite qui déroute le visiteur et séduit le touriste

Actuellement, cette richesse patrimoniale subit un ensemble de facteurs négatifs tels que, la dégradation du cadre bâti, le délaissement, l’absence de prise en charge par l’Etat de la valorisation du patrimoine ainsi que sa protection à travers une politique continue.
A l’origine, l’état actuel du patrimoine est le résultat d’un processus de destruction continue lié à beaucoup de facteurs qu’on essayera de mettre en évidence dans ce qui suit ; car jusqu’à la veille de la lutte d’indépendance et malgré la destruction de leur secteur économique et la modification des conditions d’habitation dans leurs maisons traditionnelles, les Médinas algériennes ont réussi à préserver le patrimoine que n’avaient pas atteint les destructions coloniales.
Pour les algériens, la Médina était alors un espace relativement prestigieux dans l’ensemble urbain. C’était l’espace de « l’ algérianité » où l’on avait réussi à maintenir les liens et la continuité avec la culture des prédécesseurs.
Dans les années qui précèdent l’indépendance entre 1948 et 1960, les villes algériennes connaissent un accroissement de population excessivement important d’environ 150% dans des villes comme Constantine et Tlemcen et davantage encore dans les grandes villes portuaires ; prés de 200% à Alger ou Annaba .
A cette époque, les Médinas à qui avaient été épargnées de très forts accroissements jusque là, voient leur population augmenter de 20 à 25% entraînant de nouveaux resserrements. Avec l’indépendance, les populations citadines et d’intégration ancienne, les mieux avertis du fait urbain, se reportent vers les logements européens vacants.

5) Etat Des Lieux Du Patrimoine Architectural Et Urbain
Les néo citadins (1948-1960) déjà installés en Médina mettent en place des circuits d’accession aux logements médinois, les habitants des périphéries, logés en bidonvilles, entrent aussi pour une part dans les nouvelles composantes du tissu social médinois et font aussi suivre leur famille.
La concentration de ces populations dans des constructions qui ont parfois défié des siècles et la paupérisation de l’espace traditionnel vont marquer le début de la dégradation et de la ruinification des Médinas.
L’urbanisme et l’architecture coloniale ont dû aussi faire face à des mutations rapides et des destructions réitérées. Cet héritage a été récupéré dans sa totalité par les algériens.
A peine quelques semaines après le départ des français d’Algérie, les biens vacants et les monuments publics sont occupés dans une sorte d’euphorie incontrôlable, voire d’anarchie, qui en a inquiété plus d’un sur place . Ajoutée à cette situation, la volonté de réappropriation par la population, des lieux et des biens qui étaient auparavant refusés et interdits, processus qu’explique Frantz Fanon dans les données de la terre, qui analyse le traumatisme du colonisé.
Durant au moins deux décennies dans les grandes villes, et en l’absence de titre de propriété, il était quasiment impossible de connaître le réel propriétaire d’un bien. La démographie croissante et l’usage intensif de ces biens ont conduit à leur détérioration progressive.
Si au niveau les monuments publics, ou les nouveaux ministères et les siège d’administration s’y sont installés, ont été relativement bien conservés ; par contre les immeubles d’habitation portent les marques d’une dégradation accélérée.
L’héritage bâti légué par la colonisation a constitué le cadre de vie de la société algérienne. En effet, dès leur installation, les nouveaux arrivants, qui étaient en majorité d’origine rurale, se sont retrouvés face à des espaces qui ne répondaient pas pleinement à leurs besoins et leurs pratiques sociales.
C’est ainsi qu’ils se sont mis à opérer des transformations tant à l’extérieur qu’à l’intérieur des bâtiments afin d’adopter ces nouveaux espaces étrangers à leurs pratiques sociales et culturelles.
Cependant, cette façon d’adopter l’espace et de se le réapproprier n’a pas été sans conséquences directes sur le cadre physique de ce bâti.
En effet les différentes opérations de transformation qui se sont établies sur plusieurs années après la décolonisation, ont conduit à un état de dégradation très avancé du cadre bâti colonial qui a été détourné dans beaucoup de cas des fonctions pour lesquelles, il a été projeté initialement.
C’est là une forme de « réappropriation / dégradation » à laquelle a été confronté ce leg colonial.
Ajouté à cela le manque d’entretien des habitants dont la plupart ne sont pas propriétaires de leur logement et qui se contentent uniquement de payer leur loyer, ainsi que le désintérêt des pouvoirs locaux vis-à-vis de cet héritage notamment durant les deux dernières décennies qui ont suivi l’indépendance.
Toutes ces considérations ont conduit à la dégradation du parc immobilier colonial et au délabrement de son cadre bâti dont une bonne partie est dans un état d’insalubrité avancé.

II/ LE PATRIMOINE AU DELA DU TERRITOIRE NATIONAL
1) Le Cas De L’Europe
Sur le plan international, le patrimoine culturel et naturel font l’objet d’une prise en charge et d’une législation spécifique évolutive de même type que celle de monuments historiques.
Sauf que l’éveil de la conscience patrimoniale ne s’est pas manifesté de la même façon en chaque coin du globe ou certains pays auront mis près d’un siècle pour suivre les traces.
Aujourd’hui, l’Europe affiche un visage particulièrement hétérogène de politiques patrimoniales en raison de leurs divergences dans leurs situations culturelles, leurs systèmes juridiques ou leurs pratiques administratives.
En parlant des villes européennes : conserver leur patrimoine matériel était donc indispensable pour ne pas perdre une somme de valeurs qui ne seraient plus accessibles autrement, en citant comme exemple, la permanence d’un « centre » qui ne change pas aussi vite que la périphérie.
La ville européenne se profile toujours dans la façon dont le patrimoine ancien est modifié et réutilisé et dans la logique qui guide les nouvelles implantations.
Quant aux XVII è et XVIII è siècle, il y a eu une réelle transformation urbaine en Europe notamment, par le développement de la réglementation et des règles de contrôle, pour tenir compte de l’ensemble des éléments qui se rapportaient à la ville : hygiène, sécurité, différentes extensions, emploi de matériaux…etc .
Le XVIII è siècle particulièrement en Europe, a connu de nombreuses transformations des centres villes traditionnels, à travers notamment des plans d’embellissement .
Parmi les premières expériences, on cite l’Hausmannisation qui porte en germe la destruction des anciens centres-villes.
Seuls échappent à la destruction les plus importants des édifices anciens, classés par l’histoire de l’art comme témoignages du passé et des styles d’autrefois - d’ailleurs copiés par les nouvelles constructions- ou ceux que la conscience collective juge indispensable à l’identité d’un lieu. Ils sont alors « isolés » et intégrés aux effets de perspective des nouveaux espaces urbains dans lesquels ils finissent par se banaliser, parce que le tissu moderne, plus dense, imite leurs dimensions.
Ils deviennent des « monuments » composés du milieu urbain, de la même façon que les œuvres d’art, dans les musées exclus de la vie quotidienne.

Par ailleurs après les destructions massives de la dernière guerre mondiale, il y a eu un bouleversement quasi générale à travers le monde dans le domaine de la restauration , et on est passé de la protection « passive » vers la protection « active », à travers la réaffectation et la réutilisation des monuments par des « fonctions composites ».
Réutiliser l’architecture est alors tout à la fois une forme de prise de conscience écologique et une remise en cause des « rénovations urbaines » qui consistaient à raser inconsidérément des quartiers entiers, et qui étaient massivement appliquées durant la reconstruction d’après guerre.

La sauvegarde des quartiers anciens qui sont devenus les centres des cités modernes est ressentie depuis longtemps comme une nécessité dans de nombreux pays.
Le Conseil de l’Europe travaille depuis 1972 sur des orientations destinées à sensibiliser les gouvernements nationaux sur ce thème.
Les expériences et les apports théoriques les plus importants viennent de l’Italie, qui possède les centres historiques les plus illustres et les moins altérés par l’ère industrielle, mais menacés par le développement désordonné de la seconde moitié du XX è siècle.
 .
Sur le plan législatif et d’une manière générale, la législation ou la protection des pays d’Europe en matière de patrimoine se généralise et se complexifie.
A l’exception de la Suède qui protège légalement depuis le XVII è siècle, la plupart des pays européens ont élaboré leur législation entre la fin du XIX è siècle et la première guerre mondiale.
Ces législations diffèrent notamment selon qu’elles sont plus (pour le cas de la France) ou moins (pour le cas de la grande Bretagne) centralisées et plus (pour le cas de la grande Bretagne) ou moins pour le cas de la France et l’Italie) respectueuses des propriétés privées.
Généralement, les pays d’Europe occidentale ont été les précurseurs dans la création des concepts précédemment évoqués ou leur sensibilité à leur égard, retenant certaines de leurs particularités propres.
- la sentimentalité et le souci d’authenticité pour la Grande-Bretagne
- la théorie pour l’Allemagne et l’Autriche.
- Le juridisme pour la France.
Tous présentant à ce jour une palette très riche de mesures de protection, quel qu’en soit le degré de rigueur.
En revanche, les pays d’Europe centrale et orientale, anciennement communistes et en charge actuellement de la reconstruction de leur économie, éprouvent certaines difficultés en raison du fossé qui depuis longtemps les sépare de leurs voisins dans le domaine de l’évolution architecturale et historique.

2) Le Cas De La France :
La France -qui constitue une référence de premier ordre pour l’Algérie en matière de prise en charge du patrimoine pour des raisons historiques- ; bien qu’elle se positionne à un rang honorable, s’est toujours faite devancer par ses proches voisins européens, aussi bien en matière de prise de conscience patrimoniale que de sensibilité aux évolutions du concept de patrimoine.
Les pionniers en la matière sont plus particulièrement les britanniques et les italiens où la loi italienne a été la première à inclure les ensembles historiques dans les mesures de protection du patrimoine dans le cadre de la loi du 20 juin 1939 sur les ensembles urbains historiques.
Sauf que la France possède probablement une des législations les plus complètes au monde en matière de protection ou plusieurs textes successifs sont venus apporter leur contribution à cet édifice législatif. Les principales lois de protection des espaces connaissent une diversité et une spécificité.
En France, le début du XX è siècle reste marqué par l’apparition d’une série de lois, dont celle de 1913 sur les monuments historiques et de 1943 sur les abords , qui permettent la protection de monument classé ou inscrit pour le protéger dans son environnement, indépendamment du quartier.
Et la loi de 1930 qui se rapporte à la protection des sites « de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque » et induit deux modes de protection : le classement ou l’inscription. Elle a connu cependant des critiques notamment à l’égard des avis des Architectes des Bâtiments de France, qui sont quelquefois jugés « arbitraires, subjectifs ou tardifs ».
Après les deux guerres mondiales, cette même période a connu des opérations de grandes envergures de « rénovation urbaine », sans de véritables politiques, dont sa finalité était surtout quantitative. Elle avait pour conséquences :
- La promulgation de la loi de 1962 et la création de « secteurs sauvegardés » pour contre carrer la politique de rénovation urbaine et protéger les centres historiques .
Bien que cette politique des secteurs sauvegardés a été un moment de remise en cause de la relative lourdeur de la procédure et de difficultés rencontrés au plan opérationnel ; elle est à présent relancée avec plus de concertation, et n’est réservée qu’aux ensembles urbains d’une très haute valeur historique et artistique.
Le plan d’occupation des sols en tant qu’instrument d’urbanisme avait plus d’apport en matière de contrôle des phénomènes fonciers que dans le domaine de la protection du patrimoine architectural.
Avec l’expérience acquise dans le domaine des POS et l’apport de la loi, de 1976 portant réforme de l’urbanisme, ont permis de mieux prendre en charge quelques centres historiques à travers « des POS très fins » et des études urbaines .
Le terme de patrimoine a été introduit dans la législation française avec la création de la direction du patrimoine (décret du 13 octobre 1978).
Et en fin la mise en place de la loi de 1983 par le biais de laquelle a été créea la procédure des zones de protection du patrimoine architecturale et urbain (ZPPAU).
Toutes ces lois reposent sur un principe commun : « le patrimoine est le bien de tous, que la collectivité, au sens le plus large a le devoir de préserver et de transmettre aux générations futures ».
Les paysages les plus remarquables de ses côtes, de ses montagnes, et de ses campagnes, les quartiers ou villages historiques les mieux préservés sont autant de richesses dont la protection et d’intérêt public .L’état est donc au nom de tous responsable. A lui de surveiller les espaces de qualité, d’autoriser ce qui s’y construit ou s’y détruit, d’interdire s’il le faut.
Un fonctionnaire de l’Etat est en première ligne pour jouer ce rôle : c’est l’architecte des bâtiments de France, qui dans la gestion de chacun de ces espaces protégés dispose d’un pouvoir d’avis qui sera à une exception près pour les sites inscrits, un avis « conforme » c'est-à-dire qui s’impose à tous.
La maîtrise d’œuvre sociale, en tant que forme de concertation, faite dans un soucis de gérer les difficultés rencontrées, de gagner l’adhésion des locataires, de susciter leur participation, d’écouter, de comprendre et d’intégrer leurs vœux dans le processus de réhabilitation en France peut être une formule à reconduire pour produire un cadre pluriel garant de l’adhésion des différents intervenants dans toute opération d’intervention sue le patrimoine.

3) L’Engagement Mondial
Sur le plan international et après la seconde guerre mondiale, des organismes internationaux ont pris la relève du premier congrès international d’Athènes sur la conservation des monuments historiques de 1931 ; et élaboré un ensemble de règles et recommandations, puis cherché à coordonner et compléter la législation en vigueur dans les pays développés (communauté européenne, ICOMOS ) et enfin, pratiqué une politique d’incitation des pays en voie de développement.
Après que le patrimoine culturel et naturel a acquis aujourd’hui un statut mondial, les initiatives des divers organismes internationaux qui oeuvrent en sa faveur portent essentiellement sur la « sensibilisation des gouvernements » aux questions de protection et de valorisation de leur patrimoine, la « réflexion et les échanges d’idées » en ce domaine, la « coordination des actions» de chaque Etat et la « prise de conscience du public » de la nécessité d’une conservation globale du patrimoine architectural.
Une large documentation est par ailleurs mise à disposition des pouvoirs locaux, étant susceptible de guider les actions (ex : publication des études, recherches et rapports de colloques, conférences et confrontations).
Par mi les organisations les plus actives, il convient de traiter le cas particulier de l’UNESCO.
En effet considérant que le patrimoine culturel et naturel de chaque pays ne constitue pas la seule propriété nationale mais représente plus largement le « patrimoine mondial de l’humanité tout entière », l’UNESCO a rassemblé depuis 1972 de nombreux états dans la signature de la « convention pour la protection du patrimoine mondial et naturel » dont l’Algérie.
Ce lui-ci est constitué, d’une part, par les monuments, ensembles et sites (œuvres de l’homme ou œuvres conjuguées de l’homme et de la nature) ayant « une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l’histoire, de l’art ou de la science » ; d’autres parts par les monuments naturels, formations géologiques, sites naturels ayant « une valeur universelle exceptionnelle du point de vue esthétique ou scientifique
Ainsi cet accord vise-t-il la définition d’une politique d’intervention qui propose des mesures scientifiques, administratives, juridiques et financières à prendre par les Etats membres pour préserver les monuments, les ensembles et les sites sur leur territoire.
Le comité du patrimoine mondial, composé de représentants des Etat partie à la convention, établie une liste des biens du patrimoine mondial où la première a été publiée en 1979 et une liste du « patrimoine mondial en péril » regroupant des biens dont la sauvegarde nécessite de grands travaux pour lesquels l’Etat peut solliciter l’assistance internationale (études, mise à disposition ou formation de professionnels, fourniture d’équipements, prêt ou subventions).

3-1/Les organismes internationaux reconnus par la convention du patrimoine mondial
Le centre du patrimoine mondial de l’UNESCO fait office de secrétariat du comité du patrimoine mondial, lequel peut, dans un certain nombre de cas, grâce aux fonds du patrimoine mondial, fournir une assistance financière aux états partis.
Les organismes internationaux reconnus par la convention du patrimoine mondial sont comme suit :
-Le centre international d’études pour la restauration et la conservation des biens culturels (ICCROM).
-Le conseil international des monuments et des sites (ICOMOS) pour les sites du patrimoine culturel.
-Et l’union internationale pour la conservation de la nature et des ressources (UICN) pour les sites du patrimoine naturel.
Full transcript